Notes

1

Bresson 1993, dans Bresson & Rouillard 1993 = L’emporion.

2

Max Weber (1906, in Weber [1965], 217), cité par Hinnerk Bruhns (1996, 1259 et 1998, 58), à qui nous empruntons cette traduction.

3

Les résultats des fouilles britanniques ont été publiés par Petrie 1886 ; Gardner 1888 ; Hogarth et al. 1898/9, 26-97 ; Hogarth et al. 1905, 105-136. On trouvera dans la thèse d’A. Bernand (1970, II, 575-636), une bibliographie détaillée et un historique complet des fouilles et recherches sur Naucratis jusqu’à la date de publication. Avec celui, d'un genre différent, de M. Austin (1970), cet ouvrage nous évitera bien des mises au point. Dans un certain nombre des cas, nous nous contenterons d’y renvoyer. Les critiques que nous aurons à faire à l’ouvrage d'Austin, sur des points cruciaux il est vrai, n’enlèvent rien au mérite de l’auteur qui a tenté une vaste synthèse sur un problème difficile. Notre objectif est ici beaucoup plus modeste.

4

Voir Sourdille 1910, 38-41, et Lloyd 1975, chap. 2, 61-76, “Herodotus’ travels in Egypt”.

5

Roebuck 1951, 211-220, et 215-217 en part. Cf. contra Austin 1970, 30 et n. 7. La remarque générale de Roebuck 1951, 213 (= 1979, 45), selon laquelle ce n’est pas Naucratis per se qui intéresse Hérodote, mais en tant qu’exemple du philhellénisme d’Amasis, reste valable. Il ne s'agit pas toutefois d'une simple incidente, comme l’affirme cet auteur, car le développement sur Naucratis permet évidemment à Hérodote de préciser son tableau général de l’Egypte du livre II.

6

Sur le lien entre nautiliè et emporié, voir Mele 1979, 12-17, et part. n. 2, p. 12. Toutefois il y a plutôt lien nécessaire qu'interchangeabilité entre les deux termes : la “navigation de commerce” ne se comprend pas sans le “commerce maritime”, bien évidemment, mais l'accent est mis sur le déplacement dans le premier cas, sur le commerce dans le second. Néanmoins, Hérodote (2.178-179) confirme bien le lien entre les deux termes, puisque les “navigateurs” (ναυτιλλόμενυι) fréquentent l’emporion de Naucratis.

7

Gwinn 1918, 106 ; Boardman 1964, 147-148 ; Graham 1964, 5, qui trouve cependant très bonne la description de Naucratis faite par Roebuck 1959, 135, alors que ce tableau ne diffère pas de celui de Roebuck 1951 ; De Ste Croix 1967, 179, lequel annonce une étude détaillée sur Naucratis, qui, à notre connaissance, n'a pas paru.

8

Lehmann-Hartleben 1923, 37-38 ; Roebuck 1959 ; Bernand 1970, 769 ; Austin 1970, 30-31 ; Austin & Vidal-Naquet 1972, 85 et 258 (Austin & Vidal-Naquet 1977, 235) ; Faure 1978, 159-160. Bien entendu, nous ne citons ici que les principales prises de positions, sans avoir la prétention d'être exhaustif.

9

Roebuck 1959, 212 sq. ; Austin 1970, 29 sq. ; Austin & Vidal-Naquet 1972, 258.

10

Polis au sens de ville : pour s'en tenir à des exemples concernant l'Égypte, voir Homère, Od., 14.265 ; dans le livre II d'Hérodote, voir les très nombreuses références rassemblées par Powell 1938, 312, à propos d’Éléphantine, Memphis, Bubastis, etc. On ne peut certes pas tirer argument du fait qu’ailleurs dans le livre II polis désigne des villes pour conclure qu'ici le terme a le même sens. On doit seulement retenir, dans un premier temps, que ce sens est parfaitement admissible. Mais, de la même façon, on ne peut tirer argument du fait qu'au § 178 il est question de poleis “cités” pour conclure que, s'agissant de Naucratis, le terme a un sens identique. On pourrait citer des foules d’exemples de polysémies au sein d'un même texte. Pour polis, on se contentera de citer Meiggs-Lewis, 90 [IG, I3, 1 10], décret athénien en l’honneur d’Oiniadès : 1. 8, polis a bien le sens de cité, et 1. 23-24 celui d'acropole.

11

Cf. infra, n. 11.

12

En 2.27, Thucydide précise que les Lacédémoniens donnent aux Éginètes expulsés Thyréa et son territoire à habiter et exploiter. Evidemment, les Lacédémoniens ne leur donnent pas la “cité de Thyréa”, ce qui n'aurait aucun sens.

13

Austin 1970. 27, a bien vu ces aspects, mais finit quand même, alors que la conclusion logique est inverse, par considérer que polis désigne ici une cité, en un glissement de sens qui mérite d'être relevé. Commentant ce même passage d'Hérodote, il écrit (p. 30) : “In other words Herodotus is making here a fundamental distinction between the residents in the polis of Naukratis (sens de ville, donc) and thosc who only came for trade but did not settle permanently in Naukratis – the lutter being presumably excluded from the polis of Naukratis (sens de cité cette fois, ce qui justifie la suite)... It seems rather that we are dealing with, so to speak, a double Naukratis, the first composed of citizens resident on the spot, the second of foreigners not included in the civic organisation...” De même, traduction de polis par “cité” dans Austin & Vidal-Naquet 1972, 258.

14

Ou plutôt une partie de cette ville, cf. infra, n. 19. On remarque qu'il n'est jamais question de chôra pour Naucratis. En soi, cependant, il ne nous paraît pas que ce soit un élément suffisant pour conclure à l’absence de cité.

15

Cf. infra, n. 19.

16

Les mercenaires de Daphné (sur le rôle de cette place, cf. Hdt. 2.30 ; 107 ; voir Austin 1970, 20 et 36-37, sur les fouilles de Tell Defenneh), furent maintenus à cet endroit par Amasis. Si les céramiques grecques disparaissent sur le site vers 525 on connaît néanmoins un Daphnaïtès au ve s. (cf. infra, § 3.1). Le transfert à Memphis des mercenaires de Stratopéda doit être mis en rapport avec les sources égyptiennes : la cour royale est d'abord installée à Sais ; plus tard, en l’an 15 du règne, il semble qu'elle soit installée à Memphis, cf. Posener 1947. 117-131, 124, n. 4 sur ce point.

17

Règne de Nectanébo : cf. Kienitz 1953, 89-96. Stèle de Nectanébo. cf. Gunn 1943, 55-59. A Neith est attribuée une double source de revenus (nous citons dans la traduction anglaise de Gunn, § 9 et 10 : “(a) the tithe of the gold and of the silver, of the timber and of the worked wood, and of everything which contes front the Greek Sea, and of all goods ( ?) which are reckoned to the King's Domain in the city called Henwe (ville située à l'embouchure de la branche canopique, probablement) ; (b) the tithe of the gold and of the silver and of all things which are produced in Pi-emroye, called (Nau)kratis, on the bank of the’Anu, and which are reckoned to the King's Domain...” Naucratis, qui possède donc aussi un nom égyptien, est mise sur le même pied que la ville, totalement égyptienne celle-là, de Henwe. Plus loin, le texte prévoit l’érection de la stèle à Naucratis.

18

Posener 1947. Sous la 26e dynastie, on trouve à Éléphantine un “préposé à la porte des pays étrangers méridionaux”, et dans la zone est du Delta un “préposé à la porte des pays septentrionaux” (pour le contrôle des Phéniciens, qui entraient en Égypte par la bouche pélusiaque. des Syriens, etc.). Pour des mesures comparables à la frontière méridionale pour des époques antérieures, cf. Smither & Gunn 1945, 3-10, et Posener 1947, 117, n. 4.

19

Cf. Kienitz 1953, 92.

20

Cl. déjà Mallet 1893, 147, et Cook 1937, 227-237. Voir aussi Posener 1947, 131. τὸ παλαιόν s’oppose à un vῦv sous-entendu, et ne relie pas spécifiquement ces restrictions au cadeau d'Amasis (Naucratis), ni même lotit bonnement à ce pharaon. On reste dans l’indéfini. La formule n'implique pas qu'avant Amasis le commerce était libre. Cf. contra Austin 1970, 27, n. 5, et Austin & Vidal-Naquet 1972, 258.

21

Cook 1937, 227-231, donne la date de 615-610, d'après les trouvailles céramiques, soit à la fin du règne de Psammétique Ier (663-609). Elle est acceptée par Austin 1970, 23, n. 8, où l'on trouvera la discussion relative à ce problème. Une telle précision nous paraissant un peu excessive, nous retiendrons seulement que Naucratis a dû voir arriver les premiers Grecs au cours des deux dernières décennies du viie s. Sur la chronologie de l’occupation du site, et sur la différence, dans les quartiers où l'on a exhumé beaucoup de tessons grecs, entre la zone sud et la zone nord, voir Hogarth 1898/9, en part. 42-48 ; Hogarth 1905, 106-108 ; von Bissing 1951,48-49 en part., où l'on trouve un exposé très clair ; plan sommaire mais commode de la moitié nord de Naucratis (la zone grecque) dans Boardman 1964, 136 ; reproduction de plans d’ensemble des fouilles de Naucratis dans Bernand 1970, 829-837, avec les références. Mais chez Bernand 1970, 836-837, le respect de la datation fournie par le texte d’Athénée 15 675f-676a, qui signale l’existence d'un sanctuaire d'Aphrodite dans la 23e Olympiade, nous paraît étrange. Ce dernier aurait donc été fondé au début du viie, voire à la fin du viiie s. : a priori, il n'y aurait rien là de choquant (cf. le rôle des Grecs à Al Mina dès la deuxième moitié du ixe s. peut-être et au viiie s. en tout cas, Boardman 1964, 62 sq., et sa bibliographie, p. 125), mais cela contredit formellement les données archéologiques. Il semble que le premier temple d'Aphrodite remonte à la fin du viie ou au début du vies, cf. Gardner 1888, en part. 33-34 et 37.

22

Voir Daressy 1900, 1-9. Sur ces événements, voir Jelinkova-Reymond 1957, part. 263-266, sur les révoltes qui suivent immédiatement l'accession au trône d’Amasis. Les partisans de l'ancien souverain. Apriès, spécialement dans la zone du Delta, étaient peut-être plus nombreux qu'on ne pouvait le penser.

23

Cf. Posener 1947, 129 et n. 2, pour les modifications apportées à la datation de G. Daressy.

24

Voir Posener 1947, 131, n. 1, et auparavant Breasted 1904, § 996-1007, et n. a, p. 509 où sont soulignées les difficultés de lecture du texte.

25

Daressy 1900, 7-8.

26

Étienne de Byzance, s.v. Γυναικόσπυλις, cf. FGrHist 608 F8. [Nous ne suivons pas le commentaire de Ch. Fornara, FGrHist, IIIC, fasc. 1 (1994), sur lequel voir chapitre II, 66, n. 5.]

27

Voir la discussion dans Bernaud 1970, 551-573. cf. 515 sq.

28

von Gutschmid 1855, 636-700, et 696 sur ce point.

29

Mallet 1922, 140-142.

30

De plus, pour D. Mallet (1922, 142, n. 1), “le texte même du récit semble indiquer qu'il se rapporte à un passé plus lointain, à une époque où Naucratis était une ville tout égyptienne. Si les Naucratites avaient été des Grecs, l’auteur n’aurait pas paru, sans doute, les assimiler au reste des Égyptiens (loipoi Aigyptioi).” D'où l'idée qu'il s'agit là d'une allusion à une guerre civile entre Égyptiens, avant l'arrivée des Grecs à Naucratis. Cette vision des choses appelle deux remarques. D'une part. Étienne de Byzance semble résumer Aristagoras. plutôt que le citer expressément. D'autre part, au iie s. p.C., Philostrate (Traité sur la gymnastique, Teubner, éd. J. Jüthner, 1909, p. 24) signale que Naucratis lut victorieuse “quand la victoire fut remportée par l'Égyptien Phaidimos”. C'est dire que commençait à s'estomper la distinction de l'époque hellénistique entre les Grecs et les Égyptiens indigènes (Aigyptioi), à supposer même qu'elle est été aussi nette qu'on veut bien le dire (elle n'est en tout cas pas facile à établir, et. Fraser 1972, chap. 2, n. 138 avec les références indiquées et p. 54). Au ve s. p.C., il n'y avait donc rien de choquant pour Étienne de Byzance à présenter les Naucratites comme des Égyptiens. Cela n'interdit pas de penser que l'expression apparaissait peut-être déjà chez Aristagoras pour désigner l'ancien statut de Naucratis, avant l’époque hellénistique (sur ce point, cf. infra. § 22), formule qui aurait semblé toute naturelle à Étienne de Byzance, mais pour d'autres raisons.

31

Pour von Bissing 1951,49, cette “conversion” eut lieu “later then 569, probably a good deal later”. Cela ne nous paraît pas évident. L'action de Nekhthoreb, qui se place, semble-t-il, dans les premières années du règne (voir Posener 1947, 130), montre déjà un grand intérêt pour le commerce grec. Peut-être le changement d’attitude, au fond très intéressé, eut-il lieu rapidement, dans les années 560, dès qu'Amasis eut le sentiment d'avoir le pays bien en main.

32

Cf. par exemple Austin & Vidal-Naquet 1972, 258 : “singulièrement il donna comme résidence à ceux qui venaient en Égypte la cité de Naukratis”. Correction d'Hérodote dans Austin 1970, 22, 24 et n. 3, à la suite de Cook 1937.

33

Sur ce point, cf. Austin 1970, 30, n. 2.

34

Cook 1937, 222. R. M. Cook souligne le parallèle entre les deux propositions construites avec ἔδωκε, mais n’en tire pas une conclusion logique. A vrai dire, ce sont les arguments archéologiques qui l’incitent à corriger Hérodote. Pour lui, les sanctuaires de Naucratis sont antérieurs à Amasis : d’où l'idée que les deux edôke ont une valeur de fondation, mais qu’Hérodote s'est trompé sur l’identité du pharaon fondateur. En réalité, les sanctuaires mentionnés par Hérodote semblent bien être contemporains d'Amasis (voir note 52).

35

Cf. infra, § 1.3 et n. 52.

36

Cf. infra, n. 47.

37

Les noms de résidents à Naucratis qui nous sont connus sont presque tous purement grecs (cf. infra. § 3.1). En revanche, à Memphis, les Hellènomemphitai (qui, peut-être, pour un certain nombre d'entre eux au moins, descendent de Grecs installés en Égypte depuis longtemps) portent au iiie s. des noms indigènes, ce qui montre une fusion de races. Les autres communautés étrangères de Memphis (Karomemphitai et Phoinikaigyptioi) avaient connu un processus analogue ; voir Wilcken 1912, I. l, 18-19 et 49-50 ; Wilcken 1923, 537-539, cf. Swiderek 1961, 55-63 et Peremans 1961, 129 ; sur les fusions de races à l'époque hellénistique voir Vatin 1970, 132-144.

38

Cf. Wilcken 1912, 1.2, nº 27. La ville d’Antinooupolis utilise les lois de Naucratis (cf. 1. 22-23), sauf en ce qui concerne l'épigamie προς Αἰγυπ[τί]ου[ς] que les Naucratites n'ont pas (οὐκ ἔχουσι Ναυκρατεῖται 1. 21-22). Hermeias (Athénée 4 150b) dans son allusion au gamikos nomos de Naucratis, ne donne de renseignements que sur des interdits alimentaires lors de la cérémonie de mariage. De toute façon, on ne peut tirer argument, comme le fait Austin 1970, 28, n. 2, de l'absence supposée d’epigamia avec les indigènes pour expliquer le succès de la prostitution à Naucratis (bien attestée par Hdt. 2.134-135 et Athénée 13 596b-d). Faut-il supposer que. de génération en génération, les résidents grecs de Naucratis étaient tous des enfants de prostituées ? Voilà qui paraît bien peu probable. Il y avait évidemment pratique normale du mariage, avec endogamie. Il faut supposer que des femmes grecques étaient venues en Égypte, et aussi que, peut-être, les nouveaux arrivants pouvaient prendre femme dans la communauté indigène, étant entendu qu’ensuite la règle d'endogamie s'appliquait à la descendance (on comparera par exemple la situation dans l'Orient hellénistique, décrite par Vatin 1970, 136-137). Quant à la prostitution, elle était également très florissante dans un contexte grec “ordinaire”. Sa fortune toute particulière à Naucratis s'explique plus simplement par le passage incessant de marins et de commerçants, cela d’autant plus qu'ils devaient être plus ou moins cantonnés dans cette ville par la législation égyptienne. Sur tous ces points, nous rejoignons donc Lloyd 1975, 17-20.

39

Sur l'endogamie dans la communauté juive d’Éléphantine, voir Porten 1968, iiie partie, passim ; sur les cas d’intermariage cf. 248-252.

40

La participation au soulèvement contre Amasis signalée précédemment ne signifie nullement, en effet, que les Naucratites aient disposé de forces armées en temps ordinaire, quand l’autorité du roi s'étendait sur tout le pays. Par ailleurs, comme on l'a vu, les documents fiscaux égyptiens n'incitent guère à penser que les résidents grecs de Naucratis aient pu former un État.

41

Sur les Phéniciens de Memphis, cf. Hdt. 2.1 12, supra, n. 35, et infra, n. 165. Lettres des soldats juifs aux chefs de la communauté, voir Grelot 1972, 386-398, nº 97-100. Voir aussi ibid., nº 89, avec le commentaire de P. Grelot, sur l'organisation en “centuries” de la communauté juive. Le fait qu'à Naucratis on ait affaire à des commerçants et non à des soldats, ne change rien au fond du problème. Au contraire, on peut penser a priori qu’il aurait été plus facile à des soldats qu’à des marchands de constituer un État. Le nom du quartier phénicien de Memphis, Stratopédon, ne signifie au reste pas nécessairement que ses habitants, du moins la totalité d'entre eux, aient été des soldats.

42

Sur ce point, nous reprenons Bernand 1970, 836.

43

Sur la fonction et sur le statut de ce sanctuaire, cf. infra, § 2.3 et 3.3.

44

La précision d'Hérodote, “autels et sanctuaires”, doit être mise en rapport avec les sources archéologiques. Devant la façade est du sanctuaire d'Aphrodite a été retrouvé un autel monumental, à trois degrés, qui dans son premier état était long de 3,60 m (plus tard, de 4,20 m), large de 1,35 m, et haut de 2 m (cf. Bernand 1970, 833-834). Il existait peut-être des constructions analogues près des autres sanctuaires. Des autels de ce type ne pouvaient donc échapper à l'attention d’Hérodote.

45

C’est la substance de l'ouvrage de Detienne & Vernant 1979, en part. 9 sq. Les Grecs avaient une claire conscience de la spécificité de leurs coutumes, par opposition avec l’Égypte en particulier. C'est ce que montre aussi un fragment de la comédie Les Cités, d’Anaxandride (Athénée 7 299f-300a = frgt. 39 Edmonds), qui daterait de 361 environ, moment où, il est vrai, Athènes cherche des justifications pour motiver son refus d'aider l'Égypte dans sa lutte contre la Perse (sur ce point, cf. Mallet 1922, 111). Nous empruntons la traduction de Carrière 1979, 278-279, nº 20 : “Je ne saurais faire alliance avec vous : ni nos mœurs ni nos coutumes ne concordent, elles sont très éloignées au contraire. Tu adores le bœuf, moi je le sacrifie aux dieux. Tu crois que l’anguille est la plus grande divinité, nous que c’est de beaucoup la plus grande friandise...” (et d’énumérer encore une série de différences fondamentales entre la religion grecque et la religion égyptienne).

46

Il y en a nombre d'exemples dans tout le monde grec. On se référera, pour mémoire, à la Chronique du Temple de Lindos (Lindos, 2).

47

Voir Detienne & Vernant 1979, 11 et 186, où l'on trouvera les références nécessaires.

48

Tod2, 182. Cf. IG, II2, 4636, dédicace d'une femme de Kition à Aphrodite Ourania, qui est certainement la déesse des marchands de la même ville (voir Velissaropoulos 1977, 83, n. 123). Aphrodite Ourania était par excellence une divinité sémite, cf. Hdt. 1.131.

49

A Tell Soukas, la construction d'un sanctuaire grec (dans la période 675-388) a lieu assez longtemps après l'arrivée des premiers résidents (850-675). L’établissement ne fut jamais purement grec. Les Hellènes s'installèrent dans un milieu phénicien qui les acceptait, cf. Riis 1970, 126-129. D'où, par exemple, la difficulté de distinguer tombes phéniciennes et tombes grecques, cf. Riis 1979, 9-32, qui admet que Grecs et Phéniciens étaient probablement enterrés côte à côte. Un autre sanctuaire grec a été découvert à Tell Soukas. Plus tardif, il date vraisemblablement de la période 625-588 (voir Ibid., 33 sq., et, 64-65, datation et plan schématique). Sur Gravisca, voir Torelli 1977 et 1978a, où l'on trouvera la bibliographie antérieure. Le premier des sanctuaires grecs de Gravisca, voué à Aphrodite, fut érigé au début du vie s. Sur la situation des Grecs à Gravisca, voir aussi infra, § 3.2.

50

Lehmann-Hartleben 1923, 31-32, et p. 38 sur Naucratis ; Torelli 1977, 446. Voir également Van Berchem 1960, 21-33 (mais qui, sur Naucratis, p. 26-29, soutient des positions intenables).

51

Cf. infra. § 2.3 et 3.3.

52

Voir Austin 1970, 25, n. 1.

53

Voir Austin 1970, loc. cit., et p. 31.

54

Gjerstad 1959, 147-165 (cf. déjà Gjerstad 1934, 67 sq.). Cette étude demeure l’effort le plus cohérent pour préciser la chronologie des temples d'Apollon successifs. L'auteur a utilisé dans sa reconstruction la stratigraphie de Petrie. Il s'appuie sur la chronologie des céramiques, bien entendu, mais aussi celle des sculptures chypriotes découvertes au cours des fouilles (voir p. 161 et 164, et les planches très évocatrices des p. 162-163). Les quelques “intrusions” de sculptures de style protochypriote (580-560), qui peuvent être légèrement antérieures à la fondation du sanctuaire, ne sont nullement problématiques. L'argument de E. Gjerstad (p. 156) à propos de la céramique, qui, si elle est de qualité, a pu rester en usage longtemps avant d'être détruite, vaut aussi pour la statuaire bien entendu. L'anecdote de Polycharme de Naucratis (FGrHist 640 F1, apud Athénée 15 675f-676c) qui montre un marchand de Naucratis, Hérostratos, achetant à Chypre pour la ramener à Naucratis une statuette représentant Aphrodite qualifiée d’ἀρχαῖον τῇ τέχνῃ, “de style ancien”, confirme bien ce point de vue. L’épisode, qui remonte nécessairement à une époque où l’on pouvait effectivement acheter des statuettes de ce type à Chypre, montre bien pour quelles raisons, dans une couche stratigraphique, tel objet (statuette chypriote en l'occurrence) peut être plus ancien que le reste du matériel (sur l'anecdote de Polycharme, cf. déjà supra, n. 19, et infra, § 2.4 et 3.3). Dans ce sens, même si sa chronologie des statuettes chypriotes est trop basse (cf. Walter & Vierneisel 1959, 33 en part., et Boardman 1967, 193, n. 1), on verra l'argument de Gjerstad 1948, n. 2 (datation d'une couche par les objets les plus récents). Le sanctuaire d'Héra est plus difficile à dater encore, mais semble postérieur au sanctuaire d'Apollon (Bernaud 1970, 827-829). Le sanctuaire de Zeus des Éginètes n'a pas été retrouvé. Celui des Dioscures est certainement plus tardif que le premier temple d’Apollon, et date, peut-être, du ve s. seulement (Bernand 1970, 824-827). L’Hellénion (cf. Bernand 1970, 838-849) semble bien être postérieur à l'accession au trône d’Amasis (Austin 1970, 24 et n. 1). Il ne fait donc de doute que, pour ce qui concerne l’Hellénion au moins. Hérodote était dans le vrai. S'il est certain que le matériel archéologique comporte encore bon nombre d’incertitudes, il nous paraît que. dans l'état où elles sont, les sources archéologiques semblent plutôt confirmer qu'infirmer le témoignage d'Hérodote, à condition de ne pas lui faire dire ce qu'il ne dit pas (on ne sera pas non plus d’accord avec Gjerstad lorsque ce dernier veut faire d'Amasis le fondateur de l’établissement de Naucratis).

55

Lehmann-Hartleben 1923, 28, citant Isocrate, Evagoras, 47.

56

Cf. Lehmann-Hartleben 1923, 39 et Velissaropoulos 1977, 61-63.

57

Supra, n. 6, pour l'affirmation de Lehmann-Hartleben (1923, 39) selon laquelle Naucratis était une cité et sur “l'affaiblissement de la notion d'exterritorialité”.

58

Hasebroek 1928, 66 : “Diese handeltreibenden Griechen stehen ausserhalb der eigentlichen Polis Naukratis, und sind scharf von den Naukratischen Bürgern geschieden : Neben dem ansässigen Vollbürgertum das vorübergehend anwesende Fremdenelement als Träger des Handelslebens auch hier”.

59

Sur ces questions, voir aussi la discussion du § 3.3.

60

Sur la céramique vroulienne, voir Bernand 1970, 798-799. Pour les céramiques de style rhodien et pour le Fikellura, voir respectivement ibid., 785-787 et 790-792. Il est probable tout de même qu’une partie au moins de ce matériel est d'origine proprement rhodienne. Céramique rhodienne sur les autres sites égyptiens : voir références dans Austin 1970, 22, n. 2-3, et 33, n. 2-3.

61

Objets égyptiens ou pseudo-égyptiens à Rhodes : références dans Austin 1970, 13, n.2.et 14, n. 1. On y ajoutera Salzmann 1875, pl. IV et V, Webb 1978 (qui traite essentiellement des faïences rhodiennes) et Trolle 1978 (paru en 1979), 139-150, qui montre bien que diverses découvertes archéologiques, à Camiros et à Lindos, peuvent laisser penser que des liens existaient entre Rhodes et l'Égypte avant la fin du viie s.

62

Monnaies d'argent des cités rhodiennes dans les trésors égyptiens :Ialysos : Damanhur, nº 114 ; Sakha, nº 39 ; Asyut, nº 703 à 706Camiros : Sakha, nº 38 ; Asyut, nº 694 à 702 ; Zagazig, nº 243.Lindos : Asyut, nº 707-711. Les numéros sont ceux des publications : Dressel 1900, 231-258 (Sakha) ; Dressel & Regling 1927, 1-138 ; Price & Waggoner 1975. Pour d'autres pièces venant certainement de Rhodes dans le trésor d'Asyut (“monnaies à palmette’’, nº 712-713, cf. Bresson 1981). Austin 1970, 40, considérait à tort qu’il n’y avait pas de pièces rhodiennes en Égypte (mais voir déjà le compte-rendu de son ouvrage par Price 1971, 351-352). Ces monnaies datent toutes de la lin du vie s. ou du début du ve s., et sont donc à inscrire dans le flux très important de monnaies grecques d'origines diverses qui parviennent alors en Égypte. Il n’y a pas. dans les trésors égyptiens, de monnaies d'argent des cités rhodiennes qui soient postérieures à 480, au plus tard, ce qui n’est pas tellement surprenant après une interruption due aux Guerres Médiques et à leurs suites, on trouve essentiellement des pièces athéniennes dans les trésors. A Naucratis même, on a cependant trouvé au cours des fouilles deux monnaies rhodiennes de bronze de la tin du ive s., cf. Head 1886, 1-18. On sait que les monnaies de bronze sont surtout significatives du déplacement des personnes (cf. Robert 1966, 113-114).

63

Sur la date du synœcisme de Rhodes voir l'article de Kinch 1905, 34-48.

64

Cf. infra pour la datation de Lindos, 16.

65

LGPN, I, s.v.

66

Cf. Bernand & Masson 1957, nº 2 et 4 (591 a.C., sous Psammétique II).

67

Cf. Diod. 16.42-45, sur les victoires puis la trahison de Mentôr. Voir Mallet 1922, 156-162, ainsi que Kienitz 1953, 102-104.

68

Nous traduisons ἀσυλὶ καὶ ἀσπovδί par “privilège d'inviolabilité et de neutralité”, ce qui diffère du sens proposé précédemment pour cette formule. Gauthier 1972, 221, a souligné le parallèle existant dans les décrets entre ἀσυλεί et ειρήνη d'une part, ἀσπονδεί et πόλεμος d’autre part : ἀσυλεί vaut pour les périodes de paix, comme aspondei pour les périodes de guerre. Toutefois, le sens qu'il donne à άσπονδεί (pour l’étranger privilégié, l’accès à la cité sera possible “même en dehors des périodes de trêve”) ne nous satisfait pas plus que celui de Pouilloux, Choix, 21, “sans avoir besoin de conventions”). En effet, on perd alors le parallèle évoqué précédemment, puisque ἀσπονδεί viendrait seulement donner une précision sur une telle période de la guerre, alors qu’ἀσυλεί donne le sens même du privilège accordé, c'est-à-dire l'inviolabilité en période de paix. En fait, la formule ἀσπονδεί des décrets doit être mis en rapport avec Thc. 1.37.3-4. Dans “l'acte d’accusation qu'ils dressent contre les Corcyréens, les Corinthiens leur reprochent de rester à l'écart des traités internationaux. Selon ces derniers, la “belle neutralité” (τὸ εὐπρεπὲς ἄσπονδον) mise en avant par les Corcyréens avait pour but de dissimuler leur volonté d'agir seulement dans le sens de leurs intérêts, au détriment des étrangers (la traduction de J. de Romilly, “ce beau mépris des pactes”, Thucydide, I. CUF, Paris 1958, ne nous paraît pas rendre le sens de la phrase). C'est un sens identique qui apparaît dans les décrets. On garantit l’inviolabilité en période de paix, la neutralité en période de guerre. Le parallèle signalé par Ph. Gauthier se trouve ainsi pleinement justifié. Nous nous permettrons maintenant d'avancer une hypothèse : le privilège d’être ἀσπονδεί signifie-t-il vraiment qu'on garantit l'accès de la cité à cet étranger même en cas de guerre avec l'État dont il est le ressortissant ? Il nous paraît plus vraisemblable que le privilège de neutralité (le fait d'être ni d’un côté ni de l’autre d'être “hors alliance”) avait seulement pour objet de permettre à son bénéficiaire de se trouver à l'abri des actions entreprises, en cas de guerre, de manière si extensible effectivement, par une cité contre les adversaires de ses alliés ou contre les alliés de ses adversaires, sans qu’il y ait pourtant directement état de guerre entre cette cité et les États en question. L’exemple cité par Gauthier 1972, 221), la saisie, en 355 ou 354, d'un navire de Naucratis, considéré comme ennemi du Grand Roi, auquel, pour l'heure, les Athéniens n’osent rien refuser (voir Dém. C. Timocratès, 11-12, cf. infra, § 3.2), nous paraît entrer pleinement dans cette catégorie : si, individuellement, les Naucratites avaient eu le privilège de neutralité, ils n'auraient pas été saisis. [Nous dirions maintenant plutôt que le fait que l’on ait affaire à la saisie de χρήματα Ναυκρατιτικά (pour la valeur notable de 9 talents et demi), n’implique pas. malgré la traduction de la CUF (“un vaisseau de Naucratis”, puis, pour τὸ πλοῖον, “un navire de Naucratis”), que le navire ait été naucratite, cf. sur ce point chapitres VI, 126-127, avec la question des produits mégariens, et chapitre VII. C’est l’origine de la marchandise qui suffisait à provoquer la saisie, que le navire ait ou non été naucratite.]

69

Voir Thc. 8.44, et Kinch 1905, 41.

70

Pour tous les problèmes relatifs à l'édition de ce texte, voir Blinkenberg, Lindos, 16 app. Pour la démocratie lindienne, voir aussi Accame 1938, 211-229.

71

Voir la démonstration de Kinch 1905, 34-48.

72

Voir supra, apparat critique, loc. cit.

73

Austin 1970, 31, n. 3.

74

Austin 1970, 29, n. 3.

75

Austin 1970, loc. cit., “It is in fact impossible to know how rigid the distinction between residents and traders remained in later times”.

76

Cf. le to palaion de 2.179, et la référence explicite à des commerçants grecs installés ici et là en Égypte,

77

Voir aussi Hdt. 2.180 : référence aux Grecs résidents en Égypte au temps d’Amasis (oἱ δὲ ἐν Αἰγύπτῳ οἰκέοντες Ἕλληνες), qui font un don de vingt mines (d’argent vraisemblablement), somme bien modeste, pour la reconstruction du temple de Delphes. L'œuvre d'Hérodote fut publiée entre 430 et 424, semble-t-il, cf. Evans 1979, 145-149.

78

Cf. supra.

79

Gauthier 1972, 24.

80

Gauthier 1972, 24-25.

81

Voir Fraser 1972, 67-68, avec les références.

82

Fraser 1972, 52.

83

Fraser 1972, 65-66.

84

Au reste, on remarque que. dans le décret délien. 1. 10, c'est seulement en tant que Naxios que Philippos reçoit le titre de proxène. S'il rentre un jour à Naxos, il aura toujours le titre et la fonction, mais cette fois dans sa cité, ce qui est la situation normale.

85

Roussel 1976, 30.

86

Cf. infra, § 3.1. Signalons tout de suite, néanmoins, que la mention Naukratitès ne suppose pas nécessairement l'existence d'une cité.

87

Cf. par exemple supra n. 36 sur le problème de l’epigamia.

88

Voir Hdt. 2.30 : les Perses distribuent leurs garnisons comme au temps de Psammétique Ier. Pour ce qui est de la fin de la domination perse à la fin du ve s., il est probable que l'Égypte entre en rébellion dès 414, du moins dans certaines zones, et la plus grande partie du pays, sauf le sud paradoxalement, se trouve libérée en 404. Voir Salmon 1965, 235 sq., et Grelot 1972, 399 et 419-420. Naucratis s'est-elle trouvée plus ou moins rapidement dans une région tenue par les “nationalistes” égyptiens ? A l’époque du décret des Rhodiens, l'autorité perse s'exerçait-elle encore à Naucratis ? Pour le moment, il ne paraît pas possible de répondre à ces questions.

89

Dans l'inscription d'Abou Simbel Bernand & Masson 1957, nº 1, 1. 4, il est question d'une part des al(l)oglôs(s)oi (cf. Hdt. 2.154), en l’occurrence des Grecs, en partie ou en totalité (on ne sait pas s'il y avait d'autres contingents étrangers dans l'expédition), dont le chef était Potasimto, et d'autre part des Aigyptioi dont le chef était Amasis. La séparation en corps différents pour des raisons de facilité de commandement et d’efficacité se comprend d’elle-même. Mais parmi les Grecs de l’expédition les uns étaient probablement des résidents grecs en Égypte, cf. au moins le Psammétique (un nom égyptien donc), fils de Théoklès (nº 1, 1.2), sans ethnique, probablement “commandant du corps expéditionnaire navigant” (Bernand & Masson 1957, 14), poste important du tait des difficultés de navigation sur le fleuve entre Éléphantine et Abou Simbel (cf. aussi ibid., 6), qui suppose une bonne connaissance du pays ; d'autres, cf. les deux Ialysiens, nº 2 et 4, le Téien, nº 3 et le Colophonien, nº 6bis, sont des mercenaires de passage en Égypte, qui tiennent donc à signaler leur ethnique propre. On voit qu'il faudra reprendre, sur ces points et sur d’autres, les développements d'Austin (cf. 18 en part.), sur les mercenaires grecs en Égypte (pour lui, ces derniers sont tous arrivés en une seule vague au temps de Psammétique I, établis dans le pays à titre définitif et pourvus d'une terre).

90

Roebuck 1951, 216 et Austin 1970, 31.

91

Cf. pour mémoire le décret athénien accordant la proxénie à Stratôn, roi de Sidon (Tod2, 139) etc Voir Gauthier 1972, 25.

92

Austin 1970, 31.

93

Denys : Tod2, 133, 368 a.C., 1. 19-20, et déjà ibid., 108, 1. 6-7, 393 a.C., où la restitution ne fait pas de doute ; Hébryzelmis : Tod2, 117, 1. 5-6, 386-385 a.C.

94

NChoix, 10, 1. 4, 86 a.C. Cet exemple est plus tardif, mais le problème grammatical est strictement identique.

95

On doit remarquer que, dans sa note 26, p. 219-220, C. Roebuck avait réuni plusieurs éléments susceptibles d'éclaircir le problème du statut de Naucratis, mais il ne les a pas exploités.

96

Prinz 1908, 115 et How & Wells 1912, s.v. prostatas définissent les prostatai comme des “consuls commerciaux”. Pour Boardman 1967, 148, les prostatai cumuleraient leur rôle de magistrats du port avec celui de “consuls” pour leur cité. Mais cette notion de “consul” est trop vague ou fausse. Sur les épimélètes du port, voir en dernier lieu Velissaropoulos 1977, 63. Le fonctionnement que nous venons de décrire a échappé à Roebuck 1951, 216 : l’existence de proxènes rhodiens n'implique pas qu'Hérodote se soit trompé sur la nomination des prostatai par Rhodes et les autres cités de l'Hellénion. De plus, ibid, 215-216, cet auteur considère que si, en 2.179, emporion désigne l’établissement de Naucratis dans son ensemble, en 2.178, le mot a nécessairement le même sens : les prostatai seraient donc les chefs de la communauté grecque de Naucratis. C’est là le point de départ d'une théorie selon laquelle l'Hellénion aurait été le noyau initial de la “cité” de Naucratis. On a vu plus haut, a propos de polis (n. 8), ce qu'il fallait penser de l'idée selon laquelle, dans un même texte, un mot aurait toujours la même acception. Outre les raisons plus générales, qu'il est maintenant inutile de rappeler, qui militent contre ce point de vue, c’est là un argument supplémentaire pour rejeter la théorie de Roebuck.

97

Sur lu date exacte du synœcisme, cf. Kinch 1905, 46-48. On corrigera cependant, ibid., un point de détail : “... La constitution aristocratique... continue à fonctionner jusqu’en 395, époque où se produit le grand revirement politique et où Rhodes abandonne de nouveau le parti des Spartiates pour se ranger à celui de Conon, et d’Athènes. C'est alors que l'on introduit une constitution démocratique”. En fait, c’est en 396 que se produit la défection de Rhodes : à ce moment, à la recherche d’une troisième voie – oligarchique, mais anti-spartiate-, les Diagorides se rangent au côté de la Perse, au service de laquelle se trouve l’Athénien exilé Conon. Cf. en dernier lieu Bruce 1961, 166-170, qui n’apporte guère de nouveauté sur ce point, et Bresson 1979, 154-155 : la défection des Diagorides et, conséquence immédiate, la mise à mort de Dorieus par les Lacédémoniens sont peut-être bien aussi la conséquence d’une ancienne politique athénienne visant à détacher Rhodes de Sparte, dans les dernières années de la guerre du Péloponnèse. Conon, au service de la Perse mais Athénien d’origine, était sans doute bien placé pour en recueillir les fruits. Au reste, le soutien qu’il apporte en sous-main à la révolution démocratique montre bien qu’il n'avait pas perdu ses habitudes athéniennes.

98

Cf. Roebuck 1951, 200, n. 26.

99

Cf. How & Wells 1912, s.v. “Rhodos” ; Legrand 1948, 192 ; Austin & Vidal-Naquet 1972, 259, n. 2 (Austin & Vidal-Naquet 1977, éd. angl., Economic and Social History of Ancient Greece, 235) ; Faure 1978, 159.

100

Prinz 1908, 5-6 “dix cités” ; idem, Austin & Vidal-Naquet 1977 (éd. fr. et angl.) ; Salmon 1965, 15, parvient logiquement au chiffre de 14 cités fondatrices du “comptoir” de Naucratis (formule bien trop vague évidemment). Citons encore Jeffery 1976, 53, pour qui Naucratis n'était pas une colonie, mais “a joint establishment formed by twelve Greek trading states : Miletos, Samos, Chios, Teos, Phokaia, Klazomenai (Ionic) ; Rhodes. Aigina, Knidos, Halicarnassos, Phaselis (Doric) ; and Mytilene (Aiolic)”.

101

Cordano 1974, 179-182. On ajoutera aussi la mention des Rhodioi aux côtés des gens de Cos et des Cnidiens dans IG, XII. 1,977, 1. 30 [= IG, I3, 1454], qui date des années 440-420, et non du début du ive s.

102

Pour ce qui est de la fondation de Géla, Antiphèmos et ses hommes sont des “Lindiens de Rhodes” (ἐκ Ῥόδου), Hdt. 7.133, de même que l'autre oïciste, Entimos, est “de Crète” (ἐκ Κρήτης), Thc. 6.4.

103

Cf. Polybe, loc. cit., mais voir aussi van Gelder 1900, 68.

104

Cf. l’offrande d'Amasis, Hdt. 2.182 et 3.47, et la longue liste des hommages rapportés dans la Chronique du Temple de Lindos, Lindos, 2. Voir aussi infra, n. 106.

105

Sur les liens entre les trois cités rhodiennes, voir Bresson 1979, 30-31 et 156-157.

106

Babelon 1910, 1005-1012 et pl. CXLVI (p. 1012 pour le texte cité). Il faudrait bien sûr maintenant préciser la chronologie des émissions des cités rhodiennes du ve s., qui sont néanmoins nécessairement antérieures aux années 420, époque probable à laquelle les Athéniens interdirent le monnayage d'argent dans les cités de l'empire. [Mais voir maintenant Figucira 1998, cf. infra 229, n. 95]

107

Bresson 1981.

108

Au reste, il existe peut-être une autre source antérieure au synœcisme où Rhodes est qualifiée de polis : il s’agit de la viie Ol. de Pindare, 94. Dans cette ode délibérément panrhodienne, dont probablement Diagoras fit la dédicace au sanctuaire d'Athéna à Lindos, puisque le texte s'y trouvait gravé en lettres d’or (selon l'historien rhodien Gorgôn, schol. Pindare 01. VII, intro. ; l'hypothèse de l’inscription par Diagoras et les siens a été émise par van Gelder 1900, 317), il se peut que polis désigne Rhodes dans son ensemble. C’est elle, “la fille marine d’Aphrodite, l'épouse d'Hélios” (v. 14), que Pindare est venu chanter. Même s'ils sont divisés en trois cités (cf. τρίπολιν νᾶσον, v. 18), tous les Rhodiens ont sujet à se réjouir de la victoire de Diagoras.

109

Cf. par exemple les chiffres des navires fournis à la flotte de Xerxès pour son expédition contre la Grèce : trente pour les Doriens, cent pour les Ioniens (Hdt. 7.93-94).

110

Voir infra la comparaison avec les amphictionies.

111

Voir Austin 1970, 25-27, et Jeffery 1976 pour une étude par cité. Pour Phocée, voir en outre Morel 1975, 853-896.

112

Cf. Hdt. 1.145. Voir aussi infra, n. 126.

113

Hdt. 1.142.

114

Samos et Milet combattent dans des camps opposés lors de la Guerre Lélantine (fin viiie-viie s. sans doute, cf. Jeffery 1976, 64-67), voir Hdt. 5.99 ; hostilités entre les deux cités à l'époque de Polycrate, ibid., 3.39 ; conflit au sujet de Priène en 441, Thc. 1.115. Voir par ailleurs Jeffery 1976, 213 et 217 sur les très mauvaises relations entre Samos et Égine. En revanche, il semble qu'il ait existé de meilleures relations entre les cités du groupe nord-ionien. En 412 encore, lors de la révolte des Grecs d’Asie contre Athènes, ce sont en premier lieu Chios et Érythrées, puis Clazomènes et Téos qui entrent en dissidence (Thc. 8.14-16), Phocée prenant la même option (ibid., 8.31.3). On connaît enfin, pour le début du ive s., un accord monétaire entre Phocée et Mytilène (sur lequel voir en dernier lieu Burelli 1978, 43-51). Il est vrai cependant que les relations entre Chios et Érythrées semblent avoir été conflictuelles par moment à la haute époque archaïque (cf. Jeffery 1976, 229), mais justement Érythrées ne faisait pas partie de l’Hellénion.

115

Sur l’Hexapole dorienne, voir Hdt. 1.144. Absence de dynamisme de Cos à cette époque, voir Sherwin-White 1978, 31.

116

Phasélis colonie des Lindiens, cf. Lindos, 2 = Chronique du Temple de Lindos, XXIV, avec le commentaire et les références de Chr. Blinkenberg. Richesse de Phasélis : pour le ve s., voir la contribution forcée à l'entrée dans la Ligue de Délos, avant la bataille de l’Eurymédon, d'un montant de dix talents (Plut., Cimon, 12.3-4), puis le phoros ordinaire d'un montant de 6 talents (454/453 à 451/450), puis 3 (450/449 à 440/439), et de nouveau 6 talents (à partir de 433/432), voir ATL, I, p. 434-435. Voir également la convention Athènes-Phasélis, Meiggs-Lewis, 31 [= IG, I3, 10] (qui daterait de la période 469-450 environ), et le commentaire des éditeurs sur le rôle de Phasélis. Il est possible que l'origine (ou le renforcement) de l'amitié entre Chios et Phasélis, bien attestée par Plutarque (loc. cit. : elle amène les Chiotes à servir d'intermédiaires entre Athéniens et Phasélitains lors du siège de la ville par Cimon) et cette dernière inscription (en cas de conflit d’affaire, les Phasélitains ont accès, à Athènes, au tribunal du polémarque, comme les Chiotes, cf. sur ce point Gauthier 1972, 158-161) soit à chercher dans la participation de ces deux cités à la gestion de l'Hellénion. De plus, Phasélis était proche de Chypre, dont on ne doit pas oublier qu’elle devint tributaire d'Amasis (Hdt. 2.182), Après des premiers combats sous Apriès (Diod. 1.68). Selon Gjerstad 1948, 472, la domination égyptienne ne dura guère que jusqu'à 545 (cf. Xén., Cyropédie, 7.4.2 et 8.6.8 ; voir cependant la discrète réserve de Hill 1940, 111, n. 2, qui. de même, suit Xénophon, “if he is to be trusted at all in such matters”). L’influence égyptienne se retrouve néanmoins dans la sculpture, avec le style “chypro-égyptien” (sur la domination égyptienne à Chypre et sur les Chypriotes en Égypte, voir Masson 1971,28-46). Le bois qu'on pouvait trouver dans l'île (cf. Faure 1978, 127-128, et Salmon 1965, 23-24 sur les importations de bois de façon générale) n'était sans doute pas étranger à la volonté d’Amasis de contrôler le pays, qui évidemment, avait aussi une valeur stratégique de premier ordre. Le fait qu'aucune cité chypriote ne soit représentée dans l'Hellénion s’explique peut-être d'abord par le fait que les Grecs de Chypre n'étaient plus véritablement des “étrangers” au moment de sa fondation, puisqu’ils payaient tribut au pharaon. De Chypre, l'influence égyptienne pouvait atteindre le littoral méridional de l'Asie Mineure. Au reste, à une date qui se situe entre 529 et 526, période dans laquelle il faut situer l'épisode de la fuite du chef mercenaire Phanès d’Halicarnasse, on voit encore Amasis faire poursuivre ce dernier jusqu’en Lycie, et cela avec succès. Fait prisonnier, Phanès ne doit son salut qu'à une ruse : il enivre ses gardiens et parvient à s’échapper (Hdt. 3.4). Cela montre l'influence de l'Égypte dans cette zone, pourtant en principe soumise à la Perse depuis Cyrus, à la veille de l’expédition de Cambyse. En tout cas, les commerçants grecs du Sud de l’Asie Mineure devaient sans doute eux aussi apporter en Egypte, comme ce sera le cas à l’époque hellénistique, le bois et les produits de construction navale qu'on trouvait en abondance dans l'arrière pays (cf. J. et L. Robert, Bull. ép., 1970, 653). Pour l'importance des importations de bois en Égypte au ive s., voir la stèle de Nectanébo, citée supra, n. 15. Sur le problème du bois en Égypte (qui se posait nécessairement en termes analogues aux époques antérieures), cf. pour l'époque hellénistique Préaux 1947, 27-29.

117

Voir Jeffery 1961, 353, ou on trouvera les références.

118

Hdt. 1.144.

119

Il ne s’agit donc pas, bien entendu, de prendre pour argent comptant tout ce que contiennent les neuf livres d'Hérodote : en ce cas, on peut rendre compte de manière plausible des raisons qui ont pu amener l’historien à présenter de la manière dont il l'a tait l'exclusion d’Halicarnasse de l'Hexapole. En revanche, s’agissant de Naucratis et de l'Hellénion. les “erreurs” qui lui sont attribuées relèvent en réalité d'un malentendu sur le sens de ses propos et les “corrections” apportées sont sans justification. On doit donc juger cas par cas de la validité des affirmations d'Hérodote, et non pas, a priori, tout accepter ou tout rejeter.

120

Hiller von Gaertringen 1931, col. 757.

121

C'est la raison pour laquelle il ne nous paraît pas démontré (seulement possible) que l’exclusion d’Halicarnasse de l'Hexapole soit nécessairement postérieure à la fondation de l'Hellénion. Après tout, rien n'interdit de penser que les éléments ioniens et cariens avaient pu très tôt s’introduire dans le peuplement (s’ils n'avaient pas été présents dès l’origine). Par ailleurs, sur le plan artistique (céramique, sculpture), on sait que l'Ionie et la Doride formaient une véritable koinè, et qu'il n'y avait en aucune façon de “barrière ethnique” dans les échanges de tous ordres entre les deux groupes, ce qui ne veut pas dire que chacun d'eux n’était pas jaloux de sa spécificité. On pourra comparer le cas d’Halicarnasse avec celui de Smyrne, cité éolienne ultérieurement absorbée par les Ioniens (Hdt. 1.149-150) ; mais, en l’occurrence, comme le confirme la demande de participation à la Dodécapole ionienne (ibid., 1.143), il s'agit d'un changement de population et de groupe ethno-culturel, total et voulu comme tel, ce qui. on l'a vu, n'est pas le cas pour Halicarnasse.

122

Hasebroek 1928, 66-67 : “Herodot sagt, die betreffenden Städte hätten die heiligen Stätten und Altäre gegründet. Das will nicht mehr besagen, als dass die einzelnen Landsmannschaften ihren Kult in der Fremde tinter Sanktion der Heimatstadt cinrichten. genau wie bei der griechischen Kolonie es die Mutterstadt als sanktionierende Potenz ist, welche der Tochterstadt in der Fremde den heimischen Kult gibt, diesen Kult in der Kolonie also gründet”, et à propos des prostatai : “Dieses vom ägyptischen Könige den genannten Städte den andern Griechen gegenüber Privileg kann nur bedeuten, dass die Landsmannschaften dieser Städte das Recht erhalten, mit ihren Landsleuten das genannte Amt zu besetzen” (c’est nous qui soulignons). Tout cela contredit formellement Hérodote qui écrivait : “C'est à elles (= les cités fondatrices précédemment nommées) qu'appartient le sanctuaire, et ce sont ces cités-là qui fournissent les présidents du ports” ; Boardman 1967, 148 ; Austin 1970, 31-32.

123

Od., 14.257 ; Str. 10.4.5.

124

Diod. 3.34.7 ; Appien, Guerre Civile, 2.89. Pour tous ces problèmes, voir en détail Casson 1971, 287 sq.

125

Ps-Dém, C. Dionysodôros. loc. cit.

126

Il s’agit d'Hyblèsios (Gravisca : Torelli 1977, 407 ; Naucratis : Bernand 1970, 693, nº 502) et de Zôïlos (Torelli 1978b ; Bernand, p. 689, nº 473 ; 728, nº 882 et 883 ; 708, nº 660 ; 731, nº 909 ; 729, nº 894 ; 736, nº 965). Le Sôstratos éginète de Gravisca (Torelli 1971,56 sq.) n'a guère de chance d’être identique à l’auteur de la belle dédicace à Aphrodite, du vie s. elle aussi, provenant de Naucratis (Bernand 1970, 676, nº 355) : cette dernière est en dialecte ionien. Pour les deux premiers noms, il faudrait pouvoir procéder à une comparaison de la date des supports céramiques, ainsi que de la forme des lettres (naturellement on atteindrait ainsi éventuellement plutôt une probabilité d'identité du personnage qu'une certitude absolue). Le nom Alexandros apparaît également sur les deux sites, mais dans un cas (Naucratis : Bernand 1970, 733, nº 942 ; cf. Beazley & Payne 1929, 261, nº 29 et pl. XVI, nº 16) il s’agit d'une inscription incisée en écriture ionienne, sur amphore à col attique à figures noires datée par Payne et Beazley du deuxième quart du vie s., qui désigne plutôt vraisemblablement le personnage héroïque du même nom que l’auteur d’une dédicace, dans l’autre (Gravisca : Torelli 1977, 406, fig. 5) d'une dédicace, en écriture ionienne mais plus tardive, sur un pied de kylix des petits maîtres [cf. aussi maintenant Ehrhardt 1985].

127

Action commune des Ioniens (Milet mise à part), unis aux Éoliens, après la prise de Sardes (546), voir Hdt. 1.141 et 152 ; appel à Sparte et rejet de cette demande, ibid., 1.152-153. Au début de la révolte de l’Ionie (499), toutes les cités entrent dans l’action (Hdt. 5.35-38). Le refus des Spartiates d’aider les révoltés (5.50-51), la faible importance du contingent athénien et érétrien, vite retiré (ibid., 5.99-103) expliquent le rapport de forces défavorable aux Grecs d’Asie, et le sauve-qui-peut, particulièrement au moment de la bataille de Ladè, en 494 (ibid., 6.11-14).

128

Les guerres entre cités appartenant aux peuples membres de l’amphictionie pyléo-delphique, que cette dernière essayait d’ailleurs de prévenir ou au moins d'humaniser, n’empêchaient pas cet organisme de fonctionner (cf. Roux 1979, 53). Au reste, il faudrait encore prouver l’existence de conflits ou de guerres entre les cités de l'Hellénion, qui, sauf erreur de notre part, ne paraît pas attestée à l’époque archaïque et jusqu'à l’époque de la Guerre du Péloponnèse. A vrai dire, si la Dodécapole ionienne avait certes les caractéristiques d’une amphictionie, elle était aussi autre chose, une ligue politico-militaire, pouvant fonctionner entre autres contre une menace extérieure. C’est ce qui fait son originalité (Roebuck 1955, 26-40, n’en a pas pris conscience ; la meilleure étude reste celle de Caspari 1915, 173-188, on pourra consulter aussi Huxley 1966, 47-48, 146 et 153). La ligue existait déjà apparemment au moment de la guerre entreprise contre Méliè (v. 700 a.C. peut-être), cf. Vitruve, De l'architecture, 4.1.4-5 ; IPriene, 37, 1. 53-59 (cf. Welles, RC, 7). L’opinion de Roebuck 1955, 32-33, sur la Guerre Méliaque, selon laquelle on ne connaît pas d’arbitrage par des ligues avant la Ligue Hellénique de Philippe de Macédoine se heurte à Tod2, 113 (cf. infra) qui concerne justement la Ligue ionienne. Rôle de la Ligue dans la résistance à Cyrus : Hdt. 1.141 (les Ioniens, Milet mise à part, tiennent conférence au Panionion) ; dans la révolte de l’Ionie, cf. en part. ibid., 5.108-109, référence à des délibérations communes engageant la Ligue des Ioniens, τὸ κοινὸν τῶν Ἰώνων. La traduction de Legrand (CUF), “le conseil commun des Ioniens” est inexacte : la formule réapparaît dans les inscriptions hellénistiques et désigne bien la Ligue des Ioniens, cf. ex. gr. Syll.3, 368, I, 1. 1, etc. (289/288 a.C.) ou encore IPriene, 55, 1. 7 et 9 (128/127 a.C). Cependant, l’existence d’une boulè fédérale à l’époque de la révolte de l’Ionie au moins reste problématique : cf. Hdt. 5.108, et 6.7, envoi, à titre exceptionnel sans doute, de probouloi des cités ioniennes au Panionion à la veille de la bataille de Ladè (voir Caspari 1915, 181 et Ruzé 1974, 449), sans que, à notre sens, cela exclue nécessairement l’existence d’un conseil commun en temps ordinaire (la première attestation de ce conseil se trouve dans IPriene, 139. décret de la boulè des Ioniens antérieur à 355). Sur le Panionion (et son bouleutérion), voir l’étude de Kleiner et al. 1967 (l’inscription publiée ibid., 45, a été reprise par Sokolowski 1970, 109-112, mais voir Robert 1971, nº 582). Sur la Ligue au début du ive s., voir Tod2, 113 : à une date qui se situe entre 391 et 388, la Ligue reçoit du satrape d’Ionie la charge de régler le différend territorial qui oppose Milet à Myonte. Les cités de la Ligue, dix vraisemblablement (il y a en fait une lacune dans l’inscription), puisque Milet et Myonte ne sauraient évidemment avoir part au jugement, nomment chacun cinq juges, leur verdict devant être ratifié par le satrape. Globalement, si, de fait, la Ligue ne semble pas avoir un grand rôle politique aux époques tardives, il n’en était vraisemblablement pas de même, aux époques anciennes (c'est-à-dire jusqu’à la révolte de l’Ionie), quels qu'aient pu être les antagonismes entre cités.

129

Nomination des hiéromnémons, mais aussi des pylagores (ou agoratres) ou des naopes (en nombre variable pour ces deux derniers collèges) par les cités des peuples amphictioniques (voir en détail Roux 1979, 12 sq., 20 sq., 102 sq.). Vu leur importance et la nature même de leur charge, les prostatai de l'emporion, à Naucratis, devaient sans doute former un collège dont le nombre des membres était lixe, avec répartition proportionnelle entre les cités, comme ce devait être le cas vraisemblablement aussi pour le conseil de gestion du sanctuaire. Voir Roux 1979, 34-35 en particulier, sur l’importance décisive des votes au sein du conseil amphictionique. A Delphes, le système institutionnel est manifestement très ancien, cf. Roux 1979, 29-30 en part.

130

Voir aussi infra. § 2.4, sur la nomination des prostatai rhodiens.

131

Cf. Roux 1979, 24-26, sur la durée variable, selon les cités, des mandats donnés aux hiéromnémons, qui, en outre, n'entraient pas en charge au même moment, du fait de la diversité des calendriers.

132

A comparer avec les conditions de séjour des magistrats amphictioniques à Delphes, cf. Roux 1979, 35. Au reste, quel que soit le parallèle qu'on puisse faire avec d'autres organisations amphictioniques, et avec l'amphictionie pyléo-delphique en particulier, il ne saurait être question d'en conclure, avec ce dernier exemple, que, dans la mesure où Delphes était une cité, tel devait être aussi le cas pour Naucratis. Au reste la cité de Delphes restait propriétaire du sanctuaire d’Apollon, tout en partageant sa gestion avec l’amphictionie, dont elle constituait elle-même l’un des douze “peuples”. On ne signale rien de semblable pour les Grecs résidents de Naucratis.

133

Dans la première des trois propositions (toutes trois construites avec le verbe ἀγγράψαι, 1. 6-7 ; 1. 15-16 ; 1. 20), Δαμόξενον Ἕρμωνος est le complément d'objet, placé en tête ; dans la seconde, le sujet est après le verbe, l’objet (l’inscription de Damoxénos comme proxène) étant sous-entendu, puisqu'il s'agit simplement d'inscrire le double de la stèle lindienne, pour le placer dans l'Hellénion de Naucratis. Si Π[ο]λυ[κλ]έα Ἁλιπόλιος était complément d’objet, la phrase n’aurait aucun sens, car on voit mal quels seraient les honneurs accordés à Polyklès (en principe toujours accordés de manière spécifique à un individu précis), et on ne comprendrait pas pourquoi, dans son cas, la stèle serait dressé seulement à Naucratis. Comme il est fréquent pour la proposition précisant les conditions de publication d’un décret, le sujet est ici placé après le verbe.

134

Cf. la dédicace des “descendants de Thallis et d’Halipolis”, Lindos, 582 (fin du ve s.), au Boukopion de Lindos. Le nom Halipolis n'est pas autrement attesté à Lindos ou à Rhodes.

135

Cf. supra, n. 127.

136

Voir Morricone 1949-1951, 351-380.

137

D’une certaine façon, la désignation de Delphes comme ethnos au sein de l’amphictionie pyléodelphique (cf. Roux 1979, 18) a comme correspondant, mais inversé, celle de Rhodes comme polis dans l'Hellénion, avec la réserve que les liens étroits unissant les trois cités rhodiennes rendaient cette dernière encore plus justifiable.

138

Voir Bernand 1970, 829-837, sur le sanctuaire d'Aphrodite, et 824-827 sur celui des Dioscures. Anecdote de Polycharme sur laquelle voir déjà supra n. 52. Sur Aphrodite protectrice des navigateurs, voir Séchan & Lévêque 1966, 371-372 (et ibid., 316 sur le même aspect des Dioscures) ainsi que, en dernier lieu Velissaropoulos 1977, 71-72.

139

On ne saurait attribuer aux Chypriotes, en tant que tels, la fondation de ce sanctuaire (cf. la note d'Austin 1970, 24, n. 1, que nous suivons sur ce point), même si Aphrodite était par excellence une Chypriote.

140

Zeus à Égine : Schwabl, s.v. “Zeus”, col 1080 ; voir Pindare, VIe Péan, 123-126 : “Tu règnes sur la mer dorienne, île au nom fameux, astre étincelant de Zeus Hellénios” (trad. A. Puech, CUF), et VIIIe Py., 98-100. VIIIe Ném., 6-7, VIIIe Isthm., 16-18. Héra à Samos : Haug, RE, s.v. “Hera”, col. 378-379 (cf. aussi Barron 1966, 1-7, sur la signification des deux principaux types monétaires samiens archaïque, la peau de lion et la protomé de bovidé, qui, sans aucun doute possible pour le premier, et très probablement pour le second, sont à mettre en rapport avec Héra). Apollon à Milet : Wernicke, RE, s.v. “Apollon”, col. 82, avec renvoi aux col. 49-50 (s.v. Didymeus) et 48 (s.v. Delphinios).

141

Le trésor sert à entreposer et exposer les offrandes d’une cité, qui en garde l'usage exclusif. Pour ce qui est des sanctuaires de Naucratis, la comparaison avec les trésors vaut bien entendu pour le point de vue grec ; pour le point de vue égyptien, le cas de l’Hellénion, propriété des neufs cités membres, suffit pour admettre la possibilité que les autres sanctuaires aient de même proprement appartenu, à des cités.

142

Austin 1970, 25. Sa liste des commerçants fréquentant Naucratis, p. 25-27, se limite aux seuls ressortissants des cités mentionnées par Hérodote, ce qui est abusif.

143

Liste des ethniques dans Bernand 1970, 773. Aigyptios : ibid., 680, nº 392 ; 722, nº 803 ( ?) ; 723, nº 827 ( ?) ; 730, nº 900. Chalkideus, 699, nº 570. Sur le nom Aigyptios, voir en dernier lieu Austin 1970, 12, n. 2, et Froidefond 1971,22 sq. Pour Chalkideus, voir ex. gr. Thc. 8.6 ; 8, etc. (navarque lacédémonien).

144

Cf. Bernand 1970, index s.v.

145

Autres ethniques, dans les inscriptions lapidaires, dédicace à Aphrodite d'un Mytilénien, Bernand 1970, 746, nº 7 (“époque classique” ; signature d'artiste d’un Kyp(rios), ibid., 747, nº 10 (ive s.) ; stèle funéraire d'un Milésien, 762-763, nº 33 (ive s.). Voir aussi, s'il provient bien de Naucratis, l'autel ( ?) d’Artémis de Pergè, ibid., 746, nº 8, avec les références de A. Bernand. L'attribution à Naucratis de cette pierre d'origine inconnue remonte à Milne 1901, 285, nº 8 (elle est admise par Robert 1934, 26-30, part. n. 5, p. 27-28 = OMS, II, 973-974 n. 5, et Hellenica, V, 65). L’inscription date du ive s. (cf. Milne 1901 et sa reproduction de l'inscription). Mais on ne saurait accepter l'affirmation de J. G. Milne selon laquelle on aurait affaire à un culte local transporté en Égypte par des “colons” pamphyliens, pour qui il jouerait le même rôle que Zeus pour les Éginètes, Apollon pour les Milésiens et Héra pour les Samiens. En effet, le culte est connu en plusieurs régions du monde grec (cf. W. Ruge, RE, s.v. “Perge”, col. 700. pour une liste des endroits où était honorée Artémis de Pergè, à laquelle on pourra ajouter au moins Dakaris 1965, 347 et pl. 415, cf. J. et L. Robert, Bull. ép., 1968, nº 315, dédicace d’Ambracie de la haute époque hellénistique). Ainsi, on connaît en territoire rhodien trois mentions d’une prêtresse d'Artémis de Pergè, l'une remplie par une “Égyptienne” (cf. infra, n. 153), l'autre par des Rhodiennes de plein droit (Rhodes. IG, XII. 1, 66, fin iie s. a. C. probablement ; Lindos, Lindos, 384e, fin Ier s. a.C ; voir aussi les dédicaces ASAA, 2, 1916, p. 137, nº 4, ive-iiie s. a.C., plutôt que iiie-iie s. selon A. Maiuri ; IG, XII. 1, 784, provenant de Lindos ; IG, XII. 1, 104c, 1. 6, restitutions première moitié du iie s. a.C. ; Morelli 1959, 30-31 et notice p. 115, est trop bref et incomplet sur ce point). Manifestement, l’existence de ce culte d'Artémis de Pergé suppose des liens commerciaux et culturels entre la Pamphylie et l'Égypte, mais cela ne signifie pas que le sanctuaire où la déesse recevait les hommages de ses fidèles ait eu un quelconque statut d’exterritorialité, ou que le culte de cette divinité ait été nécessairement, du moins de manière exclusive, entre les mains de gens originaires de Pamphylie. On notera de même la dédicace à Zeus Thébain trouvée à Naucratis, qui est probablement l’œuvre non d’un Thébain, mais tout simplement d’un Naucratite ; cf. Bernand 1970, 748, nº 12, qui pense que l’inscription se rapporte au règne de Ptolémée II Évergète (285-247 a.C.). Mais la photographie de la pierre pl. 35, nº 3, ne laisse aucun doute : l’inscription remonte bien au ive s. (nu très ouverts, epsilon à barre centrale à peine plus courte que les deux autres, sigma très ouverts, aux barres centrales presque de la même longueur que les barres extérieures, etc). C’était déjà l’opinion du premier éditeur. F. H. Marshall, cité par A. Bernand. La différence avec la stèle de Ptolémée II trouvée à Naucratis (Bernand 1970, 748, nº 11,. pl. 35, nº 1) est éloquente à ce sujet.

146

Dédicace du Syracusain, Bernand 1970, 694, nº 511 = Gardner 1888, 68, nº 874 et pl. 22. Selon Gardner, le support est un vase tardif, “with a ribbed surface, and stamped ornaments inside”, qu'il attribue à l'époque ptolémaïque. En fait, la reproduction de l’inscription, qui montre en particulier des sigma très ouverts, aux barres presque d’égale longueur, et la présence de signes de séparation suggère que cette attribution est hautement suspecte. Selon Gardner, “it indicates that punctuation such as that used here is not necessarily a proof of early date”, mais c’est bien, entre autres, ce qui fait problème. Il faudrait naturellement pouvoir revoir le vase, mais l’inscription nous paraît avoir toute chance d’être du ve s. Cf. infra pour une monnaie syracusaine à Naucratis. Nous reviendrons ailleurs sur le problème des rapports entre l'occident grec et l'Égypte. Notons cependant la présence à Naucratis de bucchero étrusque, cf. Johnston 1978, nº 22, avec en particulier une oinochoé pour laquelle A. Johnston signale “indented groove on outside below edge” (non publié). On notera aussi la présence de bucchero étrusque à Ras El Bassit, cf. Courbin 1973, 27 et 32, fig. 7. Rien ne prouve, évidemment, que ces céramiques avaient été transportées en Orient par des Occidentaux. Cela montre néanmoins qu'il n'y avait pas une coupure totale entre les deux bassins de la Méditerranée, et corrobore les découvertes de monnaies, ainsi que la dédicace du Syracusain.

147

Voir Head 1886, n. 48. Ainsi, le “Silversmith's Hoard” comprenait, outre des morceaux d'argent brut, quinze pièces qui datent toutes de la fin de l’archaïsme et du début de l’époque classique (520-430 environ), soit : Mallos (l'exemplaire), dynaste lycien (1), Chios (1), Samos (3), Égine (1), Athènes (6), Cyrène (1), Syracuse (1). On doit remarquer que les pièces publiées par Head sont celles qu'il a réussi à lire et à classer ; elles ne représentent qu’une faible partie des pièces retrouvées (cf. en part. ibid., p. 3, 520-350, “Greek autonomous silver”. environ 97 pièces ; 350-300, “Greek autonomous bronze”, environ 90 pièces). Nous avons fait également allusion à des bronzes de la période 330-300, car il ne nous paraît pas que se manifeste un quelconque changement dans les provenances et les arrivages dans les années qui suivent immédiatement la venue d’Alexandre en Égypte. Encore une fois, il ne s'agit pas d’envisager une correspondance stricte entre nationalité des commerçants et cités d'émission des monnayages. Les nombreuses pièces thraco-macédoniennes trouvées dans le trésors égyptiens (cf. encore récemment Price & Waggoner 1975, n. 60) n’ont évidemment pas été apportées dans le pays par des gens originaires de ces régions. Le problème est partiellement le même pour Athènes sans doute. Mais, s'agissant de cités commerçantes et dont les émissions ne sont pas exceptionnellement abondantes (dans la mesure où elles ne possèdent pas de sources de métal précieux), le problème est tout différent, et il paraît logique d’admettre que les pièces ont pu, en partie au moins, être apportées par des nationaux. Cf. déjà L. Robert (1934, 26-30, part. 27-28 n. 5 = OMS, II, 973-974 n. 5) : “Les trouvailles de monnaies faites à Naucratis (cf. Head) permettent de confirmer et de préciser parfois le tableau des relations économiques de Naukratis dressé par H. Prinz d’après les textes, les inscriptions et les trouvailles céramiques ; il est dommage qu'il n’ait pas utilisé cette sorte de documents”.

148

Str. 17.1.18.

149

Sur teichos, voir Mello 1967, 407 sq., où sont rassemblées toutes les occurrences de teichos dans Strabon.

150

Il n'en est pas de même évidemment pour le Pont Euxin, cf. pour mémoire Jeffery 1976, 210-211.

151

Cf. Gauthier 1972, 361.

152

Voir en détail von Bissing 1951, 40 sq. sur l’exagération du rôle des Milésiens à Naucratis, ainsi qu’Austin 1970, 22 n. 5 et 27, n. 3 sur la critique de la version de Strabon. Il est donc inutile d’insister sur le problème.

153

Voir Greco 1979, 219-239.

154

Décret en faveur de Théogénès, IG, II2, 206 ; fragment de décret en l’honneur de X, fils de Diodoros, Ibid., 163.

155

1) Lôryma (à l'extrémité de la Chersonèse de Bybassos, en face de Rhodes) : Pérée, 175 = IK, 38-Rhodische Peraia, 13, signature de l’architecte Διονύσιος Ναυκρατ[ί]τας (1. 3) ; d’après la copie en majuscules, une date dans la première moitié du ive s. parait assurée. On remarquera aussi à Lôryma, dans la Pérée rhodienne, Pérée, 174 = IK, 38, 21), le cippe funéraire d'Εὐρώπα Αἰγυπτία | ἱέρηα Ἀρτάμιτος | Περγαίας, γυνὰ δὲ | Μαρσύα Ἀσπενδίου, | μακαρία, qui provient lui aussi de Lôryma. Malheureusement, le texte est peu lisible, et la datation problématique (ive s. ou haute époque hellénistique). On connaît plusieurs autres mentions du culte d’Artémis de Pergè sur le territoire rhodien, mais le culte de la déesse est attesté ailleurs qu’à Rhodes (cf. supra, n. 143). Cette Égyptienne exerçait probablement une prêtrise viagère (puisqu’elle est mentionnée dans une inscription funéraire) d'une divinité dont on a vu qu'elle était honorée aussi chez les résidents grecs d'Égypte. Elle était elle-même l’épouse d’un Aspendien, et portait un nom grec (l’hypothèse de l’emprunt d’un nom grec par une indigène égyptienne paraît probable). Le fait que son époux d’Aspendos ait pris une femme égyptienne est lui aussi significatif des liens qui s’établissaient entre la côte sud de l’Asie Mineure et l’Égypte, comme il y en avait aussi dans la même direction avec Chypre (cf. ex. gr. Lindos, 78, c. 275 a. C., dédicace d'une femme originaire de Salamine de Chypre pour son époux Aspendios). 2) Athènes : outre les deux décrets mentionnés supra, n. 152, stèles funéraires de Dionysios Parmenontos, Naukratitès (IG, II2, 9984 [début ive s, cf. infra chap. II, 77]) ; d'Olympos Sanniônos, Naukratitès (ibid., 9985, 340-317) ; de Phaidimos, Naukratitès (ibid., 9986, début ive s.) ; celle d'un esclave enfin (pais Naukratitès, ibid., 9987, milieu ive s. ; pas de nom en grec ; inscr. bilingue, texte peut-être phénicien au dessus du texte grec). 3) Delphes, liste de donateurs, FD, III.5, 2,1. 1-6 (370/369) : (Da)môn, (Am)asis et (...)as(s)is sont tous trois qualifiés de Naukratitai ; ibid., nº 3 [CID, II, 4], c. I, 1. 37-39, don de 350 dr. des Naucratites, apporté par Pythagoras ; ibid., loc. cit., c. III, 1. 21-26, dons de deux Naukratitai, Eutélès et Tyris (363) ; fragment de décret delphien conférant la proxénie et divers honneurs à des Naucratites, FD, III. 1, 419, lettres du ive s. (les noms sont perdus). 4) Décret d’Ios (voir infra l’analyse des problèmes posés par ce texte). Les Naucratites portaient donc des noms grecs, pour le plus grand nombre d’entre eux, même s'ils pouvaient aussi porter des noms égyptiens (cf. Amasis, mais, à Naucratis tout particulièrement, il n'est pas étonnant de voir ce nom porté, selon toute vraisemblance, par un Grec ; cf. déjà le potier du même nom à Athènes dont l’activité paraît se situer entre 555 et 525, sur lequel voir la discussion et les références de Salmon 1965, 70, n. 1).

156

1) Délos : décret de proxénie pour Dionysios Potamônos IG, XI.4, 561 ; début du iiie s. ; sur le personnage, voir aussi OGIS, 724). 2) Didymes : liste d'offrandes, dont une due à deux Naucratites, Anaxithemis Anaxithem(ios) et ( ?An)drotelous (Didyma, II. 452, 1. 9-13, avec le commentaire de Rehm), et idem, mention de Naucratites (ibid., 457, 1. 10 ; les noms sont perdus). 3) Delphes : mention du flûtiste Klytios Mendaiou, Naukratitès (catalogue des Sôtéria, Syll.3, 424, 1. 65, a. 268) ; décret honorifique pour le Naucratite Philoxenos Men(d ?)iônos (FD, III.1, 114, a. 254). Pour ce qui est de cette prosopographie des Naucratites à l’étranger, il s’agit plutôt d’un sondage un peu approfondi que d’une enquête systématique. Il élargit tout de même sensiblement les listes précédentes. Les documents du début de l’époque hellénistique montrent en tout cas que Naucratis, à cette époque, n’est pas encore totalement éclipsée par Alexandrie dans le monde grec. Néanmoins, il semble que, de plus en plus, la ville joue seulement un rôle de relais pour le commerce fluvial intérieur à l'Égypte (aux témoignages papyrologiques rassemblés par Bernand 1970, 604-609, ajouter aussi maintenant Pestman 1980, nº 76).

157

Austin 1970, 29.

158

Perdrizet & Lefebvre 1919, nº 614 et 536 respectivement.

159

Inscription déjà citée supra, n. 153. Le don de 350 drachmes est le fait des Naukratitai ex Aigyptou (c. I, 1. 37).

160

Lenormant 1867, 295, nº 295, 1. 1. La restitution de Lenormant correspond parfaitement au nombre de lettres manquantes, tant en milieu qu’en fin de ligne (même remarque sur ce dernier point pour le reste du décret). Au vu de la copie majuscule, il est plus que probable qu’il s'agit d’une inscription du ive s. (cf. la forme des sigma en particulier).

161

On doit noter aussi que Platon, Phèdre, 274c, parle de Naukratis tès Aigyptou, mais il s'agit là peut-être seulement d'une précision destinée à bien situer en Égypte le mythe de Teuth, car ce n’est pas de Naucratis qu'il est question à proprement parler. Il se peut aussi néanmoins que cette formulation vienne tout naturellement sous la plume de Platon, parce que la dénomination ordinaire de Naucratis appelait cette précision. On verra les remarques de Fraser 1972, 107 sq., sur les différents formulaires utilisés pour désigner Alexandrie à l'époque hellénistique, et la difficulté de savoir si cela correspond à un changement de statut de la cité.

162

Cf. contra Austin 1970, 29, qui cite pourtant Head, in Petrie 1886, 65-67 (cf. Head 1886, 10-11, et Head 1911, 845 : deux ou trois exemplaires de ce monnayage de bronze ont été trouvées au cours des fouilles ; datation : c. 323-305 pour Head).

163

Bernand 1970, 755-756, nº 20, et pl. 39, n 1-2 : Κλεαίνετος Ἀριστοθέμιος, | Μαιάνδριος Στρατονιδέω | τὴμ παλαίστρην ἀνέθηκαν | Ἀπόλλωνι. La forme des lettres est identique à celle de la dédicace d'Ampeliôn Sôsikratous à Zeus Thébain (Bernand 1970, 748, n. 12, cf. déjà supra, n. 143), au point que l'inscription paraît avoir été gravée par la même main (voir la forme des rhô en particulier). Elle date donc elle aussi du ive s. Le dialecte ionien employé dans les inscriptions du ive s. émanant des Grecs de Naucratis et la koinè dans celles d’époque hellénistique de la cité de Naucratis laissent penser que c’est l’élément ionien qui l’avait emporté dans le “melting pot” culturel formé par la communauté grecque de la ville. On pourra comparer avec une fondation coloniale comme Himère (The. 6.5), où se mêlent des Chalcidiens (donc Ioniens) majoritaires, et des Syracusains (Doriens) : la langue devient un mélange de chalcidien et de dorien, mais, sur le plan institutionnel, c’est l’élément chalcidien qui l'emporte. A Naucratis, il est vraisemblable que, numériquement, l'élément ionien l'emportait sur l’élément dorien, d'où, sur le plan linguistique, la domination du dialecte ionien. Sur le rôle de la palestre dans la culture hellénique, voir Delorme 1960, 459-480, et sur Naucratis, 90 et 339, n. 13, en particulier. On notera aussi l'aspect ionien d'un culte comme celui d’Apollon Kômaios (Athénée 4 149d, sur lequel précisément voir Robert 1934, 28-29 = OMS. 11. 974-975). C’est le même aspect ionien qu'on retrouve dans l'institution des timouques, qui apparaît dans le passage d'Athénée traitant de certains cultes naucratites (4 149d-f). Sur ce point, voir l’ouvrage de Gottlieb 1967, et part. 28-30 sur Naucratis (et le compte-rendu de Robert 1971, 38-41). Tout le problème est de savoir si les cultes et institutions mentionnés par Athénée remontent bien aux premiers temps de la ville grecque de Naucratis, ou s'ils sont une création plus tardive. Les cultes d'Hestia protectrice du prytanée, d'Apollon Pythien (cf. supra n. 153 et 154 sur les Naucratites à Delphes, et déjà auparavant Hdt. 2.180. sur la contribution des Grecs d’Égypte à la reconstruction du temple de Delphes au vie s.), Dionysos, celui d’Apollon Kômaios aussi, de même que la mention de prêtre de ces divinités, d'un héraut sacré (hiérokèrux) et de hiéropes, évoquent le paysage culturel d'une cité ordinaire. Il en est de même de la mention de timouques (un collège de magistrats ici manifestement) et d'un prytanée (voir aussi Bernand 1970, 773 sq. sur les institutions de Naucratis). Mais tout cela existait-il vraiment aux origines de la ville ? G. Gottlieb l'admet (1967, 29), mais sa vision de Naucratis archaïque et classique, inspirée de C. Roebuck, est erronée, et confond en particulier résidents et passagers. Certes, il nous parait hautement probable que la communauté des résidents grecs de Naucratis possédait ses formes d’organisation interne, tant administratives que culturelles, dès avant l’époque hellénistique. Peut-être une institution comme celle des timouques est-elle effectivement ancienne : mais, comme le montre le parallèle avec les Grecs de Memphis, qui eux aussi possédaient leurs timouques à l’époque hellénistique (voir Gottlieb 1967, 30-31, n. 65), il ne saurait être question, pour Naucratis, de tirer de l'existence de cette institution celle d'un État-cité avant l'époque hellénistique. C'est vraisemblablement avec l’arrivée d’Alexandre et la disparition, à cette date de toute façon, de l'ancienne différenciation entre résidents et passagers, qu’à dû se mettre en place, en partie en réutilisant des éléments de l’ancienne organisation interne de la communauté, le nouveau système calqué sur celui d’une cité grecque ordinaire (voir aussi supra, § 1.2, sur la mise en place probable, à cette date, de la loi interdisant l'epigamia). Le paradoxe, apparent du moins, c'est que c'est justement au moment où Naucratis perd son rôle international qu'elle devient juridiquement une cité, même si cette souveraineté devait être bien limitée sans doute au fond. On ne doit au reste pas considérer que la mention d'un prostatès dans une dédicace à la nourrice de Ptolémée XII Néos Dionysos Aulète (Bernand 1970, 753, nº 18, 58 a.C.) révèle une quelconque survivance des prostatai du système d’Amasis. Notons d'abord qu’il n’est pas sûr que la pierre provienne bien de Naucratis. A. Bernand admet cette provenance, mais pense qu'il s'agit là sans doute d'une dédicace faite par une association présidée par un prostates. De toute façon, on trouve aussi mention d'un prostatès dans des inscriptions de Crocodilopolis et du Fayoum, d'Alexandrie et de Memphis (voir Breccia 1911, index s. v.). Il n'y a donc là rien de spécifique à Naucratis.

164

Sur la situation intérieure de l'Égypte au ive s. (conflits entre princes rivaux, changements de dynasties et rôle des Grecs), cf. Kienitz 1953. 76 sq. Une affirmation de G. Glotz nous a plongé dans la perplexité et obligé à de longues recherches. Il signale en effet qu'Aristote avait composé une constitution de Naucratis, “synthèse des principes doriens et ioniens” (Glotz 1925, 206, sans référence). Ce témoignage aurait eu évidemment une très grande valeur pour notre recherche. Mais G. Glotz s’inspirait sans aucun doute possible de Mallet 1893, 357, qui écrivait en fait : “Il est probable que, si un heureux hasard nous rendait le traité d’Aristote sur la constitution de Naucratis, on y reconnaîtrait une sorte de compromis entre les institutions des Ioniens et celles des Doriens.” Nous n'avons pu retrouver nulle part un témoignage attestant qu'Aristote avait écrit une constitution de Naucratis, et aucun autre auteur moderne ne fait davantage mention de ce fait ce qui n'interdit pas qu'Aristote ait pu s'intéresser au statut des Grecs d'Égypte, mais on est là dans le domaine de la pure supposition.

165

Pour Al Mina, nous renvoyons seulement à la synthèse de Boardman 1967, 62 sq. (bibliographie p. 125) ; voir ibid., 70 sq. le rôle de plus en plus grand des Grecs de l'Est à partir du viie s. [mais cf. aussi maintenant Perreault 1993], Sur Ras El Bassit. outre les différents rapports publiés dans les Annales archéologiques arabes syriennes par P. Courbin, voir Courbin 1974, 174-178, et Courbin 1978,48-62. Par opposition à Tell Soukas, l'absence de sanctuaire à Ras El Bassit paraît correspondre à l’absence de témoignages prouvant que les Grecs aient pu résider durablement (cf. supra § 1.3 sur le rôle des sanctuaires ; pour Tell Soukas, voir déjà supra n. 34, et Gravisca, ibid., et n. 106). On verra également les diverses contributions (y compris sur Ras El Bassit et Gravisca) du riche volume déjà cité (Centre Jean Bérard 1978), avec l’introduction de G. Vallet. La fin du viie et le début du vie s. semblent avoir été une période de dynamisme tout particulier pour les Grecs de l'Est. C'est par exemple l’époque de la fondation de Marseille, de celle de l’établissement de Gravisca, de celle d’Histria et Bérézan en mer Noire (cf. Alexandrescu 1978), et, bien entendu, c'est aussi l'époque de l'arrivée des Grecs à Naucratis.

166

Voir Torelli 1971, n. 34, et Torelli 1978b, 214, où Fauteur esquisse un rapprochement entre les plans des sanctuaires d'Aphrodite de Gravisca et de Naucratis.

167

Sanctuaire des Juifs d’Éléphantine, antérieur à la conquête perse, cf. Grelot 1972 supra n. 39, nº 102, p. 409, dans la supplique au gouverneur de Judée après le sac du temple : “Or (c'est) depuis les jours des rois d'Egypte (que) nos pères avaient construit ce sanctuaire à Éléphantine-la forteresse : et lorsque Cambyse entra en Égypte, il trouva ce sanctuaire construit” (les italiques correspondent à des restitutions ; la suite du texte montre bien que le sens ne peut être différent). A Memphis, sanctuaire d'Aphrodite Étrangère (= Aštart. notre Astarté), dans le quartier phénicien dit “camp des Tyriens” Hdt. 2.1 12. A Syène, sanctuaires des divinités syro-phéniciennes Banit, Nabû, Bêt el et la Reine du Ciel (‘Anat plutôt qu'’ Aštrat, selon Grelot, n. c., p. 145-146), cf. Grelot 1972, 148-167 et 334-336, et Horn 1969, 37-42. Ils sont eux aussi manifestement antérieurs à la domination perse (cf. Jérémie, 44. 15-19). S. H. Horn souligne la tolérance manifestée par l’Égypte pour l’installation de sanctuaires étrangers, et cela depuis le Nouvel Empire.

168

Voir Kienitz 1953, 50. Sources égyptiennes : stèles de Piankhi - ce roi refuse d’admettre dans sa maison des princes libyens, car ils sont impurs et mangent du poisson. Sources juives : Genèse, 43.32 - les Égyptiens ne peuvent pas manger avec les Hébreux, ce serait pour eux une abomination. Sources grecques : Hérodote principalement (2.39 : les Égyptiens donnent aux marchands grecs, s’il s'en trouve dans la région, la tête préalablement chargée de malédictions des victimes sacrificielles ; 2.41 : refus des ustensiles grecs ; 2.91 : refus des coutumes grecques et des coutumes étrangères en général).

169

Hostilités contre les Grecs à la fin du règne d'Apriès, voir Hdt. 2.163 et 169. Sac du temple d’Éléphantine, voir Grelot 1972, 398-406.

170

Hdt. 1.167.

171

Voir la comparaison esquissée dans notre Mythe et contradiction, p. 100-102.

172

Sur le “port of trade”, voir Polanyi et al. [1975], avec la contribution de R. E. Revere ([1975], part. 82-85) et Polanyi 1963, 30-45 (cf. brièvement Austin & Vidal-Naquct 1972, 85). Cela ne veut pas dire que nous adhérions à l'idée polanyienne selon laquelle, dans le “port of trade”, les considérations “administratives” prévalent sur les conditions “économiques”, car elle a comme présupposé l'absence de logique économique en dehors du système du marché. A titre de comparaison, on verra, pour un milieu très différent de l'Égypte, la discussion relative au statut d'Emporion dans Lepore 1970, 35-36 sur ce point, et avec un point de vue autre, Clavel-Lévêque 1977, 83 et n. 48.

173

Austin 1970, 31 et n. 2-3, admet quelques activités artisanales, et, pour le ive s., à cause de Démosthène, C. Timocratès, 11. une activité commerciale, mais considère que les occupations des “citoyens” restent inconnues. Dans Austin & Vidal-Naquet 1972, 85 et 258. cette réserve fait place à une certitude : les “citoyens” de Naucratis s’abstenaient de toute activité commerciale.

174

Cf. infra sur ce point.

175

Il ne semble pas que la Syro-Phénicie soit restée sous le contrôle de l’Égypte après le règne d’Apriès (cf. l’intervention de Nabuchodonosor en Égypte en 568), voir Mallet 1893, 118 sq.. et 126. Sur le rôle d’intermédiaires des Phéniciens avec l'arrière-pays syro-babylonien, voir l’étude de Oppenheim 1967. 236-254. Deux documents d'Uruk, datés précisément de 551 et 550 a.C., montrent, entre autres, l’importation en Babylonie de quantités importantes de cuivre et de fer de “Yamana” (le cuivre vient peut-être de Chypre ou, comme le fer, de beaucoup plus loin, transporté jusqu’en Phénicie par des marchands ioniens). Nabuchodonosor Il avait donc toutes les raisons de mettre la main sur Tyr en 574. On note aussi l'importation d’alun égyptien (cf. ibid., p. 243, pour une série d'autres références à l’alun égyptien dans des textes néo-babyloniens) : on songera bien sûr à Hérodote (2.180), et au cadeau fait par Antasis de mille talents d’alun pour la reconstruction du temple de Delphes. Sans parler du don d’Amasis, il est vraisemblable que l’alun faisait aussi l'objet d'un commerce d’exportation vers la Grèce. Sur le commerce avec la Babylonie, voir aussi Garelli & Nikiprowetzki 1974, 283 sq.

176

Nous utilisons la traduction de Lefebvre 1949, 204-220. Selon G. Lefebvre, si le manuscrit date de 950 a.C. environ, le récit “semble être la copie d'un original composé soit du vivant même d'Ounamon, soit peu de temps après sa mort, et inspiré directement d'un rapport officiel qu’Ounamon avait pu rédiger au retour de son voyage au Liban” (p. 204). Pour les négociations avec le prince de Byblos, voir 1, 1. 35 - 2.1. 40 env.

177

Cf. déjà les liens entre Psammétique Ier et Gygès, selon Radet 1893, 177-180. Alliance entre Amasis et Crésus, Hdt. 1.77.

178

Voir la stèle de Nectanébo (citée supra, n. 18), § 10.

179

Pour les produits exportés d'Égypte, voir Salmon 1965, 28-35. On comparera avec les produits qui servent à payer le bois du Liban dans les Mésaventures d'Ounamon (2, 1. 40 sq.) : “Smendès et Tentamon envoyèrent : quatre cruches et un vase-kakment en or, cinq cruches en argent, dix pièces d’étoffe en lin royal, dix paquets de bon lin de Haute Egypte, cinq cents (rouleaux de) papyrus de qualité supérieure, cinq cents peaux de bœufs, cinq cents cables, vingt sacs de lentilles, trente couffes de poisson. Et elle (Tentamon) m’envoya (en outre) : cinq pièces en bon lin de Haute Egypte, cinq paquets de bon lin de Haute Égypte, un sac de lentilles, cinq couffes de poisson”.

180

Cf. déjà Andreades 1929, 15 sur ce point, à la suite de B. A. Van Groningen. Sur les manœuvres de Cléomène, voir Van Groningen 1933, 183 sq. Bibliographie récente sur Cléomène dans Goukowski 1978, 261, n. 84 [voir maintenant Le Rider 1997].

181

Trouvailles de scarabées de Naucratis dans le monde grec (ils étaient donc destinés à être vendus à l'extérieur) : von Bissing 1949, 1-2, Forschungen zur Geschichte und Kulturellen Bedeutrung der griechischen Kolonie Naukratis in Aegypten. Autres références dans Austin 1970, 31, n. 2. Si l'on en juge par l’intérêt porté aux productions de Naucratis par la stèle de Nectanébo, l'artisanat ne devait pas y être négligeable. Pour les scarabées égyptiens, dont une partie sans doute provient de Naucratis, trouvés dans la péninsule ibérique, cf. Gamer-Wallert 1978, 232-236.

182

Il est sûr que l'Égypte possédait une flotte de guerre. Elle est attestée sous Néchao (Hdt. 2.159). Sous Apriès, la flotte égyptienne livre bataille aux Tyriens (Hdt. 2.161), et aux Chypriotes (Diod. 1.68), qu'Amasis parvient à soumettre (Hdt. 2.182). Mais les navires, fabriqués nécessairement avec du bois importé, devaient être de construction phénicienne ou grecque : les trières de Néchao étaient exclusivement phéniciennes pour Basch 1977, 1-10, cf. en part, l’utilisation par Néchao de marins phéniciens pour le périple de l'Afrique. Hdt. 4.42 ; l'auteur a raison de repousser l'idée de l'importation de trières de Corinthe (ou de Samos), mais pourquoi ces navires n’auraient-ils pas été aussi fabriqués par des Grecs en Égypte même ? – cf. les cales de navires dans le camp mercenaire grec de Stratopéda, Hdt. 2.154. De même devaient être phéniciens et grecs la plus grande partie des équipages, mais peut-être pas la totalité (cf. la mixité des forces terrestres où se côtoient mercenaires et Égyptiens). Alors que l’Égypte est soumise aux Perses, elle fournit à la flotte de Xerxès deux cents navires, avec des équipages (ou du moins des soldats embarqués) indigènes, selon Hdt. 7.89. Sur la flotte égyptienne, voir également, pour des époques plus anciennes, Casson 1971, 16-22 et 35-37.

183

Tod2, 189, 1. 42-45. Cf. supra, § 2.2, à Athènes, la stèle funéraire du tisserand Hermaios, IG, II2, 7967. Dans le C. Athénogénès d'Hypéride, § 3, l’adversaire du parfumeur Athénogénès (la parfumerie était déjà l'activité de son père et de son grand-père, § 19) lui reproche son origine égyptienne, réelle ou supposée : le but était d'impressionner défavorablement le tribunal. Sur la mauvaise réputation des Égyptiens, voir Knorringa 1926. 56.

184

Athénée 15 675f sq. Sur cette anecdote, cf. déjà supra, n. 19, n. 52, § 2.4 et n. 136.

185

Sur Polycharme (FGrHist 640), Jacoby, FGrHist, IIIC, p. 187 : “Hellenist. Zed ?”

186

Cf. supra, n. 19 et 52.

187

[Pour la traduction de εἰς αὔριον, Nenci 1979, 7-10, comprenait “jusqu’au lendemain”, solution contestée par Lejeune 1991, 328-329, qui comprend “le lendemain”. Sur les invitations au prytanée, cf. en dernier lieu Spitzer 1994].

188

Xén., Poroi, 2.1-7, et 3.3-4, avec en dernier lieu le commentaire de Gauthier 1976, chap. II et III. Sur IG, II2, 206, on verra déjà la remarque de Pečirka 1966, 46 : l'enklèsis seulement pour une maison (“for his own use, or for visits and business negotiations ?”) laisse supposer que le bénéficiaire n'entendait pas s'installer définitivement à Athènes.

189

Ios : IG, XII.5, 1010, décret pour le Rhodien Antisthènès, un commerçant en blé très probablement [cf. chapitre IV]. Ibid., 1011, décret pour un agoranome qui s'est dévoué personnellement pour assurer l’approvisionnement en blé de la cité.

190

Sur les raisons de cette saisie, voir déjà supra, n. 66, in fine. C'est l'interprétation de Glotz 1936, 253-254, reprise par Gauthier 1972, 221, n. 38 : c'est en effet parce que Naucratis est égyptienne, possession de Tachôs, donc ennemie du Grand Roi, auquel, à cette date, les Athéniens veulent plaire, que ce navire est saisi.

191

Cf. Basch 1977, 3 et 9-10 en part. sur le rôle de ces artisans et marchands phéniciens, depuis le Nouvel Empire jusqu'à la 26e dynastie.

192

On ne peut suivre l’interprétation de Théodoridès 1975, 87-140, et p. 104 sur ce point. L’auteur cite un fragment des Mésaventures d’Ounamon, 1, 1. 17-20, où l’on voit Ounamon se plaindre au prince de Dor (sur la situation de cette ville, voir la discussion de Lefebvre 1949, 208, n. 7 ; il est très vraisemblable cependant qu'il s'agit là de la future Dora des auteurs grecs et latins au sud du Mont Carmel, cf. M. Avi-Yonah, Encyclopaedia Judaica, s.v. “Dor”) – et non de Byblos, comme l’affirme A. Théodoridès. Il a été volé par des membres de l’équipage de son navire et souhaite obtenir justice. Le prince de Dor lui répond que cela n’aurait été possible que si le voleur avait été quelqu’un du pays, “mais le voleur qui t’a volé, il est à toi, il appartient à ton bateau”. A. Théodoridès en conclut que “comme le bateau bat pavillon syrien, il s’ensuit que les matelots sont eux aussi syriens.” Sur le fond, en fait, peu importe la nationalité du navire et de son équipage, pourvu que le voleur ne soit pas de Dor. Mais, en l’occurrence, il faut comprendre que puisque Ounamon est égyptien, les matelots, quelle que soit leur origine, dépendent de la souveraineté égyptienne.

193

Cf. Lefebvre 1949, 213, n. 34.

194

Voir Coulson & Leonard 1981 et surtout Coulson 1996, avec bibliographie des publications préliminaires qu’il est donc inutile de reprendre ici (sauf pour Coulson et al. 1982). Les nouvelles fouilles de Naucratis ont en revanche apporté une riche moisson de matériel hellénistique et romain.

195

2 tessons de céramique chiote archaïque contre 1895 des époques ultérieures (Coulson 1996, 19). quelques tessons de céramique à décor pouvant remonter au ve s. (selon les éditeurs, cf. ibid., 29) quelques fragments d’amphores de Chios, Samos, Corinthe, Athènes et Mendè (ibid., tableaux 1-2) ; pas de monnaie archaïque ou classique. Sur la céramique chiote à Naucratis, cf. Boardman 1986, qui émet l’hypothèse (audacieuse) qu’il s’agissait de céramique produite localement à Naucratis avec de la terre importée de Chios. La publication de Venit 1988 fait le tour des tour des vases à décor trouvés sur le site de Naucratis dans les musées égyptiens ; nous ne connaissons cette publication qu’à travers le c.r. de Boardman 1990, qui signale deux tessons appartenant au groupe III de Coldstream, 650-615 a.C., ce qui ne contredit pas non plus une fondation dans le dernier quart du siècle.

196

Coulson et al. 1982, 73-76.

197

Sullivan in Coulson 1996, 177-195.

198

Voir notre analyse d’Étienne de Byzance, s.v. Γυναικόσπολις, cf. Aristagoras “de Milet”, FGrHist, 608 F8, cf. chap. I, 19 et n. 24. Ch. Fornara, FGrHist, IIIC, fasc. 1 (1994), 36-37, rejette l’argument militaire sans autre forme de procès, en projetant sur la Grèce archaïque un schéma de séparation totale entre activité du marchand et activité du guerrier qui n’est valable que pour les époques ultérieures.

199

Il faut cependant adjoindre à la documentation ancienne sur laquelle s’appuie R. D. Sullivan la statuette inscrite datant du règne de Psammétique Ier, sur laquelle cf. infra.

200

R. D. Sullivan in Coulson 1996, 177-195. Sur la date de la fondation, voir remarques chap. I, n. 19. L’idée que Naucratis aurait été une fondation milésienne, selon le point de vue de Strabon 17.1.18, critiquée chap. I. 51, est une nouvelle fois combattue par Drijvers 1999, avec des arguments qui, faute d’être nouveaux, sont du moins correctement présentés (mais la bibliographie est sérieusement lacunaire).

201

Kinch 1914, 5-6.

202

Morris 1993, 174-199.

203

Yoyotte 1993/4, 685-686.

204

Yoyotte 1991/2, 640-642. L’hypothèse (qui remonte à H. De Meulenaere en 1951, cf. ibid., 638 pour réf.) est séduisante, mais on devra rester prudent aussi longtemps que le nom n’aura pas été attesté pour une période antérieure à toute présence grecque. Voir aussi Lloyd 1988, 221-231

205

Yoyotte 1991/2, 642-644 et 1993/4, 684 pour la dédicace de Ptolémée II.

206

Yoyotte 1993/4, 684.

207

Yoyotte 1991/2. 643-644, dont nous résumons les éléments principaux.

208

J. Yoyotte, sur le conseil d’O. Masson, était tenté de voir un patronyme grec dans la définition “homme de GRVS” que la stèle donne du personnage, qui en revanche porte lui-même un nom théophore de la déesse Neith, Neferiprê-sa-Net.

209

Malgré Figueira 1988, 543-551, sur lequel voir en détail nos arguments in Bresson 1991, on ne peut envisager qu on ait ici allaite à un Αἰγǀινάταςǀ ἐγ Ναυκράτιος. Trois arguments principaux montrent que la restitution Αἰγǀύπτιοςǀ ἐγ Ναυκράτιος est hors de doute : le parallèle de formulaire dans l’inscription d’Athènes de [Ἑ]ρμαῖος Αἰγύπǀτιος ἐχ Θηβῶν (IG, I3, 1341 bis) ; la mention (typiquement égyptienne) de la profession dans ces deux textes, interprète dans le cas de l’inscription de Naucratis, tisserand en laine dans l’inscription d’Athènes ; enfin l’indication d’Hérodote (2.154) selon laquelle Psammétique Ier avait confié aux Grecs résidant en Égypte de jeunes Égyptiens pour qu’ils deviennent des interprètes. En cherchant malgré tout un parallèle éventuel pour la solution Αἰγǀινάταςǀ. nous n’avons trouvé qu’un seul cas qui puisse, de loin, évoquer le formulaire espéré. Il s’agit de l’inscription tardo-hellénistique de Cnide IK. 41-Knidos, 444, de Διoνυσᾶς Διονυσᾶδος. Κνίδιος ἀπὸ Ῥόδου, inscription a propos de laquelle P. M. Fraser (1977) a émis l’hypothèse très vraisemblable qu’il pourrait s’agir d’un Cniden établi à Rhodes dont les restes auraient été rapportés dans son pays natal. En tout état de cause, on voit qu’on ne saurait trouver là un parallèle pour un “Éginète de Naucratis”, quand l’autre restitution, “Égyptien de Naucratis” a pour elle des parallèles contemporains probants et tous les arguments de vraisemblance

210

Bagnall 1995, 20 et 49, avec réf.

211

Tod2, 139. Il y a ici un jeu sur le signifiant, Stratôn pouvant rappeler Abd’Aštart.

212

Cf. les nº 56 et 57 du catalogue de Bäbler 1998, 243-245, avec comm. détaillé. En ce cas, il y a jeu sur le signifié “Nouvelle Lune”.

213

Porten & Yardeni 1993 ; Briant & Descat 1998, avec bibliographie la plus récente.

214

Porten & Yardeni 1993, XX, 23 et 292 ; cf. aussi Yardeni 1994.

215

Briant & Descat 1998, 60-62 sur la chronologie du document.

216

Briant & Descat 1998, 63-64.

217

Les premiers éditeurs avaient naturellement identifié les Yawan. i.e. les “Ioniens”, appellation traditionnelle des Grecs dans le monde oriental, mais pas l’origine phasélitaine.

218

Cf. Str. 14.3.9 et Liv. 37.23.1 pour cette définition.

219

Sur Phasélis, voir déjà notre commentaire chap. I, 42 et n. 114. Pour une présentation générale de la cité et de son commerce, cf. Ruge 1938, D. J. Blackman in Schäfer 1981,31-33 et Heipp-Tamer 1993, 15-20.

220

Heipp-Tamer 1993, 31-35.

221

Voir Heipp-Tamer 1993, 33-34 pour la chronologie de trésors trésors égyptiens et des trésors du Levant. Les trois autres (pour reprendre les appellations maintenant traditionnelles) sont Antilibanon (CH, 6, 1981, 5-6, cl. Hurter & Pásztory 1984) c. 480 a.C., Jordan (IGCH, 1482) c. 445 a.C. et Rhodos (IGCH, 1 185), c. 500 a.C.

222

Heipp-Tamer 1993, 32.

223

Meiggs-Lewis, 31 ; IG, I3, 10.

224

Voir en dernier lieu Robinson 1999, qui revient sur l’historiographie de la campagne.

225

Cf. Briant & Descat 1998, 62.

226

Ps-Dém., C. Lacritos, 13.

227

Supra chapitre I, 29 et n. 66. Xénophon (Anab., 4.1.34) souligne que même les hôtes (xenoi) pouvaient être amenés à se tuer mutuellement en cas de conflit.

228

Cf. infra chapitre VI, 126-127, ainsi que Pébarthe 2000, et aussi supra chapitre I, 29, n. 66, avec l’analyse de la saisie des produits naucratites au moment des hostilités contre l’Égypte indépendante au ive s.

229

Nous ne remettons pas en cause l’existence de la Paix de Callias. Sur ce problème très discuté, cf. en dernier lieu la mise au point de P. Briant, in Briant & Lévêque. 1995, 65-68.

230

Hdt. 7.146-147 : ces espions se font prendre et torturer mais Hérodote veut que Xerxès les ait malgré tout fait renvoyer chez eux après avoir vu tout ce qu’ils voulaient voir pour mieux frapper de terreur ses adversaires.

Il n’est guère possible de savoir si la chose est vraie ou purement inventée. On doit cependant noter qu’elle entre parfaitement dans le logos de l’hybris du Roi développé par Hérodote, cf. infra sur ce point.

231

Xén., Hell., 3.4.1. S. Lewis (1996, 1-2 et 31-32, avec litt.) ne considère pas Herodas comme un marchand ni comme un agent en mission d’espionnage, mais comme un étranger assez en vue à Sparte, qui, se trouvant en Phénicie, aurait pris seul l’initiative de prévenir ses amis lacédémoniens.

232

Techniquement, trois ouvertures avaient été ménagées dans le pont permettant aux “navires de petite taille” (πλοῖα λεπτά) de franchir l’Hellespont dans un sens ou dans un autre (Hdt. 7.136). Le contrôle des navires pouvait donc s’effectuer sans difficulté.

233

Hdt. 7.147 : Οἱ μὲν δὴ πάρεδροι αὐτοῦ ὡς ἐπύθοντο πολέμια εἶναι τὰ πλοῖα, ἕτοιμοι ἦσαν αἱρέειν αὐτά, ἐσβλέποντες ἐς τὸν βασιλέα ὁκότε παραγγελέει. Rien ne dit que des citoyens des cités en guerre avec le roi se soient même risqués à franchir l’Hellespont. Les navigateurs venant du Pont pouvaient être de toutes origines, en particulier des Grecs d’Asie Mineure, donc de cités sujettes du Roi, mais qui naturellement étaient susceptibles de ravitailler l’ennemi. Si leur destination prévue était originellement Athènes ou le Péloponnèse, cela suffisait à les faire considérer comme des navires ennemis, πολέμια πλοία. En ajoutant foi au témoignage d’Hérodote, on pourrait aussi prêter à Xerxès l’idée d’avoir voulu faire quelque concession pour semer ainsi le doute et la discorde chez l’ennemi (on remarquera qu’il n’est pas question de navires allant ravitailler l’irréductible ennemi qu’était Athènes). Il semble cependant que l’hypothèse du logos de l’hybris de Xerxès a plus de chance de correspondre à la réalité.

234

Perreault 1986, part. tableau p. 154 et conclusions p. 170-171.

235

Perreault 1986, ibid. Pour ce qui est de la baisse des importations de figure noire attique en Égypte, et singulièrement à Naucratis, J.-Y. Perreault (p. 165) exclut une explication politique (par la mainmise de Cambyse sur l’Égypte) et préfère une justification purement technique, puisque qu’on constate au même moment une augmentation des importations céramiques attique au Levant, lui aussi désormais entre les mains des Perses.

236

Cf. supra 68 et n. 28 la chronologie des trésors d’Égypte et du Levant à cette période.

237

Pace Descat in Briant & Lévêque 1995, 351-352.

238

L’inscription Meiggs-Lewis, 34, témoigne de l’engagement des Samiens dans l’expédition d’Égypte.

239

Gill 1986 montre cependant que les deux dédicaces de Naucratis au nom d’un Hérodote sont l’une trop précoce et l’autre trop tardive pour avoir été faites par l’’historien d’Halicarnasse.

240

Briant & Descat 1998, 69-73.

241

Briant & Descat 1998, 77-78.

242

Hansen 1997c, part. 91-94 sur Naucratis (cf. déjà brièvement Hansen 1996b, 40-41).

243

Voir chap. I, 13-63.

244

Bresson 1993.

245

Accord : Bowden 1996, Hansen 1997c, 93. Une seule voix discordante mais sans argument exprimé, ce qui réduit la portée de la critique, Salles 1994, 291.

246

Sur le personnage honoré, Ἡλιόδωρος Δωρίωνος, Peremans & Van’t Dack, Pros. Ptol., s.v. nº II.4974 et III.6355.

247

Chapitre I, 53-54.

248

Le Rider 1997, 91-93, avec bibliographie.

249

Newell 1938, 61-62 et pl. IV B.

250

C’est l’hypothèse de Buttrey 1982 (voir aussi Buttrey 1981).

251

Mørkholm et Shore 1974 ; Nicolet-Pierre 1979.

252

Voir Hansen 1996b et en dernier lieu Hansen 1997d, part. 19.

253

Cf. Powell 1938, 312, s.v. πόλις, avec liste complète des occurrences. Hansen 1996b, 39-41, analyse les occurrences du mot πόλις chez Hérodote, mais néglige le fait capital de l’emploi du mot pour désigner des villes barbares.

254

Μέμφις πόλις : Hdt. 2.10.

255

Ἐλεφαντίνη πόλις : Hdt. 2.17, 18, 29 (bis), 30, 69, 175 (bis), cf. aussi 3.19.

256

Ricl & Jonnes 1997,1. 9-11.

257

Şahin 1987 et Masson & Yoyotte 1988 (avec quelques modifications au texte et un riche commentaire ; repris dans SEG, 37, 1987, 994). Cf. déjà Bresson 1991,39, étude dont Μ. H. Hansen n’a pas eu connaissance.

258

“Saec. quinto assignare vult Koe(hler)” écrivait Kirchner. Cf. aussi Osborne & Byrne 1996, 244 : “v/iv B.C.”).

259

Cf. déjà rapidement Bresson 1991, 39-40, mais où nous n’explicitions pas notre point de vue.

260

Wilamowitz 1893, 170 ; Whitehead 1977, 30-34.

261

Whitehead 1977, 72-74.

262

Pour Délos, voir en détail Basiez 1976, et part. 349 sur la valeur juridique à accorder à la formule. Pour Delphes, Flacelière 1937, 337.

263

Hansen 1997, 92 et 105 n. add. Μ. H. Hansen n’a apparemment pas connu l’étude de L. Robert 1934 (= OMS, II, 972-976), que nous avions pourtant citée dans notre étude de 1980, où ce dernier, 26 (= OMS, 972), n. 1, repoussait déjà par avance l’argument qu’il développe.

264

Cf. respectivement Ath. 10 438c, 13 563de et 13 606c.

265

Diod. 15.37.3. Voir FGrHist 558.

266

Parke 1985, 171-176 et notes (part. n. 3 p. 252 sur Hermeias), qui considère que les témoignages concernant l’oracle d’Apollon ne sont pas antérieurs au iiie s. a.C. et que l’Hermeias inconnu d’Athénée doit avoir été un auteur d’époque hellénistique. Sur l’Apollon du Gryneion, voir aussi Ragone 1990, qui, 39-40, à la suite de Millier, FHG, II, 80-81, admettait l’’identification avec l’auteur des Sikèlika.

267

Beau 1954, 85 (SEG, 14, 1957, 655 ; Guarducci 1967-1978. IV, 92-94), et Parke 1985, 252, n. 6.

268

CID, II, 4, col. I, 1. 3-4 et 14.

269

Sur les poleis dépendantes, voir en dernier lieu Hansen 1997b, avec litt. antérieure.

270

Bresson 1993.

271

Hansen 1997c.

272

Bresson 1993, 222-223. Le regretté Édouard Will (1993) aurait souhaité que nous parvenions à une définition unique et valable en toute occasion du mot emporion. Ce vœu nous paraît toujours impossible à satisfaire, pour les raisons qui avaient été exposées dans notre étude de 1993 et qu’on ne reprendra donc pas ici.

273

Hansen 1997c, 102-105.

274

En revanche, il n’y a rien à tirer de Wilson 1997, dont la conclusion est que l’emporion avait une vocation économique, ce qui n’aurait dû être que le point de départ d’une réflexion sur cette notion.

275

C’est la raison pour laquelle, même si nous comprenons le regret d’Ehrhardt 1997, 7, c’est tout à fait volontairement que les travaux sur l’emporion dans Bresson & Rouillard 1993 ne prenaient pas en compte les emporia de l’époque impériale, qui entrent dans un autre cadre institutionnel (Bresson 1993, 225).

276

Hansen 1995a, 39-45, recense 849 emplois du mot polis chez Thucydide. Le Lexicon Thucydideum de Bétant (1843), s.v., indique seulement cinq emplois du mot emporion.

277

Hansen 1997a.

278

Hansen 1997a, 18.

279

Thc. 1.98.1 ; 4.50.1 ; 4.104.5 ; 4.106.3 et 4 ; 4.107.1 et 2 ; 4.108.1 ; 5.6.1 et 2 ; 5.103.8 et 10 (ces références d’après Hansen 1997a, 18, n. 4).

280

Hansen 1997c, 94.

281

Hansen 1997b, ibid., se fondant sur Hind 1972.

282

Sanmarti & Santiago 1987, 1. 2, mention des Ἐμπυρῖται, cf. Sanmarti & Santiago 1988a et b. Salviat 1988 et Santiago 1990.

283

Lejeune & Pouilloux 1988 et Lejeune et al. 1988 ; cf. Pébarthe & Delrieux 1999 (avec bibliographie complète et nouvelle restitution). A la 1. 2, les Ἐμπορῖται sont mentionnés en tant que partenaires commerciaux : il s’agit donc bien ici d’un ethnique.

284

Slings 1994.

285

Lejeune & Pouilloux 1988 et Lejeune et al. 1988.

286

Vinogradov 1998, 166-167. Sur ces lettres, cf. aussi Wilson 1997/98.

287

Sur l’inscription de Vetren, voir Velkov & Domaradzka 1994. Fouilles : Bouzek et al. 1996 ; Domaradzki 1996 ; Domaradzki & Tačeva 1998 ; Avram 1997/8, qui apporte des mises au point utiles. Il reste néanmoins encore plusieurs points de ce document qui mériteront un nouvel examen.

288

Voir Rouillard 1991, 244-281, avec étude détaillée des sources archéologiques et des sources écrites, carte p. 278-279, et bibliographie. Il est dommage que ce travail fondamental soit resté ignoré de Μ. H. Hansen.

289

Nous renvoyons ici aux brèves remarques dans Bresson 1993, 221-223. Les travaux en cours sur le site de Tanaïs vont permettre de présenter une vision profondément renouvelée de l’histoire de la ville, mais qui. semble-t-il, ne feront encore qu’accentuer le caractère gréco-indigène de l’établissement (le premier volume de la nouvelle série de publications, Böttger & Šelov 1998, est consacré aux dipinti sur amphores tardives).

290

Cf. aussi Strabon 3.4.8-9. Ces textes sont analysés en détail dans l’ouvrage de P. Rouillard (1991), loc. cit. Voir aussi les réflexions du même auteur, Rouillard 1995, 103-108.

291

Gauthier 1987/89, part. 192-195.

292

Platon, Rép., 369d.

293

Ἐμορίδαι et ἐμπορίδαι · μέτοικοι cod., qui n’a aucun sens, mais cf. ibid. ἐμπόριος · μέτοικος.

294

Hansen 1998, 56-57, 72-73 et 116-117, qui insiste tout à fait à juste titre sur le caractère de la polis grecque comme collectivité vivante, et non comme État abstrait.

295

Descat 1993, mais que nous ne pouvons suivre sur l’interprétation à donner à l’interdiction d’exporter les γινόμενα (sauf l’huile), qui aurait rigoureusement concerné tous les produits de l’Attique, y compris les produits artisanaux. En fait, il s’agissait de conserver à Athènes les produits alimentaires de base (céréales, figues), en gardant comme “monnaie d’échange” l’huile et les produits artisanaux (sur ce point, cl. explicitement Plut.. Solon, 22.1-3), qui étaient donc exportés (sur la notion semblable de γενήματα, manifestement produits du sol mais aussi produits artisanaux, cf. Herrmann 1965, 85). Le changement de signification du mot sycophante montre assez que, plus tard, la loi se limitera à l’interdiction d’exporter les céréales. C’est donc en lait dès l’époque de Solon que commence à se mettre en place le modèle d’importation-exportation qui prévaudra plus tard à travers toute l’époque classique. On doit considérer que l’objet de la loi de Solon n’était pas d’interdire les exportations qui n’auraient pas obtenu de licence d’exportation : en fait, elle visait explicitement une certaine liste de produits dont l’exportation était prohibée. La documentation plus tardive fournit une série de lois de ce type, cf. brièvement infra, chapitre XII, 384.

296

Pour la définition complexe de la notion d’emporion, on renverra seulement une fois encore a la conclusion de Bresson 1993, 223-225, et à la réflexion approfondie de P. Rouillard (1995).

297

D’une manière différente, nous rejoignons la critique de S. Goldhill (1996) sur la nécessité de tenir compte de la représentation de soi (“self-representation”), même si nous donnons quant à nous ici un sens juridique à cette notion.

298

Cabinet des Médailles, Inv. nº 189, de Vulci, Étrurie, acquis en 1836. De Ridder 1902, 98-100 ; CVA France, 7 [Lambrino 1928, 17-18.

299

Chamoux 1953, 246-263, et 1985 ; Simon 1976, 59-61.

300

Les critères stylistiques incitent à proposer une date aux environs de 560, cf. Stibbe 1972, 115-117 et 195-201, et le roi serait donc bien Arcésilas II “le Dur”, qui règne entre 566 et 560. Simon 1976, 59, n’exclut toutefois pas totalement Arcésilas Ier, qui règne entre 599 et 583.

301

Guépard pour Simon 1976, 60, chat pour Schaus 1979, 105, n. 26.

302

Théophraste 6.3.1-7 ; Pline, HN, 19.15 38-45 : cf. Chamoux 1953 et 1985. L’idée de S. Stucchi (1987, 32-34) selon laquelle il s’agirait ici de sel gemme paraît tout à fait gratuite.

303

Pline, HN, 19.15 44 pour la couleur du silphion ; Simon 1976, Chamoux 1985, 168-169, d’après Théophraste 6.3.2, sur le pelage de tubercules de silphion.

304

Chamoux 1953, 246-263, et 1985. Représentations monétaires : Laronde 1991/2, part. 166-168.

305

Chamoux 1953, 260. Sur les rapports entre Grecs et Libyens, voir la (rapide) présentation de Lloyd 1990. Pour l’onomastique comme témoin du lien entre les deux communautés, cf. Masson 1976 (= 1990, 285-298).

306

Hesychius. s.v. Βάττου σίλφιον, qui indique entre autres : Κυρηναίους ἑνὶ τῶν Βατιαδῶν μεταδοῦναι ἐξαίρετου σίλφιον. Cf. également Souda, s.v. Βάττου σίλφιον et Aristophane, Plut., 925 avec schol. Aristophane. ad loc. (voir Dobias-Lalou 2000, 281-282).

307

Chamoux 1953, 259-260. cf. aussi Stibbe 1972, 115-117 et Simon 1976, 60.

308

Sur le style de la peinture laconienne, cf. Lane 1933/4 et pour les animaux (oiseaux, lézard, mais aussi poisson, serpent, etc.) comme “filling ornament” caractéristique de la peinture laconienne (Pipili 1987. 35 et passim). A la partie supérieure de la coupe, les trois aigles, deux posés sur la poutre de soutien de la balance et du dais, un autre en vol, ne doivent peut-être pas nécessairement être considérés comme renvoyant à l’oiseau de Zeus, malgré Simon 1976, 60-61. Il est vrai que si l’aigle apparaît dans la céramique laconienne en lien direct avec Zeus (cf. nº 129 sq. du catalogue de Pipili), c’est loin d’être toujours le cas (cf. catal. 1, 8 12, 22a, en liaison avec Héraclès – certes fils de Zeus, mais le lien devient plus ténu). Pour l’échassier volant vers la gauche, cf. infra.

309

Œuvres du peintre d’Arcésilas ou a la manière du peintre d’Arcésilas : Shefton 1954, 300-306.

310

Neumann 1979.

311

Pour ces trois mots, voir Neumann 1979, 91, qui pour MAEN refuse à juste titre de lire μα[γ]έν, participe aoriste passif de μάσσω, qui signifierait “dus Geknetete”, “ce qui a été pétri” (comme l’a bien indiqué Fr. Chamoux, cl. supra et n. 6, il s’agit ici nécessairement de tubercules de silphion, pas du produit élaboré à partir du jus de la plante ; il n’y a donc aucune chance pour que cette hypothèse soit la bonne) et songe à un substantif forgé sur μαίομαι. Selon Lambrino 1928, 18, le mu qu’on semble distinguer après MAEN n’est qu’un défaut de la surface. Les propositions de Stucchi (1987, 32), MAEN = μάνε(ς), avec chute du sigma, “contenants”, et “ἑλικτόν”, supposé vouloir dire “obscur”, ne peuvent être citées que pour mémoire.

312

Neumann 1979, 87-88.

313

Simon 1976, 60, qui suivait le texte alors encore inédit de G. Neumann.

314

Chamoux 1953, 262-263.

315

Chamoux 1953, 260 n. 2.

316

Stucchi 1987, 32, avec photo agrandie du personnage et de l’inscription p. 31. S. Stucchi pensait même voir des traces de l’iota initial.

317

Οὔτε γὰρ αὐτοὺς τοῦ χρυσοῦ ἅπτεσθαι πρὶν ἄν σφι ἀπισωθῇ τῇ ἀξίῃ τῶν φορτίων, οὔτ’ἐκείνους τῶν φορτίων ἅπτεσθαι πρότερον ἢ αὐτοὶ τὸ χρυσίον λάβωσι. “Et [les Carthaginois] ne touchent pas à l’or avant que, pour eux, il ne soit égalisé à la valeur des marchandises, et [les indigènes] ne touchent pas aux marchandises avant que [les Carthaginois] n’aient pris l’or”. Pour la notion de φόρτος (et de φόρτιον), voir la discussion autour du mot φορτηγήσιον de la lettre d’Achillodôros trouvée à Bérézan, et qui date semble-t-il de 500 a.C. à un quart de siècle près (texte et bibliographie SEG, 26, 1976-1977, nº 845, 1. 3, le sens de “transport de la cargaison”, cf. SEG, 37, 1987, nº 634, étant certainement celui qui doit être retenu).

318

Cf. Laronde 1987, 30-34, et infra chapitre VII, 135.

319

Neumann 1979, 88, songe à ἐπίσταθμος, “der jemand, der ἐπὶ σταθμῷ ist”, et de même Stucchi (1987, 32), “superintendant aux opérations de pesée”, qui pense même pouvoir lire ἐ[πί]σταθμος. On rapprochera du sens de LSJ, IIa, “gouverneur”, cf. Isocr., Panég., 120 et 162. Mais on ne peut exclure qu’on ait eu le mot σταθμός seul.

320

Neumann 1979, 88-89.

321

Neumann 1979, 89, cf. Chamoux 1953, 262. On ne peut en rien suivre Schaus 1983, 88, qui voudrait voir là une allusion à Ἐρυξώ, l’épouse d’Arcésilas II (Hdt. 4.160), laquelle n’a rien à faire dans ce contexte de pesée du silphion ; en outre, la variation vocalique ne serait pus justifiable.

322

Studniczka 1890, 12 (suivi par Stibbe 1972, 1 17 n. 111), qui comprenait “Silphionwäger”, “peseur de silphion”. Pour le mot égyptien, cf. Erman & Grapow 1926/36, II, 130, 8-9, Faulkner 1962, 115, Hannig 1995, 357.

323

Chantraine 1980, s.v. σίλφιον, cf. Chamoux 1985, 166.

324

C. Dobias-Lalou (per epist.) souligne la difficulté du passage de l’égyptien mekhat (constitué de quatre éléments phonétiques, consonnes ou semi-voyelles) au-μαχος du grec. Toutefois, l’adaptation des mots égyptiens au grec était loin d’être rigoureuse, comme le montre entre autres celle des noms des rois, y compris par l’Égyptien Manéthon lui-même (cf. Drioton & Vandier 1962, 627-632). La recontre avec le grec μᾶχος (dorien μᾶχος), qui signifie “remède”, est donc de pur hasard. Il faut en réalité supposer que dans le dialecte grec de Cyrène le mot signifiait “balance (à peser) le silphion”.

325

Cette solidarité s’exprime entre autres au plan politique à l’époque d’Apriès par l’expédition (qui tourna au désastre) lancée par ce pharaon pour soutenir les indigènes contre Cyrène, cf. Hdt. 2.161 et 4.159. Pour d’autres éléments attestant des rapports entre Cyrène et l’Égypte, voir Studniczka 1890, 5-6.

326

Puchstein 1880 ; cf. Studniczka 1890, 4 ; Pfuhl 1923, 225-226 ; Buschor in Furtwängler et al. 1932, 27.

327

Chamoux 1953, 262 ; Simon 1976, 60. En revanche, Schaus 1985, 398, accepte cette influence.

328

Cigogne : Benton 1959, 180-181 (mais le reste de l’article est sans valeur). Grue : Simon 1970, 61.

329

Cf. Arist., HA, 8.12 597b.

330

Lurker 1980, 74 et 104-105.

331

Sur le symbole de l’udjat, cf. Posener 1959, 13, et Lurker 1980, 128.

332

C’est le point de vue de Chamoux 1953, 261.

333

Posener 1959, 286 ; Lurker 1980, 28-29.

334

Sur les balances grecques, É. Michon, DA, s.v. Libra, III.2, p. 1221 sq. Une œnochoé attique à fig. noires (Vienne, Kunsthistorisches Museum, Antikensammlung, Inv. IV 1105, c. 510-500, cf. Villanueva-Puig 1992, 83) présente une scène de pesée avec une grande balance dont le fléau semble équipé à ses deux extrémités d’un dispositif de collerette qui pourrait montrer une influence égyptienne, mais le parallèle est cependant moins net que dans la coupe d’Arcésilas.

335

Glanville 1935/6 et 1936 (article qui résume le précédent).

336

Glanville 1935/6, 28.

337

Glanville 1935/6, 32-33, et pl. III.A.

338

Glanville 1935/6, 23.

339

Glanville 1935/6, 24 et pl. II.B.

340

Glanville 1935/6, 34-35 et pl. IV.

341

Glanville 1935/6, 24.

342

Glanville 1935/6, pl. V.B, dans un contexte funéraire, et comm. p. 33.

343

Glanville 1935/6, pl. V.B, iie s. p.C.

344

Chamoux 1953, 262.

345

On relèvera tout de même les liens anciens de Sparte avec la Libye et avec Cyrène, cf. en détail Malkin 1994, 158-203 et Zimmermann 1996, 355-356.

346

Chamoux 1953, ibid.

347

Schaus 1979, 104-105 (cf. aussi Schaus 1985, 397-398), qui a le mérite de revenir sur le problème de la source cyrénéenne de cette œuvre laconienne (bibl. 105 n. 28), voudrait faire du peintre un Cyrénéen mais ne peut apporter aucun argument positif sur ce point (ainsi, entre autres, l’alphabet de la coupe d’Arcésilas est purement laconien, pas cyrénéen, comme il le reconnaît lui-même).

348

Voir supra chapitre I, 20 et 25.

349

IG, XII.Suppl., 348 (Pleket, Epigraphica, 1,9) ; cf. Casson 1971, 171, n. 23, et 183-184, tableau comparé de cargaisons de grain et tonnages de navires.

350

Glotz 1913, 16-29, et 19-20 sur les cours du blé [cf. maintenant aussi infra 196 et 282].

351

L’identification a été faite depuis longtemps, cf. déjà entre autres van Gelder 1900, 454, n. 87 et Ziebarth 1932, 916.

352

Cf. déjà Ziebarth, ibid.

353

Ziebarth 1932, 916 et n. 2.

354

[Hellanikos : voir LGPN, I, s.v., nº 5-17, mais avec 6 mentions d’ép. imp., dont 5 dans la même famille à Lindos. A Lindos précisément, une occurrence au iiie s. a.C. (Lindos, 103, 1. 12), et de père en fils dans une famille de l’époque impériale (ibid. 470). On notera cependant un décret d’Olbia en l’honneur d’un Rhodien du nom d’Hellan[ikos] – le patronyme a malheureusement disparu – losPE 2, I 30 (iiie ou iie s. a.C. semble-t-il, LGPN, I, nº 5). Elpinikos : 2 mentions au total, la seconde dans le dème camiréen de la Pérée des Kasareis, LGPN, I, nº 21)].

355

Voir TC, index nominum s.v. Dumonikos, Epinikos (époque impériale), Kleonikos (ou Kleunikos), Sôsinikos. Voir cependant infra pour le nom Aristonikos.

356

Ainsi, les deux noms apparaissent à Lindos dans une même famille, Lindos, 190, 1. 11, c. 170 a.C., où l’on trouve un Agathoklès, fils d’Agathostratos, et ibid., 252, 1. 222, c. 115 a.C, Agathostratos, fils d’Agathoklès. Cette famille n’a évidemment rien à voir avec les groupes familiaux camiréens.

357

Voir déjà Graindor 1904, 323 sur ce point, et Bogaert 1968, 198 et 199. Pour P. Graindor, suivi par R. Bogaert, Antisthénès a dû rendre aux gens d’Ios le même service qu’Agathoklès aux Éphésiens (vente de blé à bon prix).

358

Poma 1972, 177 sq. et 206.

359

Poma 1972, 262, n. 411.

360

Graindor 1904, 324 : “C’est à cette époque (fin iiie - début iie s.) que se rattachent nombre de textes attestant l’influence exercée par les Rhodiens dans la plupart des Cyclades, a Syros, a Amorgos, a Ténos, à Kéos. En fait, cf. ex. gr. le cas d’Amorgos, l’influence rhodienne dans les Cyclades, avec des modalités diverses, est bien antérieure à cette période.

361

La zone d’influence économique correspond manifestement à la zone d’influence politique, et réciproquement (cela pour les Cyclades seulement, bien entendu). Rien ne le montre mieux que par exemple le décret d’Ios IG, XII.5, 8 + 1009, qui remercie les Rhodiens d’assurer la liberté de la cité. L’inscription est strictement contemporaine du décret IG, XII.5, 1010, cf. déjà la remarque sur l’écriture de P. Graindor (1904, 324). Nous n’insistons pas ici sur ce problème qui n’est pas notre objet.

362

Miller 1974, 151-152 : l’activité marchande de cette famille, très probable évidemment, n’est cependant pas absolument certaine, à la différence de ce que l’on trouve pour le groupe familial camiréen présenté ici.

363

Voir aussi IG, XII.1, 367, la stèle funéraire de Pythodôros, fils d’Hermokréôn, découverte au même

364

Cf. Mossé 1975, 171, à propos du centre commercial qu’était Rhodes : “Encore faudrait-il pouvoir préciser la place de ce commerce dans la vie de la communauté civique”.

365

Voir Ziebarth 1932 et Casson 1954, 168-187.

366

La bibliographie sur Lesbos est considérable. L’essentiel est rassemblé dans l’ouvrage de Buchholz 1975, 248-263. On pourra consulter aussi la thèse doctorale de Levang 1972, qui traite surtout de la période romaine.

367

Koldewey 1890, pl. 31.

368

Plômarion est aujourd’hui la troisième agglomération de Lesbos par ordre d’importance.

369

La préférence pour les champs plats sur des terroirs homogènes se retrouve encore naturellement chez les paysans grecs d’aujourd’hui.

370

Voir Jeffery 1976, 237.

371

Robert 1925, 29-43.

372

Cf. Babelon 1910, 339 sq. ; Head, HN, 558.

373

Sur la théorie des places centrales de Christaller et Lösch, voir les présentations de Hagget [1973], 130 sq. et Hodder, in Clarke 1977, 225 sq.

374

Goutletquer 1978.

375

Il n’en irait peut-être pas de même pour des zones géographiques autres que l’île de Lesbos, ni vraisemblablement pour des analyses spatiales internes à chaque cité, y compris les cités lesbiennes.

376

Sur Hiéra, cf. Bürchner, RE, s. v. Hiéra 7 ; Buchholz 1975, 203, n. 625.

377

Sur Pyrrha, voir Koldewey 1890, 27-29.

378

Sur Arisbè, voir aussi Koldewey 1890, 29-30.

379

Selon Pline, HN, 5.139, Arisbè aurait été détruite par un tremblement de terre. En soi, cette affirmation n’est pas en contradiction avec celle d’Hérodote : la ville d’Arisba a fort bien pu continuer à exister, avec un développement limité, comme possession de Méthymna. On remarque qu’Hérodote ne mentionne même pas Hiéra.

380

Pour Érésos, Antissa, Méthymna et Lesbos, la bibliographie est plus facile d’accès et pour ne pas alourdir notre texte nous ne donnerons pas ici de références précises sur des faits bien connus.

381

Cf. chapitre XII, 278, n. 61.

382

Buchholz 1975, 47.

383

L’étude de Bravo 1983 remet les choses à leur vraie place quant au commerce des céréales.

384

Voir Rougé 1963, 253-268 et Susini 1963/64, 228 (croquis des routes de navigation dans la zone rhodienne).

385

A ce sujet, un bilan dont l'ampleur dépasse en fait le cadre français qu'il se propose a été donné par Andreau & Étienne 1984, 55-83. Les abondantes notes bibliographiques qu'on trouvera dans cet article nous éviteront toute référence au développement d'un débat désormais supposé connu.

386

Finley 1973 et [1975]. C'est la traduction française (Paris 1975) que nous citerons ici.

387

Austin & Vidal-Naquet 1972 (date de la première édition).

388

Hopkins 1983, xi. W. E. Thompson, l'une des voix isolées auxquelles nous faisions allusion précédemment, propose d'appeler “minimalisme” les théories développées par Μ. I. Finley – à lui seul le titre de son étude. “The Athenian Entrepreneur” (1982), est déjà tout un programme.

389

Curieusement, le résumé des thèmes de la “Nouvelle Orthodoxie” donné par K. Hopkins (ibid., p. xxiv (le sommaire en est commodément donné par Andreau & Étienne 1984, 63) omet plusieurs autres thèses très importantes de la théorie de Μ. I. Finley, comme par exemple celle qui concerne l'attitude de l'État à l'égard de l'économie. Μ. I. Finley expose ses conceptions sur l'analyse économique chez Aristote dans “Aristote et l'analyse économique”, in Finley [1984], 263-290 et compl. biblio. 291-292 (mais le problème spécifique du commerce extérieur n'y est pas abordé). Pour les questions monétaires, voir Picard 1980, 267-276.

390

Finley [1975], 216.

391

Finley [1975], 220.

392

Austin & Vidal-Naquet 1972, 131.

393

Sur la Rhétorique, voir infra les analyses de notre deuxième partie.

394

Pol., 3.9.12-14 ; 7.5.1 ; Éthique, 1.7.6 1097b.

395

Platon, Lois, 12 949e-953e.

396

Arist., Pol., 7.5.1.

397

Ibid., 7.5.2.

398

Ibid., 1.8.8 : ὅσοι γε αὐτόφυτον ἔχουσιν τὴν ἐργασίαν... Ces formes primitives sont décrites dans Pol., 1.84-8.

399

Ibid., 1.9. 6-7 : Αὐτὰ γὰρ τὰ χρήσιμα πρὸς αὐτὰ καταλλάτονται ἐπὶ πλέον δ’οὐθέν οἷον οἶνον προς σῖτον διδόντες καὶ λαμβάνοντες καὶ τῶν ἄλλων τῶν τοιουτῶν ἕκαστον. Ἡ μὲν οὔν τοιαύτη μεταβλητικὴ, οὔτε παρὰ φύσιν, οὔτε χρηματιστικῆς ἐστιν εἶδος οὐδέν εἱς ἀναπλήρωσιν γὰρ τῆς κατὰ φύσιν αὐταρκείας ἦν μἕντοι ταύτης ἐγένετ’ ἐκείνη κατὰ λόγον. Ξενικωτέρας γὰρ γινoμένης τῆς βοηθείας, τᾠ εἰσάγεσθαι ὧν ἐνδεεῖς καὶ ἐκπέμπειν ὧν ἐπλεόναζον, ἐξ ἀνάγκης ἡ τοῦ νομίσματος χρῆσις.

400

Cf. précédemment Arist., Pol., 1.9.1.

401

Sur cette question, voir maintenant Picard 1980.

402

Arist., Pol., 6.8.

403

Ibid., 7.5.4.

404

Ibid., 7.6.1.

405

Ibid., 1.11.1-4.

406

Ibid., 7.6.4.

407

Μ. I. Finley doit admettre à la suite d'Aristote la possibilité d'accords commerciaux entre cités, mais il doute que de tels accords aient réellement existé (cf. L'économie antique, p. 216 : “Bien que les commerçants en fussent bénéficiaires [i.e. des symbole ou accords bilatéraux entre cités], ils ne furent pas les seuls à l'être. La documentation existante, dont il faut bien admettre qu'elle est mince, est marquée par l'absence complète de tout ce que nous pouvons reconnaître pour des clauses, ou des références, commerciales... il est difficile des trouver des exemples concrets dans les sources”). Selon Μ. I. Finley, Aristote appelle ces accords commerciaux des “accords sur les importations” (référence à Pol., 2.9.7 : συνθῆκαι περὶ τῶν εἰσαγωγίμων : en fait, dans la mesure où Aristote envisage les accords commerciaux non sous l'angle d'un seul partenaire (comme c'était le cas dans les autres occurrences) mais des deux à la fois, on comprend que dans la mesure où les exportations de l'un sont nécessairement les importations de l'autre il ait par souci de simplification employé le terme de “conventions d'importation”, d'autant que comme on l'a vu le commerce extérieur a selon lui pour but d'aider à l'autarcie, donc d’abord de combler les manques. Mais naturellement, cela n'implique nullement, bien au contraire, qu'on ne doive pas se soucier des exportations, puisqu'il ne peut y avoir importation sans exportation (sur ce point, cf. infra l'analyse de l'Éthique, 5.5.13 1133b).

408

Ὅσα τ’ ἄν μὴ τυγχάνῃ παρ’ αὐτοῖς ὄντα δέξασθαι ταῦτα καὶ τὰ πλεονάζοντα τῶν γιγνομἐνων ἐκπέμψασθαι τῶν ἀναγκαίων ἐστιν.

409

Gauthier & Jolif 1970, II, 384.

410

The Nicomachean Ethics, Coll. Loeb, 2º éd., 1934, n. a, p. 286.

411

Arist., Rhétorique, 2.7 1385a : Τίσιν δὲ χάριν ἔχουσι, καὶ ἐπὶ τίσιν, καὶ πῶς αὐτοὶ ἔχοντες ὁρισαμένοις τὴν χάριν δῆλον ἔσται “A l'égard de quelles personnes, en quelles occasions et dans quels habitus l'on est obligeant, c'est ce qui sera évident quand nous aurons défini cette passion.”

412

Éthique, 5.5.14 : “Pour l'échange à venir, en admettant que pour l'instant on n'ait besoin de rien, la monnaie nous servira en quelque sorte de garant si l'on manque de quelque chose. Il faut donc que celui qui apporte de la monnaie puisse emporter ce dont il a besoin.” Ce raisonnement théorique qui peut s'appliquer aussi bien aux échanges individuels qu'aux échanges entre cités (Aristote passe sans difficulté d'une catégorie à l’autre comme le prouvent ses exemples) montre comment on peut sortir de l'aporie précédente en vendant à un premier partenaire pour se procurer de l'argent et ainsi en ayant ensuite la possibilité d'acheter ce qu'on désire à un autre partenaire. Une anecdote rapportée par le Ps-Arist., Économique, 2.2.16a 1348b, montre comment dans la pratique on savait financer des importations par des exportations : “Les gens de Clazomènes manquaient d'argent dans une période de disette : ils décrétèrent que le particuliers qui possédaient de l'huile la prêteraient à l'État moyennant un intérêt (leur pays en effet produit des olives en abondance). Après la conclusion de cet emprunt, ils affrétèrent des navires et les envoyèrent dans les ports de commerce où il se procurèrent du blé pour la valeur de leur dépôt d'huile.” On a affaire en l'occurrence à une situation assez particulière puisque l'État intervient directement dans les importations et exportations.

413

Austin & Vidal-Naquet 1972, 253, n. 15.

414

Thc. 1.120.2 (trad. J. de Romilly, CUF). Nous rapprocherons ce passage de Thucydide avec les Poroi, 1.4, où Xénophon montre l'importance des produits saisonniers pour les exportations de l'Attique (sur ces produits saisonniers, cf. Gauthier 1976, 47-48). Il n'est pas inintéressant que ce soient précisément des Corinthiens qui s'expriment sur ce sujet : Corinthe était l’emporion du Péloponnèse, et la dimension commerciale du problème posé par la thalassocratie athénienne ne pouvait leur échapper.

415

Isocrate, Panégyrique, 42.

416

Platon. Lois, 8 847b-d (nous discutons infra, 129, la fin de ce passage à propos des licences d’importation et d'exportation).

417

Xén., Hell., 6.1.11.

418

Pour le bois de Macédoine à Athènes, cf. aussi infra le passage cité du Vieil Oligarque.

419

Pol. 4.38.8-9 (voir aussi infra les conclusions tirées de ce passage). On pourrait encore mentionner la République de Cicéron, évidemment dans la tradition grecque, en un passage qui fait écho à Arist., Pol., 7.6.4 : l'avantage d'une situation côtière, c'est que “les productions de toute origine peuvent venir jusqu'à la ville même que l’on habite, et, en retour, on peut transporter et expédier dans toutes les régions que l’on veut les productions de son propre sol” (République, 2.4 9). Sur l'inspiration géographique de Cicéron dans ce passage, cf. Lettres à Atticus, 6.2.3, où l'orateur signale qu'il traduit presque mot pour mot Dicéarque.

420

Leduc 1976.

421

Ps.-Xén., Const. d'Athènes, 2.11-13.

422

Platon, République, 2.11 369b-370e. La notion de chreia, chez Aristote cette fois, est analysée en détail par Picard 1980, 272-273 : la chreia n'est pas seulement le “manque” le besoin” ; le mot désigne aussi “le service rendu par le prestataire.”

423

Ibid., 370e-371a.

424

Nous empruntons la définition donnée par Gauthier 1976, 7-19.

425

Arist..Rhétorique, 1.4 1359b-1360a.

426

Ibid., 1.4 1360a.

427

Gauthier 1972, 90. n. 70.

428

Les dictionnaires en donnent de bons exemples. Hérodote (3.157) rapporte en détail l'histoire de Zôpyros, qui, pour tromper les Babyloniens se présente à eux comme une victime des Perses, nez et oreilles coupées et marqué de coups de fouet : dans ces conditions, ils furent disposés à lui confier ce qu'il leur demandait (ἕτοιμοι ἦσαν τῶν ἐδέετο σφέων). Il leur demanda un corps de troupes (ἐδέετο δὲ στρατίης). Chez Sophocle, Œdipe à Colone, 1170, on trouve aussi la réplique suivante : - O. “Ne me demande pas...” (Μή μου δεηθῆ) - Th. “Quoi donc ? Parle” (Πράγματος ποιου ; λέγε).

429

Le pluriel δέονται s'applique naturellement à la cité dont il est question (cf. dans la phrase précédente τῆρωσι).

430

Gauthier 1972.91-92.

431

Arist.. Pol., 3.9.6.

432

C'est là un trait fort intéressant sur la manière dont ces deux peuples étaient considérés par les Grecs, c'est-à-dire sur un pied d'égalité.

433

On connaît par Polybe (3.22-24) les accords passés entre Carthage et Rome, l'une des cités qu’Aristote pouvait considérer comme faisant partie du monde étrusque. Les deux premiers traités remontent respectivement à 508 et 348.

434

Voir principalement Pol., 2.11-16.

435

Ces accords ont la plus grande importance pour la mise en évidence des pratiques commerciales du monde antique. Le choix de l'exemple des relations Carthage-Étrurie s'inscrit en fait parfaitement dans la logique de la pensée aristotélicienne [cf. brièvement infra chapitre XII. 288-291].

436

Diod. 13.81.4-5. Le concept décisif, ici, est celui d'échange réciproque. Des verbes comme ἀντιφορτιζέσθαι ou ἀντεξάγειν renvoient précisément à cette notion d'échange réciproque (ici encore, nous ne pouvons nous étendre sur cette question).

437

Gauthier 1972, 91-92.

438

Nous ne pouvons donc pas davantage suivre les conclusions de Vélissaropoulos 1980. 180-181, sur le caractère nécessairement bilatéral des συνθῆκαι. mais nous rejoignons totalement Picard 1980, 273-274, dans son analyse du sens que peut prendre συνθήκη chez Aristote : non pas seulement “traité formel entre deux cités”, mais plus généralement “acte de droit public” émanant d'une puissance souveraine.

439

Nous avons déjà expliqué cette traduction de τò εὐπρεπἐς ἄσπονδον dans notre étude Bresson 1980 = Chapitre I, 29, n. 66.

440

The. 1.37.3-4 : Kaὶ ἡ πόλις αύτῶν ἄμα αυτάρκη θέσιν κειμένη παρέχει αύτοὺς δικαστὰς ὦν βλάπτουσί τινα μᾶλλον ἢ κατὰ ξυνθήκας γίγνεσθαι, διὰ τὸ ἤκιστα ἐπὶ τοὐς πέλας ἐκπλέοντας μάλιστα τοὺς ἄλλους ἀνάνκῃ καταίρυντας δέχεσθαι. Κἀν τούτῳ τò εὐπρεπὲς ἄσπονδον οὐχ ἵνα μὴ ξυναδικῶσιν ἑτέροις προβέβληνται, ἀλλ’ ὃπως κατὰ μόνας ἀδικῶσι καὶ ὅπως ἐν ᾦ μὲν ἂν κρατῶσι βιάζωνται, οὗ δ’ ἄν λάθωσι πλέον ἔχωσιν, ἢν δέ πού τι προσλάβωσιν ἀναισχυντῶσιν.

441

Propriétés viticoles des oligarques à Corcyre : The. 3.70 (sans doute exploitées, comme celles tenues par les démocrates, par une main d'œuvre esclave, cf. The. 3.73) ; dépôt de marchandises dans le quartier de l'agora et du port, habité essentiellement par des oligarques : The. 3.74. Les amphores de Corcyre sont actuellement étudiées par nos collègues grecs. Une carte de diffusion de ces amphores sera tout particulièrement bienvenue.

442

Pol. 4.38.8-9, cf. supra et n. 35.

443

Arist., Pol.. 3.9.6. cf. supra et n. 47. S’agissant d'ἀδικία, il est tout à fait frappant que l'un des rares documents de correspondance commerciale que l'on possède, la lettre sur plomb de Bérézan (Vinogradov 1971, 74-100. cf. Vélissaropoulos 1980, 38, n. 52. pour l'abondante littérature à laquelle ce texte a donné lieu), commence ainsi (après l'adresse au destinataire), 1. 1-2 : ἀδικεται ὑπò Ματάσυος... Ceci montre bien qu’Aristote ou Thucydide n'écrivent pas en une langue “intellectuelle”, coupée des réalités, mais une langue en prise directe avec le vocabulaire des commerçants eux-mêmes.

444

Tod2, 111.

445

Cette ξυμμαχίη renvoie naturellement aussi aux γραφαὶ περὶ συμμαχίας que nous venons de mentionner chez Aristote.

446

Cf. supra, n. 60.

447

Meiggs-Lewis, 91 [IG, I3, 117].

448

Cf. Gernet 1909, part. 314-326. Sur les rapports d'Athènes avec les Spartokides, on pourra consulter la mise au point de J. Vélissaropoulos (1980, 179-183 – mais on soulignera néanmoins le caractère formel des δωρεαί des souverains du Bosphore).

449

IG, XII.2, 3 (Tod2, 168) ; cf. Gajdukevitch 1971, 99-100.

450

En dehors du “Black Sea Hoard” (cf. Kraay & Moorey 1981), où l’apparition de pièces athéniennes s’explique apparemment par des raisons politiques, la monnaie attique est absente du Pont Euxin : cf. Schönert-Geiss 1971. 105 sq., même article, VDI, 116, 1971, p. 25-35, en russe (nous remercions R. Descat et F. Thomas pour ces références). La notion d'échange réciproque (cf. supra n. 52) est capitale pour analyser les échanges d'Athènes avec le Bosphore.

451

Il est connu principalement par Thc. 1.42 ; 67 ; 139 ; 140 : 144. Sur Mégare, on consultera maintenant l'excellente synthèse de Legon 1981, 200-227. Legon montre avec d’excellents arguments que Mégare avait probablement remplacé Égine, sous le contrôle d’Athènes depuis 456, dans le rôle d'intermédiaire entre le monde égéen, la Propontide et le Pont d'une part, et le Péloponnèse d'autre part. Corinthe, quant à elle, regardait vers l'ouest et le monde occidental. C'est en particulier pour bloquer l'accès que les Mégariens auraient eu aux bois du nord, nécessaire pour la construction des flottes péloponnésiennes (en particulier celle de Corinthe) que les Athéniens auraient par le fameux décret exclu les Mégariens de l'agora attique et des ports de leur empire. Dans ce cas, notons qu'on comprend mieux que les Péloponnésiens aient fait du décret de Mégare un casus belli. Leur intervention pour faire lever le décret frappant cette cité ne relevait donc pas du simple prétexte, comme on l’a affirmé, ou d’une simple manifestation de solidarité avec une cité dorienne de la Ligue péloponnésienne, mais d’une réaction de défense de leurs propres intérêts. Naturellement, une telle analyse des faits n'a pour autant rien à voir avec une volonté d'expliquer la Guerre du Péloponnèse par une “cause économique”. En revanche, ainsi qu'il est nécessaire de le faire, elle situe bien, l'enjeu que pouvaient représenter les échanges extérieurs dans la lutte entre puissances. Pour en revenir à Mégare, Legon montre que les Mégariens eux-mêmes vivaient à la fois de leur rôle d'intermédiaires pour le Péloponnèse et de l'exportation de leurs productions, en particulier vers le marché attique. Là où le raisonnement de Legon achoppe (cf. 222 et n. 74), c'est encore une fois sur le fait que, selon Thucydide, le décret frappait les personnes, quand les Mégariens vivaient de l'exportation de leurs produits. Mais on doit noter d'une part qu’on ne possède pas le texte du décret lui-même, d'autre part surtout que, ainsi qu'on l’a vu plus haut, les clauses concernant les personnes impliquaient en elles-mêmes des conséquences pour les produits.

452

Cf. Isocrate, Sur la Paix, 117 et Legon 1981, 231-232 et 279-281.

453

Cf. supra n. 67.

454

Cf. De Sainte Croix 1972, 252-253.

455

Sur la thèse de G. E. M. De Sainte-Croix, voir Sealey 1975, 89-109 ; Wick 1977, 74-99 et surtout les remarques de Gauthier 1975, 498-503 avec l'excellent argument que ces marchands qui sont toujours “étrangers” doivent bien être citoyens quelque part.

456

Cf. Aristophane, Acharniens, 500 sq.

457

Voir chapitre VII.

458

Herrmann 1965, 71-90, nº 1 (NChoix, 7). Nous citons la traduction du Nouveau choix en la modifiant sur un point (cf. note suivante).

459

C'est pourquoi nous avons modifié la traduction proposée dans NChoix : “... les productions exportées par le territoire de Milet dans son royaume”, qui peut être ambiguë. Le commentaire, ibid., p. 59, précise bien qu'il s'agit des “produits de Milet exportés dans le royaume séleucide.” Le problème de traduction demeure : s'agit-il d’une exportation depuis le territoire de Milet vers le territoire séleucide (opposition entre ἐκ et εἰς) ou d’une exportation des produits du territoire de Milet (pas d'opposition) ? Nous avons opté pour cette dernière solution, qui nous paraît plus logique, sans être assuré qu'elle soit la bonne. Mais, en tout état de cause, le sens général reste absolument le même : les privilèges concernent les produits milésiens.

460

Milet, 1.3 (Delphinion), 147, 1. 6-7 (τὰς τε κοινὰς καὶ τὰς ἰδίας ἑκάστου προσόδους).

461

IG, XII.Suppl., 347, II 8-12. Le texte est reproduit, traduit et commenté par Salviat 1986, 147-150 et 181 sq. La zone interdite était plus vaste que le territoire thasien lui-même. Il s'agit de la zone allant du promontoire de l'Athos au cap Pachèiè : il paraît donc certain (sur ce point, malgré F. Salviat) que ce n'est pas seulement dans le territoire continental mais également dans le territoire insulaire qu'il était interdit à un patron de navire thasien d’importer du vin étranger, comme le montre excellemment la carte de Salviat lui-même 1986, 184. L’interprétation réductrice de J. Vélissaropoulos (Vélissaropoulos 1980, 191-194 : la loi manifesterait la simple volonté de réserver les navires thasiens aux exportations de vin thasien) ne tient pas face à celle de F. Salviat.

462

Salviat 1986. 183-184.

463

Cf. un fragment du comique Alexis, 276 Edmonds (Athénée 1 28e-f), traduit et brièvement commenté par Salviat 1986, 184-185, que nous nous permettrons de citer in extenso : “Ce Bromios est bon. Il fait que l'on exemptera de taxe sur le Lesbos ceux qui importent le vin chez nous, mais qui sera pris à en expédier dans une autre cité, ne fût-ce qu'un cyathe, j'inscris ses biens au compte des dieux”, sur quoi F. Salviat ajoute ce commentaire avec lequel nous sommes on ne peut plus d'accord : “Le passage n'est plaisant que si la situation normale était la taxation, et il tient pour naturelle la contrainte d'État.”

464

De telles prohibitions, en particulier pour le blé, sont attestées dans plusieurs cités. Pour Athènes, par exemple, il suffira de renvoyer ici à l'étude fondamentale de Gauthier 1981, 5-28. Le même auteur (1979) montre comment un stratège de la Chersonnèse (tenue par les Lagides) peut ou non autoriser l'exportation de blé de la zone qui est sous son contrôle et donne quelques autres exemples de procédures analogues.

465

Platon, Lois, 8 847d.

466

Sur les affaires de l’été 340, cf. Glotz 1936, 335-341, à qui nous empruntons l’expression “attentat d’Hiéron” ; Hammond & Griffith 1979, 506-581, et Cawkwell 1978, 135-140.

467

Cf. Ps-Dém., C. Polyclès, 17. Le contrat du C. Lacritos, 10, fait aussi apparaître Hiéron comme l’escale obligée sur la route du Pont à Athènes. Voir aussi Hammond & Griffith 1976, 576, n. 1. Plus tard, vers 220, au moment de la guerre entre Byzance et Rhodes, alliée du roi de Bithynie Prusias, pour la liberté de circulation dans le Détroit, Hiéron joue de nouveau un rôle stratégique décisif (pour sa localisation, Pol. 4.39.6, 4.43.1). Elle était alors depuis peu possession des Byzantins, qui y voyaient la clé de la navigation dans le Pont (Pol. 4.50.2-4). Lorsque Prusias parvint à s’en emparer, le coup fut manifestement très rude pour les Byzantins (Pol. ibid.). Dans le traité de paix entre les belligérants, on peut deviner que Hiéron, qui est expressément mentionné, était au premier rang des territoires que les Byzantins voulaient se voir restituer. Autres attestations : R. Merkelbach, IK, 20-Kalchedon, p. 98.

468

Dém., Sur la couronne, 72 : καὶ μὴν τὴν εἰρήνην γ’ ἕκεῖνος ἔλυσε τὰ πλοῖα λαβών, οὐχ ἡ πόλις, Αἱσχίνη ; 139 : ἀλλ’ ἐπειδὴ φανερῶς ἤδη τὰ πλοῖ’ ἐσεσύλητο. Pour Hammond & Griffith 1979, loc. cit., la guerre est la conséquence de l’attentat d’Hiéron, tandis que pour Cawkwell 1978, loc. cit., elle suit la déclaration de guerre. Mais le texte de Démosthène paraît tout à fait explicite à cet égard.

469

Didymos, Comm. sur Dém., 11.1, col. 10-11 (Théopompe, FGrHist 115 F292 et Philochore, FGrHist 328 F162) ; cf. Justin 9.1.1-6 et Frontin, Strat., 1.4.13.

470

F. Jacoby, FGrHist, comm. ad 115 F292, IIB p. 303 et ad 328 F162, IIIb Suppl p. 538, qui élimine ajuste titre l’hypothèse de “navires de contrebande”. Hammond & Griffith 1979, 576 : “The haul amounted to 230 vessels, fifty of which Philip released (those who were owned by non-Athenians presumably)”.

471

Ce point a été vu par Cawkwell 1978, 138, pour qui les navires saisis sont “the ships bound for Athens” (mais sans commentaire particulier).

472

Dém., C. Leptines, 33.

473

Gernet 1909, 300. Selon Austin & Vidal-Naquet 1972, 317, n. 2, qui renvoient à L. Gernet, ad loc., ce chiffre était probablement exagéré. Mais ce que voulait démontrer L. Gernet était que la proportion de la moitié des importations attribuée par Démosthène au blé bosporan était trop faible, les chiffres exacts étant de toute façon invérifiables d’après les registres des sitophylaques.

474

Sur les fonctions des sitophylaques, voir Arist., Ath. pol., 51.3 ; cf. Gauthier 1981 et Couilloud-Le Dinahet 1988, part. 324-326 pour les sitophylaques à Athènes et dans les autres cités.

475

Kyparissia : Syll. 3, 952 (cf. Vélissaropoulos 1980, 208-210) ; Délos : Syll 3, 975 (cf. Vélissaropoulos 1980, 201-203).

476

Porten & Yardeni 1993, C3.7, 82-193 [voir aussi maintenant supra chapitre II, 67-73].

477

PCairoZen, 59012.

478

Ibid., 1. 123-126.

479

Cf. l’interprétation de Thür 1987 (ed. princeps Harrauer & Sijpestein 1985).

480

Arist., Rhétorique, 1.4 1359b [cf. chapitre VI, 119-120].

481

Laronde 1987, 30-34, avec révision de l’inscription, commentaire détaillé et carte avec représentation proportionnelle des livraisons ainsi que Marasco 1992, part. 12-37 (datation en 330/329), avec photographies d’un moulage de la pierre. Cf. aussi Kingsley 1986, 165-177, mais avec une chronologie haute, antérieure à 330, qui est difficile à accepter ; Pezzano 1985, datation basse entre 322 et 317) ; Garnsey 1988, 159-160 (carte p. 160). Précisions sur la liste des cités (pas de mention de Lesbos ni de Ténos) Brun 1993.

482

Les lois sacrées, de peu antérieures selon A. Laronde, sont gravées sur deux faces contiguës, le texte relatif aux céréales sur la troisième face, la face arrière étant restée brute (cf. Laronde 1987, 30).

483

Laronde 1987, 210.

484

Pour cet axe et l’importance des Cyclades, cf. Brun 1993.

485

Oliverio 1935, 32, cf. Laronde 1987, 33 et n. 66 p. 38.

486

La base du rapport est l’estimation effectuée pour Athènes par Garnsey 1988, 159 : 100 000 médimnes éginétiques = 150 000 médimnes attiques = 6 000 t. soit la nourriture de 30 000 personnes pendant un an.

487

Cf. Stroud 1998, 55, d’après le texte de la loi de 374/373, 1. 21-25. En ce cas, on aurait donc pour Athènes une importation en provenance de Cyrène de 4 650 t, représentant la nourriture de c. 23 000 personnes pendant un an.

488

Cf. Laronde 1987, 33.

489

Pour la chronologie et cette interprétation, nous suivons donc les arguments d’A. Laronde.

490

On comparera a contrario avec la donation de 20 000 médimnes de blé entreposé à Délos dont Kallias de Sphettos avait obtenu de Ptolémée II, à Chypre, qu’il en soit fait don aux Athéniens :... πυρών δὲ δισμυρίους μεδίμνους δωρεὰν οἳ παρεμετρήθησαν ἐγ Δήλου τοῖς ἀποσταλεῖσιν ὑπὸ τ[ο]ῦ δήμου (Shear 1978, 1. 53-55).

491

C’est l’interprétation communément admise : voir en détail Laronde 1987, loc. cit.

492

Sur les licences d’importation et d’exportation voir chapitre VI.

493

Nous sommes sur ce point en parfait accord avec Brun 1993, 195.

494

Cf également chapitre VI.

495

Pol. 28.2.1-2.

496

Dém., C. Leptinès, 31, et notre analyse chapitre VI, 122.

497

Cf. Théophraste, Caractères, 23.5 (De la vantardise) : à cette occasion, le vantard assure qu’il a dépensé cinq talents pour les indigents. Nous utilisons le même traité de Théophraste ci-après.

498

Théophraste, Caractères, 23.4 : καὶ διδομένης αὐτῷ ἐξαγωγῆς ξύλων ἀτελοῦς ὅτι ἀπείρηται, ὅπως μηδ’ ὑφ’ ἑνὸς συκοφαντηθῇ περαιτέρω φίλος εἶναι ἢ προσῆκε Μακεδόσι (pour des cas semblables de privilèges accordés à titre individuel, cf. Herman 1987, 82-88). On soulignera la coïncidence dans la chronologie et dans les situations avec l’inscription de Cyrène : le privilège d’exportation n’est pas neutre. Cf. aussi Dém., C. Leptinès, 36.

499

Cf. Couilloud-Le Dinahet 1988.

500

Le parallèle avec le blé sicilien accordé à Rhodes par les Romains (et sans doute avec les privilèges accordés par le royaume du Bosphore aux Mytiléniens pour une quantité allant jusqu’à 100 000 médimnes, cf. Tod2, 163) suffit à montrer que des licences d’exportation pouvaient être accordées sur une quantité donnée.

501

Pol. 1.83.

502

Voir chapitre VI.

503

Voir les discussions dans Erxleben 1973, part. 473 et 482, qui insiste sur la différence, au ive s., entre le prêt maritime, où les Athéniens jouent le rôle essentiel, et l’activité concrète d’emporos, où ils n’ont qu’un rôle secondaire.

504

Notre traduction diffère sensiblement de celle de la CUF : “Les Rhodiens le crurent si bien qu’ils armèrent des trières pour mettre l’embargo sur nos navires marchands ; beaucoup de négociants et de patrons qui appareillaient pour venir ici durent débarquer leur blé et leur cargaison”.

505

Syll 3, 304, Ic, 1. 40-41 : καὶ τὸ λοιπὸν μηδέν’ ἀδικεῖν τῶν Ἀθήναζε πλεόντων ; cf. Ic, 1. 36-37, allusion à Hérakleidès, saisi πλέων Ἀθήναζε, ainsi que Ib, 1. 55-56 et IIa, 1. 67-68, pour l’intérêt des Athéniens à l’égard de ceux qui naviguent vers Athènes et y apportent du blé (voir aussi infra et n. 50)

506

Ps-Dém., C. Lacritos, 13.

507

Böckh 1818, I, 153 (= I2, Berlin, 1851, p. 194-195), cité par Bravo 1980, 740.

508

L. Gernet, in C. Lacritos, éd. CUF, n. p. 262-263.

509

Bravo 1980, part. 740-741.

510

Voir le compte-rendu de Gauthier 1982a. Même si elle laisse encore nombre de zones d’ombres comme l’a bien montré B. Bravo lui-même, la vieille théorie de R. Dareste sur la solidarité des membres d’une cité, ne peut être rejetée sans autre forme de procès.

511

Ps-Dém., C. Phormion, 42 et C. Zénothémis, 1 (cf. Gernet 1955, part. 186-189).

512

Dém., C. Zénothémis, trad. CUF.

513

C’est ce que l’on peut soupçonner de l’attitude du tribunal de Rhodes d’après le C. Dionysodôros. Le négociant Dionysodôros et son associé sont accusés à Athènes par un prêteur métèque d’avoir enfreint les règles d’un contrat. Ce dernier prévoyait un prêt à Dionysodôros pour taire le voyage d’Athènes en Égypte et retour avec une cargaison de blé. Mais le négociant, arguant d’une avarie, s’est arrêté à Rhodes où il a vendu sa cargaison. C’est alors que le plaideur s’exclame : “A vrai dire. Athéniens, si nous plaidions au tribunal des Rhodiens, peut-être auraient-ils gain de cause parce qu’ils les ont ravitaillés en blé et qu’ils ont amené le vaisseau dans le port ; mais nous sommes devant un tribunal athénien et nous avons passé un contrat à destination de votre place : nous estimons que nous ne devons pas succomber devant des adversaires qui vous ont fait tort autant qu’à nous.” (C. Dionysodôros, 47, trad. CUF).

514

Pour le droit commercial, cf. Paoli 1930, 16, cité par L. Gernet, C. Zénothémis, éd. CUF, p. 121, n. 1 et en détail Cohen 1973, 59-74. Cf. également de manière plus générale Sheets 1994.

515

Pour cette restitution dans l’inscription IG, II2, 1629 (Tod2, 200, 1. 229-230), voir Bresson 1993 part. 171-177.

516

Dém., Sur les affaires de Chersonnèse, 24-25, cf. Vélissaropoulos 1980, 135-136 (mais avec des problèmes de références).

517

Segre, Cos, ED 178, 120-123, fin iiie s. a.C.

518

Cf., dans un parallèle avec les médecins sans expérience, la critique de Polybe (12,25d 6) contre les pilotes qui gouvernent leur navire uniquement d’après un livre.

519

Sur les lettres, voir van Berchem 1991, 138-139, avec bibliographie. Voir aussi les prêts qui apparaissent sur les inscriptions sur plomb de Corcyre, c. 500, cf. Calligas 1971.

520

Sur les tablettes d’Ulu Burun, voir Payton 1991, Warnock & Pendleton 1991 et Symington 1991.

521

Pour le monde mycénien, cf. la mise au point de Symington 1991, 112.

522

Od., 8.163. Même si le témoignage est tardif, on rapprochera de Philostrate, Vie d’Apollonios de Tyane. 4.32, où il est fait reproche à un jeune Spartiate de s’adonner au commerce, φόρτου μνήμονα καὶ ναυτικῆς ἀκριβολογίας, “n’ayant en mémoire que sa cargaison et l’exactitude de sa comptabilité d’emprunts maritimes”.

523

Le seul témoignage, indirect, sur la pratique de l’écriture est celui de l’épave de Porticello, où l’on a trouvé huit encriers faisant manifestement partie de la cargaison, cf. Eiseman & Sismondo Ridgway 1987, 60-62.

524

Isocrate, Trapézitique, 20.

525

Vial 1988, 58.

526

Plaute, Trinummus, 770-819 (voir aussi en parallèle Térence, Pharmion, 149-150). Il est pas inutile de souligner que les pièces de Plaute et Térence sont des adaptations directes du théâtre grec, qu’elles sont donc un reflet des réalités grecques.

527

Xén., Anabase, 7.5.14.

528

Cf. le commentaire de P. Masqueray in Anabase, CUF, n. ad p. 152, 188-189.

529

Nous devons la remarque sur l’interprétation du passage à la sagacité et à l’amitié de Chr. Pébarthe : qu’il trouve ici l’expression de notre gratitude toute particulière.

530

Cf. IG, XII.Suppl., 347 III, 2.

531

Sur les passagers des navires grecs dès l’époque archaïque, cf. Wallinga 1993, part. 7-8 ; sur les époques plus tardives, voir les témoignages rassemblés par Casson 1971, 179-181, et André & Baslez 1993, 423-424. Le témoignage de Xénophon, qui a été négligé, montre que les passagers ne se contentaient pas seulement de nattes.

532

Cf. Barker 1992 : nº 565, Ladispoli (Toscane), 1-15 p.C., boîte de bois contenant deux petits sacs d’épices ; nº 616, Madrague de Giens, 70-50 a.C., céramique dans des boîtes au dessus des amphores ; nº 898, Pozzino (Toscane), 120-80 a.C., 136 cylindres de bois contenant des épices, placés par trois dans des containers de bois. La déclaration de douane déjà mentionnée (Thür 1987) mentionne aussi entre autres 60 caisses (κίστης) de narde du Gange (II, 1 et 2).

533

Aristophane, Nuées, 18-24 ; pour la comptabilité dans les archives de Zénon, voir Orrieux 1985, 58-70.

534

Ps-Dém., C. Polyc lès, 30 : λογίσασθαι δ’ ἤθελον αὐτῷ καθ’ ἕκαστον, ἕως µoι μάρτυρες παρῆσαν τῶν ἀνηλωμένων οἵ τε ναῦται καὶ οἵ ἐπιβάται καὶ ἡ ὑπηρεσία, ἵν’ εἵ τι ἀντιλέγοι εὐθὺς ἐξελέγχοιμι. oὕτω γάρ μοι ἀκριβῶς ἐγέγραπτο, ὥστ’ οὐ μόνον αὐτά μοι τἀναλώματα ἐγέγραπτο, ἀλλὰ καὶ ὅποι ἀνηλώθη καὶ ὅ τι ποιούντων, καὶ ἡ τιμὴ τίς ἦν καὶ νόμισμα ποδαπόν, καὶ ὁπόσου ἡ καταλλαγὴ ἦν τῷ ἀργυρίῳ, ἵν’ εἴη ἀκριβῶς ἐξελέγξαι με τῷ διαδόχῳ, εἴ τι ἡγοῖτο ψεῦδος αὑτῷ λογίζεσθαι τὰ ἀνηλωμένα. Cf. aussi ibid., 25 et 64-65. Nous devons cette référence à l’amitié de V. Gabrielsen ; pour les questions financières en question dans le passage, cf. Gabrielsen 1994, 176 et 261 n. 7 et voir aussi déjà Ziebarth 1929, 83-84 (contre le primitivisme de Hasebroek 1928, 10 et 94), qui insistait précisément sur l’importance des taux de change pour les marchands.

535

Voir encore les lettres d’affaires transportées par le négociant Phormion d’Athènes au Bosphore, Ps-Dém., C. Phormion, 8 et 29.

536

C’est bien la notion de document écrit qu’il faut ici évoquer dans le cas de commerçants a priori anonymes. Pour la place de l’écrit dans les procédures juridiques internes à la cité grecque de l’époque classique et le retard relatif (sauf pour les contrats commerciaux) du droit sur la pratique (valeur probatoire de la preuve écrite intervenant assez tardivement), voir Maffi 1988.

537

Arist., Pol., 6.8.7, cf. brièvement 6.8.21.

538

Sur les “notaires” (privés) de Délos, cf. Vial 1988 et Boussac 1992 (sceaux de la période de la domination athénienne, privés pour l’essentiel, conservés dans une maison privée ; pour les quelques sceaux publics, cf. p. 11-18).

539

Sur l’enregistrement dans les archives publiques, cf. Christophilopoulos 1979 et Lambrinoudakis & Wörrle 1983 (Paros). Pour l’Égypte, voir les travaux de Burkhalter 1990 et l’étude dans ce même volume. Pour l’Asie Mineure romaine, cf. Wörrle 1975 (avec la bibliographie relative aux autres cités d’Asie Mineure).

540

Dion Chr. 31.51. Nous reviendrons ailleurs sur la question de la législation civique relative aux symbolaia.

541

ID, 509 (Syll. 3, 975), 1. 32 sq.

542

Syll. 3, 185. Symbola dans l’usage ordinaire : cf. l’affaire du Spartiate Glaukos, Hdt. 6.86, mais qui correspond à un rapport privé et à une situation duale qui ne peut servir d’exemple pour l’identification des étrangers par une cité. Sur les symbola en général et leur usage, cf. la documentation rassemblée par Gauthier 1972, 65-89, que nous n’avons pas à reprendre en détail (voir cependant particulièrement p. 76-85 sur le problème de la manière dont on pouvait prouver son identité et p. 87 sur l’évolution de la notion de symbolon, qui à l’époque hellénistique au moins est en réalité fréquemment un papyrus et a le sens d’attestation ou de reçu, avec aussi Vélissaropoulos 1980, 282-301) ainsi que les analyses sur la valeur du symbolon dans Herman 1986, 62-69, avec illustrations.

543

TC, 105, 1. 9-14 :---[Κυ]/ραναῖοι γράμμα[τα ἥκοντ]/ι φέροντες παρὰ [τᾶς πόλι]/ος τᾶς Κυραναίω[ν ὅτι ἔντ]/ι τῶν Θευδώρου ἐ[κγόνων π]/ρεσβύτατοι κτλ. C’est la nécessité de se voir reconnaître des privilèges consentis à des ascendants qui explique également la renouvellement des dits-privilèges, surtout dans les périodes troublées (cf. ainsi le renouvellement des privilèges d’exemption consentis aux descendants du Coéen Diôn, fils de Diodoros, par la cité de Pladasa (cf. Labraunda,, III 2, 42 : privilèges consentis sous Pixôdaros, renouvelés sous Eupolémos, gravés au début du iiie s.). Pour les sceaux et leur usage, cf. aussi van Berchem 1991, part. 135-136, avec bibliographie complémentaire, et le riche volume de Boussac & Invernizzi 1996.

544

Bousquet & Gauthier 1994, I, p. 321-322,1. 17-18 et 34-37.

545

Les très nombreux sceaux de cités et de royaumes trouvés à Callipolis d’Épire paraissent correspondre à la conservation d’archives par une puissante famille locale : cf. Pantos 1985, 427-491 pour l’interprétation de la découverte. De telles archives dans un petite cité illustrent assez bien ce que pouvaient être les pratiques de la correspondance internationale à l’époque hellénistique.

546

Énée le Tacticien 10.8.

547

Gauthier 1972, 75.

548

Aristophane, Oiseaux, 1212-1215.

549

On remarquera que le contexte du passage évoqué montre clairement l’usage de procédures écrites pour le contrôle des entrées et sorties. On comprend donc la traduction “passeport” de la CUF.

550

Liv. 23.34.1-7, cf. 23.33.4-12 sur le début de l’ambassade et 23.39.1-2 sur la conclusion de l’affaire, Sur l’ensemble de l’épisode et certaines difficultés du texte de Tite Live (la question se pose de savoir combien de navires les Romains avaient été saisis par les Romains, un ou cinq), cf. Coppola 1993, 176-181.

551

Ps-Dém., C. Phormion, 36. Statut servile de Lampis, ibid., 5 et 10.

552

Sa femme et ses enfants résident à Athènes. Comme tel, il tombe sous le coup de la loi attique sur l’obligation de ne charger du blé qu’à destination d’Athènes (C. Phormion, 37).

553

Même s’il est vrai que la cité grecque n’était pas “bureaucratique”, et que bien évidemment le rôle de l’écriture était tout différent en Grèce de celui des sociétés palatiales orientales, on ne doit pas réduire a rien (ou presque rien) le rôle de l’écrit dans le fonctionnement de la cité et de la vie civique, comme le fait Thomas 1992, ex. gr. 128-157.

554

L’existence de tels journaux de route ne nous paraît pas invraisemblable, même s’il n’y avait nulle obligation pour un capitaine de navire de tenir un véritable “journal de bord”. Pour des raisons pratiques, on imagine assez par exemple qu’un armateur dont un des agents, libre ou esclave, entamait un voyage au long cours ait souhaité connaître au retour du navire le détail des opérations effectuées. En tout cas, plus largement, c’est sur un tel journal de route, ou sur la compilation de plusieurs journaux similaires, que nous paraît reposer le Périple de la mer Érythrée (cf. édition Casson 1989) ; voir aussi déjà la remarque Polybe (12.25d 6), déjà mentionnée supra.

555

Question que nous n’avons pas soulevée jusqu’ici mais qui peut néanmoins s’être posée. Le PRevLaws, 52, montre en effet qu’en Égypte, à la douane de Péluse ou à celle d’Alexandrie, on recevait un symbalon, au sens de “reçu”, pour témoigner du paiement de la taxe d’importation d’huile à usage personnel (cf. Gauthier 1972, 87). Un système de “reçus” analogue a pu fonctionner de la même manière dans le cas des privilèges d’exportation pour une quantité donnée (cas de Cyrène ou du Bosphore précédemment évoqués).

556

Hérondas 2.55-59.

557

Steinhauer 1994 (cf. S. Follet, Bull. ép., 1995, nº 252) ; Descat 1997.

558

Steinhauer 1994, 54.

559

Steinhauer 1994, 59 : “La restitution du texte a une importance décisive pour la compréhension de la liste qui suit”. Dans le même sens Descat 1997, 15.

560

Cf. Dow 1949, 125, qui sur la base de la graphie admettait l'identité de l'archonte Pamménès avec l’archonte homonyme dans l'inscription du culte d'Agdistis à Rhamnonte, cf. Roussel 1930, réédition avec photo dans Pouilloux 1954b, 139-141, nº 24, pl. LII.2., lequel aussi d'après “les caractères de l'écriture et l'hésitation dans l'emploi du iota adscrit” admettait qu'il s'agissait de l'archonte de 83/82. a.C. ; toutefois, en se tondant sur l'usage de l'abréviation) dans l'inscription relative au culte d'Agdistis “qui ne semble usuelle qu'à partir du milieu du ier s. a.C., aussi bien dans les catalogues de prytanes (Agora XV) que dans ceux d'éphèbes, cf. IG, II2, 1043, 1040, 1025, etc.”, S. Follet (per epist. et 2000) attribue cette inscription à Pamménès II. Sur Pamménès I, dont l'activité s'étend de la fin du iie s. a.C. environ au milieu du ier s. a.C., cf. Geagan 1992, 37-39 avec stemma de la famille p. 34-35 et LGPN, II, s.v., nº 12, 5 et 6 (références au même personnage classées par ordre chronologique) ; sur les archontes athéniens au ier s., et sur Pamménès II cf. aussi Follet 1998 et 2000.

561

Steinhauer 1994, 57 et 68.

562

Perrin 1996.

563

Descat 1997, 15, et auparavant Steinhauer 1994, 57, avec les compléments de S. Follet, Bull. ép., 1995, nº 252 : Pamménès, fils de Zénon, de Marathon, connu par de nombreux témoignages, a été stratège des hoplites et prêtre d'Auguste de Rome IG, II2, 3173, mais aussi agoranome, ibid., 3493, cf. testimonia apud Meritt 1940, 91-94 ; cf. P. Treves, RE, 18.3, s.v. Pammenes c. 299-303 (1949) ; Mavrojannis 1995, 89-90 ; LGPN, II, s.v., nº 13 et S. Follet (1998 et 2000) pour une chronologie détaillée de sa vie et de sa carrière, qui couvre toute la deuxième moitié du ier s. a.C. ; pour la famille voir aussi Geagan 1992.

564

Steinhauer 1994, 54.

565

Steinhauer 1994, 51.

566

Par un lapsus sans conséquence (car on rétablit facilement la réalité), p. 54, l'éditeur a inversé les indications sur les hauteurs de lettres, comme le montrent le nombre de lignes indiquées et les différentes indications sur les hauteurs de lignes : là où l'éd. Indique 'A' il faut lire 'B' et inversement ; par un autre lapsus, p. 56, légende de la fig. 3, lire “Partie inférieure de la face A” et non de la face B. La hauteur du bloc, donnée comme de 80 cm, est en fait de 90 cm.

567

Dans l'édition du BCH, la présentation du texte en minuscules p. 55 n’est guère heureuse : les lignes 1-7 ne sont pas plus à gauche que les suivantes ; comme nous l'indiquons dans la reproduction du texte en minuscules donnée supra, 1. 6 -'κεν' est en position centrée et à la même ligne 'κα|τ’ ἐ|πι'- est aligné sur la marge droite après un large vacat, détail dont on verra l'importance plus loin ; la ligne 14 n'est pas davantage en décrochement à gauche par rapport aux précédentes et aux suivantes.

568

Ainsi à Camiros, la liste des damiurges d'époque impériale, gravée sur une stèle, commence sur la face large pour se poursuivre sur les deux faces latérales (TC, 4 a-b, c, d, cf. p. [18] fig. 7-9). Dans la même ville, dans la liste des prêtres d'Athéna (fin de l'époque classique et haute époque hellénistique), qui est gravée en deux colonnes, la fin des noms de la colonne de droite est fréquemment gravée sur la face droite adjacente (TC, 5, cf. p. [28] fig. 17-18).

569

Il est peu probable que puisse entrer en ligne de compte pour la charge archontale le relativement obscur [Πα]μμέ[ν]ης Λαμπτρεὑς, théore à Delphes en c. 46-43 a.C (FD, III.2, 57, 1. 9 ; LGPN II s.v. nº 10, cf. aussi nº 11 pour un autre Pamménès du même dème c. 26-17 a.C., IG, II2, 2338, 1. 22, un jeune homme sans doute, dans un catalogue du genos des Amynandridai).

570

Habicht 1995, 306.

571

Habicht 1995, 326.

572

Mattingly 1971, 92-93.

573

Kroll 1972, 92-93.

574

Voir le tableau comparatif de Traill 1975, 69. Le dème d'Hermos appartenait à la trittye urbaine de la tribu Akamantis ; il était situé près de Cholargos, au nord-ouest de la ville d’Athènes (Traill 1975, 47 et cartes 2-3).

575

Cf. Bresson 1985 sur les règles à respecter pour identifier des personnages en fonction des règles de nomination qui prévalaient en Grèce ancienne.

576

L’écart chronologique entre père et fils resterait raisonnable.

577

Sur Pamménès II, cf. supra n. 7.

578

Cf. les documents du ier s. C. dans Kirchner 1948, nº 111-119, pl. 42-44, qui couvrent le ier s. a.C.

579

Pi dont la haste droite ne touche pas la ligne à la lin du iie s. a.C. : Dow 1937, 162-165, nº 96 (104/103 a.C.), et dans les documents présentés par Tracy 1990 (le dernier en date. p. 220-221, fig. 39 = FD, III.2, nº 26, 98/97 a.C.). Par contraste, pi dont la haste droite touche régulièrement la ligne : liste des archontes athéniens Dow 1949 et fig. 15.

580

Les critères retenus par J. Pouilloux, graphie et usage flottant de l'iota, doivent donc être réinterprétés dans le cadre de cette nouvelle datation.

581

Pour ce qui de l'usage de l'iota adscrit, le texte I ne présente qu'une seule occurrence pouvant servir de test, le mot κύκλῳ (1. 7), où il n'est pas fait pas usage de l'iota adscrit.

582

Pi dont la haste droite touche ou non la ligne dans un document de la fin du ier s. a.C. : Dow 1937, 186-191, nº 116 ; de même dans IG, II-III2, 3173 (Imagines nº 118), inscription qui mentionne Pamménès II comme stratège des hoplites et prêtre d’Auguste et de Rome, entre 27/26 et 18/17.

583

Steinhauer 1994, 57 et 68.

584

Dow 1949. 120-121.

585

Inscription de l'agoranome Pamménès (IG, II2, 3493 ; excellente photo dans Ouarducci 1967 sq.. II. 162) : lettres qui ont tendance à être hautes, étroites et resserrées, apicès très marqués, barre brisée de l'alpha descendant presque jusqu'à la ligne. Le dzèta à haste centrale (en forme de Z dans les textes I et II) ne fournit aucun élément de chronologie car on trouve la forme de Z bien auparavant dans l'épigraphie attique (cf. Tracy 1990, 220, ad FD. III.2, nº 26).

586

Follet 2000.

587

Steinhauer 1994, 59. Cependant, ibid. n. 19, il ajoutait qu'on ne pouvait exclure de comprendre “bancs de pierre”, selon une suggestion de Cl. Vatin.

588

IG. I3, 4 B. I. 24-25 τὰ ἀδικήματα... τὰ ἐν τōι λί[θοι γεγραμμἐνα] ; I. 26-27 ταῦτ’ ἔδοξεν τōι δέ|μοι ἐ|πἰ Φιλοκρἁτος ἄρχοντ]ος τὰ ἐν τοῖν λἰθοι[ν τού]τοιν (485/484 a.C.).

589

Descat 1997, 15.

590

Schede 1964, 55. fig. 67.

591

ILS. 5586 (péninsule Ibérique) : un bienfaiteur et son fils ont relevé le marché et ont installé des tables de pierre.

592

IK, 36.1-Tralleis, 77, I. 17-21 : ἀγορανομήσαντα φιλο|τείμως, ἀναθέντα δὲ ἐκ τῶν | ἰδἰων καὶ τὰς ἐν τῇ ὀψαριο|πώλειδι μαρμαρίνας τραπέ|ζας ιβ’ σύν ταῖς βάσεσιν ιβ’.

593

Stanley 1976, 195-238, ainsi que que les références rassemblées par Steinhauer 1994, 58.

594

IG, II2, 1013, avec compléments Meritt 1938. 127-131. nº 27, cf. Crosby 1949, 108-113, (cf. Guarducci 1967 sq., II, 464).

595

Guarducci 1967 sq.. II. 470-472, avec fig. 113 et 114 (Thasos) ; Stroud 1998. 57. avec bibliographie complète. Table analogue pour des liquides faisant mention de deux agoranomes à Marisa (Idumée), datée de l'an 170 de l’ère séleucide (143/142 a.C.) : Finkielsztejn 1999.

596

Table pour les mesures vinaires : Pouilleux 1955, 365 sq. avec fig. 37-38 ; pour les mesures de grain : Pouilloux 1954a, 405-407, nº 153, pl. 44. 1-2, avec ibid. 44.3 une table à mesures anépigraphe.

597

Steinhauer 1994. 58, cf. Stroud 1998, 57 n. 122 avec une disc, sur les sèkômata d’Athènes et du Pirée. Usage de sèkômata pour mesurer le grain dans la loi attique de 374/373 : Stroud 1998,1. 25-27. avec commentaire 56-61.

598

Plutarque, Solon, 8.

599

Pollux 3.78, cf. Pollux 3.126 ainsi que 7.1 1 (selon Aristophane, lors des ventes aux esclaves, on fait monter ces derniers sur une τράπεζα) ; cf. R. Descat (1997), 19 n. 4, qui hésite cependant à considérer que le πρατὴρ λίθος était bien une table, ce qui nous paraît cependant presque certain.

600

Harpocration, s.v. λίθος, qui renvoie à Philochore (FGrHist 328 F21), Démosthène, C. Conon, 26, et Arist., Ath. pol. (7.1 et 55.5) ; cf. Plut., Solon, 25.8. Les “pierres de l’agora” de Ps-Plat., Eryxias, 400d sont les vulgaires rochers qui parsèment le site.

601

Descat 1997, ibid.

602

Steinhauer 1994, 59, n. 16. Voir aussi Guarducci 1967 sq., II, 478-483 pour les poids publics portant mention du nom des agoranomes.

603

Weiss 1994 (voir aussi AE, 1994, 15 ; SEG, 44, 1994, 1008, avec 810 et 1011). Étant donné la période à laquelle correspondent ces poids, la datation est exprimée par le nom de l'empereur (avec le quantième de son règne) et celui du gouverneur ou adjoint du gouverneur de la province ; la garantie l'est par le nom des agoranomes (ou bien selon le cas d'un agoranome unique) qui engageaient ainsi leur responsabilité quant à la fiabilité des poids en question.

604

Athènes IG, II2, 2886, un agoranome sortant de charge fait la dédicace de τòν ζυγòν καὶ τὰ μέτρα (voir disc. in Stroud 1998, 57 n. 122 : cette dédicace n'appartenait pas à une table à sèkômata) et Gythion IG, V.l, 1 156, dédicace de τὰ μέτρα par un agoranome.

605

Steinhauer 1994, 59, n. 16, ζυγοστάσια d'Akmonia de Phrygie (BCH. 17, 1893, p. 261, nº 45 = IGRR, IV, 657) et ζυγοστάσιον d'Apollonia du Rhyndakos (CIG, 3705) et renvoi ibid. n. 18 au document d'Antioche de Pisidie (Calder 1912, 87-88, pl. 1 [3 par lapsus St.]). Litt. sur le ζυγοστάσιον (sans réf. à l’inscription du Pirée) in Mitchell & Waelkens 1998, 226, mais défini comme “building or platform where objects could be weighed”.

606

Cf. LSJ, s.v.

607

Naturellement, cela ne signifie nullement que le sens de ces mots était toujours celui de “support de balance” : pour les autres significations de ces termes, voir dictionnaire LSJ, s.v.

608

Steinhauer 1994, 58.

609

Steinhauer 1994, 59 et n. 18 (le même auteur, dont le nom est orthographié différemment, Steinhower 1997, 319, indique que “la pierre avec les prix ainsi qu’une balance pour le contrôle des prix furent érigées par l’Inspection des marchés du Pirée”).

610

Le latin possède aussi le terme zygostasium dans le sens de “fonction de vérificateur des poids et mesures” (cf. ex. gr. Cod. Th. 14.26.1, qui mentionne le zygostasii munus).

611

Platon, Lois. 11 917e. Astypalée : IG, XII.3, 170, 1. 24-25 (sans doute hellén.). Rhodes : IG, XII. 1. 3. 1. 11 (ier s. p.C.). Traites : IK. 36.1-Tralleis, 146. 1. 3 (imp.). Éphèse : IK. 15.5-Ephesos, 1656. I. 3-4 (imp.), etc.

612

IG, II2, 380,1. 11 et 29.

613

Pour des représentations de balance dans le monde grec, on se reportera à des représentations sur vase de l’archaïsme ou de l'époque classique où l'on voit de grandes balances qui devaient être suspendues à un support : ainsi la fameuse coupe laconienne de c. 560-550 représentant Arcésilas de Cyrène Paris, Bibliothèque Nationale, Cabinet des Médailles, inv. 4899, cf. supra chapitre III, ou une oenochoé uttique à fig. noires de c. 510-500, Vienne, Kunsthistorisches Museum, Antikensammlung, inv. IV 1105, cf. Villanueva-Puig 1992, 83. Pour l'ensemble du dossier de la balance grecque et romaine, voir É. Michon, DA, s.v. Libra, III.2, p. 1221-1231.

614

É. Michon, ibid., 1 124 avec fig. 4468, d'où notre fig. 7.

615

Cf. supra n. 49. Le ζυγοστάσιον d'Antioche de Pisidie paraît avoir eu pour dimensions (reconstituées d'après l’échelle de la photographie de la pl. 1 de Calder) h = c. 1,2 m ; 1 = c. 1,10 m. On ne peut déterminer si le ζυγοστάσιον du Pirée avait des proportions similaires ou bien s'il était de taille plus importante. Le commentaire de W. M. Calder (1912, 88), qui voulait rapprocher le ζυγοστάσιον d'Antioche de Pisidie des pratiques du Bas-Empire de pesage de lingots d'or et d'argent à une époque où la fiabilité de la monnaie était devenue incertaine, ne peut de toute façon être suivi puisque l'existence des ζυγοστάσια remonte bien plus haut dans le temps et est liée à l'activité ordinaire des agoranomes, non à une situation de crise.

616

L'inscription d'Apollonia du Rhyndakos déjà citée (CIG, 3705) signale que Γ. ’Ιούλιος Ἑρμᾶς ὀ καὶ Μερκούριος ἔστρωσεν ἐκ τῶν ἰδίων τὴν πλατείαν ἀπò τοῦ ζυγοστασίου μέχρι τῆς ὑποχωρήσεως : on imagine facilement comment le ζυγοστάσιον pouvait servir de point de repère de délimitation.

617

Sammelbuch 4481, 10, ve s. p.C., d'après LSJ.

618

Le mot est attesté depuis le xixe s. Il se trouve que ces campaniles ont souvent la même architecture que le ζυγοστάσιον antique.

619

ID, 509 (Syll.3, 975 ; Pleket, Epigraphica, I, 10), 1. 38-40, cf. également infra chapitre X, 214-215 et n. 22.

620

Toute restitution autre que κατά est impossible, malgré les scrupules de G. Steinhauer, p. 56 et 59, n. 20, qui suggère aussi κα[ὶ ἐ]πιταγήν.

621

Steinhauer 1994, 64-67, avec une analyse détaillée.

622

L’idée de l'ordre impérial est cependant reprise, bien qu'avec prudence, par Migeotte 1997, 38, citant G. Steinhauer.

623

Lorsqu'il est question de l'empereur, les textes en font mention explicitement : ainsi dans une lettre aux Delphiens de 90 p.C. Syll.3, 821 D, 1. 2) un gouverneur d’Achaïe fait référence à “son très sacré mandement” (sc. de l’empereur Domitien), [κατὰ τὴ]ṿ ἱερωτάτην αὐτοῦ ἐπιταγήν.

624

Descat 1997, 16.

625

Schol. Aristophane, Cav., 137 : ὁ δὲ κύκλος Ἀθήνησιν ἐστι, καθάπερ μάκελλος ἐκ τῆς κατασκευῆς τὴν προσηγορίαν λαβών, ἔvθα δὴ πιπράσκεται χωρὶς κρεῶν τὰ ἄλλα ὤνια, καὶ ἐξαιρέτως δὲ οἰ ἱχθύες... Voir aussi Descat 1997, ibid., les autres références qui donnent à κύκλος le sens de “secteur du marché”.

626

Guarducci 1967 sq., II, 125.

627

A Athènes : IG, II2, 4038, 4497, 4519, 4741. 4773, 5172 ; à Sparte, IG, V.l, 245 : Σωτηρία | κατ’ ἐπιτα|γὴν τοῦ | θεοῦ ἀνέ|θηκα (époque impériale), etc.

628

Guarducci 1967 sq., II. 125 et III, 95-96, pour des cas d'ἐπιταγή impériale (mais bien entendu ici c'est le parallèle de l'agent au génitif qu'il faudrait retenir, non le parallèle avec l'ordre impérial). Voir aussi les différents parallèles cités par Steinhauer 1994. 59, n. 21.

629

IG, VII, 3376, 6-8 (Chéronée, basse époque hellénistique). A Chéronée, il y avait donc une loi qui précisait que l’affranchissement par dédicace à la divinité devait être fait par l'intermédiaire du conseil. L'acte d'affranchissement engageait la cité et c’est la raison pour laquelle cette dernière intervenait dans le processus d'affranchissement (manifestement pour que l'acte soit enregistré).

630

OGIS, 674 = Bernand 1984, nº 67.

631

Trad. A. Bernand.

632

Le fait que dans les dédicaces religieuses on trouve aussi bien ἐξ ἐπιταγῆς que κατ’ ἐπιταγήν suffit à assurer cette équivalence (cf. IGUR. 1 1 1, 1. 6, Rome, fin iie s. p.C., etc.).

633

Cf. infra, § 2.

634

Cf. dictionnaire LSJ.

635

Steinhauer 1994, 61, avec n. 28.

636

LSJ, s.v. 1.2.

637

Ainsi, par exemple, l'expression oἱ κύκλῳ τοῦ προσώπου désigne-t-elle les joues, cf. LSJ, II.9

638

Schol. Aristophane. Paix, 145, d'après la Périégèse d'Athènes de Callicratès-Ménéclès FGrHist 370 Fl.

639

Cf. dict. LSJ, I.2.

640

Arist., Rhétorique, 1.9 1367b, trad. C.U.F.

641

Arist., Éthique à Nicomaque, 3.9.3 1117b 2.

642

Diod. 1.70.1.

643

Str. 14.2.23, qui signale que le dieu τιμᾶται δὲ ὑπò τῶν κύκλῳ καὶ ὑπò τῶν Μυλασέων, “reçoit l'hommage des gens du lieu et des Mylasiens” (comme on le sait, à l’époque hellénistique le sanctuaire de Zeus Labraundeus passa sous contrôle des Mylasiens, d’où la formule de Strabon qui distingue les gens de la région de Labraunda proprement dite et la cité de Mylasa). Cf. aussi Flavius Josèphe, Ant. Jud., 14.418 : δτέπεμψεν δὲ καὶ πρὸς τοὺς κύκλῳ κελεύων τὰ κατὰ τὴν χώραν ἀνασκευάσασθαι καἰ εἰς τὰ ὄρη φεύγειν, ὡς μηδὲν ἔχοντες Ῥωμαῖοι λιμῷ διαφθαρεἲεν “En outre, [Antigone] fit envoyer aux gens des environs l'ordre de rassembler toutes les denrées du pays et de s'enfuir dans les montagnes, de sorte que, n’ayant rien à manger, les Romains meurent de faim” (fin 39 - début 38 a.C., en Judée, dans le contexte de la lutte d'Antigone contre Rome et Hérode).

644

Pour la désignation de collèges par la formule oἱ περί ou oἱ ἀμφί τινα, éventuellement οἱ μετά τινος, cf. Bresson 1997, 500.

645

Hoff 1997, 44.

646

Dion Cassius 54.7.2-3, la cause de la décision d'Auguste étant “selon les dires de certains” que le souverain en aurait voulu aux Athéniens de leur attitude favorable à Antoine. Décision d'Auguste lors de son voyage à Athènes en 21/20, et non à la période qui suit immédiatement la bataille d'Actium : cf. Hoff 1989 (la date est discutée par Schmaltz 1996 – arrivée d'Auguste à la fin de l'année 21 seulement –, qui cependant, p. 388-389, minimise curieusement l'impact de la décision d’Auguste pour les Athéniens en la rapportant à une simple volonté “d'antiquaire” de la part d'Auguste dans le cadre d’une réorganisation d'ensemble des provinces : mais c’est ignorer les conséquences immédiates de ce geste pour les Athéniens, et le contraste saisissant avec la faveur accordée à Sparte). Les difficultés monétaires d'Athènes au ier s. sont évidentes : pour l’argent, émissions irrégulières, dévaluation de l'argent du fait sans doute des dépenses forcées à l'époque d'Antoine, et cessation des émissions d'argent à la fin des années 40 semble-t-il ; plus tard manifestement interdiction du monnayage de bronze sous Auguste, cf. Kroll 1972, et 1973, 326-327, (suivi par Hoff 1989, 269 et 274) et en dernier lieu Burnett-Amandry-Ripollès, RPC, I.1 265-6 (d'après Kroll).

647

Sur le relèvement du Pirée au ier s. a.C. après le sac de Sylla. J. Day (1942, 142-151) suggérait qu'il fallait aller au-delà des clichés de certains auteurs anciens sur la détresse du Pirée dans cette période (sur ce point, ibid., 120-128) et supposer un relèvement sinon rapide du moins bien réel au ier s. a.C. Au contraire, T. L. Shear n'a vu qu'un relèvement lent et difficile. M. C. Hoff (1989 et 1997) insiste quant à lui d’une part sur l'ampleur exceptionnelle des destructions subies et la lenteur (ou l'absence) de relèvement des bâtiments publics.

648

Steinhauer 1994, 64-68, part. 67 n. 65.

649

Descat 1997, 18.

650

Pritchett 1953, 226-230, d’après l'analyse des stèles se rapportant à la vente des biens des profanateurs des mystères dans les années 415/414 et suivantes (1 ob. pour un prix jusqu'à 29 ob., 3 ob. de 5 à 50 dr., 1 dr. de 50 à 100 dr., le système se reproduisant pour chaque tranche de 100 dr.), cf. aussi brièvement Stanley 1976, 254, n. 42.

651

Migeotte 1997,

652

Plaute, Mites gloriosus, 727-729, texte et trad. CUF. L'auteur de la pièce originale grecque sur laquelle se fonde Plaute est inconnu.

653

C'est semble-t-il la tentation de L. Migeotte (1997, 47 n. 21).

654

Arist., Ath. pol, 51.1.

655

Apulée, Métamorphoses, 1.24-25.

656

On pourrait trouver des parallèles modernes à ce pouvoir de l'agoranome. Dans la France contemporaine, les services locaux “de la consommation et des fraudes” ont ainsi un pouvoir d'intervention dans le cas où un prix abusif a été demandé à l'acheteur : cela ne signifie nullement que, de manière générale, ils aient le pouvoir de fixer le niveau des prix.

657

Ces documents ont récemment été rassemblés et discutés par L. Migeotte (1997, 40-42), à qui nous empruntons ses références. L. Migeotte compte sept documents. Quant à nous cependant, nous ne ferons pas entrer en ligne de compte le texte de Délos Syll.3, 975 (ID. 509) car il ne s'agit pas à proprement parler de prix fixés par les magistrats (cf. Gauthier 1977 sur la clause, 1. 5-8, interdisant la revente des bois vendus aux enchères publiques et Reger 1994, 173-175. qui montre que la loi avait un objectif d'ordre fiscal ; ce n'est donc que secondairement que la loi pouvait avoir pour but de modérer les prix) ; dans l’inscription de Cyzique (IGRR, IV, 146 ; SylI.3, 799), selon L. Migeotte (1997, 41-42), les prix auraient été fixés par les agoranomes, mais le texte incite seulement archontes et stéphanéphores à collaborer avec les agoranomes pour veiller à ce que les prix ne dépassent pas l'ἐνεστώση τιμή, i.e. exactement “le prix présent” (dans lequel L. Migeotte pense voir un équivalent de la καθεστακυῖα τιμή, ce qui est tout à fait possible, mais qui, de fait soulève en réalité de nouveau la question de la signification de cette dernière expression : sur ce point voir chapitre X).

658

Vatin 1966.

659

Feyel 1936. réédition avec un nouveau fragment Salviat & Vatin 1971,95-109 (par Cl. Vatin), avec les compléments de Roesch 1974 (1. 3 : les agônarques ont fait la gravure de τὰ δεδο[γμένα], i.e. des décisions de la cité ; sur la signification de cette formule, voir Migeotte 1997, 49 n. 37 qui, sans trancher, considère que le terme peut signifier soit que l’assemblée a fixé les prix elle-même, soit qu'elle a confié ce soin aux agoranomes : nous serions tenté de penser que le tarif, préparé par des spécialistes qui ne peuvent guère avoir été que les agônarques, a été soumis à l’approbation et donc au vote de l'assemblée, d’où la formule τὰ δεδο[γμένα]) ; cf. aussi Schaps 1987 sur les prix dans cette inscription.

660

IG, V.1, 1390 ; Syll.3, 736 ; Sokolowski, LSCG, 65,1. 100-101.

661

L. 60 : ἐξουσίαν ἔχοντας τειμὰς τοἴς τῆς εὐθηνίας ὠνίοις ἐπιγράφειν (“auf die Waren im Angebot Preise zu schreiben” Wörrle 1988, 1 1, “en ayant le droit d'inscrire les prix sur les marchandises offertes” Migeotte 1997. 41. ce qui ne paraît pas rendre de manière exacte le sens d'ἐπιγράφειν dans ce contexte, cf. dict. LSJ III) ; naturellement, l'affichage du tarif fixé suppose le droit de le fixer (cf. aussi le sens de ‘assess’ LSJ III.2b).

662

OGIS, 484, et II. p. 552 (cf. T. R. S. Broughton, ESAR. IV. 893-895, trad. ; Bogaert 1968, 231-234 et Epigraphica, III, 28 ; Oliver. Greek Constitutions. 84 (p. 208-215). 1. 16-17 : ὅσα μέντυι τῶν λεπτὤν ὀψαρίων σταθμῶι πιπρασκόμενα τιμᾶται ὑπò τῶν ἀγορανóμων. Broughton traduisait λεπτῶν ὀψαρίων comme “small fish”, quand Oliver, que nous suivons, préfère “fish sold retail”.

663

Le dossier a été réuni par P. Garnsey et O. van Nijf (1998. 306-313).

664

De Ligt 1993, 225-235.

665

Telle semble être toutefois l'interpétation de L. Migeotte (1997, 41). De facto, ne serait-ce que par la population qu'elles attiraient, les panégyries augmentaient nécessairement de manière importante les volumes échangés. Quant aux raisons pour lesquelles on célébrait les panégyries (recherche du prestige et non du gain selon De Ligt. ibid.). c'est là une autre question qu’on n’a pas à aborder ici.

666

P. Roesch (1965. 141-145) a rassemblé les témoignages des scholiastes qui montraient sans ambiguïté que en dialecte béotien ἀγών était l'équivalent de ἀγορἀ, et que l'ἀγωνάρχης était l'équivalent de l'ἀγοράνομος. Il justifiait (p. 144) l'existence d'agônarques fédéraux béotiens par la nécessité où se trouvait la Confédération de réglementer les panégyries, “puisqu'elle organisait elle-même un certain nombre de fêtes à caractère fédéral, comme les Pamboiotia ou les Basileia de Lébadée, et qu'elle en contrôlait d'autres, comme les Ptoia d'Akraiphia, les Mouseia de Thespies ou les Agrionia et les Hérakleia de Thèbes”. Mais il soulignait aussi que l'appellation d'agônarque dans les inscriptions dialectales des cités béotiennes correspondait strictement à celle d'agoranome. Dès lors, on ne peut plus prendre appui sur la mention d'un agônarque dont le nom évoquerait les concours et donc les panégyries (dans ce sens Migeotte 1997. 49, n. 39), pour vouloir limiter la portée de l'inscription d'Akraiphia au cadre de la fête des Ptôia, dont le nom n'est pas mentionné dans le texte. Rien n'oblige donc à considérer que le tarif des poissons ne s'appliquait que lors des Ptôia. Le parallèle qui en a été tiré pour la liste de Delphes tombe de la même manière. N'est-ce pas plutôt l'action des agoranomes d'Athènes et de Pergame qui peut fournir un parallèle au texte d'Akraiphia ?

667

IGRR. IV. 146 ; Syll.3, 799 ; cf. Migeotte 1997. 41-42.

668

Dion Chr. 35.15-16

669

De Ligt 1993, 229-234.

670

Les allusions au “libéralisme” et à l'“interventionnisme” qui apparaissent ici décrivent des attitudes concrètes dont on retrouve les caractéristiques dans les concepts économiques contemporains correspondants. Il ne s'agit nullement de prétendre que ces concepts existaient déjà (ou pouvaient avoir un sens) dans l'antiquité.

671

IG, II2, 1103 (Pleket, Epigraphica, I, nº 16) ; Oliver, Greek Constitutions, 77, 1. 10-12. De Ligt 1993, 233, lie cette disposition à la présence du sanctuaire des Deux Déesses, ce qui est effectivement probable.

672

Les trois villes en question sont à l'intérieur des terres mais ont sur leur territoire un accès direct à la mer. En outre, Akraiphia était située sur le Copaïs, ce qui lui donnait un accès au poisson de ce lac.

673

Feyel 1936, 34-35.

674

Cf. déjà Wilhelm 1909, 148. L’intérêt des Lettres d’Alciphron, livre I, “Lettres de pêcheurs”, est de nous présenter le point de vue des gens vivant de la mer. cf. en particulier 1.9, où Aigialeus se plaint de la violence des agoranomes qui, pour leur propre profit, accablent les pauvres bougres qu'étaient les pêcheurs.

675

Athénée 6 224c-228d.

676

Alexis 125-126 Edmonds (ap. Athénée 6 226ab) ; sur Aristonikos. cf. LGPN. II, s.v. nº 4.

677

Sur l'action des magistrats grecs chargés de l'approvisionnement des cités, cf. Couilloud-Le Dinahet 1988 et Migeotte 1997. 43-44.

678

Lactance, Mort des persécuteurs, 7.6-7.

679

Il suffit de penser aux listes de mobilisation, dont on sait qu'elles existaient bel et bien, mais qui n'étaient pas le genre de document qu'on gravait sur la pierre. En Égypte, d’après la loi financière sur la vente des esclaves de 263 a.C., les fermiers de la taxe sur les esclaves devaient faire un affichage journalier devant l’agoranomion de la liste [des projets de vente ( ?)] εἰς λεύκωμα μ[ε]γάλọις γράμμασιν (PHib, 29 = CPtolSklav, 6, 1.9 – nous devons la réf. à F. Burkhalter). On a déjà souligné (supra 159) la raison de la taille des lettres du texte II.

680

Le fait qu'il était nécessaire d'éviter la confusion entre les deux faces inscrites a déjà été relevé par Steinhauer 1994, 57.

681

Vatin 1966, 276-277. Il se pourrait que, comme il arrive souvent, le tarif de Delphes ail plus une valeur de référence que d'affichage, ce qui pourrait justifier la différence avec l’inscription du Pirée.

682

Cf. les calculs de Steinhauer 1994. 57.

683

Steinhauer 1994,65-66.

684

Nous nous abstiendrons toutefois d'une comparaison détaillée entre les prix eux-mêmes : pour l'inscription d'Akraiphia, voir les objections à l'analyse des chiffres de Cl. Vatin présentées par Schaps 1987 (Π comme abréviation de πέτταρες ou renvoyant à l'équivalent du τεταρτημόριον attique, et non de πέντε dans le système de Cl. Vatin). La question doit être reprise par Selini Psoma, que nous remercions de son avis sur cette question.

685

Pol. 6.39.12-14. On s'est demandé si la drachme mentionnée était la drachme attique, comme on le pense habituellement (Crawford 1985, 345 app. M). ou bien la drachme rhodienne (Marchetti 1978, 197-198).

686

Marchetti 1975, part. p. 215-215, suivi par Nicolet 1987, 325-326. Le problème se complique du fait que le rapport as-denier s'est modifié (le denier passe de 10 à 16 as) et que la valeur de l'as a baissé. Cependant, la solde aurait été protégée de cette dévaluation (Pline, HN. 33.13 4-5). De toute façon, cette comptabilité en as est archaïsante dans la mesure où, au ier s. a.C., on comptait en sesterces, équivalent d’un quart de denier de 16 as.

687

Suétone, lul., 26.5.

688

Tacite, Annales, 1.17.4-6 ; cf. Dion Cassius 57.4.3.

689

Nicolet 1987, loc. cit.

690

Dion Cassius 67.3.5 indique que, jusqu'à 84 p.C., le légionnaire recevait 300 sesterces par stipendium (versement) annuel, soit 900 sesterces par an. On retrouve donc une base de 225 deniers annuels ; cf. Μ. A. Speidel (1992), qui propose une étude d'ensemble de la solde par grade et par type d'unité : il considère en particulier (p. 92, en se fondant sur RMR. 68) qu'au ier s. p.C. un fantassin d’une cohorte auxiliaire ne recevait que 750 sesterces par an, soit 187 deniers deux sesterces, et relève (p. 94-97, à partir de l’analyse du document de Masada PMasada, 722) l'importance des prélèvements à la source puisque, de la solde, devaient être déduits les trais d'habillement, d'équipement et de nourriture du soldat (sur les prélèvements à la source, voir aussi brièvement Nicolet 1987, 325-326, et M. Corbier [1980, 68] qui suppose que le montant comptabilisé au crédit du soldat à la caisse du camp ne devait représenter guère plus du quart du total de la solde).

691

Cic., Pro Roscio Comoedo, 28.

692

En dernier lieu, Kroll 1997b, 131-132 ; Mulliez 1997. 100.

693

Plut., Mor., De tranquillitale animi, 470f.

694

Vickers 1990, 614.

695

Théophraste, Caractères, 30.15. Sur l'agio prélevé sûr la monnaie de bronze, et, le décret de Gortyne relatif à l'introduction d'oboles de bronze dans le monnayage de la cité IC, IV. 162 = Bogaert, Epigraphica. III. 22, iiie s. a.C.), qui interdisait qu’il en soit prélevé un (ce qui montre tout de même que le public accordait spontanément une valeur inférieure à la monnaie de bronze), mais voir infra chapitre X, 224, pour la situation de l'Égypte lagide avec l'analyse de la signification de la formule πρὸς ἀργύριον à l’époque hellénistique et l’agio sur la monnaie de bronze à Pergame à l’époque impériale, cf. OGIS, 484. 1. 6-24 et II. p. 552 (cf. T. R. S. Broughton, ESAR. IV. 893-895, trad. ; Bogaert 1968, 231-234 et Epigraphica. III, 28) ; Oliver, Greek Constitutions, 84. p. 208-215).

696

Luc. 15.8. Pour ce texte et le précédent, voir aussi Rebuffat 1996, 146 et 149.

697

Sur ces questions, voir aussi Vickers 1990 ainsi que Gill & Vickers 1995, 227.

698

Cf. les travaux de J. H. Kroll, supra 172, n. 90.

699

Kroll 1997a, 146, paraît hésiter sur le rôle du bronze à cette époque et au début de l'empire. Il semble d'abord considérer qu'il ne jouait qu'un rôle marginal ou exceptionnel. Il relève cependant que le bronze pouvait encore être émis par la cité en grande quantité et qu'il faisait l'objet d'une thésaurisation. En fait, malgré les bouleversements monétaires, la séparation des fonctions entre métal précieux et métal vil restait encore identique à celle de la fin de l'époque classique ou de l'époque hellénistique : les paiements importants étaient effectués en or ou en argent (cf. sa note 45 p. 150) – il s'agissait désormais de monnaie romaine après la cessation du monnayage d'argent autonome de la cité en 42/41 – et les paiements courants à l'agora en bronze.

700

Le niveau des prix dans l'inscription du Pirée n'invite pas à suivre l'hypothèse de J. H. Kroll (1997a, 144), selon lequel la monnaie de bronze lourde, introduite après 86 manifestement pour compenser l'absence provisoire d'émissions d'argent et sans doute assimilée à une drachme, aurait provoqué un “glissement de l'obole à la drachme dans le nom des pièces”, anticipant ainsi en quelque sorte sur les λεπτοῦ δρ(αχμαί) des inscriptions attiques du iie s. p.C. En fait, même si les émissions furent marquées d'irrégularité, la reprise assez rapide de l'émission des monnaies d'argent stéphanéphores laisse plutôt penser que jusqu'à 42/41 Athènes resta fidèle à la drachme d'argent traditionnelle. Si, à partir de 42/41, avec la fin des émissions d'argent, l'étalon de base devint le denier (Kroll, ibid.), cela n'implique pas davantage un changement d'appellation pour les émissions de bronze de la fin du ier s. a.C.

701

Le cas de l'Égypte lagide, qui a connu une série de dévaluations de la monnaie de bronze, est différent, mais jusqu'à la fin de la dynastie la référence y est restée la monnaie d'argent et le système monétaire introduit par Ptolémée ier, cf. Cadell & Le Rider 1997. 90-91.

702

Migeotte 1997, 47 n. 24, qui a rassemblé les diverses propositions qui ont été faites jusqu’ici (non compris celles de P. Millett et G. Reger).

703

Böckh 1886,1. 118 n. c et comm. Fränkel, II, 26 n. 163 ; Millett 1990, 193 et n. 56, mais avec réserve.

704

Gernet 1909, 374 ; Jardé 1925, 178. Dans ce sens, voir Figueira 1986, 165 (“prevailing price”).

705

Dittenberger, OGIS, 4. n. 12 ; Francotte 1910b, 296 n. 4.

706

Reger 1993, 313.

707

Migeotte 1997, 38-39. Bien qu’elle aboutisse à des conclusions différentes, cette étude prend directement appui sur le travail de notre collègue canadien, dont l’apport doit être dûment souligné.

708

Adjonction due à Thalheim sur l'autorité de Köhler (réf. in Wilhelm 1889, 149 n. 1). acceptée par L. Gernet dans l'édition CUF, dont nous citons ici la traduction ; pour l'adjonction inutile de [τò] avant πρότερον, cf. avec le même sens Syll. 3, 304, I. 9, analysé infra 190-191.

709

Wilhelm 1889, 148-149 n. 1.

710

Sur le Pompéion, ou magasin des fêtes publiques d'Athènes, et l'histoire complexe de ce bâtiment, situé près de la porte de Dipylon, cf. Hoepfner 1976, 36-140, part. 113-114 et 123-124.

711

Wilhelm 1889. 148-149 n. 1. A propos de l’inscription IG, II2, 903, dont il a donné une édition totalement renouvelée, Ph. Gauthier (1982, 288 n. 33) a aussi renvoyé, mais sans commentaire particulier, aux remarques de Wilhelm, en même temps qu’à Jardé 1925, 178-180, qui donnait une explication différente de celle de Wilhelm (“cours normal’’, fixé par la loi de l’offre et de la demande).

712

Texte grec Bielman 1994, p. 95 sq, nº 24, 1. 17-19 : εἰσεκόμισε δὲ καὶ πυρῶν μεδίμνους Γ καὶ κρ[ι]θῶν Γ προευπορή|[σας] αὐτòς τάς τιμὰς καὶ διέδωκεν τοῖς τε πολίταις καὶ τοῖς στρατιώταις τῆς | [κ]αθεστηκείας τιμής. Sur la forteresse de Rhamnonte, voir maintenant Pétracos 1997.

713

IG, II2, 400, I. 3-10 : ἐπειδὴ Εὐ]χάριστος Χει|[--- σῖτ]ον ἄγων Ἁθήνα[ζ|ε χρείας παρέχετ]αι τῶι δήμιοι τῶ|ι | Ἀθηναίων, φησὶν δ]ὲ αὐτῶι ἤδ[η] ὀ[κ]τα|κισχιλίους μεδί]μνους παραδ[ώ]σ[ε|ιν τῆς καθισταμ]ένης τιμ[ῆ]ς καὶ τ[ò | λοιπὸν ἄλλους τ]ετρακισχιλίου[ς | μεδίμνους κτλ. Sur ce texte et ses restitutions, et. Migeotte 1997. n. 29 p. 48. Dans le décret IG. Il2, 499 (de 302/301), malheureusement fortement mutilé mais qui évoque directement les bienfaits de Chrysippos ou d'Hèrakleidès de Salamine (dont le cas est analysé infra), G. Reger a proposé de restituer (1. 16-17), au lieu de τῆς κ[αλῶς | ἐχούσης τιμῆ]ς IG, une mention de kathestimenè timè : 1. 14-21 [--- Σι]κελίας --- | --- ἐπέδωκ]εν τῶ[ι δ]ήμωι πεν|τακι|σχιλίους μεδί]μνους πυρῶν τῆς κ|αθισ|ταμένης τιμῆ|ς καὶ εἰς τὰ σιτων[ικὰ---] | ---]ι καὶ αὐτòς καὶ --- | ---]της χιλίας δρ[αχμάς ἀ|μφότεροι καὶ νῦ]ν ἐν τῶι πολέμ[ωι κτλ.]. Même si dans des contextes analogues on peut trouver la mention de vente τῆς καλῶς ἐχούσης τιμῆς (IG, VII, 4262. 1. 4, Oropos, vers 190-180), la nouvelle proposition de restitution reste très attrayante du fait que comme dans les autres inscriptions faisant mention d'une kathestèkuia ou kathestimenè timè. on se trouve dans un contexte athénien et en gros à la même période, à la fin ive s. ou au début du iiie s. Ce commerçant a donc probablement fait une contribution de 5 000 médimnes de froment, semble-t-il importés de Sicile, cela à la kathestimenè timè, et il a sans doute aussi fait une contribution en argent au fonds d'achat de grain de la cité.

714

Migeotte 1997, 39.

715

Une traduction de l'ensemble du PTeb, 703 est proposée par Bertrand 1992. p. 181-183, nº 5. Cependant, notre traduction de la fin du passage concerné diffère sensiblement de celle de J.-M. Bertrand, qui était la suivante : “Veille à ce que ceux qui n'ont pas de prix fixé et que le producteur peut vendre au prix qu'il souhaite après avoir pris un profit raisonnable [...]”. Mais ici τάξας ne peut se rapporter qu'à l’économe, pas aux marchands, comme l'impératif συνανάγκαζε. Edgar & Hunt, Select Pupyri, nº 204. p. 89. traduisaient : “and after having put a fair surplus on the wares being sold, make the... dispose of them”.

716

Cl. Préaux (1939. 189) faisait allusion à ces lignes en évoquant “le contrôle de la vente des marchandises, à prix imposés et à prix plus ou moins libres”.

717

Sur le monopole de l'huile, cf. Préaux 1939, 65-93. Sur le point qui nous intéresse, les éditions successives de Wilcken (Wilcken 1912, 1.2, p. 348-360. nº 299) et de Bingen (1952) sont strictement identiques au texte de Grenfell dans la première édition de 1896.

718

Sur ce point, voir analyse infra 204.

719

C. Dionysodoros. 7.

720

Sur Cléomène de Naucratis, voir maintenant l’étude de G. Le Rider (1997) ; sur la question de savoir si Cléomène eut ou non le titre de satrape, cf. discussion ibid., 72-75.

721

C. Dionysodoros. 8.

722

Nous traduisons ἐνθάδε par “ici” (i.e. Athènes, cf. infra aussi, trad. § 10, “sur notre place”), et non pas “en Grèce”, trad. L. Gernet, CUF, ce qui serait introduire une discordance de traduction entre les deux ἐνθάδε (§ 8 et 10, cf. infra pour le contexte de la seconde mention qui à l’évidence ne peut que faire référence à Athènes). L. Gernet avait manifestement à l'esprit la diversité des prix sur les différentes places de commerce égéennes. Mais il faut admettre qu'Athènes était tellement bien reliée par les routes navales à tous les ports de mer Égée que l’information sur les prix sur les différentes places y parvenait rapidement, de sorte que, bien involontairement plaque tournante de la spéculation, la cité pouvait aussi en être la principale victime. Au reste, c'est d’Athènes que Dionysodoros communique avec son associé Parmeniskos.

723

Xén., Économique, 20.28.

724

C. Dionysodoros, 9.

725

C. Dionysodoros, 10.

726

Wilhelm 1889, 148-149 n. 1. En revanche, L. Migeotte (1997, 38) donne à l'expression le même sens dans toutes les occurrences du corpus démosthénien : “Les passages du second discours sont, il est vrai, moins explicites et ne mentionnent pas de telles ventes ; mais, pour des raisons analogues, la même conclusion peut également leur convenir”.

727

Le sens de “moyen”, “normal”, “régulier”, “existant”, etc. est largement attesté, cf. dict. LSJ, s.v. καθίστημι B.

728

Dans le C. Lacritos, 18-19, il est question d’un prix “fixé”, qui pour autant n’est pas la kathestèkuia timè dont il est question dans le C. Phormion : Πρῶτον μὲν γὰρ γέγραπται ὅτι ἐπ’ οἵνου κεραμίοις τρισχιλίοις ἐδανείζοντο παρ’ ἡμῶν τὰς τριάκοντα μνᾶς, ὡς ὑπαρχούσης αὑτοῖς ὑποθήκης ἑτέρων τριάκοντα μνῶν, ὤστε εἰς τάλαντον ἀργυρίου τὴν τιμὴν εἶναι τοῦ οἴνου καθισταμένην, σὺν τοῖς ἀναλώμασιν, ὅσα ἔδει ἀναλίσκεσθαι εἰς τὴν κατασκευήν τὴν περὶ τòν οἷνον. L. Gernet (éd. CUF) traduisait : “D’abord, le contrat porte que le prêt de 30 mines qu’ils ont obtenu de nous était garanti par 3 000 amphores de vin : la dépense ressortissait ainsi à un talent au prix courant du vin, y compris les frais nécessaires pour la conservation de la marchandise.” Il faut entendre exactement que la dépense était “fixée” par accord entre les deux parties, ce qui il est vrai suppose semble-t-il néanmoins implicitement l’existence d’un prix de référence du vin. Pour une cargaison d’huile vers 175-170, Ph. Gauthier (1982, 288-289) a proposé avec prudence de restituer soit καθιστάναι soit τάττειν dans l’inscription IG. II2, 903, 1. 15, pour l'action des magistrats athéniens (les agoranomes semble-t-il) qui, dans leur négociation avec un marchand importateur d’huile, lui proposaient un prix inférieur à celui auquel il avait pourtant déclaré sa marchandise lors de l’importation de sa cargaison dans la cité. Même si, dans le contexte, il s'agit d'un achat d’huile par la cité, cela ne signifie nullement que καθιστάναι puisse être réservé à la fixation d'un prix d’achat par la cité, comme le montre explicitement le C. Lacritos. En revanche, l’allusion à la kathestimenè timè du C. Dionysodoros suppose une référence à un élément connu de tous, qui ne peut être que la même kathestèkuia timè que celle du C. Phormion.

729

Cf. supra 185.

730

M. Fränkel considérait comme on l’a vu (supra n. 2) que la kathestèkuia timè était le prix existant, i.e. le prix du marché, en considérant ensuite que dans le C. Phormion il s’agissait d'un prix dans les conditions normales, “une nuance qu’on ne doit pas tenir pour inadmissible” ajoutait-il. En fait, il y a là une contradiction radicale que la simple rhétorique ne saurait suffire à masquer.

731

Gauthier 1981a, avec l'analyse d'Aristote, Ath. pol., 51.3-4.

732

Lysias, C. les marchands de blé, 5-6.

733

Sur ce point, cf. aussi Lysias. C. les marchands de blé, 8. avec le commentaire de Migeotte 1997, 36 : l'allusion à une marge d'une obole doit s'entendre en fonction de la drachme (et non du médimne de grain) et définit donc une marge de 16.66 %. L. Migeotte souligne cependant que l’on ne peut savoir si ce taux était inscrit dans la loi ou s’il s’agissait d’une initiative temporaire des magistrats.

734

Stroud 1998, 1. 12-14. avec comm. 50-51 et 104-107, qui souligne néanmoins quant à lui fortement l’intérêt d’un transport par charriots, ces derniers étant certes plus lents et moins susceptibles d’emprunter un itinéraire accidenté, mais permettant de transporter en une seule unité de transport des quantités plus importantes.

735

IG, II2, 360 + Add. p. 660 (Syll. 3, 304 ; Schwenk 1985, p. 334-344, 68, et IIB 1. 10-12, cf. Migeotte 1992. p. 20-21. nº 8, pour les 1. 10-12). La pierre porte les cinq décrets (IA-C et II A-B) qui ont été votés par le peuple athénien en faveur d'Hèrakleidès de Salamine. On retrouve une formulation similaire et faisant référence aux mêmes événements que IIB. 1. 6-13, en IB. 1. 55-57, IC, 1. 29-32 et IIA, 1. 67-72.

736

Wilhelm 1889, 148-149 n. 1 ; Kirchner. Syll. 3, 304, n. 5 p. 518.

737

Archontat d'Aristophon, cf. décret IC, 1. 32.

738

Archontat d’Euthykritos, cf. décret IIA. 1. 71. D'après le C. Phormion, 39. Chrysippos et son frère font don d'un talent. Hèrakleidès fait quant à lui un don d'un demi-talent. L. Migeotte (1993, 21) doute que les diverses donations mentionnées en ces années-là soient à rapporter à l'année 328/7. Sa traduction de Syll. 3, 304, 1. 11-13, “et de nouveau, quand avaient lieu les contributions (ὅτε αἰ ἐπιδόσεις ἦσαν), il donna 3 000 drachmes pour un achat de grain” sous-entend aussi l’organisation d’une série de contributions volontaires. Mais si l’on comprend “lorsqu’eurent lieu les contributions”, il faut admettre que c’est bien en l’année 328/327 qu’eurent du moins lieu à la fois les contributions d’Hèrakleidès et celles de Chrysippos et de son frère (cf. déjà Garnsey 1988, 155, n. 15).

739

Sur le rôle des sitophylaques, cf. Gauthier 1981.

740

Cf. Couilloud-Le Dinahet 1988 et Migeotte 1997, 43-44, avec une série d’exemples.

741

Ps-Arist., Écon., 2.2.13a (Van Groningen 1933, 96-97, qui met en parallèle Polyen. Strat.. 7.23.1, où l’épisode est rapporté de manière plus confuse). Voir aussi Migeotte 1992, 320-321 sur le rôle de la pression morale dans les souscriptions publiques.

742

Sur les distributions de grain et les procédures utilisées aux époques classique et hellénistique, cf. Fantasia et Migeotte 1998. Sur les distributions dans des lieux clos comme l’Odéon ou le Pompéion, cf. Virlouvet 1995. 32-42.

743

Calcul sur la base de c. 31 kg par médimne, cf. Stroud 1998. 55, d’après le texte de la loi de 374/373,

744

Garnsey 1988. 125-128 ; sur le don de Psammétique, voir aussi appendice infra 210. Sur les conditions de la distribution aux citoyens, cf. Migeotte 1998, 240-241, avec réf. et biblio.

745

Virlouvet 1995, 22 et 35-36.

746

A propos de l’approvisionnement en grain des habitants de Rhamonte et des soldats de la forteresse, telle est aussi la conclusion à laquelle est implicitement parvenu V. Pétracos (1997, 620-622), qui note que si “l’accent est mis sur le prix de la revente, c’est parce que bon nombre de stratèges profitaient de leur poste pour céder à l’appât facile d’un gain illicite, que pouvaient générer les opérations de ravitaillement en céréales”.

747

Pour l’émulation entre magistrats du port à Athènes, cf. Xén., Poroi, 3.3 (cf. Gauthier 1976. 83, et 1985, 1 19). Comme on le sait, il est banal de trouver dans les décrets honorifiques une formule précisant que la cité remercie ses bienfaiteurs afin qu’à l’avenir d’autres soient tentés de se dévouer envers elle (cf. Syll. 3, 281, 1. 22-24 ; 362, 1. 23-25, etc.).

748

Syll. 3, 304, IB I. 65-66 ; IIA I. 76-81.

749

Syll. 3, 304, IB I. 60-64 ; II A, I. 74-75.

750

Ibid., IIA I. 74-76.

751

Ibid., IIB I. 15-22.

752

Cette “carrière”, est-il besoin de le préciser, n’a naturellement rien à voir avec le cursus honorum romain, mais il faut retenir la gradation entre les différents honneurs reçus par Hèrakleidès, qui, quant à elle, est bien réelle.

753

Sur le tyran Denys d’Héraclée, cf. Burstein 1986, 72-80, et ibid. 72 et 78 sur les intenses relations commerciales de cette cité avec Athènes.

754

Marasco 1992, 33-35.

755

Ps-Dém., C. Phormion, 37, trad. L. Gernet (CUF), légèrement modifiée.

756

Marasco 1992, 35 n. 58.

757

Pritchett 1991, 466-472, considère que la spanositia était un élément courant de la vie des cités, et en particulier d’Athènes, du lait du déficit de la production par rapport au grain consommé dans la ville (“all years were spanositia at Athens”, 471). Cependant, si le déficit et la nécessité d’importer étaient bien des réalités permanentes, il semble qu’il n’y ait eu aucune raison de considérer qu’il y avait spanositia si les importations arrivaient en quantité suffisante. La spanositia sévère (à notre sens, on ne doit pas en douter) du tournant des années 330 pourrait avoir eu pour cause à la fois de mauvaises récoltes et des importations en quantité insuffisante, mais il est vrai que le seul second facteur (dont cette fois du moins le rôle est indubitable) pourrait à lui seul avoir été cause d’une véritable famine vu la dépendance des grandes cités égéennes à l’égard des importations (voir aussi l’intéressante discussion de Stroud 1998, 36, plus proche cependant des thèses de Pritchett sur la spanositia).

758

Garnsey 1988, 161 et Marasco 1992, 32 n. 52.

759

Le Rider 1997, 78.

760

Reger 1993, 312-314.

761

IG, XI.2, 158 1. 37-50, cf. 159, 1. 59-60, cf. Clinton 1971, 110-111 ; Garnsey 1988, 25 ; Reger 1993, 304-310, avec tableau p. 305, et 1994, 116-126.

762

Cadell & Le Rider 1997, 28-58.

763

Veligianni 1983, cf. Gauthier 1987 pour la signification de l'expression ἔως νέων, 1. 4 : le bienfaiteur a promis de vendre du grain au prix favorable indiqué “jusqu’à la nouvelle récolte”, ce qui est renvoie aux fluctuations de prix au cours de la même année, avec naturellement la différence entre les prix avant et après la récolte. Sur ces différences au cours de la même année, et même au jour le jour. cf. Reger 1993, 308 (et pour d'autres mentions de prix du grain à la tin du iiie s. et au iie s., ibid., 314-323).

764

Pour les exportations de grain de Cyrène à cette période, voir la stèle de Cyrène rééditée par A. Laronde (1987, 30-34) avec commentaire et bibliographie supra, chapitre VII, 135-136.

765

IG, II2, 1672, 1. 287 et 297/298 pour le froment ; vente de l'orge à 3 dr. le médimne 1. 283. Sur le rapport entre le prix du froment et de l'orge, qui pouvait être de l'ordre de 2 à 1 mais aussi varier dans des proportions beaucoup plus grandes, cf. Reger 1993, 306-308.

766

Syll. 3, 354 = IK, 15.5-Ephesos, 1455 (cf. supra chapitre IV, 95-99).

767

Cf. Gauthier 1982, 290, pour la reconstitution du processus de vente.

768

Contra Gauthier 1982, 290.

769

Lysias, C. les marchands de blé, 8 et 11. C’était précisément cette accusion de collusion qui faisait le fond de l’accusation portée contre eux (sur cette affaire, voir Figueira 1986).

770

Ps-Arist., Écon., 2.2.8 (cf. Van Groningen 1933, 84-67 et Burstein 1976, 42-45, qui admet une date entre c. 389 et 370).

771

Migeotte 1997, 39.

772

Voir en particulier le § 12, qui signale des hausses d'une drachme en une seule journée.

773

Stroud 1998, 1. 42-44.

774

Sur leurs attributions, cf. 1. 36-55.

775

Migeotte 1991a-b.

776

Stroud 1998, 75 pour le prix selon la loi attique.

777

Migeotte 1997, 39.

778

Migeotte 1989-1990, 1990, 1991, 1998.

779

IG, II2, 400, cf. supra 185, n. 12.

780

Lysias, Fragments 20 CUF (C. Andocide, affaire d'abandon de patron), d'après Pollux 7.14.

781

Migeotte 1997, n. 26, p. 47-48. On relèvera aussi que, dans le contexte de l’empire du ve s. et en tant que puissance maîtresse du jeu égéen, Athènes avait peut-être fixé le prix du grain que les cités de l’empire pouvaient importer, voir le premier décret pour Aphytis IG, I3, 62 (428/427), 1. 4, mais le mot [τιμ]ή est restitué et d’autres solutions vraisemblables, comme [ἐξαγωγ]ή, ont été proposées.

782

En sens inverse mais sur les mêmes bases de raisonnement, les Clazoméniens avaient pu demander aux particuliers possédant de l'huile (leur territoire en produisait en abondance) de la leur prêter à intérêt pour pouvoir affréter des navires et se procurer le grain dont ils manquaient (Ps-Arist., Écon. 2.2.16a, cf. Van Groningen 1933, 111-115, qui situe l'épisode vers 360, et Migeotte 1984, p. 271-272, nº 82).

783

Ps-Arist., Écon., 2.2.17, texte CUF, mais que nous retraduisons (cf. comm. Van Groningen 1933, 118-120, et Descat 1993, 150).

784

A l'époque romaine, vers 9.3 p.C. semble-t-il, un légat de Domitien, L. Antistius Rusticus, gouverneur de la province de Cappadoce-Galatie, édicta une réquisition du grain à Antioche de Pisidie lors d'une disette, avec, jusque dans le détail, des dispositions similaires à celles que la cité de Sélymbria avait prises plus de quatre siècles auparavant, cf. Ramsay 1924, 179-184, nº 6, 1. 11-20 (AE, 1925, nº 126 ; Abbott & Johnson 1926, nº 65A, 1. 10-27 ; cf. brièvement Levick 1967, 84).

785

Ps-Arist., Écon, 2.2.3c (Byzance) et 10 (Chalcédoine), cf. Van Groningen 1933, respectivement 62-66 (où il est souligné que la chronologie de l'épisode est difficile à situer car les Byzantins se livrèrent à plusieurs reprises à des pratiques semblables) et 89-93 (chronologie également difficile à fixer).

786

Ps-Arist., Écon, 2.2.7 (Van Groningen 1933, 82-83, qui. après d’autres, situe l'épisode en 409).

787

Lysias, C. les marchands de blé, 17 et 21.

788

Xén., Poroi, 3.2, avec le commentaire (et aussi, il est vrai, certaines réserves quant à l’intérêt d'emporter du numéraire athénien) de Gauthier 1976, 76-80.

789

Arist., Ath. pol., 51.3.

790

Pour les quantités importées à Athènes, P. Garnsey (1988, 89-106), après une discussion détaillée des sources, admet que d'ordinaire Athènes importait la moitié du grain qui lui était nécessaire. Cependant, dans une curieuse volonté minimaliste, il ajoute qu'Athènes était donc “moins dépendante du grain extérieur, et en particulier des sources d'approvisionnement lointaines, qu'on ne l'a cru généralement” (p. 105) : avec une telle proportion, il aurait mieux valu souligner le caractère vital des importations, puisque, sans elles, la population athénienne était immédiatement réduite à la plus extrême famine. Voir plutôt maintenant Whitby 1998.

791

Voir supra chapitre IX l'étude sur l'inscription agoranomique du Pirée.

792

Jacquet & Nicolas 1991, 72-75.

793

Ayoub 1996, 39.

794

Jacquet & Nicolas 1991, 44-47.

795

Jacquet & Nicolas 1991, 79-84. Cf. aussi Adda 1997, 2, 32-34, sur les tendances à long terme.

796

R. S. Stroud (1998, 26) montre la vanité des théories de ceux qui considéraient que les cités grecques étaient structurellement inaptes à de telles pratiques.

797

Voir le commentaire détaillé de Stroud 1998, 27-39.

798

Harris 1999, 270-271 ; cf., après R. S. Stroud mais avec une interprétation différente, le parallèle de Ps-Dém., C. Neaira, 27 (qui montre le caractère spécifique de la pentèkostè du grain) et le fait que stricto sensu, 1. 6-8, la référence aux îles ne s’applique qu'à la dôdekatè, pas à la pentèkostè (une opposition identique aussi 1. 55-57).

799

Stroud 1998, 32.

800

Philomnestos, Περὶ τῶν ἐν Ῥόδῳ Σμινθείων, ap. Athénée 3 74f-75a = FGrHist 527 F2.

801

Ps-Arist., Écon., 2.2.18. Ἀβυδηνοὶ δέ, διὰ στασιασμὸν τῆς χὡρας ἀργοῦ γενομένης καὶ τῶν μετοίκων οὐ προϊεμένων αὐτοῖς οὐδὲν διὰ τὸ καὶ ἔτι ὀφείλειν, ἐψηφίσαντο τὸν βουλόμενον τoῖς γεωργοῖς δανείζειν ὡς ἐργάσωνται, ὡς πρώτοις αὐτοῖς ἐσομένης τῆς κομιδῆς ἐκ τοῦ καρποῦ, τοῖς δὲ ἄλλοις ἐκ τῶν λειπομένων.

802

Syll. 3, 976, 1. 24-25, allusion à l'εἰκοστὴ ἐξ Ἀναίων, cf. infra 254-257. Même s'il n'a pas établi un parallèle explicite entre les deux textes, R. S. Stroud fait mention de cette loi à plusieurs reprises.

803

Stroud 1998, 73-76.

804

Stroud 1998, 41-42.

805

Cf. supra 196, n. 64.

806

Stroud 1998, 76.

807

Voir Reger 1993, 306-308, sur le rapport du prix du froment et de l’orge, qui n’avait pas toujours un rapport fixe de 1 à 2.

808

Pour cette date, Garnsey 1988, 147.

809

Dém., C. Leptinès, 31-33.

810

Cf. la traduction CUF : “Il vous envoya une quantité de grain suffisante à vos besoins, mais telle qu’il vous resta un bénéfice de quinze talents”. Idem Whitby 1998, 123 (“There is, indeed, limited evidence for re-export : Demosthenes records that one of Leucon's grain gifts in a year of shortage was sufficiently large for the Athenians to make a profit of 15 talents, presumably front resale by Callisthenes, the food controller”).

811

Schol. Aristophane. Guêpes, 718 = FGrHist 328 F119.

812

Plut., Périclès, 37.4. Il n'est guère possible de choisir entre les deux chiffres, cf. F. Jacoby, FGrHist, IIIb I (Text), 463. Sur le don de Psammétique, cf. supra 192 et Garnsey 1988, 125-128.

813

Don de froment de Lysimaque : IG, II2, 657 (Syll. 3, 374), 1. 11-13 ; don d'argent : Ps-Plut., Mor., 851e. Sur les dons de Lysimaque, cf. Franco 1993, 224-225. Sur les dons alimentaires des diadoques en général. Marasco 1984. Don de Ptolémée II : Shear 1978 (= SEG, 28, 1978, nº 60), 1. 53-55, avec comm. Shear, ibid., 30-32 et 41.10

814

Cf. infra 240-241 pour la question de la datation.

815

Selon J. et L. Robert, à l’exception de la sixième dédicace, le poids était de 80 ou 90 drachmes.

816

Sur cette ligne, voir infra § “Retour à Amos”.

817

Vickers 1992 (les phiales d’Amos auraient été en or et le compte devrait être lu d’après la conversion des sommes en dariques). Au demeurant, les chiffres sur lesquels s’appuie M. Vickers sont partiellement inexacts (il n'a pas connu le compte-rendu de Peraea fait par le Bull. ép.).

818

Marcellesi 1998, 46 part.

819

Homolle 1882, 140.

820

Comm. J. Coupry (1972) à ID, 104, p. 41.

821

Grayson 1974.

822

Cf. Vickers 1992, 68, et disc. 71-72.

823

Migeotte 1977, 133-134.

824

Picard 1984, 682 et n. 29.

825

Introduction sur cette question chez Guarducci 1967sq, II, 463-473, avec bibliographie.

826

Sur les métronomes d’Athènes, cf. Arist., Ath. pol., 51.2, et plus généralement Ehrenberg 1932, ainsi que Vanderpool 1968 (inscription de l'agora).

827

Voir par exemple les remarques générales de Vial 1984, 232-233, pour les agoranomes déliens.

828

Sur cette magistrature, dont les attestations sont très fréquentes, voir un nouvel exemple à Bostra au vie s. p.C., AE, 1995, 1594.

829

Introduction sur cette question chez Guarducci 1967sq, II, 473-485. Poids de l'agora d'Athènes : M. Lang in Lang & Crossby, 1964, 38-64 ; du sanctuaire d'Olympie : Hitzl 1996.

830

On songera ici seulement à l’anecdote relative à l’avare de Théophraste (Caractères, 4.13) qui réclame des monnaies à fleur de coin, ce qui constituait un témoignage d’avarice poussée jusqu'au ridicule, mais en même temps prouve que nul n’ignorait que les pièces perdaient progressivement à l'usage une fraction de leur poids initial. Cf. aussi infra 216, n. 34 sur la frappe des monnaies.

831

Cf. Picard 1984.

832

Si, par exemple, on pèse un objet de 98 dr. avec une unité qui représente 0,98 % de la valeur théorique, on obtient artificiellement le chiffre de 100, au lieu des 98 dr. de poids réel.

833

Sur la base d'un rapport théorique or/argent de 10 à 1 pour la haute époque hellénistique, Égypte non comprise (cf. Lewis 1968 et Cadell & Le Rider 1997, 14), on aurait ainsi une erreur de 20 dr. sur un seul objet.

834

C’est le fond de la thèse de Grayson 1974, mentionnée par Lewis 1986, 73 (= 1997, 42-43). Pour ce dernier, les Grecs ne savaient pas véritablement mesurer des poids. Tout au plus se contentaient-ils de comparer des objets deux à deux, sans d’ordinaire faire usage de poids étalonnés. On s'étonnera alors de l’existence des milliers de poids étalonnés qu’ont révélé les fouilles archéologiques. Tout indique au contraire que leur usage était parfaitement courant. Les vraies questions sont d’une part celle du degré de précision auquel on pouvait parvenir avec les balances antiques, d'autre part celle du soin que l'on pouvait mettre pour fabriquer un poids, en fonction de l’usage que l'on pouvait en attendre. A ce sujet, voir Hitzl 1997, 109-1 13, qui publie un poids d’Érétrie (sans doute d’usage privé) de “26 kg" (mais en l’occurrence il faut manifestement tenir compte également des imprécisions de la pesée moderne, qui n’a pas été effectuée avec une balance de précision), quand le talent attico-euboïque avait théoriquement le poids de 26,196 kg, ce qui montrerait une déviation de 0,196 kg. par rapport au poids attendu, soit une erreur relative de moins de 1 % (c. 0,75 %), à supposer que le poids actuel n'ait subi aucune altération depuis l’antiquité (point il est vrai admis par Hitzl 1997, 110-111) – ce que le caractère inhabituel pour un poids de bloc de pierre informe n'aide pas à déterminer.

835

ID, 509 (Syll.3, 975 ; Pleket, Epigraphica, I, 10), 1. 38-40.

836

IG, II2, 1013, 1. 4, 6 et 64 : οἱ ἄρχοντες ; 1. 11 et 66 : αἱ ὰρχαί ; 1. 7 : αἱ δὲ ἀρχαὶ αἶς οἰ νόμοι προστάττουσιν ; 1. 27 : ἡ ἀρχὴ ὑφ’ ἣν ἂν τ[εταγμένος ἦι]. Sur le caractère volontairement très général de ces désignations, cf. Ehrenberg 1932, 1487-1487. Sur ce décret, voir plus généralement infra 216, n. 31 et 225, n. 74.

837

IG, II2, 1013,1.7-11.

838

M.-Chr. Marcellesi ne semble pas avoir pris connaissance de la thèse de Grayson, mais quoique différents, ses arguments vont dans le même sens.

839

Marcellesi 1998, 45 et n. 44. A Olympie, cf. le catalogue de Hitzl 1996. nº 404-445, la série des poids de plus petit module est celui du l/8e de mine, autour de 60 g. Les deux exceptions sont le nº 471, de 12 g, sans doute un didrachme, et le nº 472, un poids en argent légèrement mutilé de 27 g, sans doute originellement de c. 31,5 g (sur ce poids, cf. infra 230-231).

840

Sur l’intérêt inégal des fouilleurs à l’égard des poids, cf. brièvement Weiss 1997, 153-154, à propos de Milet. Sur l’existence de poids de petit module à Milet, voir aussi infra 238, n. 138.

841

Le catalogue de Pernice (p. 83 sq.) en fournit plusieurs dizaines d’exemplaires. On relèvera que le module le plus fréquent était celui du tétradrachme. On devra encore souligner que ces poids sont réglés sur l’étalon de la drachme monétaire et non sur l’étalon pondéral (pour cette distinction à Athènes, entre la mine pondérale et la mine monétaire (et aussi sur les évolutions de la mine), cf. infra 225-226.

842

Provenance d’Athènes certaine pour la plupart des poids mentionnés, probable pour les autres. On ajoutera à ce tableau le nº 563 (0.58 g) du catalogue de Pernice, qui présente d'une part le symbole de l’obole | et d'autre part le symbole ├ pour “1 drachme”, donc ici une drachme légère. Pour la définition du poids de la drachme attique, nous suivons G. Le Rider (1992, 243), qui a calculé que le poids des tétradrachmes d'Alexandre de la première période était de c. 17,35 g (donc avec une drachme à c. 3,337) et en dernier lieu K. Hitz1 (1997, 111 : 4,366 g), dont les chiffres sont tout à fait convergents. On notera au passage que la précision des chiffres au millième de gramme doit être tenue pour purement conventionnelle.

843

Ashton 2000, à paraître.

844

Le décret attique IG, II2, 1013,1. 30, signale au reste que la pesée de référence pour l’établissement de la nouvelle mine commerciale doit se faire πρὸς τὰ στάθμια τὰ ἐν τῷι ἀργυροκοπίωι, ce qui montre que l’atelier monétaire disposait de poids qui pouvaient faire référence (sur ce décret, cf. infra 225-226).

845

Parmi les nombreux exemples possibles, voir le cas de Thèbes de Béotie au Ve s. : SNGCop, III Thessaly to Aegean Islands, hémioboles (c. 0,45-0,50 g) : 246, 255-256, 264, 291-293 ; tetartèmoria (c. 0,20-0,25 g) : 247, 257-259, 265-266, 277, 294-297, 300-301.

846

Sur le θέρμος (2/3 d'obole), le κεράτιον (1/3 d'obole), et le χαλκός (1/8 d'obole), cf. Ps-Galien, Sur les poids et mesures, 60.1-4, et passim.

847

Voir sur ce point Le Rider 1989, 163, qui rappelle les problèmes techniques soulevés par la frappe, évoque des écarts atteignant couramment 2 % et plus par rapport au poids nominal, et souligne que “les anciens Grecs observaient une large tolérance à l'égard du poids de leurs monnaies”.

848

Sur la thèse de Grayson, voir déjà les doutes de Lewis 1986, 73 (= 1997, 42-43).

849

IG, XI.2, 287B (250 a.C.), 1. 142-143 : pesées ἐν τῶι ζυγῶι τῷι ἐλάττονι τῶι ἐν τῶι ἀγορανο|μίωι (cf. infra 229-230 pour l’analyse du passage) ; allusion à des pesées ἐν τῶι μικρῶι ζυγῶι ID, 442Β, 1. 27 (178 a.C.), cf. ID, 455Ba, 1. 27 (173 a.C., restitution).

850

Deonna 1938 (EAD 18), 139-149, ainsi que quelques poids chez Bruneau et al. 1970 (EAD 27), 228-229. Le poids des poids n’est malheureusement pas indiqué dans ces publications.

851

Blinkenherg 1931,1.1, col. 156-157. S'agissait-il de balances destinées à des pesées de précision ?

852

Pour l’Occident romain, voir Feugères et al. 1996 sur les balances à tare fixe servant à peser les monnaies. De la lin de la République à l’époque tardo-impériale, A. Hochuli-Gysel (1997) a publié une balance à tare fixe du Haut-Empire provenant du site d'Aventicum (Avenches, Suisse) qui semble avoir été spécialement destinée à tester les deniers. Ainsi, sinon dans un contexte grec, du moins dans un contexte romain, on avait clairement le sens du caractère approximatif du poids des monnaies : si éventuellement on les pesait pour vérifier leur poids, on ne les aurait pas utilisées comme étalon pondéral.

853

IK, 11. 1a-Ephesos, 27, 1. 200 et 481 (104 p.C.). Cf. Debord 1982. 95 et n. 161 p. 362. Pour un exemple de châtiment d’esclave publie (peine du fouet), cf. la loi de 375/374 sur la monnaie athénienne, Stroud 1974 (SEG, 26, 1976-1977, nº 72), 1. 13-16 et 30-32.

854

Cf. déjà Picard 1984, 679-681.

855

Marcellesi 1998, 45-46.

856

Dioboles d’argent rhodiens : SNGKeckman 430-432 (ive s. a.C.) ; 511-529 (milieu du iiie s. a.C.) ; 617-620 (fin iiie - début iie s.a.C.) ; 693-701 (iie s.a.C.) ; module des bronzes rhodiens du iiie s., Ashton 1986 et 1988.

857

Ashton 1989, 6 (avec quelques exemplaires encore plus loin de la norme).

858

Cf. Lewis 1968 et 1986 (= 1997, 40-50).

859

Lewis 1968, 107.

860

Lewis 1968, ibid.

861

Lewis 1968, 108, et 1986, 79, en se fondant sur IG, II2, 839, 1. 80-88, 221/220 a.C. (salaire de 12 dr. pour une œnochoé d'un poids de 183 dr. et 3 ob., soit 6,5 %). Sans doute une recherche ponctuelle permettrait-elle de tirer davantage de choses de la question du salaire des artisans orfèvres.

862

Vickers 1992, 69.

863

IG, XI.2, 161 A, 102.

864

IG, XI.2, 161 A, 107 : “for making a cup” Vickers. loc. cit., mais avec ποτήρια ἐπισκευάσαντι Ἀριστάρχωι c’est bien de réparation qu’il s'agit.

865

IG, XI.2, 161A, 111 : “repairing the handle of a bronze cothon” Vickers, mais avec πυθμένος ἀπυπέσοντος c'est bien du pied du vase qu'il s'agit.

866

IG, XI.2, 161 A. 107 : 3 ob. de charbon ; 111-112 : I dr. de charbon et 1 de cire.

867

Dunant & Pouilloux 1952, 54-55 (cf. aussi Lewis 1986, 79 = 1997, 49-50), qui se fondaient sur IG, II2, 1495 (ive s.) et sur des parallèles modernes, considéraient que le taux de perte à la fonte et au façonnage (variable selon le type d’objet fabriqué : il était sans aucune doute plus important pour des couronnes que pour des phiales) ne pouvait guère être inférieur à 10 % (mais pour l’explication de la notion d'ὰπουσία, voir Picard 1988).

868

Lewis 1986, 79 (= 1997, 49-50), encore d’après IG, II2, 839, 1. 80-84 (apousia à la fonte de 12 dr., sur des objets fondus pesant 216 dr., soit exactement 5,5 %).

869

Sur cette règle, cf. Ashton 1994a, 160 et 1994b, 60 (ainsi que plus généralement Picard 1988, 99, sur l’écart très fréquent en Grèce ancienne entre poids des pièces frappées et étalon théorique).

870

Voir Delemare 1994, part. 165-185 pour le frai des monnaies hellénistiques (monnaies ptolémaïques et alexandres), même si la réflexion devra sans doute être poursuivie.

871

L'hypothèse peut être testée. Pour obtenir un poids nominal de 100 dr. (obtenu idéalement avec 25 tétradrachmes d'un poids standard de 13,5 g), soit 337,5 g. si à Amos on avait déposé la somme en didrachmes ou en drachmes, on aurait eu les déviations suivantes :

TotalDéviationÉquivalence— 50 diedrachmes d'un poids moyen de 6,55 g :327,5 g10 gc. 3 dr.— 100 drachmes d'un poids moyen de 3,2 g :320 g17,5 g5 dr. et 2 ob.Sur la manière dont était déterminée l' apousia, la différence entre la valeur théorique d’un lot de monnaies et son poids réel, voir l’exposé d’O. Picard (1988) à propos des comptes de Delphes du ive s.

872

Myonte : Herrmann 1965, p. 91, a 1. 4-6 ; Bargylia : AE, 1994, 1706a = SEG, 44, 1994, 867A, 1. 11-12 ; Mylasa : IK, 34-Mylasa, 301, 1. 7-15.

873

On trouvera le tableau des sources rassemblé dans Tréheux 1965, 52.

874

Pour illustrer la notion de poids-objectif, on évoquera aussi par exemple la fondation de C. Vibius Salutaris à Éphèse (104 p.C.), qui ordonne la confection et la dédicace d'une série de statues dont le poids est prévu à l'avance (IK, 11. 1a-Ephesos, 27, passim, en part. 1. 150 sq.).

875

Pour ce sens, cf. par exemple Dém., C. Leptinès, 13, οὐ τὸ λυσιτελέστατον πρὸς ἀργύριον σκοποῦν, lorsqu'il condamne une vision utilitaire et mercantile de la cité (même sens chez Dion Chrysostome 13.110 : ἐάν τις τὸ λυσιτελὲς σκοπῇ πρὸς ἀργύριον ou Aelius Aristide, C. Platon, en défense des quatre, 147 Dindorf, πρὸς ἀργύριον βλέποντα).

876

Isocrate, Panégyrique., 76., trad. CUF.

877

Denys d'Hal., Ant. rom., 4.15.6.

878

Théophraste, HP, 9.6.4 ; cf. dans un sens analogue Dsc. 1.19.1-2 : πωλεῖται ὁ σταθμὸς αὐτοῦ πρὸς δίπλουν ἀργύριον. Voir également Androsthenes apud Ath. 3 93b (FGrHist 711 F1), pour une pierre précieuse qui, chez les Perses et les gens des “hauts pays”, est vendue πρὸς χρυσίον, “pour son poids en or”.

879

Plut., Antoine, 45.8

880

Sur les aspects religieux généraux, cf. Lloyd 1976, 295-297, mais dont le commentaire n'évoque pas la pesée des cheveux. A Athènes, lors des Apatouries, les jeunes gens se coupaient les cheveux au jour dit Koureôtis, mais rien n’indique qu’ils les aient pesés (Hesychius, s.v. Κουρεῶτις, cf. Lambert 1993, 163). La Bible mentionne à deux reprises la pesée des cheveux : II Samuel, 14.26 (chaque année, Absalom, l'homme le plus beau d’Israël, se coupait les cheveux, dont le poids était de 200 sicles) ; Ézéchiel, 5.1 (usage de la balance pour diviser les cheveux en trois parts, dont chacune reçoit une fonction magico-religieuse différente) – mais on voit qu’il ne s'agit pas de pesée contre argent, à la différence de ce que l'on trouve en Égypte.

881

La traduction CUF admet implicitement que ce sont “les Égyptiens” (donc les parents) qui se rasent le crâne, ce que le texte n’oblige pas à admettre et que le parallèle d'Hérodote incite à rejeter.

882

Glanville 1935/6 et 1936 (Égypte pharaonique) ; Joannès 1994 (Babylonie jusqu'à l'époque hellénistique incluse).

883

PHib, 51.1.2 : [π]ράττε οὖν τοὺς [.. ] πρὸς πρὸς ἀργύριο[ν] ἠγηρακότας, “Fais payer les acheteurs selon l’étalon d’argent”, en précisant ensuite que le taux exigé sera légèrement supérieur à 10 %, cf. 1. 5-6 καὶ Συρίας λάμβανε ἑξ[αδρ]άχμους καὶ ἐπαλλαγῆς τοῦ ἡμἰσους τῶν δ' (δραχμῶν) (ὀβολὸν) (ἡμιωβέλιον), τυσoῦτο γὰρ ἔκκειται ἐγ βασιλικοῦ “et prends les manteaux syriens a 6 drachmes avec un agio de 1 1/2 oboles pour 4 drachmes, selon le taux indiqué dans l’ordre royal”. On verra l’explication de Grenfell et Hunt, PHib, ad nº 51, n. 3, p. 195-196 et ad nº. 70,1. 9-11, n. 9, p. 220 (cf. aussi Préaux 1939, 276-277). En 258-257, le PCairoZen, 59090, 1.11, donnait lui un agio un peu en dessous de 10 %. Voir aussi maintenant en détail Maresch 1996, 89-95.

884

PHib, 109, I. 1. 6 et II. 1. 6 (247-246 a.C.).

885

Citons encore PGur, 1.7, 1. 5-6 (c. 212 a.C.) ; PKoeln, 5.220, 1. 13 et 15 (191 a.C.) ; PHaun, l. l 1, III, 1. 7 et IV, 1. 1 (158 a.C.) ; BGU, 6.1311, 1. 8 (134 a.C.) ; PAmh, 31, 1. 15, 20, 22 et 24 (112 a.C.), etc. : les exemples sont légion.

886

Giovannini 1978, 38-41, qui oppose ἀργύριον et νόμισμα, ce dernier terme désignant à proprement parler le numéraire (voir cependant aussi infra pour un sens différent de νόμισμα que révèlent entre autres les inventaires de Didymes).

887

IG, II2, 1013, 1. 29-33 (Viedebantt 1916 ; Pleket, Epigraphica, I. 14) ; trad. Austin 1981, nº 11 1 ; cf. Habieht 1995, 291-292 et n. 51, avec biblio.. qui rappelle que le commissaire Diodôros fils de Théophilos, du dème d'Halai, mentionné 1. 39 est connu pour avoir été commissaire du port (ἐπιμελητὴς ἐπὶ τὸν λιμένα) en 112/111 (IG, IL. 1012, 1. 19-29 ; sur le personnage, cf. LGPN, III. s.v. nº 73, et sur lui et sa famille, cf. Geagan 1983, 158-161) et rappelle que l’un des points en discussion pour ce texte est la question de savoir si la nouvelle législation a été ou non prise sous l'influence de Rome (Viedebantt 1916, 137, sur la base 1 dr. mon. = 4.353 g. considérait que la nouvelle mine commerciale devait peser 653 g, i.e. le poids de deux livres romaines à 326-327 g).

888

Cf. Arist., Ath. pol., 10.2. Sur ce passage difficile, cf. le comm. de Rhodes 1981. 164-168

889

Kroll 1971.

890

A la fin du ve s. selon K. Hitzl, ce qui ne correspond pas à ce qu’on vient de voir pour la chronologie des poids commerciaux publiés par J. H. Kroll.

891

Nous synthétisons ici les positions de M. Lang in Lang & Crosby 1964, 3-5 et Hitzl 1997.

892

Kroll 1971, que nous suivons ici en tout point, sauf (p. 89) sur l’idée que l’ajustement des poids se serait fait avec des pièces, ce que le décret de la fin du iie s. permet de démentir formellement, puisque, on l’a vu, ce document précise que l’ajustement de la nouvelle mine se fait πρò[ς] τὰ στάθμια τὰ ἐν τῶι ἀργυροκοπίωι.

893

Woodward 1940. 381 (ταστα ΙG), qui ajoutait à propos de ἀντιστήσαντες : “or perhaps δοκιμάσαντες or ἐξισώσαντες”, en renvoyant à la liste des synonymes liés au processus de pesée par Pollux 4.171-172. L’inscription est fort mutilée et toute restitution doit être avancée avec prudence. On pourrait songer aussi à restituer τὰ στα[θέντα κτλ.. qui conviendrait bien à un contexte d’inventaire (cf. IG, II2. 1534A = Aleshire 1989. inv. nº iv, 1. 119 ; ID, 1432Ab, II 1. 27-28 ; 1441A. II, 1. 72 ; 1442B. 1. 68), même si la construction de la phrase deviendrait peut-être plus problématique.

894

Woodward 1940. ibid. : “weighing them against silver”.

895

Aleshire 1989. Inventory IV, p. 177-248, qui constitue maintenant l'édition de référence.

896

Sur le système des ἐξετασμοί successifs, cf. Aleshire 1989, 221. Sur les pesées de contrôle à Athènes et à Délos, voir aussi Tréheux 1965, 56-57.

897

Aleshire 1989. 242.

898

Onetor semble avoir été prêtre peu d’années avant l'inventaire de 274/273, cf. Aleshire 1989, 212 et 221.

899

Cf. ἀνθίστημι, dictionnaire LSJ, I.1.

900

L'inventaire Aleshire nº V (IG, II2, 1534B+1535), 1. 200 mentionne aussi cette corbeille, qui faisait donc partie de la vaisselle du sanctuaire d'Asclépios. Sur ces corbeilles cultuelles, cf. Schelp 1975 (mais seulement sur les aspects religieux généraux et qui ne traite pas la question de la fabrication des corbeilles en métal précieux).

901

Ct. la fabrication dune corbeille d'argent avec des offrandes d'argent usagées au Thesmophorion de Délos en 146/145 a.C., ID, 1442B, 1. 71-73, avec le commentaire de Linders 1972, 52-53.

902

Pour le sens de ὑπόχαλκος, cf. Aleshire 1989, 156.

903

Nous prendrons un seul exemple, celui de l'inventaire IG, XI.2, 161 B, 1. 34-35, de 278 a.C. : κανοῦν χρυσοῦν λεῖον ὦτα καὶ πυθμένα ἀργυρᾶ ἔχον, ἐπ[ι]|γέγραπται όλκὴ τοῦ χρυσίου δραχμαὶ ΧΗΔΔΔΔ├├├. tοῦ ἀργυρίου όλκὴν ΗΗΗΔΔΔΓ├. Le même inventaire fait apparaître, 1. 37-38, un κανοῦν ὀρθηλòν ἐπίχρυσον dont le poids est indiqué, et 1. 99 un κανοῦμ μέγα χαλκοῦν, sans indication de poids.

904

Pesées πρòς ἀργύριον : Homolle 1882, 140, à propos de ID. 442B. 1. 89-91. Que la formule πρὸς ἀργύριον lasse référence à Délos à une pesée par les monnaies est admis comme allant de soi par Migeotte 1977. 133-134, et Picard 1996, 248-249.

905

ID, 101, 1. 7 (372-367). La liste d’objets qui précède cette mention est déjà de nature composite, or et argent (pour la notion de λευκòν χρυσίον, cf. déjà Homolle 1882, 132), mais il en va de même pour la liste qui suit : ainsi, les statuettes dont il est question 1. 5. 12 et 13 étaient certainement faites à la fois d’or et d’argent, cf. le commentaire de J. Coupry ad ID. 101, p. 31.

906

ID. 104, 1. 20 (364/363), cf. 104.12, 1. 13 (353/352 ou 352/351).

907

Voir auparavant les restitutions dans ID. 427, 1.12 ; 428.1. 4 ; 439a 1. 81 et 82.

908

ID, 313a, 1. 39.

909

Aristophane, Nuées, 1040-1041 et IG, I3, 1453, F 1. 6-9, sur lequel voir en dernier lieu, avec discussion et biblio, détaillée, Figueira 1998, et texte §12. 392-410 et 420-423 et comm. 296-315, qui suggère que le décret n’interdisait pas nécessairement les mesures locales, mais plutôt imposait que les poids et mesures attiques soient officiellement reconnues dans les cités de l’empire, de même que les monnaies attiques devaient recevoir cours légal sans que les monnayages locaux soient à proprement parler interdits.

910

La documentation est considérable, voir IG, XI et ID, passim. Sur le bois de chauffage, voir les tableaux de Reger 1994, 290-294.

911

ID, 509 (Syll.3, 975 ; Pleket. Epigraphica, I, 10). Sur les mesures utilisées, voir le comm. de Meiggs 1982, 450-451.

912

Ref. dans Picard 1996, 248.

913

Picard 1996.

914

Hitzl 1996, nº 472.

915

Hitzl 1996, 92

916

Les poids d'Olympie, entre autres le poids en argent, portent souvent la légende Διός, qui montre que c'est la divinité qui était propriétaire de ces poids. Il va de soi que du même coup aussi la formule convient aussi admirablement à une dédicace. Pour des dédicaces d’objets liés à leur fonction par des magistrats du marché, cf. ici même la dédicace des agoranomes du Pirée, part. p. 163-165.

917

Chrysoi : IG. XI. 287B, 1. 67-68 ; drachmes : ID, 442B, 1. 5-6 ; autres références apud Bruneau 1970, 548, nº VII. Pour la chronologie de la notation utilisant le symbole de la drachme dans les comptes déliens (190 a.C.), cf. comm. F. Durrbach ad ID, 421, p. 102-103 et Chankowski & Feyel 1997, 109.

918

Voir les comm. et mises à jour de FD. III.5, 49, 67 et 68, maintenant rééditées CID. II. 75, 77 et 78 in Dunant & Pouilloux 1952, cf. Picard 1988, 101, et infra, n. 125.

919

Dans le même sens. Picard 1988, 94.

920

Marcellesi 1998, 39 et n. 17.

921

Cf. infra, n. 113.

922

Tréheux 1965, 56.

923

Tréheux 1992.

924

21 ou 23 couronnes, cf. comm. J. Coupry à ID, 104. p. 43, cf. Tréheux 1992, 21 et n. 2.

925

Tréheux 1965, 53.

926

La pesée de contrôle date de 279 ; la première consécration avait eu lieu en 425, la dernière peut-être en 322, cf. J. Coupry, tableau loc. cit.

927

Les couronnes d'or représentent comme on le sait le plus extraordinaire chef d’œuvre de l’orfèvrerie antique. Mais elle étaient aussi très fragiles, un point dont les conséquences ont été bien soulignées par J. Tréheux (1963, 54) : “Les couronnes du temple des Athéniens sont bien, elles, toutes en or. Mais elles sont fragiles. Il faut, pour les peser, les décrocher : l’opération comporte des risques. A partir de l’année 276 a.C., on observe que les poids des couronnes cessent de varier pendant de longues périodes et l’on soupçonne que les hiéropes se sont alors contentés de recopier chaque fois le poids inscrit sur l’offrande ou le catalogue précédent. Un jour même, ils l’avouent en écrivant, dans l’inventaire de 250 : τούτους (i. e. les couronnes qu’ils viennent de dénombrer) παρελάβομεν οὐ σταθμῷι οὐδὲ γὰρ αὐτοὶ (les hiéropes de 231) ἔφασαν σταθμῷι παραλαβεῖν” (avec réf. à IG, XI.2, 164. 1. 82 et 283, 1. 12). On sait que déjà au ive s. on se contentait de recopier le poids de ces couronnes d'un inventaire à l’autre (cf. J. Coupry, comm. ad ID, 103. p. 35 et 104, p. 43). Relevons au passage qu’à Délos par exemple, on précise à propos d'une couronne de lierre en or offerte par un Ptolémée qu’elle est “abîmée” (ID, 442B. 1. 8 : στέφανος χρυσοῦς κισσοῦ, ἀνάθεμα βασιλέως Πτολεμαίου, διαλελυμένος).

928

A la différence de ce qu’il en était pour les phiales et autres objets massifs (sur ce point, cf. infra) et comme l’a montré J. Tréheux (1965. 53 et n. 9), on ne pouvait inscrire le poids d’une couronne sur l’objet lui-même et il fallait donc avoir recours à une tablette de bois, πέτευρον, pour y faire faire figurer l’inscription indiquant le poids, cf. IG, XI.2, 208. 1. 12-13 : [στέφανος χρυσοὺς δαφνῆς, ἐπι]γραφὴν ἔχων ἐπὶ τοῦ πετεύρου· [Κρατ]ερο|ῦ, ὁ|λκὴ σὺν λί[νωι καὶ κηρῶι· x dr].

929

Tréheux 1965, 49, avec les exemples cités.

930

Voir déjà Homolle 1882, 139 (qui pensait à une erreur, et immédiatement après traitait de la “pesée par les monnaies”), Vickers 1992, 67-68, ainsi que Tréheux (n. précédentes).

931

Cf. Vickers 1992, 68. : “... the officials who carried out the process seem to have done so with equipment which was seriously deficient... my guess is that the actual silver coins used in the weighing process were badly but differentially worn”. Qu’utiliser des monnaies comme instrument de pesée eût été recourir à une méthode sans aucune fiabilité est le seul point de cette argumentation avec lequel on puisse tomber d’accord.

932

Vickers 1992 et Tréheux 1992, loc. cit., donnent tous deux le tableau de chiffres que nous reprenons ici. Nous ajoutons la colonne de pourcentage des “poids de l’époque classique” par rapport aux nouveaux “poids de l’indépendance”, et trions les données en ordre croissant en fonction de ce pourcentage.

933

Tréheux 1992, 20.

934

Pour ces deux cas, voir Le Rider 1992, 241-244.

935

Price 1991, 41-44, avec maintenant pour les alexandres de Mesembria c. 275-225 a.C. l’analyse de Karayotov 1994, 60-61 et catal. p. 83-84 et 122.

936

L’affaire des couronnes déliennes paraît bien fournir a contrario la vérification expérimentale de l'hypothèse que nous avions évoquée plus haut à propos des phiales d’Amos : si vraiment on avait effectué la pesée avec des monnaies, par définition plus légères que l’étalon standard, les phiales auraient nécessairement pesé plus de 100 ou 150 dr. ; s’il n’en est rien et si au contraire le poids était inférieur à la norme attendue, c’est bien la preuve que l’hypothèse de la “pesée par les monnaies” est tout à fait ruineuse.

937

M. Vickers (1992, 67. première partie du tableau) en a relevé quelques unes. Cette question mériterait d'être réétudiée en détail.

938

Idée soutenue par Marcellesi 1998, 45.

939

Sur le détail de la procédure. Picard 1988, 97-98, et maintenant CID, II, 75. 77 et 78 pour les inscriptions déliennes mentionnant l’apousia, avec le commentaire synthétique de Bousquet, p. 158-159.

940

C’était déjà l'argument de Migeotte 1977, 133-134.

941

Marcellesi 1998, 45 et n. 43.

942

Haussoullier 1902,235-243.

943

Nous reprenons ici la liste des mentions de ces drachmes sans détailler la forme exacte d'apparition (par exemple Ἀλεξανδρείου ou Ἀλεξάνδρειαι δραχμαί, etc.). Pour les drachmes symmachiques de la lin du ive s., cf. Deppert-Lippitz 1984. 63-64. Toutes ces inscriptions sont du iiie s. ou du iie s. a.C., sauf nº 475 et 477, du ier s. a.C ; chronologie incertaine pour le nº 478 (“späthellenistisch”).

944

Pour la chronologie des monnaies milésiennes des périodes considérées, cf. Deppert-Lippitz 1984, 83-1 17. révisée par Kinns 1986 (période IV dans le courant du iiie s., sans qu'on puisse préciser la chronologie ; période IV autour de 200 a.C., période V autour de 175-160 a.C., une date guère différente devant être retenue pour la période VI). La chronologie des monnaies doit maintenant être révisée à la lumière de la nouvelle datation de la liste des stéphanéphores proposée par Wörrle 1988, 431.

945

Cf. supra 234 et n. 119-120.

946

Cf. Ashton 2000, et aussi, pour les questions de chronologie, Bresson 2000.

947

Dans l'inventaire du sanctuaire milésien d'Artémis Kithônè (semble-t-il) publié par W. Günther (1988. 221. 1. 1. 3, 4-5), on retrouve de même l'indication de l'unité de poids (en l'occurrence la drachme d'Alexandre, d'autant plus nécessaire que l'inventaire utilise cette fois aussi comme unité le τέταρτον d'origine alexandrine (sur cette unité cf. W. Günther, ibid., 222, n. 34).

948

Il arrive fréquemment qu'un même inventaire mentionne plusieurs systèmes de référence : d'une part tous ceux où apparaissent des dr. rhodiennes (avec des dr. d'Alexandre) et pour les dr. milésiennes les nº 441, 444. 446, 457, 463, 471 et 477 (même remarque), mais les autres inventaires mentionnant des dr. milésiennes sont tous très mutilés et on ne peut préjuger de ce qu'on trouvait sur le reste de la pierre. Dans l'inventaire nº 464. 1. 11-13, une phiale des lasiens a son poids indiqué en dr. rhodiennes (sans doute 100, cf. en dernier lieu Bresson 1996, 70), puis en dr. d'Alexandre (62).

949

Cf. brièvement Deppert-Lippitz 1984, 1 10. n. 203 et auparavant Tod 1960. 2-5. A. Rehm (Didyma, II. p. 152b) expose rapidement la question de la diversité des unités de référence de poids à propos des dédicaces milésiennes offertes lors de la fête des βοήγια, dont le montant est exprimé en drachmes milésiennes, donnée qu’il faut suppléer lorsque ce renseignement n’est pas donné pour ce type d’offrande. Dans quelques rares autres cas, l’unité n’est pas indiquée : nº 427, 1. 6-8, phiales de Kios et d’Iasos (276/275), nº 428, I. 5-7, de 275/274, phiale d’Iasos de 100 dr.. il s’agit certainement de drachmes d'Alexandre, mentionnées ainsi dans le même inventaire n 428 pour l'offrande suivante, 1. 8, et surtout explicitement pour d’autres phiales d’Iasos de 100 dr. de la même période, nº 431 (1. 7-9), 432 (1. 9-10) et 433 (1. 8-10 + 10-13), phiale d’un particulier iasien de 140 dr. d’Alexandre (au iie s. deux phiales d’Iasos voient en revanche leur poids exprimé en drachmes rhodiennes, cf. infra). En fait, l’absence de mention complémentaire paraît ici relever d’une simple négligence. En quelques rares occurrences où elle n’était pas mentionnée, le contexte imposait donc le rétablissement de l'unité de référence. D'ordinaire, dans la grande majorité des cas, elle était soigneusement indiquée, sans crainte de répétition, pour toutes les offrandes d’un même inventaire (cf. supra la liste des mentions des divers étalons).

950

Trad. CUF, des v. 347-349.

951

Cf. déjà Haussoullier 1902, 238, “poids” et “unité de poids”, plutôt que, vu le contexte, “Gewicht und Münzart” in : Ameling 1995, 359, même si en fait on ne distinguait certainement pas entre étalon monétaire et étalon de poids, comme le notait déjà Rehm, Didyma, II, p. 152b.

952

Pour des poids de Milet de divers modules, cl. Weiss 1997. 153-156. avec publication des découvertes des poids trouvés dans les fouilles de 1994 (au nombre de 6 : ces poids vont de 7 g à 66,5 g et liste des poids milésiens déjà connus auparavant (6 ex., de 26,7 g à 246 g). P. Weiss souligne aussi que les poids ont été jusqu'ici très négligés dans les fouilles menées en Asie Mineure.

953

Si l'inventaire est fortement mutilé et très incomplet, le numéro est indiqué entre crochets droits ; symbole * pour chiffre différent d’un chiffre rond, = pour chiffre rond : 426 *= ; 427*= ; 428*= ; 431*= ; 432*= ; 432*= ; |434]*= ; [436]* ; [437] * ; [4381= ; [442]* ; [444]= ; [445]= ; 446= ; [447]= ; [449]*= ; [451]= ! 452*= ; [453]= ;457*= ; 463*= ; 464= ; 466= ; 467*= ; 468*= ; 471= ; 475*= ; [477]=.

954

Didyma, 424 = Welles, RC, 5, texte et comm. Günther 1971, 43-50, et en dernier lieu les textes amendés de Günther 1977/78 et Petzl 1991.

955

Pour la syntaxe de cette phrase, voir le commentaire de Rehm, Didyma, II, p. 256. Sur l'envoyé royal Polianthès, peut-être philos du roi, cf. Savalli-Lestrade 1998, nº 7bis, p. 10.

956

Cf. d’après index Rehm : ἐφ’ ἧς ὲπιγραφή (463, 1. 10 ; 471,6 et 8) ; ἐπιγραφὴν ἔχου[---] (457, 1. 12) ; ἐπιγραφὴν ἔχουσα (442, 1. 6 ; 451, 1. 2 et 7 ; 455, 1. 4 ; 456. 1. 2 ; 464, 1. 12 : ἐπιγραφὴν ἔχουσαι (475. 1. 35) ; ἔχουσα ἐπιγραφήν (448, 1. 9) ; ἐπιγραφὰς ἔχοντα (424, 1. 15).

957

Sur les étroits rapports politiques entre Rhodes et Iasos qui apparaissent dans nos sources particulièrement dans la période 220-214, cf. en dernier lieu Meadows 1996.

958

On trouve ainsi une inscription portant le poids de l'objet sur une phiale de Tarente (Wuilleumier 1939, 339), sur une phiale du trésor de Panagjuriste (Zontschew 1959. 13-14. fig. 54-59, aujourd’hui British Museum 1976. nº 36l) – ces deux cas cités par Tréheux 1965. 53 –, tout comme sur une phiale d'or aujourd'hui au Metropolitan Museum (avec une inscription grecque, le début d’un nom et une inscription phénicienne qui donne le poids de l'objet, cf. von Bothmer 1962/3. 155-157 : le chiffre en lettres phéniciennes serait 180. qui correspondrait à des drachmes uniques à 4,20 g, avec un poids théorique de 756 g, pour une phiale légèrement abîmée pesant aujourd’hui 747 g) ; pour l’interprétation des indications de poids sur ces phiales. cf. aussi Lewis 1986, 76-77 (=1997,46-48).

959

Cf. déjà Tréheux 1965, loc. cit. et supra l’analyse des ἐπιγραφαί des offrandes dans les inventaires de Didymes.

960

Sur la pratique des inventaires de sanctuaires et ses différences, cf. Günther 1988. 215-216, pour Didymes, et Linders 1988 pour Délos.

961

Voir les nombreux exemples rassemblés par O. Picard (1984).

962

A vrai dire, on ne peut guère trouver davantage probant l’argument selon lequel le chiffre de 66 drachmes attiques qui correspond au cas le plus fréquent (4 chiffres sur les 5 qui sont vraiment certains – pour le chiffre de 80 drachmes, voir supra) serait un chiffre commode, parce qu’il représente les 2/3 de 100 drachmes attiques.

963

Pimouguet 1994, 249-251, qui souligne l'importance stratégique du site, et Saner 1994.

964

Maiuri 1921-1922, 415-419.

965

Finley [1975] et 1985. Voir commodément Andreau & Étienne 1984. travaux auxquels on ajoutera Andreau 1995 et Descat 1994 et 1995a, avec bibl. antérieure.

966

Cf. par exemple Apostolou 1995. étude sur laquelle voir Bresson 1996.

967

Cette étude aborde donc directement le thème annoncé dans le cours de la discussion sur la conceptualisation de l'économie antique dans Bresson 1987 [voir réf. supra p. 1 1 et comm. infra 275. n. 50], 257.

968

Finley [1975], 201-235.

969

Voir aussi, dans un perspective différente, von Reden 1995 217-218.

970

Andreau 1994.

971

Hansen [l993a], 90-91.

972

Gauthier 1981b ; Veyne 1982 ; Meier 1984. “L'identité politique des Athéniens”. 7-26.

973

Pour ces définitions. Gauthier 1976, 251-252. Même idée explicitement chez Meier 1984. 23-25.

974

Mossé 1984.

975

Schmitt-Pantel 1990, 209-211.

976

Descat 1993 et 1994.

977

Ps-Arist., Économique, 2.1.1.

978

Ps-Arist., Économique, 2.1.2-6.

979

Van Groningen 1933, 31-34 et comm. éd. CUF p. 53 sur ce passage d'interprétation difficile.

980

Van Groningen 1933, 25.

981

Descat 1995b.

982

Ps-Arist. 1.6.2 et 6.

983

Plut., Périclès, 16.

984

Finley [1975], 18-21.

985

Xén., Écon., 8.19.

986

II.. 1.106-187. etc.

987

II., 11.668-707.

988

Hdt. 5.49-50.

989

Garlan 1989. “Guerre et esclavage”, 74-92.

990

Garlan 1989, “Le partage entre alliés des dépenses et des profits de guerre”, 41-55.

991

Diod. 20.84.6, cf. Bielman 1994,300-301.

992

Ps-Arist.. Économique, 2.2.23c.

993

Garlan 1989. “Guerre et économie monétaire”, 56-73.

994

Xén„ Poroi, 3.8.

995

Gauthier 1976. 91 et 92.

996

Pol. 30.31.4.

997

Pol. 30.31.6-8.

998

Voir Bresson 1993, pour les revenus tirés des emporia par les cités (en un étrange quiproquo, le regretté Éd. Will (1993) nous prête sur ce point des conceptions exactement inverses de celles que nous défendons tout au long de cette étude depuis l'introduction, p. 165, jusqu’à la conclusion, p. 226 : ce sont bien effectivement les prosodoi qui intéressent au premier chef les états).

999

Xén., Poroi,, 5.1-13. Cf. Gauthier 1976. 196-215 et Dillery 1993.

1000

Pol. 11.4.5-7.

1001

Hdt. 3.57.

1002

Hdt. 6.46. Suggestion de How & Wells 1912, II. 186.

1003

Plut., Thémistocle, 4.1. Cornélius Nepos, Thémistocle, 2.2.

1004

Hdt. 7.144. Cf. également Aristote, Ath. pol, 22.7 : c'est le produit du nouveau filon de Maronée que les Athéniens se proposaient de se distribuer (et aussi Polyen 1.30).

1005

Ps-Plut., Vie des dix orateurs, Lycurgue 843de.

1006

Dürrbach 1890,45.

1007

Mossé 1989. 28-32. Cf. aussi Burke 1985.

1008

Isocrate, Aréopagitique, 24-25. Bien entendu un tel Age d’Or est imaginaire. Plutarque (Cimon, 10.8), tout en soulignant que l'attitude de son héros était exceptionnelle, veut voir dans Cimon un modèle d’incorruptibilité. Cependant, si tant est que l’affirmation soit exacte, ce tableau de l’Athènes du ve s. montre aussi implicitement qu’une telle attitude était rarissime.

1009

Cf. Vannier 1988, 197-207.

1010

Hansen 1979 et [1993a], 280-282, et Gabrielsen 1981,57-87 et 97-99, d’un point de vue opposé pour la situation du ive s. : pour Μ. H. Hansen, les misthoi sont supprimés définitivement en 411. rétablis en 403 selon V. Gabrielsen.

1011

Hansen [1993a], 128 et 181-182. En dehors d'Athènes : Gauthier 1990.

1012

Hansen, [1993a], 128.

1013

Plut., Périclès, 12.5-6. Théorie de l’anachronisme, Will 1980, 269. Remarques rapides mais pleinement justifiées de Brûlé 1994, 98-99.

1014

Hansen [1993a], 128.

1015

Xén., Mémorables, 3.6.3-12. Sur ce passage, Gauthier 1976, 3-4.

1016

A cet égard voir l'étude fondamentale d'Osborne 1988, part. 281-292.

1017

Cf. les conclusions nuancées d’Osborne 1988, 322-323 sur les formes différentes des prêts dans diverses cités (Athènes, Thespies, Délos et Karthaia de Kéos).

1018

Si, à Athènes, l’État ne disposait pas de terres (Lewis 1990 = 1997. 60-76) - nous dirions qu'en fait c'étaient les sanctuaires civiques qui les détenaient-, on ne doit pas oublier qu’il disposait des mines et même d'esclaves publics (Lewis 1990, 257 = 1997, 70-71), ce qui au reste est la meilleure confirmation possible de ce que le projet de Xénophon n'était pas purement imaginaire, mais bien informé de ce qu’étaient les réalités athéniennes de son temps.

1019

Arist., Pol., 6.5.8, trad. CUF.

1020

Xén., Paroi, 3.6.

1021

Ps-Arist., Économique. 2.2.18. cf. supra 208..

1022

Memnon d'Héraclée, FGrHist 434 F3.1 (cf. aussi texte et trad. IK, 47-Heraclea Pontica, 67).

1023

Bodei Giglioni 1970 ; contra Gauthier 1976 et Schütrumpf 1982.

1024

Ed. princeps Wiegand & Wilamowitz 1904 (Syll. 3, 976 ; Pouilloux. Choix, 34). Nous renverrons ici seulement aux publications récentes qui donnent une ample bibliographie : Thür & Koch 1981 (texte et trad.) ; Migeotte 1989-1990 (avec photos de la pierre), 1990, 294-295 ; Id., 1991,27 ; Id., 1992, 185-191 (nº 62) ; Gargola 1992, cf. Bull. ép., 1993, 392.

1025

Tracy 1990. Cette chronologie haute n'est pas acceptée par Gargola 1992. C’est là aussi l’une des raisons qui incitaient Ph. Gauthier à opposer le programme de Xénophon et la loi de Samos (Gauthier 1976, 248), quand au contraire tout nous paraît montrer que les deux textes relèvent du même principe.

1026

Fantasia 1986.

1027

Cf. en détail Migeotte 1989-1990, sur le nombre de jours de distributions.

1028

Voir le rappel de Descat 1995a, 980-984.

1029

Pouilloux 1954, 147-150. No 35 = IC. I3, 248. avec en dernier lieu disc, de Miliett 1991, 173-176.

1030

Pol. 33.6.

1031

Isocrate, Aréopagitique, 32-35. De manière caractéristique, l’importance du passage est niée par Millett 1991. 264-265. Qu’il y ait là la manifestation d’un idéologie crypto-oligarchique ne fait pas de doute. Mais la question clé est celle de la confiance, qui permet les échanges et qui, si elle disparaît, aboutit à bloquer l’activité économique et la vie sociale en général. Nous reviendrons ailleurs sur cette question.

1032

Arist., Pol., 6.5.9 ; Xén.. Poroi, 4.30.

1033

Sur la trophè dans les Paroi, voir les références et les analyses de Ph. Gauthier. 1976. 22-24.

1034

Pol. 5.90.3.

1035

Milet. 1.3 (Delphinion). 147 (Migeotte 1984, 304-311. nº 97). 1. 6-7. Pour la chronologie, différente de celle de l'ed. princeps, cf. Migeotte 1992, 229, d'après Wörrle 1988, 428-448. avec révision de la chronologie de la liste Milet. I.3 (Delphinion). 124 (cf. Bull. ép.. 1989, 277).

1036

Cf. J. Robert & L. Robert 198.3. 192, nº 16. 1. 13-14, et 210, nº 25, 1. 18. etc. On n’a pas à distinguer les κοιναὶ et les δημόσιαι πρόσοδοι : c’est une seule et même réalité. Ainsi, un décret d’Apollonia de la Salbakè (L. Robert & J. Robert 1954, 303-312, nº 167, 1. 18-19) évoque les δημόσιαι πρόσοδοι de la cité.

1037

NChoix, 7, II. 1. 5-6, cf. supra chapitre VI. 127-128.

1038

Burke 1992, 208.

1039

Nous laissons à d'autres le soin de savoir dans quelle mesure ce schéma idéal correspond à la réalité.

1040

Finley [1975], 185-186 ; Hansen [1993a], 89-90.

1041

Xén„ Poroi, 3.14 et 4.13-26.

1042

Cf. chapitre VI, part. 128-129.

1043

Naucratis : cf. chapitre I. Emporia de Thrace : voir supra chapitre II, 82 et n. 94.

1044

C’est pourquoi, malgré des différences d’appréciation qui ne peuvent être niées, les travaux de S. von Reden (1995) ne peuvent qu’inspirer la sympathie, car malgré leur point d’arrivée fort différent ils correspondent à la même volonté de dépassement des catégories conceptuelles qui sont celles de la société contemporaine.

1045

Nous résumons ci-après les thèses de Karl Polanyi dans La grande transformation [1983], 71-101. Ces thèses sont reprises par divers auteurs sur divers terrains d’application, dont Polanyi lui-même, dans Polanyi et al. [1975], Pour l’impact chez les économistes actuels, voir Adda 1997, I, 7-12.

1046

Adda 1997, I, 10-1 1, d’après Polanyi [1983], 102-112.

1047

Cf. Chapman [1975] et Arnold [1975ab]. Voir aussi supra chapitre I, et nos remarques 57, n. 170 pour le cas de Naucratis.

1048

Cf. Millett 1990, 169, avec réf. Il est vrai que Polanyi n’était pas spécialiste de l’Antiquité et que ses analyses paraissent souvent trop schématiques ou mal informées. De toute façon, l’idée que le marché serait né soudain au ive s. n’a aucun fondement (cf. les remarques supra chap. XI. 258. à propos d’un supposé “disembedding” de l’économie athénienne au ive s., et déjà la critique de Polanyi par Finley [1984], 277, n. 45).

1049

Hasebroek 1928 ; Finley 1973 (trad. fr. 1975) ; Hopkins 1983, XI, pour la désignation comme “Nouvelle Orthodoxie”, cf. déjà chapitre VI, 109 et n. 4.

1050

Cf. déjà Andreau & Étienne 1984 et Descat 1994, 1995a et 1997.

1051

Bruhns 1996 et 1998, avec une ample bibliographie. Nous avions nous-mêmes fait à tort ce raccourci de Weber à Finley, corrigé ici dans les chapitres VI et XI.

1052

Bruhns 1998, 39-40. La contribution principale de Weber se trouve dans Les causes sociales du déclin de la civilisation antique, de 1896 (Weber [1998], 61-83), et dans Économie et société dans l'Antiquité, de 1909 (Weber [1998], 85-390.

1053

Finley [1975], 27.

1054

Économie et société, in Weber [1998], 328-329.

1055

Weber [1998], 101. Dans la synthèse de ses ultimes travaux (1919-1920), publiés post mortem en 1923 sous le titre Histoire économique. Esquisse d’une histoire universelle de l’économie et de la société, Max Weber pouvait affirmer qu’aucun “capitalisme” ou “aucun capitalisme moderne” (Weber [1981], 371 et 374) n’était apparu dans l’Antiquité, ce qui montre assez qu’il n’assimilait nullement le fonctionnement de l’économie antique à celui du capitalisme contemporain.

1056

Cf. Bruhns 1998,58.

1057

Finley [1975], 36-39 explicitement.

1058

Appréciation positive Finley 11975], principalement 27 - mais où il est prêté à tort une vision négative du marché - et 186-187, sur la ville de consommation (mais voir le comm. de Bruhns 1998, 40).

1059

On a même parfois l'impression d’une polémique inavouée ou involontaire contre Weber lorsque M. Finley ([1975]. 39) soutient par exemple (au demeurant partiellement à juste titre) que “la vague corrélation entre les grandes guerres et le prix des esclaves” ne suffit pas à “étayer le vaste édifice qu’on a bâti” sur la question. Weber n’était pas visé explicitement, mais il avait mis la fin des grandes guerres de conquête, donc de l’approvisionnement en esclaves, au cœur de son explication de la chute de l’empire romain. C'était la thèse principale de l'étude Les causes sociales du déclin de la civilisation antique (Weber [1998], part. 78-79), qui apparaît sous une forme plus nuancée dans Économie et société dans l'Antiquité (Weber [1998], 384-388).

1060

Finley [1975], 15-39, et part. 39.

1061

Weber [1998], 61-83.

1062

Cf. supra Introduction, 9 et n. 2.

1063

Pour les questions débattues dans ce paragraphe, voir chapitre VI.

1064

Finley [1975], 219-220.

1065

Voir aussi chapitre VI, 126-129 sur les interdictions d’importer.

1066

Cf. chapitre IX, 205 et n. 89.

1067

Pour Délos, voir Reger 1994, 49-82.

1068

Efthymiou-Hadzilacou 1988, 261.

1069

Pol. 28.2.1-2. Sur les opérations militaires de la “sixième guerre de Syrie”, qui paraissent n’avoir commencé qu’en 169, cf. Will 1982, II, 316-320.

1070

Telle est aussi la conclusion de P. Garnsey (1988, 148-149) pour Athènes à travers toutes les vicissitudes du ive s., du moins jusqu’aux années 330.

1071

Adda 1997, II, 32-34.

1072

Voir chapitre VI.

1073

Sur ce point. M. Weber ([1998], 65) lui aussi tenait pour une vision purement négative d’une autarcie ramenée à une entière autosuffisance.

1074

Voir Bresson 1993, 201-204 et 217.

1075

Cf. chapitre I.

1076

Hdt. 2.178 et supra chapitre I, 46.

1077

Voir chapitre II. 82.

1078

Voir en détail chapitre XI. On retrouve l’habituel placage “primitiviste” des catégories modernes sur la situation antique dans l'étude de Salmon 1999, même si l’article n'est pas sans intérêt.

1079

Sur le rôle de la guerre comme moyen d’établir une domination, cf. Garlan [1999] et Finley [1999],

1080

Le paradoxe est que c’est au héraut de Sparte, la cité qui a la réputation d’être la moins tournée vers l’échange, que Cyrus est censé avoir adressé ces propos. Sur l’agora de Sparte, cf. aussi Xén., Hell., 3.3.5.

1081

Arist.. Pol., 7.12.3-7, s’appuyant sur l’exemple de la Thessalie.

1082

Sur l’économie tributaire de l’empire perse, voir ainsi Briant 1996, 434-487.

1083

Voir brièvement chapitre VII. part. 138-141. Nous reviendrons ailleurs sur la question des contrats, dans une étude qui n’a pu trouver place dans cet ouvrage.

1084

Sur les dikai emporikai, cf. Gauthier 1972, 198-201 et Velissaropoulos 1980, 235-267.

1085

Sur les colonies marchandes assyriennes du début du iie millénaire a.C. (xxe-xixe siècles), cf. Kuhrt 1995, I. 90-95, et Kuhrt 1998 ; aussi Kuhrt 1995, II, 535-537, sur l'activité marchande au sein du Nouvel Empire assyrien du ier millénaire (jusqu’à 609).

1086

Les travaux de L. Migeotte ont traité de manière approfondie la question des distributions du grain dans les cités. P. Garnsey (1988) a traité de l'approvisionnement d'Athènes (mais cf. aussi Whitby 1998). Pour le ive s., on trouvera une synthèse rapide chez. Austin 1994, 558-564 (“The Corn Supply of Greek States”). Néanmoins, une étude générale sur le commerce des grains en Grèce ancienne fait encore défaut. Le mode de formation des prix en dehors du marché, tel que le conçoit P. Milieu (1990), est notoirement contredit par les faits. Ainsi, pour les grains, son interprétation (ibid, 193) de la kathestèkuia timè comme “prix conventionnel” (donc en dehors des contraintes de l’offre et de la demande) doit maintenant être abandonnée (cf. chapitre IX).

1087

Cf. Garnsey 1988, 56-57, et la liste pourrait être plus longue.

1088

Hés., Trav., 647 et plus généralement 618-694, sur la navigation et le commerce.

1089

Plut., Périclès, 16.4.

1090

Cf. l’ouvrage stimulant de D. W. Tandy (1997), même si nous ne pouvons le suivre dans toutes ses conclusions. Pour ce qui est des aspects institutionnels, l’accent a été mis surtout sur la formation de la notion de bien commun utile à la cité, dont tout le monde peut profiter, cf. Descat 1994, 1995a et 1998.

1091

C’est le point de vue de Garnsey 1988, loc. cit.

1092

Sources in Braudel 1979, I, 102.

1093

Charvet 1990, 61-62.

1094

Sur ces différences de prix entre zones, voir déjà la discussion de notre article REA, 1987 (ici chapitre VI), p. 257 (non reprise dans ce volume), où se trouvent annoncés les thèmes développés ici.

1095

J. K. Davies (1992, 296-297, avec litt.) ne s'engage pas sur un chiffre précis mais admet une forte augmentation depuis le chiffre de 30 000 citoyens de la fin du vie s. P. Brulé (1995, 1 1-16, avec litt.) va jusqu'au chiffre de 50 000 mobilisables, pour une population totale, tous statuts confondus, de 470 000 personnes.

1096

Sur les incertitudes sur l’effectif de la population citoyenne de l’Athènes du ive s., cf. Austin 1994, 534-537 (avec litt.), et en dernier lieu Whitby 1998, 109-114, qui retient le chiffre d’environ 30 000 citoyens pour une population totale de 250 000 à 300 000 personnes.

1097

Dém. C. Leptinès. 31-33. qui indique que les 400 000 médimnes importés du Bosphore représentaient la moitié des importations d’Athènes (sur ce chiffre, cf. infra 278, n. 66). Pour l’estimation selon laquelle le grain importé représentait la moitié de la consommation, cf. Garnsey 1988, 89-106.

1098

Stroud 1998, 1. 10 sq.

1099

Cf. Pébarthe 2000 sur le contrôle exercé sur lu navigation en mer Égée.

1100

Prix élevés du grain à Mégare au début de la guerre du Péloponnèse : Aristophane. Acharniens, 758-759. Famine à Athènes après Aigos Potamoi : Isocrate, C. Callimaque, 59-61.

1101

Didymos, Connu, sur Dém., 11.1, col. 10-1 1 (Théopompe, FGrHist 1 15 F292 et Philochore, FGrHist 328 F162). cf. chapitre VII. 132 et n. 4. Ces navires transportaient donc un total de 690 000 médimnes de grain.

1102

Synèsios, Lettres, 52.1

1103

Finley [1975], 38.

1104

Hdt. 7.147 (cf. 6.5 et 26 pour des allusions aux navires ioniens venant du Pont en 494/493, mais sans précision de chargement). Pour le commerce du grain venant du Nord du Pont-Euxin, Noonan 1973 tend à nier son existence à l’époque archaïque, Bravo 198.3, 19-20, tient au contraire que ce commerce avait commencé à se développer dès le vie s. ; Tsetskhladze 1998, dans une perspective délibérément minimaliste, tend à limiter son importance même à l'époque classique, pour ne retenir des chiffres notables qu’au ive s. (et même alors les importations en provenance du Pont seraient surestimées). En fait, comme on l'a vu avec la discussion sur le nombre de navires saisis venant du Pont Euxin en 340, qui est tout à fait cohérent avec le montant des importations indiqué par Démosthène dans le C. Leptines, on n’a nulle raison de minimiser l’importance des importations en provenance du Pont. Le vrai problème est en fait plutôt de comprendre comment, dès la fin de l’archaïsme, la demande égéenne (pas seulement attique) a stimulé l’exploitation de la chôra des cités du Bosphore et de la mer Noire en général. Ce facteur fut décisif pour la croissance des cités pontiques depuis la fin de la fin de l'archaïsme et surtout au cours des ve et ive s., alors que leur développement resta plus que modeste, pour ne pas dire médiocre, jusqu’à une date avancée du vie s. Cette question devra être traitée en détail ailleurs. A l’inverse, A. Laronde (1996) lie la richesse agricole de la Cyrénaïque à sa capacité à fournir le monde grec en grain parvenu avant celui des autres sources d'approvisionnement.

1105

428 a.C., The. 3.2, approvisionnements en provenance du Pont, mais dans le contexte particulier de la préparation d’une révolte. Au ive s. (Syll. 3, 212 ; Tod2, 163. cf. Velissaropoulos 1980, 212-213). atélie de Leukôn et de ses fils, 1/60 et 1/90 jusqu'à 100 000 médimnes, ce qui montre l’importance des importations de Mytilène.

1106

Méthanè : Meiggs-Lewis, 65 ; IG, I3, 61 ; Aphytis : IG, I3, 62-63. Voir disc, in Garnsey 1988, 121-123 ; Lawall 1995, 143 ; Pébarthe 2000.

1107

Ps-Dém., C. Polyclès, 20-21 (362 a.C.).

1108

Ps-Dém., C. Phormion, 36 (années 320), cf. supra chapitre VII, 139 et 146-147.

1109

Cf. chapitre VI.

1110

Dans le débat sur le nombre de navires qui était nécessaire pour alimenter Athènes au ive s., c. 96-192 selon W. J. Gill (1991, 36), ou c. 600 selon S. Isager et Μ. H. Hansen (1975, 62), la première estimation est notoirement trop basse en fonction de ce que montre le chiffre des seuls navires provenant du Pont, la seconde sans doute trop haute. Une estimation intermédiaire paraît plus vraisemblable. En effet, il est logique de penser que, pour convaincre son auditoire, Démosthène a plutôt surestimé que sous-estimé la proportion de 50 % des importations représentées par les 400 000 médimnes de blé bosporan (Dém., C. Leptines, 31-33). Quoi qu’il en soit, 800 000 médimnes représenteraient 266 navires moyens d’un tonnage de 3 000 médimnes (pour la capacité moyenne des navires marchands, cf. Casson 1971, 183-184 ; Velissaropoulos 1980, 62-63), et si le chiffre réel des importations était plutôt de 1 million de médimnes, on aurait donc 333 navires. Un chiffre de c. 330-340 navires de tonnage moyen arrivant annuellement au Pirée a donc plus de chances de correspondre à la réalité. Si sur les 180 navires saisis en 340 (cf. chapitre VII), la grande majorité d'entre eux, c. 160-170, avaient pour destination Athènes, les autres se dirigeant vers les cités qui lui étaient encore alliées, et si la proportion de 50 % des importations revendiquée par Démosthène représentait non pas le seul blé bosporan mais tout le blé du Pont (sur ce point, cf. déjà Whitby 1998. 123-125), on retrouve le chiffre de c. 330-340 navires évoqué précédemment.

1111

Thc. 3.86.4.

1112

Reger 1994. 49-126. Le livre de G. Reger est fondamental pour l’évolution des prix à Délos.

1113

Reger 1994. 92-93.

1114

Estimation de G. Reger (1994. 95-101).

1115

Reger 1994, 83-109.

1116

Elle était susceptible de trouver leur approvisionnement en grain dans la terre royale de l’arrière-pays – s’il leur était ouvert, ce qui toutefois dépendait manifestement de la bonne volonté des satrapes, cf. Briant 1994.

1117

Gauthier 1979 (cf. aussi Tréheux 1986).

1118

Brun 1996. 183-209 et 74-88 sur l’agriculture, part. 74-79 sur la production céréalière.

1119

Pour les Cyclades, en se fondant sur des parallèles modernes, G. Reger estime que, par suite de sécheresse, les récolte d'orge dans les Cyclades devaient être insuffisantes 3 années sur 10 (Reger 1994, 93, cf. aussi 102-103 pour les précipitations à Naxos ou à Théra).

1120

Reger 1994, 102-103, à propos de divers villages de la même île de Théra.

1121

Hdt. 4.131 : ce sont sept années de sécheresse consécutive qui poussent les Thércens à aller fonder une colonie en Libye ; voir aussi le serment des fondateurs Meiggs-Lewis, 5. avec sur ce point le comm. de Graham 1983,41.

1122

SEG, 9. 1938. 2 ; Tod2. 196 : Laronde 1987, 30-36 ; cf. Kingsley 1986 et Brun 1993.

1123

Pour l’agriculture cycladique, on se reportera au bilan proposé par G. Reger (1994. 83-109), avec cependant, en contrepoint, le scepticisme de M. Brunet (1999, 50. n. 109).

1124

Efthymiou-Hadzilacou 1988.261-268.

1125

Efthymiou-Hadzilacou 1988.268.

1126

Vallindas 1882, 21-22. cf. aussi infra 295-296.

1127

Efthymiou-Hadzilacou 1988, 252-253 et 261-268 (mais qui p. 267-268 paraît avoir tort de ne pas admettre que le grain exporté d’Astypalée et de Carpathos venait effectivement de ces îles).

1128

Cf. chapitre IV, 95-99, avec le détail de l’argumentation proposée.

1129

IG, XII.7. 11.

1130

Reger 1994, 102-103 sur la précarité des conditions prévalant à Théra.

1131

Théra importe 15 000 médimnes, représentant le tiers du grain reçu par les Cyclades (avec Astypalée), soit 15 000 au total pour Kéos, 10 000 pour Kythnos, et 5 000 pour Astypalée.

1132

IG. XII.7, 8. Sur ce lot d’inscriptions, voir chapitre IV. 95-99.

1133

Les mêmes remarques vaudraient pour Dionysios de Byzance, honoré à Délos pour la vente de 500 médimnes de froment (IG, XI.4, 627 = Choix Délos, 46) : a priori, son grain peut avoir n’importe quelle provenance, mais la vraisemblance est plutôt du côté du grain importé du Pont.

1134

Reger 1994, 109-123. 1) Allusion à un don de 20 000 médimnes de froment lagide à Athènes mesurés à Délos (Shear 1978, 1. 50-55. peu après la libération de 287 ; cf. litt. citée par G. Reger, 116 et n. 94 et Habicht 1995, 132-133 et n. 17). 2) Sitônia d'un envoyé du roi de Macédoine Démétrios II, donc entre 239 et 229 a.C. (IG, XI.4, 666 ; Choix Délos, 48), dans un contexte de guerre selon G. Reger (1994, 119-121). 3) Sitônia de gens d’Histiée en Eubée. dans les annnées 230 ou 220 (IG. XI.4. 1055 ; Choix Délos, 50). 4) Achat de blé par le koinon des Insulaires au début du iie s. (IG, XII.5, 817 ; cf. Bogaert 1966, 176-178).

1135

Sitônia des Histiéens : intervention du Rhodien Athènodôros, qui fait une avance de fonds sans intérêt.

1136

Achat de blé des Insulaires : le banquier Timôn de Syracuse ne prend pas un agio de 5 % sur une opération mettant en jeu des “drachmes d’argent rhodien” (nous revenons ailleurs sur ce document).

1137

Voir Reger 1993, 304-310, avec tableau p. 305, et les autres réf. citées chapitre IX, 196, n. 60.

1138

Osborne & Byrne 1996, 121-122. Les raisons qui motivaient la présence à Athènes de ces Kéiens étaient certes variées. Ainsi. 11 de ces personnages proviennent du catalogue naval attique de 405 a.C. IG, P, 1032. Ces Kéiens s’étaient donc mis au service d’Athènes parce qu’ils en attendaient un misthos. L’attrait pour les revenus que l’on pouvait d’une manière ou d’une autre espérer tirer d’Athènes était donc multiforme. Après le iiie s., on perd la trace des Kéiens en Attique.

1139

Papageorgiadou-Banis 1997,67-68.

1140

Papageorgiadou-Banis 1997, 19-52.

1141

Cherry et al. 1991,327-332 ; Mendoni 1994, avec diagrammes p. 159-161 ; Doukellis 1998,317-318.

1142

Cherry et al. 1991,462-471. Cf. Brun 1996, 156 pour les nuances à apporter à des modèles trop rigides.

1143

Voir chapitre V, 101-108.

1144

Efthymiou-Hadzilacou 1988, 262-263.

1145

Gauthier 1979, 85-86 ; Garnsey 1988, 74-79, qui insiste aussi sur les pratiques spéculatives des détenteurs de surplus. Il se peut aussi que l’exportation en période de disette, si elle demeurait clandestine, ait correspondu à la volonté d'échapper à la pression morale de l’univers civique : il était plus facile de vendre à un prix éhonté à des étrangers – on passait même pour un sauveur – qu'à ses propres concitoyens, qui vous traitaient d’affameur. Mais cette analyse n’est pas exclusive de l'explication par les prix.

1146

Meiggs-Lewis, 30, A 1. 6-11.

1147

Sur les monnaies des Cyclades, cf. Reger 1994, 42. Sur les problèmes de monnaies de poids réduit, cf. Migeotte 1977 et Picard 1996. Une étude récente sur le monnayage de Kéos a montré la modestie du monnayage des cités de Kéos ou de l’Etat fédéral kéien, composé pour l’essentiel de monnaies de bronze à l'époque hellénistique, même si semble-t-il on a encore des émissions d'argent au iiie s. (Papageorgiadou-Banis 1997, 19-52, qui souligne les difficultés de la chronologie). En tout état de cause, comme le montre la circulation limitée des monnaies de Kéos et la prédominance du bronze, ces monnaies étaient essentiellement destinées à une circulation interne à l’île (Papageorgiadou-Banis 1997, 67-69).

1148

Tel est le sens de l’argumentation de G. Reger (1994. 124-125) à propos des difficultés d’approvisionnement en Eubée et en Grèce continentale vers 174-172, qui, semble-t-il, ne se traduisent pas par des hausses de prix à Délos (à vrai dire, il faudrait tout de même en savoir plus sur les prix déliens dans cette période et leurs variations éventuelles pour valider totalement cette analyse, qui reste néanmoins séduisante).

1149

Cf. supra avec l’exemple de Kéos.

1150

Reger 1994, 79. reconnaît “l'indépendance ou la semi-indépendance des marchés locaux” dans le monde cycladique, mais insiste plutôt sur le premier terme.

1151

Pace Finley [1975], 38-39.

1152

Charvet 1996. 79-91. insiste sur le rôle des états dans le commerce du blé et, cf. p. 88, montre que, par périodes, le prix unique du blé peut devenir purement théorique, la réalité étant beaucoup plus diversifiée.

1153

Charvet 1985, 63-65. Sur le commerce des céréales de nos jours, cf. aussi Charvet 1988, 1990, 1996.

1154

Voir chapitre IX. 196, avec n. 62-66.

1155

Supra 264. Voir aussi la définition un peu plus limitative de D. Schaps (1997. 92) : (market is) “an interconnected System of supply and demand that determines prices over large areas”.

1156

Cicéron, Des Devoirs, 3.12 50, sans doute d'après Panaitios.

1157

Cf. supra chapitre IX, part. 187-188. Selon Finley [1975], 49, l’usage d’agents par Cléomène de Naucratis pour organiser une telle spéculation serait un fait nouveau de la fin du ive s. En tout cas, il ne pouvait naturellement en être de même pour la circulation ordinaire de l'information sur les prix entre les différentes places de commerce. Pour la circulation de l’information sur les prix entre les différents marchés dans la France moderne et l’influence qu’elle avait pour une homogénéisation des prix, à la hausse ou à la baisse, cf. Grenier 1996, 305.

1158

Pace Reger 1994, 75-82, spécifiquement 79.

1159

Cf. brièvement chapitre VI, 126-127, sur le problème des origines de la Guerre du Péloponnèse et aussi Pébarthe 2000.

1160

Cf. supra chapitre VI, 121-122.

1161

Voir déjà chap. VI, 121 et n. 51.

1162

Pot. 6.43.1, cf. 6.51.1 où cette fois Polybe lui-même fait le parallèle entre Carthage, Rome et Sparte.

1163

Crawford 1985, 1-3 et app. 1-2, 281-282 et Tripp 1986, avec biblio.

1164

Crawford 1985, 17-24.

1165

Crawford 1985, 28-29 et 30 sq.

1166

Huss 1985, 489-495, cf. Garlan 1988, xiii-xiv, et la mise au point de Visonà 1998, 4-9.

1167

Ps-Platon, Eryxias, 399e-400a : αὐτίκα γὰρ οὗτοι Καρχηδόνιοι νομίσματι χρῶνται τοιῷδε · ἐν δερματίῳ σμικρῷ ἀποδέδεται ὅσον γε στατῆρος τὸ μέγεθος μάλιστα, ὅτι δέ ἐστιν τὸ ἐναποδεδεμένον, οὐδεὶς γιγνώσκει, εἰ μὴ οἰ ποιοῦντες · εἶτα κατεσφραγισμένῳ τούτῳ νομίζουσιν, καὶ ὁ πλεῖστa τοιαῦτα κεκτημένος, oὗτος πλεῖστα δοκεῖ χρήματα κεκτῆσθαι καὶ πλουσιώτατος εἶναι. On retrouve l’écho de cette tradition chez Nicolas de Damas (FGrHist 90 F103z 7-9), selon qui les Lacédémoniens auraient eux aussi utilisé une monnaie de cuir.

1168

Cf. ainsi la présence abondante de bucchero étrusque sur les sites phéniciens au vie s., et d’objets de luxe comme des plaquettes d’ivoire, retrouvées en Sardaigne, mais aussi à Carthage même, cette dernière portant une inscription étrusque. Le pendant, en quelque sorte, est constitué par les fameuses lamelles d’or inscrites en caractères étrusques mais aussi phéniciens, dédicace de fondation du roi de Caeré Thefarie Velianas du sanctuaire d’Uni-Astarté à Pyrgi (cf. Acquaro 1988b, part. 533-534 et Moscati 1988b, 55-57).

1169

Sur le premier traité, cf. en détail Huss 1985, 86-92 (qui considère que le traité date de la première moitié du ve s.) ; Scardigli 1991,47-87, avec présentation et bibliographie claires et exhaustives, part. 74 ; Ameling 1993, 147-151, et plus généralement sur les relations commerciales entre Rome et Carthage, Palmer 1997, 21-24.

1170

Pol. 3.22.8-9 : τοῖς δὲ κατ’ἐμπορίαν παραγινομένοις μηδὲν ἔστω τέλος πλὴν ἐπὶ κήρυκι ἢ γραμματεῖ. ὅσα δ’ἂν τούτων παρόντων πραθῇ, δημοσίᾳ πίστει ὀφειλέσθω τῷ ἀποδομένῳ), ὅσα ἂν ἢ ἐν Λιβύῃ ἢ ἐν Σαρδόνι πραθῇ.

1171

Sur ce point, cf. Walbank 1957, I, 343.

1172

Pour l’utilisation de l’écrit, on songera aux reconnaissances de dette sur lamelle de plomb de Corcyre, c. 500 (Calligas 1971). Le parallèle qu’on établit ordinairement (cf. entre autres Walbank 1957, I, 343 ; Scardigli 1991, n. 299 ; Ameling 1993, 149, n. 58) avec le Περὶ συμβολαίων de Théophraste (fr. 650 Fortenbaugh [1992, II, p. 493], d’après Stobée 4.2.20) n’est pas vraiment convaincant car. dans ce cas, le héraut intervient manifestement pour la vente d’un bien immeuble, terrain ou maison. Il se peut que Théophraste ait évoqué ailleurs, dans une partie perdue de ce traité, la question du rôle du héraut dans un contexte analogue à celui de Carthage, mais nous n'en n'avons pas connaissance. L’autre parallèle effectué avec Plutarque, Mor., Aetia Graeca, 297f, qui signale que les Épidamniens avaient désigné un de leurs concitoyens pour être l'unique “acheteur” (πωλήτης), c'est-à-dire le seul représentant commercial de ses concitoyens auprès des populations barbares voisines, ne constitue pas davantage un parallèle véritable avec la situation des Romains en territoire carthaginois, même si sous-jacent se trouve toutefois le problème de l’échange non-monétaire.

1173

Ps-Platon, Eryxias, 400a.

1174

Pol. 6.56.2.

1175

Pline, HN, 7.56 199.

1176

Cf. Palmer 1997, 23.

1177

Diod. 13.81.4-5 (analysé chap. VI, 122) souligne les profits des Agrigentins, mais ceux des Carthaginois ne devaient pas être moindres.

1178

Arist., Pol., 1.9.1-13, part. 1.9.7-10.

1179

Voir à ce sujet le bilan lucide et nuancé d’Osborne (1996, 250-259, avec carte p. 253).

1180

Voir chapitre XI.

1181

Voir chapitre VI.

1182

Arist., Pol., 1.4.3.

1183

Ps-Dém., Sur l’Halonèsos, 11-13 : οὔτε γὰρ Ἀμύντας ὁ πατὴρ ὁ Φιλίππου oὔθ’oί ἄλλοι βασιλεῖς οὐδεπώποτε σύμβολα ἐποιήσαντο πρὸς τὴν πόλιν τὴν ἡμετέραν. καίτoι πλείους γε ἦσαν αἱ ἐπιμειξίαι τότε πρὸς ἀλλήλους ἢ νῦν εἱσίν · ὑφ'ἡμῖν γὰρ ἦν ἡ Μακεδονία καὶ φόρους ἡμῖν ἔφερον, καὶ τοῖς ἐμπορίοις τότε μᾶλλον ἢ νῦν ἡμεῖς τε τοῖς ἐκεῖ κἀκεῖνοι τοῖς παρ’ἡμῖν ἐχρῶντο, καὶ ἐμπυρικαὶ δίκαι οὐκ ἦσαν, ὥσπερ νῦν, ἀκριβείς, αἱ κατὰ μῆνα, ποιοῦσαι μηδὲν δεῖσθαι συμβόλων τοὺς τοσοῦτον ἀλλήλων ἀπέχοντας. Sur ce passage, voir le point de vue de Gauthier 1972, 176 et 204-205.

1184

Voir les excellentes remarques de Ampolo 1994, 33-34.

1185

Voir supra chapitre VII, 147.

1186

La littérature relative au vin et à la production viticole de ces régions est considérable. Pour Thasos, voir ainsi la synthèse de Salviat 1986 (Thasos) et, pour Rhodes, Salviat 1993.

1187

La spécialisation mégarienne dans le domaine textile (cf. Legon 1981, 231-232 et 279-281 sur l’agriculture vivrière et l'artisanat à Mégare) peut maintenant être mise en relation avec ce que l'on aperçoit de production textile en quantités très importantes dans l’Égypte romaine (Bagnall 1995, 80-81). Comme l’a montré J. Goody ([1999], 145-161) pour l'industrie textile indienne, l’existence d’une production massive pour le marché est parfaitement attestée dans le cadre de sociétés non-capitalistes ne connaissant pas le machinisme.

1188

Prix des céramiques, et. Vickers 1990 ; Gill 1991 ; Gill & Vickers 1995 et litt. compl. citée par Tsetskhladze 1998, 61-62. Quelques caisses de céramiques représentant quelques dizaines ou centaines de drachmes devaient néanmoins constituer pour le commerçant des revenus d’appoint appréciés, parmi les postes mineurs des denrées que l’on pouvait charger à bord. Sur artisanat et marché au ve s., cf. aussi Descat 1995b, 328-330.

1189

Les baux de terres sont à cet égard une source précieuse : cf. Osborne 1987, 40-44.

1190

Cf. Salviat 1993 et l’analyse des baux d’Amos (réédités maintenant Pérée, 49-51, avec trad., et IK, 38-Rhodische Peraia, 352-354). Les baux prévoyaient une coltura promiscua, associant le grain, pour la consommation locale, à la vigne et aux cultures arbustives, dont les produits étaient destinés à la vente.

1191

Xén., Écon., 20.22 et 29.

1192

Xén., Paroi, 4.6 : καὶ γὰρ οὐδ’ὥσπερ ὅταν πολλοὶ χαλκοτύποι γένωνται, ἀξίων γενομένων τῶν χαλκευτικῶν ἔργων, καταλύονται οἱ χαλκοτύποι, καὶ οἱ σιδηρεῖς γε ὡσαύτως· καὶ ὅταν γε πολὺς σῖτος καὶ οἶνος γένηται, ἀξίων ὄντων τῶν καρπῶν, ἀλυσιτελεῖς αἱ γεωργίαι γίγνονται, ὥστε πολλοὶ ἀφέμενοι τοῦ τὴν γην ἐργάζεσθαι ἐπ’ἐμπορίας καὶ καπηλείας καὶ τοκισμοὺς τρέπονται.

1193

Ph. Gauthier (1976, 123-125 et 129-131) expose son point de vue de manière nuancée. Il souligne à juste titre que naturellement il ne pouvait être question de trouver ou d’appliquer de nouvelles techniques pour gagner en productivité. Il est aussi amené à donner un contrepoint à l’attitude extrême de Μ. I. Finley (1984, 255 = “Technical Innovation and Economic Progress in the Ancient World”, Economic History Review, 2e sér., 18 ; 1965, 29-45, part. p. 41) selon lequel le témoignage de Xénophon serait seulement la preuve de ce que les exportations n’avaient qu'un rôle très limité puisque ce dernier n’y songe pas comme recours à une situation de crise.

1194

Plaute, Mercator, 64-79. Plaute s'est inspiré de l’Emporos de Philémon (361-262/261 a.C.). La pièce est donc de la fin de l'époque classique ou plutôt du début de l’époque hellénistique, du fait du rôle de Rhodes comme place d’échange auquel il est fait allusion au v. 93.

1195

Vallindas 1882, 21-22. P. Brun (1998a) a consacré une étude détaillée à l'économie de Kythnos où l’on trouvera l’ensemble de la documentation antique et moderne.

1196

Vallindas 1882, 22 : ἀλλ’ἡ ἀπό τούτων πρόσοδος δὲν εἶναι τόσῳ ἐνθαρρυντική, ὥστε νὰ προκαλέσῃ ζῆλον μέγαν πρὸς γενικὴν καλλιέργειαν τῆς ἐλαίας, δι’ἧς τὴν ἔλλειψιν οἱ Κύθνιοι ἐξάγονσιν κατ’ἐνιαυτὸν ὑπὲρ τὰς δισμυρίας δραχ. πρὸς τὴν τοῦ ἐλαίου καὶ τῆς ἐλαίας προμήθειαν. Pour la manière dont A. Vallindas s’exprimait, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec Thucydide (6.31.5) évoquant “le si grand nombre de talents exportés de la cité" par les Athéniens lors de l’expédition de 415 (πολλὰ ἂν τάλαντα ηὑρέθη ἐκ τῆς πόλεως τὰ πάντα ἐξαγόμενα).

1197

Brun 1996, 86 ; voir aussi Brun 1998a, 663-664.

1198

Les sources sont rassemblées in Brun 1998a, n. 3, p. 657 et 660 et n. 28.

1199

Platon, Rép., 370d-371 a : Καὶ μὴν κενὸς ἂv ἴῃ ὁ διάκονος, μηδέν άγων ὧν εκείνοι δέονται παρ’ὧν ἂν κομίζωνται ὧν ἂν αὐτoῖς χρεία, κενὸς ἄπεισιν. ἧ γάρ ; — Δοκεῖ μοι. — Δεῖ δὴ τὰ οἴκοι μη μόνον ἐαυτοῖς ποιεῖν ἱκανά, ἀλλὰ καὶ οἷα καὶ ὅσα ἐκείνοις ὧν ἂν δέωνται. — Δεῖ γάρ. Cf. Plut., Salon, 22.1, et déjà chapitre VI, 118. Sur Platon et l'économie, présentation rapide de Schofield 1993, part. 190-191 sur la division du travail.

1200

Cherry et al. 1991,459-460 et 470-471, à propos de la médiocrité de l’agriculteur isolé à Kéos dans l’Antiquité et à l’époque moderne. Descat 1995b, 320-321, insiste sur le lien entre agriculture et marché au ve s.

1201

Grenier 1996.

1202

Grenier 1997, 386.

1203

Voir infra 301.

1204

Pour la notion de circuit, voir en détail Grenier 1996, 304-305.

1205

Grenier 1997, 387-389.

1206

Grenier 1997, 388.

1207

Grenier 1997, 386-387.

1208

Braudel 1979, 101-103 sur le caractère marginal des exportations à longue distance dans l’Europe moderne, cf. déjà supra 275 et n. 48.

1209

Grenier 1996, 373.

1210

Grenier 1997, 387.

1211

Briant 1994.

1212

Ps-Dém., C. Lacritos, 50-51, avec une citation de la loi attique à ce propos. Cf. aussi C. Phormion, 37 ; C. Théocrinès, 8-9 et 12 ; Lyc., C. Léocratès, 27. Voir Velissaropoulos 1980, 198, et Whitby 1998, 121-122.

1213

Grenier 1997, 387.

1214

Cf. chapitre IX, 203.

1215

Bernard & Colli, 1975, 823-824. Cf. aussi Fumey 1997, 197 : “Pour un déficit de production de 10 % par rapport à la normale, le prix unitaire augmente de 15 % ; pour un déficit de production de 20 %, le prix augmente de 80 %. L’effet de King joue aussi lorsqu’il y a surproduction : le prix unitaire diminue 2 fois plus vite que les quantités en excédent par rapport à la situation d'équilibre du marché. Pour qu’une récolte supérieure de 10 % par rapport à la normale soit absorbée par les consommateurs, il faut que les prix baissent de 20 %. La rigidité de l'offre, la dispersion des producteurs, l'inélasticité de la demande expliquent toutes à la fois les très amples fluctuations de prix.” Dans le cadre de l’économie contemporaine, avec les augmentations de productivité, les consommateurs sont tendanciellement avantagés, mais des flambées de prix peuvent frapper durement les pays pauvres (Fumey 1997, ibid.).

1216

Cf. supra chapitre VIII, 174.

1217

C’est le souhait de Platon, Lois, 11 917b ; cf. aussi la loi délienne sur l’importation des bois et charbons, qui enjoint de ne pas vendre plus cher que ce qui a été déclaré aux pentécostologues à l’entrée de la marchandise (ID, 509, 1. 9-11, cf. Stanley 1976, 219-221, et Gauthier 1977). Il est vrai que, en règle générale, les prix sur l’agora n'étaient nullement fixés autoritairement par l'autorité publique, mais l’inscription agoranomique du Pirée est venue contredire l'affirmation selon laquelle la fixation des prix ne pouvait intervenir que de manière exceptionnelle, comme en période de guerre par exemple : en réalité, peut-être en cas d’abus ou autres circonstances qui nous échappent, le nomos agoranomikos d’Athènes réservait certainement la possibilité de fixer les prix, même en période ordinaire (pace P. Millett 1990, 192, n. 53).

1218

Cf. chapitre VIII.

1219

Xén., Écon., 20.27-28, trad. CUF modifiée : καὶ γὰρ oἱ ἔμποροι διὰ τὸ σφόδρα φιλεῖν τὸν σῖτον, ὅπου ἂν ἀκούσωσι πλεῖστον εἶναι, ἐκεῖσε πλέουσιν ἐπ’αὐτὸν καὶ Αἰγαῖον καὶ Εὔξεινον καὶ Σικελικὸν πόντον περῶντες· ἔπειτα δὲ λαβόντες ὁπόσον δύνανται πλεῖστον ἄγουσιν αὐτὸν διὰ τῆς θαλάττης, καὶ ταῦτα εἰς τὸ πλοῖον ἐνθέμενοι ἐν ᾡπερ αὐτοὶ πλέουσι. καὶ ὅταν δεηθῶσιν ἀργυρίου, οὐκ εἰκῇ αὐτὸν ὅπου ἂν τύχωσιν ἀπέβαλον, ἀλλ’ὅπου ἂν ἀκούσωσι τιμᾶσθαί τε μάλιστα τὸν σῖτον καὶ περὶ πλείστου αὐτὸν ποιῶνται οἱ ἄνθρωποι, τούτοις ἄγοντες παραδιδόασι.

1220

Cf. Arnold [1975b],

1221

Stroud 1998, 1. 42-44, avec comm. 72-73 : pas de vente avant le mois d’Anthestèriôn (février-mars), donc à l'époque où la tension sur le prix au marché au grain pouvait commencer à se faire sentir.

1222

Grenier 386 ; cf. plus en détail Grenier 1996, 372-374.

1223

Grenier 1996, 374.

1224

Stroud 1998, 1. 44-46, avec comm. 73-76, R. Stroud soulignant (p. 75) la contradiction dans laquelle se trouvait la cité : privilégier l'intérêt individuel par un prix bas, ou l'intérêt collectif, par un prix élevé.

1225

IG, II2, 1672, cf. chapitre IX, 196, n. 64.

1226

Cf. rapidement Garnsey 1988, 83.

1227

Migeotte 1989/90, 1990, 1991 et 1998.

1228

Voir les prix de l’année 282 à Délos, réf. supra chapitre IX, 196 et n. 60.

1229

Grenier 1996, 10 et 141.

1230

Goody [1999], 107-206, et explicitement 130-131 et 141 pour le rejet des thèses de Polanyi.

1231

Lawall 1996, tentative dont le mérite doit néanmoins être reconnu.

1232

Cf. l'anecdote relative à Andocide, Sur son retour, 11, évoquée supra chapitre IX, 193.

1233

S’agissant de l’économie de l'Égypte romaine, voir les stimulantes remarques de R. S. Bagnall (1995), et plus largement, sur commerce et marché dans le monde romain, de Paterson 1998.

1234

Rathbone 1997.

1235

Pour le monde romain, J. Andreau (1997) conclut négativement et étend sa conclusion au monde grec.

1236

Sur les registres des sitophylaques, voir déjà remarques supra chapitre VII, 133. Pour les comptes des hiéropes déliens, G. Reger (1994, 7-10) souligne que, comme d’ordinaire dans ce type de document, leur publication sur pierre avait pour but d’attester que les responsables de l’administration avaient convenablement rempli leur charge. Cf. dans le même sens Linders 1992.

1237

Cf. chapitre III.

1238

Cf. chapitres II, 81-82, et VII, 141-149, ainsi que Pébarthe 2000 pour le rôle de l’écrit dans l'empire

1239

Quel que soit l'intérêt que conservent pleinement certaines parties de son œuvre (voir supra 265), il est difficile de partager le point de vue de ceux qui défendent de manière globale la “modernité de Karl Polanyi” (voir Servet et al. 1998 : pour s’en tenir à l’économie de l’Antiquité, ce dernier ouvrage montre parfois malheureusement la distance vertigineuse entre les connaissances actuelles et les considérations développées par tel ou tel auteur, cf. par exemple p. 347-349, etc.), mais le dialogue doit néanmoins se poursuivre. Nous n’avons pu consulter le dernier ouvrage sur la pensée économique de Karl Polanyi (Stanfield 1999).

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