CHAPITRE VI LES BERURIERS SE SUIVENT…

Ça y est, oui ? Vous êtes bien remis de votre commotion ? Les guignols sont calmés ? Vous avez torché la bave et la morve qui vous dégoulinaient sur la façade (décrépite) ?

Très bien, en ce cas, on va essayer de poursuivre. Le Gros ne se rassasie pas de lire et relire les trois syllabes magiques. Bé-ru-rier. Bé-ru-rier…

Il les chantonne, les psalmodie, s’en pâme.

— Vise, chuchote-t-il, ça s’écrit tout pareil identiquement. Y’a un accent t’es cul sur le « é », une « r » à la fin, un point sur le « i », un « B » majuscule… Et t’as mordu les initiales de ses prénoms ? A-B, exactly comme mégnace. Tu veux parier qu’il s’appelle Alexandre-Benoît, lui aussi ?

— On peut s’attendre à tout, conviens-je. Ne sommes-nous point au pays des mirages !

— C’est sûrement un parent ! décide l’Attendri. On va se faire sauver la mise par lui. Car si y’a une chose qu’on a chez les Bérurier, c’est l’esprit de famille. Une vraie mafia. Mec ! Une franche-maçonnerie, en quelque sorte pour ainsi dire. Pire que chez les Corsicos ou les six ciliens. Un Bérurier se pointe, en danger, tout de suite aussitôt les autres dégrèvent la mobilisation générale ! Une entraide farouche, on pratique. La main à la fouille si besoin hait. On forme tous un médaillon de la chaîne familiale.

— Arrête, tu vas me faire chialer, interromps-je. Vérifions plutôt le bien-fondé de tes affirmations, Grosse Loque.

Et j’appuie sur l’une des trois sonnettes fichées dans le pilastre du portail. Comme au bout d’une petite séance de chatouille-bouton personne n’a réagi, je passe la troisième, me disant que celle du milieu doit correspondre aux bureaux situés à l’étage intermédiaire. En effet, dès le second carillon, une tête surgit dans un encadrement de fenêtre, au second.

— Kiquî m‘feshyié âstheur ? bougonne une voix maussade.

Bien que ne comprenant pas l’irakien moderne je suppose qu’il doit s’agir d’une question à propos de notre identité, aussi, pour couper court à éviter des tergiversations sonores, vue la distance qui nous sépare, je lance un simple, un bref, un guttural :

— Police !

Blaoum ! C’est magique. Sans insister, le réveillé quitte sa croisée (elle fut amenée au Moyen-Orient par Chaud-Froid de Bouillon) et des lumières éclosent un peu partout dans l’immeuble. Après un peu moins de pas longtemps, un vantail de la vaste lourde s’écarte et une bouille inquiète se révèle dans le clair-obscur.

Ça ressemble à Béru, c’est vrai. À un Béru dessiné par un artiste de Bagdad. C’est gros, déplumé, mafflu, bajouteux ! C’est brun de poil, sombre de peau ! Ça a l’œil bouffi ! Ça se gratte le bide en nous considérant. Ça a des relents de tanière. Ça libère de sonores incongruités boréales et australes. Ça porte une espèce de longue chemise de nuit souillée par-dessus un pantalon tire-bouchonné. Ça a les pieds cradingues dans les cothurnes bâillants. Ça manque nettement de chaleur et, à vrai dire, ça n’a pas l’air affable.

— Bérurier ! À moi ! s’écrie le Mastar (le mien, le nôtre) en empoignant son homonyme par les épaules et en plaquant deux baisers goulus sur la tremblotante gelée verdâtre qui lui sert de joues.

L’homme a un mouvement de recul. Il fuit l’étreinte ! Il veut fermer la lourde sur nous. Il a peur.

— J’sus un Béru, moi de même ! le rassure Sa Majesté. Un Béru natif de Saint-Locdu-le-Vieux, donc un vrai ! Tu spiques français, j’espère ? D’accord, je peux te faire la causette en engliche, vu que je parle couramment c’te langue, mais ce serait tellement glandu de ne pas s’exprimer la tendresse dans le parler de nos aïeuls !

— But ! Mais ! Mhêé…, fait l’importateur-exportateur, effaré.

Je crois judicieux d’intervenir. Je le fais en anglais, me doutant que ce Bérurier bagdadien, s’il connaît la langue de Molière, ne doit pas avoir tous les jours l’occasion de l’employer.

— Je vous prie de nous pardonner cette visite aussi nocturne qu’intempestive, cher monsieur, lui dis-je. Mais imaginez-vous que nous sommes français et que mon ami ici présent s’appelle Bérurier. Comme nous avons quelques petits ennuis heu… passagers, nous n’avons pu résister à la tentation de faire votre connaissance.

À peine j’achève ces explications, débitées d’une voix fort urbaine, qu’une patrouille de matuches déboule dans la rue. J’ai que le temps de refouler le bonhomme et de pénétrer dans son fief.

Moi, vous me connaissez ? Je devine les réactions humaines. Ainsi, j’suis certain qu’il va glapir au secours, Ben Bérurier. Mettez-vous à sa place, si vous avez une minute. Ces deux vilains que nous sommes, hâves, sanguinolents, déchirés du cuir et des fringues, n’ont rien pour inspirer confiance. Aussi, après avoir repoussé le portail, lui fermé-je le bec d’une main prompte.

On entend croître, puis décroître le bruit de la patrouille. Le calme revient. Le guignolet de notre hôte fait un raffut de contrebasse.

Faut dire que ma main est large et que je l’étouffe un peu.

— Excusez, fais-je en le relâchant, mais j’ai craint que vos nerfs ne craquent. À présent, si vous le permettez, nous allons monter chez vous pour faire connaissance.

Il est hors d’état de parler. Il tremble. On doit le soutenir pour traverser l’entrepôt. Celui-ci est bourré de tapis empilés jusqu’au plaftard. On porte à demi le Bérurier irakien dans l’escalier menant à ses appartements.

— Faut pas chocotter, mon Gars ! tente de le calmer l’Énorme. On te veut pas de mal ! C’est juste une visite de pays à pays. Un bonjour-bonsoir en passant. Je lis Bérurier sur la lourde, j’allais pas filer sans te faire la bisouille à Béru, quoi, merde ! À quoi que ça servirait qu’on soye synonymes, les deux ? Cousins, même, je me gaffe ! Vise ma frite à la lumière, on se ressemble. Hein, Sana, qu’on a un air de family, moi z’et lui ?

Le cousin a une bouille à cracher son foie, c’t’exaquete, les lampions qui globulent jaune, et il est plus bouffi qu’un cul de caissière, j’sus d’accord, nez en moins on sent le même raisin à la base.

À force qu’on fure et à mesure de monter en bavassant, nous voici dans la private carrée du cher homme. Il semblerait qu’il jetonne un peu moins. On déboule dans une grande pièce blanchie à la chaux (de Pise)[14], meublée de sofas, de tables basses, de poufs et de chauffe-narguilés.

Une ravissante petite fille d’une douzaine damnée, brune, avec un menu tatouage au milieu du front et des voiles arachnéens en guise de robe, est lovée craintivement sur une pile de coussins.

— Qu’elle est mignonne ! s’écrie Béru-France. Et toute farouche, comme une biche qui aboie. C’est ta gamine, cousin ?

Béru-Iraq a récupéré.

— Ma femme ! répond-il en français.

— Y cause françouze ! trépigne le Gros. Ah, je savais qu’un Bérurier, il a beau quitter le sol naval, il emporte toujours sa langue à la semelle de ses souliers.

Puis, sollicité par le gracieux spectacle de la petite dans ses voiles, fasciné par le regard de braise et les longs cils langoureux de l’adolescente, il déclare :

— Ta femme ! Ben, mon pote, t’espédies le bouchon à dache, toi ! Grimper une colombe de c’t’âge-là c’est culotté. T’as pas peur de te faire coffrer par les mœurs pour détournage de mineuse ?

Dépassé par ce verbiage, le suifeux se contente de branler le chef.

— T’es né en France ? demande Béru-Paname.

Béru-Bagdoche secoue négativement la tête.

— Je suis d’ici ! Mais mon père, oui.

Son français est aigu, mal fagoté.

— Il était de Saint-Locdu-le-Vieux ?

— Yes… He was… Je veux dire : oui ! Sîne-Locédou-el-Viot !

— T’as à faire, côté prononciation, pour t’aligner sur le diapason, reproche mon compère. C’t’accent qu’t’as écopé chez les Arbis, mon pote ! Tu parles le français à la manière d’un perroquet qu’aurait l’accent anglais. Et encore : pas çui d’Os Fort. Et y se prénommait how, your pater, mi déhar ?

— Eloi !

— Merde : le cousin germain à mon Vieux ! J’savais qu’on était apparentés ! Eloi ! Il était apprenti orfèvre au chef-lieu, hein ?

— En effet, répond Béru-Moyen-Orient, de plus en plus rasséréné.

— J’ai jamais connu ton dabe, vu que j’étais pas né quand il a canné…

Sa Majesté fronce ses rides frontales. On poserait un petit bateau de papier dessus, vous jureriez la mer par gros temps.

— Mais dis-voir, ton père, il avait disparu pendant la quatorzedixhuit, aux Dardanelles. On l’a porté mortibus. Y’a son blaze sur le monument aux morts de Saint-Locdu. J’en sais quéque chose, aux z’onze novembre c’est moi que je récitais la liste.

— Il n’est pas mort à la guerre, il avait déserté, révèle placidement Bérurier-Bords du Tigre. Son adjudant le faisait chier, c’est le mot que mon père répétait toujours. Je n’ai jamais su quoi cela voulait dire.

Béru-Bords-de-Seine pousse une exclamation agonique.

— Déserté ! Un Bérurier !

— Oui. Il est passé en Turquie. Puis, de là en Irak où il s’est lancé dans le commerce des tapis. Il a marié « des » irakiennes et je suis né.

Le Gravos est tout déconfit.

— Un daron déserteur et une épouse mineuse, y’a du jeu dans la boîte à vitesses de ton pedigree, cousin ! déclare-t-il sombrement. Enfin, les choses étant ce caleçon, j’ai pas à m’mêler de tes bidons. Faut croire qu’il avait gardé la nostalgie de chez nous, ta vieille guenille de père, puisqu’il t’a donné, comme on m’a donné à moi, les prénoms de notre arrière-grand-vioque qu’a été fait caporal à titre postscriptum devant Sedan. Car tu t’appelles bien Alexandre-Benoît, non ?

— Pas du tout !

Mon camarade d’épopée se renferme.

— Alors ça veut dire quoi t’est-ce, A-B ?

Akel-Brâkmâr, répond Bérurier-Asie, mon vénéré père s’était fait naturaliser Irakien.

— Le bouquet ! soupire Béru. Enfin, tu vas tout de même nous arracher à la mélasse. Sana, expliques-y ce dont on espère de lui pendant qu’il va nous faire servir à croquer par sa mutine. Car j’espère que t’as de quoi morfiler, cousin ?

— Jé pas comprendre, murmura Béru-Salamalecs.

— On veut manger ! Miam-miam ! Et puis boire ! Pinard ! Piccolo ! Gros rouge ! Vinasse ! Picrate ! Tu see ? Mascara ! Beaujolpif-village ! Bercy ! Un drinque ! Du vin, quoi, merde !

L’autre prend un air horrifié.

— N’ai pas de vin. Je suis mousoulman !

Le Béru-Europe en perd son râtelier.

— Musulman ! Je te jure ! Mais y sont devenus dingues dans c’te branche de la famille ! Complètement carbonisés de la coiffe ! Le cervelet tourné en sirop ! Les cellules adipeuses ! Musulman, un Bérurier made in Saint-Locdu-le-Vioque ! Je raconterais ça au village, on me rirait au pif ! On me députerait cinnoqué à fond ! Musulman ! Toi que ton père a fait sa première communion avec le mien ! J’serais peau de vache, j’écrirais au pape pour te faire excommuniquer ! Ça t’apprendrait ! Ah, nom d’Dieu, la bouille qu’y doivent faire, les aïeuls, là-haut ! Et puis c’est comme pas de vin. Jamais au grand jamais un Béru a manqué de rouquin, Mec. Un Bérurier sans picrate c’est comme une bagnole sans volant ! Pas de vin ! Après toutes ses générations de francs-licheurs !

Le Gros se met à chialer sans pour autant cesser de vilipender son parent.

— Pas de vin ! Y m’fera crever d’honte, ce tordu ! Si je te disais, tu sais de quoi qu’il est mort, ton propre grand-père ? D’une cirrhose ! D’une vraie, avec un foie moins gros qu’une noix et plus dur qu’un caillou gelé ! Et not’ arrière-grand-père, hein, espèce de faux-Béru de contrebande ? Disparu il était ! Tout un hiver. On l’a retrouvé à la fin mars, lors de la fonte des neiges. Trop blindé en revenant de la foire, y s’était écroulé dans un fossé, en pleine tempête. Alors ces braves gens auraient sacrifié leur vie au service du vin pour qu’un de leurs rejetons se fisse musulman et liche de la flotte ! Des hommes exemplaires que tout le canton cause encore d’eux, aux veillées ! Tiens, mate mon front : rouge d’humiliation ! J’en ai la peau des c… flétrie. Plein de désespoirs dans la vessie ! Musulman ! D’y songer ça me fout la fièvre ! Un Bérurier qui lit sa messe dans le Coran ! Et il prie Allah, hein, je parie ? Mais bien sûr, pourquoi qu’y s’gênerait ! Un bon Dieu en chéchia ! Allah ! Ah, lala ! Y’a des coups de pompe pontificale au cul qui se perdent !

J’essaie d’endiguer la colère d’Alexandre-Benoît.

— Calme-toi, on ne va pas rouvrir le chapitre des guerres de religion, bonhomme ! Tous les chemins mènent au ciel !

— Tu veux faire la route sans ta gourde de pinard, toi ? objecte-t-il sombrement. Enfin, est-ce qu’il a seulement un petit frichti à nous coller sous la chaille ? Pas de lard, œuf corse, le jambonneau chez Plumeau ? Musulman comme il est, tu penses… On peut manger, chez toi, cousin ?

— Maintenant ! s’effare le Bérurier-Islamique.

— Me dis pas qu’a des heures de bouffe et qu’vous êtes en période de ramdam !

— Non… Mais…

— Mais quoi ? s’impatiente le Monumental.

— Je ne pourrais vous servir qu’un repas froid !

Le mot repas apaise comme par enchantement mon ami. C’est la pluie qui abat le grand vent.

— On t’en tiendra pas vigueur, promet-il. On sait ce que c’est d’arriver chez le monde à l’improvise. Bon, un repas, froid ou pas, c’t’un repas, hein ? L’essentiel est qu’il soye copieux. Tu sais, cousin, les renards mangent froid tout l’hiver, c’est pas ce qui leur empêche d’avoir une belle queue !


Je raffole du mouton.

Mais le mouton, quand il est servi froid et qu’il pue le bouc négligé, ça vous pousse au jeûne.

Je me contente de galettes de pain et de lait caillé tandis que Bérurier-Chrétienté nettoie la bidoche avec ce bel appétit en comparaison duquel un loup affamé a l’air de chipoter.

On explique au cousin nos avatars. On lui dit la vérité parce que c’est ce qu’il y a de plus facile et de plus convaincant. Il écoute, les yeux à demi fermés, l’air impassible. Tout en parlant je file des œillades assassines à la petite moukère.

Elle paraît s’apprivoiser quelque peu et ne me quitte pas du regard. J’aimerais bien que Bérurier-La Mecque aille discuter de son tiers provisionnel chez son contrôleur, manière d’expérimenter les méthodes françaises sur cette fille des sables.

L’export-tâteur souffle sur sa minuscule tasse de thé. On dirait un bouddha.

— T’es malade ? s’inquiète Bérurier Vatican.

— Non, pourquoi ?

— Tu bois de la tisane !

— C’est du thé.

— Tu joues sur les maux, Mec. Bien, à présent que t’es affranchi du topo, comment penses-tu nous en sortir ?…

Akel-Brâkmâr Bérurier réfléchit un bon moment, puis il déclare de sa voix d’eunuque constipé :

— Les autorités de mon pays sont très sévères avec les étrangers.

Bérurier s’étrangle.

— Ton pays, c’est la France. T’as beau boire de l’infusion au lieu du vin, faut tout de même que tu te colles ça dans le citron. Et si tu continues de me traiter d’étranger, moi, je te vas secouer les plumes.

Je lui virgule un coup de tatane, ce qui n’est pas très aisé lorsqu’on est assis en tailleur.

— Fous-nous trois centimètres de paix, Gros, tu veux ? Ton patriotisme nous émiette les joyeuses, à force. Vous disiez donc, cher monsieur Bérurier ?

Le Béru-Calife déguste son thé au jasmin à menues gorgées gourmandes. C’est un type lent et circonspect.

— J’allais dire que vous devez sortir clandestinement d’Irak, déclare-t-il.

— Vous voyez un moyen ?

— Oui, un seul, mais très risqué.

— Tu vas affranchir l’ambassade de France de notre affaire ? lui demande son cousin issu de germain (et de Saint-Locdu-le-Vieux).

— Cela ne servirait de rien. Le régime actuel ne se soucie pas des questions diplomatiques et vous ne pourriez aller nulle part.

— Alors ?

Le buveur de thé repose sa tasse sur un plateau tellement ouvragé qu’il comporte plus de vide que de cuivre.

— Chaque mois j’expédie mes tapis à Beyrouth, par camion à un gros revendeur libanais. Depuis des années, ma maison est connue et l’on se contente, aux différentes douanes irakiennes, syriennes et libanaises, de compter les tapis. Ceux-ci sont roulés et enveloppés dans de la toile.

— Compris, dis-je. Nous pourrions voyager à l’intérieur de deux d’entre eux, n’est-ce pas ?

— Exactement. Seulement il y a plus de mille kilomètres d’ici Beyrouth, le camion met trois jours pour y parvenir et vous ne pourrez pas sortir de l’emballage.

— On emportera de quoi bouffer, tranche Bérurier.

— Vous respirerez mal.

— On marchera à Péconocroque.

— Vous ne pourrez pratiquement pas bouger.

— On roupillera.

— Il fera une chaleur infernale.

— On mettra pas de Rasurel et si tu tâchais moyen de nous procurer un bidon de vin, ça collera à peu près. On ira se refaire les éponges en Suisse par la suite. T’es tout de même un vrai Béru, cousin. Tu permets que je fasse la bisouille à ta petite madame, elle est plus ragoûtante que toi.

— La femme est sacrée ! hurle Béru-Bagdad.

— Et chez nous, donc ! répond le Paisible. Elle est même tellement sacrée qu’on l’adore !

— Votre prochain départ a lieu bientôt ? demandé-je.

— Après-demain.

J’approuve d’un hochement de tête. Ainsi nous n’aurons pas à nous éterniser chez ce parent insensé du Gravos. Je redoute un éclat de mon pote, que le mode d’existence du cousin met en transe à chaque instant.

— Merci, cher Akel-Brâkmâr, nous saurons plus tard vous revaloir votre aide, promets-je en lui pressant la main.

— On t’espédiera une caisse de champ et des conserves de chez Olida ! rigole Bérurier-Paris. Plus une babiole pour ton petit moustique. J’espère pour elle que t’es moins chibré que le guignol dont on a délivré une radasse t’t’à l’heure, autrement sinon, ta pauvrette, elle ferait disparaître les tabourets en s’assoyant dessus !

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