La fourchette et le couteau forment un vieux couple à la Simenon, obligés qu’ils sont de manger ensemble. Divorce impossible.
Pour les uns ce couteau est une lame, pour les autres c’est un manche.
Un couteau est plus sensible qu’on ne croit. Ne remuez pas la plaie.
Drame social : une louche à caviar reconvertie dans la soupe.
Snob comme un porte-couteau en argent poinçonné. Ou, plus snob encore, comme un porte-couteau en plastique.
Pour manger avec le diable, la cuillère étire chaque jour un peu plus son manche.
Au fond de la tasse, la petite cuillère tortille de sa fesse rebondie.
— Vous vous souvenez de l’époque, dit le couvert à poisson, où, comme Apostrophes, nous sortions tous les vendredis et seulement le vendredi ?
Saucer son assiette ne se fait pas, même quand c’est très bon. Introduisons cet acte gourmand dans le savoir-vivre.
Le service à l’assiette a, hélas, tué l’arrivée fumante et triomphale à table de la marmite, de la soupière, de la poêle ou de la cocotte.
Au restaurant, nous devrions avoir en permanence deux fourchettes, la seconde pour goûter dans l’assiette des autres.
Dans les restos où on montre aux clients les poissons qu’ils vont manger, le prix est double. Loups et dorades facturent leur tour de piste.
Le meilleur beurre mangé au début du repas est celui du regretté Alain Chapel, à Mionnay. Beurre de baratte avec encore des gouttes d’eau.
Malins maîtres d’hôtel qui nous font presque croire que les plats qui ne sont pas sur la carte ont été ajoutés à notre seule intention.
Dans un café bondé, le garçon débordé, je l’appelle « maître d’hôtel ! » Très souvent, ça marche…
Les bouchons lyonnais doivent leur nom aux anciens relais de poste où l’on bouchonnait les chevaux.