— Allez-y, dit le professeur, lancez, lancez des mots !
— Des couteaux ou des baisers ? demande l’élève.
Il y avait les mots-bonbons, les mots-réglisses, les mots-biftecks, les mots-bananes. Des mots d’autant plus goûteux que c’était la guerre.
Le mot cul nous paraissait d’une audace inouïe et la pornographie nous était aussi inconnue que l’épistémologie.
J’ai cru assez longtemps que c’était le même verbe qui permettait d’épeler les mots et les pommes de terre.
— Donnez-moi un mot qui pour vous est un mot savant, demanda le professeur. — Illettrisme, répondit l’élève.
Un conseil : installer un tableau sur lequel parents et enfants écrivent chaque jour les mots qui les ont intéressés, amusés…
Quand vous entendez votre enfant prononcer pour la première fois un mot, félicitez-le. Même si c’est un gros mot.
Rien n’est plus sympathique et joyeux que des mots, dits ou chantés, qui s’échappent d’une fenêtre d’école.
— Je cherche le verbe partir. Vous ne l’auriez pas vu ?
— Si, il est là-bas, dans le 3e groupe…
… — C’est vous le chef du 3e groupe ?
— Oui.
— Je cherche le verbe partir…
… — Vous n’avez pas de chance, il vient juste de partir…
… — Savez-vous où il est allé ?
— Oui, partir a rejoint le 2e groupe, il en avait marre d’être un irrégulier.