Contrairement au consulat de France qui se trouve dans un immeuble, celui de Pologne occupe une maison particulière dans une partie calme de la ville.
— C’est là, me dit mon compagnon. Vous… Vous n’avez plus besoin de moi, j’espère ?
— De vous non, mais de votre voiture peut-être. Passez-moi la clé et rentrez à pied. Je vous la restituerai demain. Elle sera aux aurores devant l’Hôtel Albert 1er. Si vous ne la voyez pas, déposez une plainte pour vol et laissez uriner le mérinos.
Il ne cherche pas à biaiser et, sans un mot me tend un petit trousseau de clés.
— Quelle aventure ! soupire-t-il.
— À qui la faute, monsieur Van Danléwal ? Si vous étiez un honnête homme, rien de ceci n’aurait eu lieu. Vous seriez sans doute moins riche, mais votre conscience aurait la blancheur Persil.
C’est sur cette déclaration pertinente que je le quitte ou plutôt que je le laisse me quitter. J’attends que sa silhouette massive ait disparu, puis je sors de l’auto et je m’approche de la maison. Il est deux heures du mat et on entendrait voler l’intelligence de mon pauvre Bérurier. Pourtant il y a de la lumière un peu partout dans la propriété. Je me convoque de toute urgence pour une conférence au sommet et je me dis ceci : « San-Antonio tant aimé, si tu pénètres par effraction dans ce logis, réputé terre étrangère, tu risques de te faire dessouder bassement, ce qui n’est rien ; mais ton décès en de telles circonstances flétrirait la valeureuse police françouaise dont la réputation est ce qu’elle est mais en vaut bien une autre.
Et puis, blague dans le coing, comme disait un planteur de cognassiers, je ne suis pas sûr du tout que la Vachanski soit ici. Il s’agit d’une supposition qui n’est peut-être pas absolument gratuite, mais que je suis décidé de payer à tempérament (j’en ai un du tonnerre). Je vais donc agir très normalement, presque protocolairement.
Je grimpe la volée de marches du perron, laquelle vaut mieux qu’une volée de bois vert et je me mets à jouer sur la sonnette « Pologne, ô mon pays bien aimé ». Un type très ému et très rébarbatif, au poitrail consterné de décorations (Béru dixit) délourde.
— Salut, fais-je gentiment en lui refilant la publicité Gibbs de mes trente-deux dents soigneusement répertoriées. Je viens de la part de M. le consul. Je suis le secrétaire particulier du consulat de France où il se trouve actuellement, et il m’a chargé d’un message pour la dame qui vient d’arriver ici.
Culotté, non ? Faut être gonflé au gaz de ville pour oser jouer une saynète pareille. Elle porte ses fruits, comme disait une marchande des quat’ saisons. Le gars hoche la tête.
— La dame est dans sa chambre, dit-il.
— C’est très important, si vous voulez bien me montrer le chemin !
J’ai le cœur qui fait un bruit de casseroles dévalant un escalier. Je joue gros et serré, mes fils. Si jamais y a du pet, le ravissant San-A., l’homme qui n’a peur ni des mouches ni des maris qui manquent leur train, risque de voir sa brillante situation brisée comme les claouis d’un monsieur aux prises avec un démarcheur d’assurances.
Nous escaladons un escalier en faux marbre tout en bois et le domestique me désigne une banquette recouverte de velours cramoisi.
— Si vous voulez attendre.
Il s’approche d’une porte, frappe, et une voix dit quelque chose que je ne comprends pas. Le valet répond sans hésiter :
— Czzzkyc wlopfftz cklapolski niapprzx y lwwklz.
Ceux d’entre vous qui parlent polonais n’auront aucune difficulté à traduire.
La lourde s’entrouvre. Je perçois un chuchotement. Ensuite de quoi, mon amie Maria passe sa tête par l’entrebâillement.
Je me dis que si j’attends trois secondes de plus sans broncher, tout peut être fichu. Je me lève et m’approche en souriant.
— Chère Maria, dis-je, j’avais bien pensé que vous étiez ici. Figurez-vous que je tenais absolument à vous parler…
Maintenant je suis devant la porte. Le valet attend, car la Vachanski vient de lui dire un mot dans sa langue si maternelle. Il faut avant tout s’occuper de ce garçon.
Au moment où il s’y attend le moins je lui place un direct-maison au creux de l’estom’. Le zig a un hoquet et crache séance tenante trois pépins de poires avocates catégorie Floriot. Un crochet au menton le finit. Je le biche par la cravate et je le traîne dans la chambre de Maria.
La femme ne dit rien. Elle me regarde gravement. Elle a vu mon pétard à ma main gauche et la petite friction que je viens d’administrer au lourdier lui explique mieux qu’une lettre recommandée que je suis prêt à tout en commençant par le pire.
— Venez avec moi ! lui dis-je. Et pas un geste ou je vous liquide comme on écrase une punaise.
Ses yeux sont pareils à deux petites banquises et ses mâchoires sautillent sous ses joues fardées.
Je lui chope une aile et la pousse dans l’escadrin.
— Ce que vous faites est très grave, proteste-t-elle.
— Moins grave que ce que vous avez fait, vous ! lui réponds-je.
Nous fonçons jusqu’à ma bagnole.
Ce qui me surprend chez la dame, c’est son profond abattement. On dirait quelqu’un de choqué. Un jour que j’avais emmené un matou recueilli par Félicie chez le vétérinaire pour le faire opérer des castagnettes turques, j’ai vu l’animal prendre le même air désapprobateur et navré.
Je démarre. L’auto de Van Danléwal est une Mercédès puissante. J’appuie sur le décarreur et je m’éloigne rapidos des quartiers peuplés. Ce qu’il me faut, c’est un coinceteau pépère où nous pourrons faire, non plus des galipettes, mais le tour de la situation. Je pilote la brouette vers cette banlieue de Bokono où disparurent corps et biens mes chers copains.
Maria est comme dans un rêve. Je la bigle à la dérobée et je m’aperçois qu’elle a chialé. Alors je me dis, avec ma mignonne cervelle de commissaire San-Antonio, qu’elle est dans cet état parce qu’elle connaît la mort de son Jules. Et toujours au moyen de la même cervelle, je m’ajoute que si elle est au courant-de ce décès, c’est parce qu’elle se trouvait chez Brasseton lorsqu’il a eu lieu.
Et puis, comme je suis nettement en forme, il me vient une pensée superfétatoire qui aurait tendance à annuler les précédentes : comment Maria et James ont-ils pu pénétrer dans la strass avec un guépard qui vadrouillait et qui ne demandait qu’à se cogner un gigot d’homme et des abats de dame à la sauce barbare, hein ?
— Où m’emmenez-vous ? soupire-t-elle néanmoins au bout d’un long moment de silence.
— Tiens, on ne se tutoie plus, réponds-je.
J’ai un petit rire suffisant (suffisant pour mes moyens) et je stoppe l’auto de Danléwal à l’entrée de ce fameux chemin où le chauffeur de taxi vit disparaître les Laurel et Hardy de la Rousse.
— Je pense que nous sommes sur le bon chemin, n’est-ce pas, ma ravissante ?
Elle se contente de hausser imperceptiblement les épaules. Elle a beau être commotionnée, je crois qu’il ne sera pas aisé de lui tirer les vers du pif. En matière de police, il y a deux catégories d’individu qu’on a du mal à faire jacter : les terreux et les gonzesses qui ont décidé de ne pas parler. Vous pouvez leur chanter du Dargeot Moréno, leur braquer une lampe à souder aux noix, voire même les traiter de mots orduriers tels que : salaud, ordure, député ou lyonnais, ces gens-là ne mouftent pas.
— Écoutez, Maria, attaqué-je, plus sérieux de ton et d’expression qu’un lord d’Angleterre expliquant à un chirurgien qu’il a avalé un parapluie, il y a des moments dans la vie où la vérité la plus dégueulasse est préférable au mensonge.
« J’en sais déjà tellement long sur vous que si je l’écrivais, l’œuvre de Balzac à côté, ressemblerait à la notice explicative du jeu de dominos. C’est pourquoi je vais vous demander un complément d’information. Si vous me le donnez, je vous fiche la paix ; si vous ne me le donnez pas, je vous fiche la guerre, vous pigez, mon petit ?
Elle a une moue lamentable.
— Que de blabla !
Ça me pique un peu, naturlich.
— Votre bonhomme est mort, je suppose que la vie ne vous paraît pas très agréable en ce moment ?
Elle tressaille et me regarde, stupéfaite.
— Quand je vous disais que je savais énormément de trucs, ma gosse. L’histoire du diamant fauché à Brasseton ; l’assassinat de James par la vieille folle et tout…
« Ce qu’il me faut, c’est votre version des faits. Je ne sais si vous êtes au courant de mon identité, bien que vous la soupçonniez…
— Commissaire San-Antonio, récite-t-elle, d’une voix vexante, car elle est dénuée de toute admiration.
— Qui vous l’a appris ?
— Les deux bonshommes grotesques qui vous ont accompagné ici.
J’ai une bouffée d’espoir.
— Où sont-ils ?
— Aux mains des Ossoboukos… s’ils y sont encore !
Mon espoir retombe.
— Expliquez.
— Des Noirs avec lesquels je suis en bons termes les ont livrés clandestinement à ces féroces guerriers en leur disant que vos hommes étaient les conseillers de Bavitavokavu, leur plus farouche ennemi.
La garce ! C’en est fini de mes chers amis. Deux existences exemplaires, deux carrières dignes des loges, qui sont venues bêtement s’achever au cœur de la brousse congolaise !
J’en ai la gorge qui se noue, le cœur qui se met en circuit fermé, la pression artérielle qui s’affaisse.
— Nous allons y revenir dans un instant, affirmé-je, auparavant, comme disent les Chinois, je voudrais l’histoire du diam, considérée avec votre optique à vous. À quoi bon vous enfermer dans un mutisme ridicule ? En parlant, vous pouvez me permettre au contraire d’aplanir certaines difficultés. Vous êtes épouse de diplomate, un scandale n’arrangerait personne.
Elle réfléchit. Je crois qu’elle va me donner un ticket d’accès pour les bains turcs, mais vous savez comment sont les bonnes femmes ? Quand elles mettent leur clignotant à gauche, elles tournent à droite.
— Pourquoi pas ? fait-elle. D’accord, commissaire, je vais tout vous dire…
« Vous n’auriez pas une cigarette ?
Je lui file une cousue, la lui allume, et attends. Ça vient vite.
— Voici deux ans, j’ai fait la connaissance d’un fonctionnaire de l’ambassade américaine et je suis devenue sa maîtresse.
— Un attaché d’embrassade, ricané-je. Était-ce James Hadley ?
— Oui.
— Touchant : l’idylle Occident-Orient. Les Capulet et les Montaigu, quoi.
— Nous voulions faire notre vie ensemble en Amérique du Sud. Le rêve de James, c’était de faire de l’élevage au Brésil…
Elle a une sorte de sanglot larvé qu’elle réprime et surmonte.
— Seulement nous étions pauvres et nous voulions de l’argent pour vivre notre amour.
— Alors lorsqu’Estella Van Danléwal vous a raconté comment son bonhomme à elle avait solutionné le même problème, vous avez eu l’idée de voler ce fameux diamant clandestin. L’idéal, c’est que son possesseur ne pouvait pas alerter les autorités, non ?
— Vous savez en effet beaucoup de choses, apprécie Maria en expulsant de ses éponges un goulanche de fumaga.
— Vous êtes venus au Congo, James et vous, riches des explications fournies par Estella, laquelle, soit dit entre nous et l’armoire à glace, m’a l’air d’être une superbe tête de linotte, vous avez fini par mettre la main sur le caillou ?
— Oui, James y est parvenu en faisant pression sur la mère de Brasseton lors d’un voyage que ce dernier fit à Léopoldville.
Bing, tout s’éclaire. Je pige pourquoi la vieille a piqué sa crise de folie homicide ce soir. Elle a reconnu son tourmenteur qui avait fauché le diam et l’a tué.
— Continuez, Maria.
— Une fois en possession de la pierre qui est absolument remarquable, nous nous sommes crus tirés d’affaire. Mais il est malaisé de vendre une pierre pareille. Les joailliers sont gens méfiants qui posent trop de questions indiscrètes.
« Nos démarches furent longues et incertaines. Nous tenions à la discrétion, comprenez-vous ?
Elle tète goulûment sa cigarette comme si elle tenait absolument à enfumer l’intérieur de la Mercédès.
— Allez-y, je vous écoute.
— Je pense qu’elles nous firent repérer, malgré les précautions que nous prîmes. Toujours est-il que la semaine dernière, James Hadley reçut la visite de Brasseton.
— Bigre !
— C’était James qui détenait le diamant. Brasseton paraissait au courant de beaucoup de choses. Il menaça mon amant des pires calamités si celui-ci ne lui restituait pas son bien.
— Alors ?
— Alors James eut peur pour moi et il rendit le diamant.
— Fin du second épisode, fais-je, c’est plus passionnant qu’un film sur le torticolis de la girafe à travers les siècles, continuez…
— Lorsque James m’apprit qu’il avait cédé, j’ai cru devenir folle. Nous avions trouvé un acheteur pour la pierre. Il nous en proposait une somme astronomique et voilà que tout s’écroulait. J’ai décidé que nous repartirions à la conquête de cette gemme qui nous avait déjà coûté tant de tracas et d’argent.
— C’est alors que vous avez tué Brasseton ?
Elle se crispe et ôte lentement sa cigarette de sa bouche. Puis elle me détronche avec une application bizarre.
— Que racontez-vous là ?
— Je raconte que Jean Brasseton est décédé à son domicile parisien d’un coup de hallebarde dans le buffet, ma chérie, c’est même à cause de cela que je suis ici.
Maria secoue la tête.
— Mais, James m’a dit qu’il s’était renseigné et que Brasseton était retourné au Congo. Il prétendait même l’avoir vu à l’aéroport…
— C’est que James vous a berlurée, ma choute. Mais poursuivez, c’est trop captivant.
— Nous sommes revenus ici. Nous nous sommes renseignés pour savoir où était Brasseton, James a appris qu’il était à Stanley-ville.
Vous ne trouvez pas, vous autres, les décoiffés du bulbe, que le Hadley se comportait bizarrement avec sa souris polak ? Moi si. Elle continue pourtant.
— Nous avions décidé d’agir ce soir, mais vous êtes intervenu et j’ai pris peur.
— Au Guest House, vous avez dit à James d’aller fouiller ma chambre ?
— Oui.
— Et il vous a téléphoné pour vous annoncer que je n’étais pas franco.
— Il m’a dit que vous étiez un flic. Il a trouvé dans vos bagages des papiers de police.
— C’est ce qu’il vous a dit ?
— Oui.
— Alors il vous a menti. Les papiers de police je les avais sur moi. Ce qu’il a trouvé dans ma chambre, c’étaient de fausses pièces d’identité que j’avais prélevées sur le cadavre de Brasseton. Avez-vous entendu parler d’un dénommé Hans Sufler, Maria ?
Elle blêmit.
— Je crois que c’était…
— Oui ?
— Les faux papiers que James s’était fait fabriquer pour partir au Brésil. Il voulait faire peau neuve…
— La preuve qu’il vous menait en bateau est donc faite. Il n’a pas rendu le diamant à Brasseton et a tué ce dernier. Pour retarder les recherches, il lui a pris ses papiers et a mis à leur place les faux qu’il se destinait. De cette façon, la police, lorsqu’elle trouverait le cadavre, partirait sur une fausse piste et il faudrait du temps pour découvrir la vérité. Pas mal…
— Mais pourquoi m’a-t-il menti ?
— Je vais vous le dire, ma gosse : il voulait bien refaire sa vie, mais sans vous.
— Alors pourquoi est-il revenu au Congo avec moi ?
— L’Afrique est juste en face de l’Amérique du Sud.
Elle jette sa cigarette à demi consumée.
— Ce n’est pas possible !
— Un combinard, votre Roméo, Juliette. Il avait son plan, croyez-moi. Alors ce soir vous êtes retournés chez Brasseton.
Elle acquiesce et se masque le visage.
— C’a été affreux.
— Comment êtes-vous entrés ? Il y a le guépard.
— Il était enfermé lorsque nous sommes arrivés. Le domestique nous a ouvert. James avait un revolver… Il a…
— Il l’a fait monter dans sa chambre et l’a abattu ?
— Oui. Sans explication. Je criais, je ne voulais pas, mais il paraissait hors de lui. Et cette vieille folle qui jouait du piano pendant ce temps…
— Après ?
— Nous sommes descendus à la cave pour chercher le diamant, car c’était là que Brasseton l’avait caché la première fois…
— Et puis ?
Elle pousse un petit cri et des larmes se mettent à ruisseler sur son visage.
— J’ai compris.
— Il voulait vous y liquider, n’est-ce pas ?
— Il avait des yeux bizarres et m’avait fait passer devant…
— Alors ?
— Oui, maintenant je sais, vous avez raison, il avait son plan, il ne m’aimait plus…
Je la laisse pleurer, sachant combien ça soulage.
— Mais avant qu’il ne vous abatte, la vieille qui l’avait reconnu est arrivée avec une barre de fer et l’a tué ?
— Oui.
Comme c’est étrange, cette justice immanente. Un boomerang est venu frapper celui qui l’avait lancé. Ça me rappelle l’histoire de mon copain François Richard : « En Australie, un monsieur est devenu dingue parce qu’on lui avait offert un boomerang neuf et qu’il essayait de se débarrasser du vieux ! »
— Qu’avez-vous fait alors ?
— J’ai hurlé, j’étais folle de terreur. La vieille m’a poursuivie, puis, comprenant qu’elle ne me rattraperait pas, elle a ouvert la cage du guépard. C’était infernal. Si nous n’avions pas laissé la porte entrouverte en entrant, le fauve m’aurait rattrapée, je suis arrivée de justesse et j’ai juste eu le temps de tirer la porte.
Un long silence. J’allume deux cigarettes comme fait M. Gary Grant à l’écran, et j’en glisse une entre les lèvres décolorées de Maria.
— Merci, balbutie-t-elle.
— Comment se fait-il que James n’ait eu aucune pièce d’identité sur lui ?
— Il les avait laissées à l’hôtel.
Un gars organisé. Il ne voulait pas risquer de laisser traîner des indices.
— Et son revolver ? Il avait disparu lorsque je suis arrivé sur les lieux, quelques heures plus tard.
— La vieille folle a dû le prendre et le cacher.
Ça me paraît vraisemblable en effet. M’est avis qu’elle m’a tout vendu, non ? Il ne reste plus qu’à fermer pour cause d’inventaire.
— Très bien, dis-je. J’écraserai le coup en ce qui vous concerne, Maria. Et je laisserai la police d’ici se dépatouiller avec ces morts, mais à une condition.
— Laquelle ?
— Il faut que je récupère mes amis.
Elle secoue la tête.
— Comment voulez-vous ? C’est impossible.
— Non. Il faut aller vers les Noirs qui vous ont aidée et nous faire conduire jusqu’à la tribu à laquelle mes hommes furent livrés…
— Nous y arriverions trop tard.
— Peu importe. Je le ferai. Je les retrouverai morts ou vivants, mais je les retrouverai.
Ma foi, ma détermination, mon feu la gagnent.
— Vous avez raison, venez !