16

— Vous êtes son père ? Venez…

J’ai suivi l’infirmière-chef jusqu’au bloc de soins intensifs. On m’a fait revêtir des chaussons, une blouse qui se fermait dans le dos et un bonnet, tout en papier bleuté. On m’a fait entrer dans une cage de verre. Dinah se trouvait dedans comme un terroriste international aux Assises. C’était aussi une manière de procès qu’elle subissait. On l’avait ligotée de partout et il était peu probable qu’elle en réchappât.

— Cinq minutes, m’a dit la femme dans un souffle.

Elle entendait me faire comprendre sans doute que c’était là un privilège qu’on m’accordait. Ça n’avait pas de sens, mais je ne voulais pour rien au monde contrarier la solennité de l’endroit et du moment. Je n’avais pas besoin de cinq minutes, seulement d’un regard et de quelques secondes. Je me suis approché silencieusement, dans la rumeur complexe des machines d’assistance. Des écrans de contrôle qui m’étaient incompréhensibles racontaient une histoire qui n’était pas la sienne, pas celle que j’avais cru deviner.

Dinah reposait sur le dos. Elle était couverte d’un drap aussi mince et simple que l’avaient été ses espoirs et ses rêves. À cause du tubage, elle avait les lèvres violacées et exagérément gonflées, mais le reste de son visage était paisible et détendu — beaucoup plus paisible et détendu que je ne l’avais jamais connu. Elle avait toujours sa magnifique crinière aile de corbeau, répandue sur l’oreiller, comme si ce qu’il y avait de plus froid en elle avait déjà commencé à lui survivre. Il m’est arrivé un jour d’assister à l’exhumation d’un homme dont les cheveux et la barbe allaient à la taille et dont les ongles faisaient vingt centimètres de long. Peu de choses continuent à vivre et pousser après nous, sauf parfois les cheveux et les ongles. Je me suis penché sur son front. La peau en était fraîche, très lisse, et d’une douceur de marbre. Elle n’avait plus d’odeur, ni de saveur qui lui appartinssent en propre. Elle ne sentait plus que l’odeur vaguement formolée du savon liquide dont on se sert dans les hôpitaux. J’aurais aimé voir son regard. Il aurait fallu pour cela lui soulever une paupière. Je l’avais fait à trop de morts dans ma vie. Je ne m’en suis pas senti le droit.

Je m’en suis retourné jusqu’à la vitre. L’infirmière-chef m’a ouvert. Dans le couloir, après m’être dévêtu de mes oripeaux de papier, je lui ai déclaré :

— Je ne suis pas son père. Nous ne sommes pas mariés non plus.

Elle a hoché lentement la tête. Elle a regardé ma vieille veste de treillis, puis mon visage. Je ne sais pas ce qu’elle y a lu, mais elle a hoché de nouveau la tête, encore plus lentement, sans un mot. Elle devait être de mon âge, et avoir exercé toute sa vie un métier aussi dur que le mien. Elle et moi ne nous tenions pas du même côté de la mort, mais nous la connaissions aussi bien l’un que l’autre : sans doute avait-elle été notre plus fidèle compagne à tous les deux. Elle m’a raccompagné jusqu’au sas. Je ne pensais pas qu’elle irait plus loin, mais elle a hésité, puis l’a franchi avec moi. Nous sommes sortis dans le hall et elle a sorti un paquet de Marlboro de sa blouse, avec un briquet jetable à l’intérieur. Elle a allumé une cigarette et remarqué :

— Fumer nuit gravement à la santé.

Elle m’a tendu le paquet. J’ai refusé. Elle m’a dit :

— Il se peut que votre femme s’en sorte. C’est un coma profond, mais il se peut qu’elle s’en sorte sans séquelles. (Elle a regardé amèrement le soleil du matin qui inondait la rue.) Il se peut qu’elle s’en sorte demain ou après-demain, ou dans deux heures, avec le sentiment qu’il ne s’est rien passé. Rien passé du tout.

— Je ne sais pas si c’est ma femme. Ce que je sais, c’est que c’est la femme que j’aime en ce moment.

— Vous avez de splendides rides d’amertume de chaque côté de la bouche et votre visage ne m’est pas inconnu. (Elle a laissé de la fumée s’échapper des commissures des lèvres.) Il se peut qu’elle ne s’en sorte que dans quelques mois, ou quelques années. Ou jamais.

Elle a tourné les talons. Je l’ai suivie des yeux tandis qu’elle retraversait le sas en sens inverse. C’était une mince silhouette frêle et décidée, bien plus juvénile de dos qu’elle ne l’était de face. Ce sont des choses fréquentes. J’ai traversé le hall. J’ai descendu les marches. Dehors, il faisait beau et clair. On entendait à peine la circulation du matin.


J’avais seulement une lettre dans ma boîte et le timbre n’était pas oblitéré, soit qu’il eût échappé aux Postes, soit qu’on l’eût déposé directement dans ma boîte après avoir songé d’abord l’envoyer par le courrier. Elle contenait un simple bristol mauve et fort peu de texte à l’encre marron.

« Tu m’as tellement manqué… Comme tu m’as manqué, Seigneur.

Dinah. »

C’était tracé d’une main ferme, bien avant sans doute qu’elle eût pris son aller simple. Je l’ai glissée dans ma poche de veste, avec sa petite photo. Si des trains sont passés en bas de l’immeuble, je n’y ai pas prêté attention. Je n’avais pas de message. J’ai déverrouillé mon tiroir, j’ai pris dedans le Nagra extra-plat dont je m’étais beaucoup servi lorsque je jouais le rôle de zombie dans une B.O.R.[6] des Renseignements généraux — il m’avait surtout servi à piéger des pauvres types qui militaient contre le nucléaire et dont la direction centrale attendait que j’en fisse par la magie du verbe de redoutables terroristes armés jusqu’aux dents, pour sa plus grande gloire et celle des comiques du RAID[7]. J’éprouvais une sombre satisfaction à l’idée que mon Nagra pût servir pour une fois à une cause moins injuste et plus propre. J’ai contrôlé les batteries et le niveau d’enregistrement. Je me suis attaché le magnétophone sur le flanc gauche avec de l’Albuplast et j’ai fixé le micro sous mon sternum, à même la peau. Le truc m’avait été enseigné par un officier du Bureau des narcotics US, qui avait passé la moitié de sa vie à traquer les pontes de la Mafia dans le secteur de La Nouvelle-Orléans. La seconde moitié, il l’avait passée à tâcher de leur échapper.

J’ai d’abord appelé Fortune. Absent. Je lui ai laissé un message :

— Il se peut que la transaction que vous m’avez proposée tienne toujours. C’est à vous de voir, mais si tel est le cas, je suis disposé à traiter. Manifestez-vous en m’appelant sur ce répondeur. Je le sonderai à distance aussi souvent que possible.

J’ai appelé Philippe. Il m’a répondu d’une voix rogue :

— Je suis au Service jusqu’à dix-neuf heures. Je vous attendais plus tôt. Au revoir.

Il était accoudé à son bureau. Un homme jeune aux yeux durs et ternes, rougis par le manque de sommeil et la fumée de cigarettes. Il avait l’air à la fois désemparé et vaguement excédé. Il m’a fixé sans mot dire une bonne demi-minute, puis il a remarqué d’une voix râpeuse :

— Pas de sentimentalisme. Vous revenez de Sainte-Anne. Vous vouliez voir un légume, vous avez vu un légume. Si vous m’aviez parlé en temps utile sans faire tous ces chichis, nous n’en serions pas là…

— Nous en serions là.

Il a allumé une cigarette au cul de la précédente et a attiré un gros dossier qui trônait sur un angle de bureau. Il l’a ouvert et a murmuré :

— Affaire réussie. Les trois connards se sont allongés sur le meurtre de la pute. Pendant que vous, vous baguenaudiez je ne sais où, mes gars et moi avons continué l’enquête. On a retrouvé des traces et indices qui rendent les aveux superfétatoires. (Il a ricané :) Pour exemple, les cuissardes. C’était du sur-mesure, fait par un bottier de renom. Marouane était tellement sûr de l’impunité qu’il les avait refilées à sa propre sœur. Il y avait aussi des bijoux. Pas grand-chose, ni de bien grande valeur, mais on les a retrouvés chez la copine de Dany le Rouge avec le flacon de parfum en argent guilloché. Un type, un certain Fortune, est venu tout reconnaître. Aucun doute possible en ce qui concerne leur participation au crime.

J’ai allumé une cigarette. Je sentais contre les côtes le léger frémissement du Nagra qui déroulait sa bande sans bruit.

— Je me fous de tout ça. Dinah.

— J’y viens. En ce qui concerne Armand Fargeau, c’est Marouane et Stewball — sauf que c’est Stewball qui l’a ouvert et non pas Marouane, avec le cran d’arrêt que vous avez appréhendé. Si vous ne m’aviez pas amené Stewball, je ne vous dirais rien d’autre.

— Je sais aussi le reste.

Philippe a allumé et éteint son lampadaire de bureau. Il s’est renversé dans son fauteuil et a grimacé :

— Le reste ne me plaît pas. Il va vous enchanter, mais il ne me plaît pas. Voilà : j’ai entendu les deux guignols sur le commanditaire de l’expédition punitive. Vous pouvez lire leurs auditions… (J’ai refusé d’un geste du front.) J’ai personnellement avisé l’inspection générale des services dans l’heure qui a suivi, car leurs propos mettaient gravement en cause un fonctionnaire de police. Une heure plus tard, la direction de la P.J. m’a envoyé un coursier spécial afin de récupérer une copie de la procédure en l’état. Je l’ai remis avec une note de synthèse. C’est moi qui ai entendu en personne les deux comiques, séparément puis ensemble. Leurs déclarations n’ont pas varié d’un iota. À la fin de la garde à vue, je les ai fait présenter au Parquet. Je pensais hériter de la Commission rogatoire…

— Vous ne l’avez pas héritée…

Il a eu un sourire froid, tranchant.

— Commission rogatoire attribuée au Groupe criminel de la Douzième Division, pour la raison juridiquement imparable que les faits principaux ont été commis sur le territoire de la Douze. (Il a grincé des dents.) Autant demander à des pyromanes d’éteindre leur feu.

— Dinah…

— Elle vous a cherché partout. Elle vous a appelé des dizaines de fois. Elle était en chute libre.

— Je ne savais pas ce que je devais lui dire — ou ne pas lui dire. Si elle n’avait pas été flic, les choses se seraient passées tout autrement.

— Si. Les aveux des deux guignols faisaient état d’un décrochage que Bingo aurait effectué au Parquet, lors d’une enquête les concernant. Dinah était le second d’une des U.R. que chapeautait Bingo. C’était donc bien un de ses chefs. On a mis du temps à retrouver le dossier en question. Il s’était égaré entre le bureau de M.A.C. et le Parquet, ou entre chez Bingo et M.A.C., allez savoir. Ça a agacé les Bœufs et on a fini par retrouver la procédure, parce qu’il n’y avait pas moyen de faire autrement. On a regardé dedans : pas trace de Bingo — pas la moindre trace écrite. C’est votre amie qui avait pris la mesure de garde à vue et tout signé, de ce fait… Elle a même commis une énorme connerie : quand on prévient le Parquet d’une affaire, on en fait mention par écrit avec la décision du magistrat et les mis en cause signent chacun avec celui qui a avisé. Sans doute emportée dans le feu de l’action, au moment de les remettre dehors, Dinah a fait cette mention à son nom à elle alors que c’était Bingo qui avait appelé. Elle a fait signer les deux connards et elle a signé elle-même…

J’ai écrasé ma cigarette en me penchant. Philippe m’observait avec moins de distance. Il m’a regardé dans les yeux :

— Ça ne sortira pas de cette pièce, mais je suis sûr que c’est bien cet enculé de Bingo qui a monté le coup. Les guignols ne m’ont menti sur rien, je ne vois pas pourquoi ils auraient menti là-dessus. (Il a écrasé sa cigarette et s’est accoudé de nouveau. Sa voix s’est brusquement teintée de tristesse.) Les fumiers des Bœufs ont convoqué Dinah, mais pas Bingo, naturellement. Son interrogatoire a duré six heures et tout laisse à penser qu’il ne s’est pas déroulé dans de bonnes conditions de confort. Le lendemain matin, une voiture de la Division est venue l’arracher au commissariat. J’étais à l’arrivée, dans le bureau de Starsky. Ils n’avaient pas pu faire autrement que m’inviter, mais ils s’en seraient bien passés. Il y avait là Starsky, M.A.C., Cohen qui était descendu en catastrophe de la B.R.I.[8] et se trouvait à jeun pour une fois, signe que les choses étaient graves. Bingo a effectué une courte apparition avec deux des membres de sa garde prétorienne. Il a fait une brève déclaration qui avait le mérite de la franchise et l’avantage de la clarté : « Si je tombe, vous tombez avec. Une chose est sûre, je ne tomberai pas tout seul… » Je passe sur certaines précisions. Elles sont à usage interne et ne concernent que l’Usine. Vous connaissez les manières de Cohen. Il s’en est pris à votre amie de façon parfaitement ignoble. Selon lui, elle était le déshonneur de la police… Elle se comportait de manière plus dégueulasse qu’un juge ou qu’un avocat. Ses déclarations portaient atteinte à l’image de marque de la Douze…

— J’ai connu le même texte. Lorsque Cohen me l’a servi, il remontait d’un pot hebdomadaire avec ses troupes et il était à deux grammes cinquante d’alcoolémie. C’est pourquoi je ne lui ai pas éclaté la gueule à coups de botte.

Philippe a secoué la tête. Il s’est mis à griffonner sur son sous-main et m’a avoué d’un ton absent :

— Le but de la manœuvre, c’était de faire signer à votre amie une déclaration préfabriquée dans laquelle elle reconnaissait avoir menti aux enquêteurs des Bœufs. À aucun moment, Bingo n’était intervenu dans sa procédure, il n’avait appelé le Parquet et n’avait eu aucun contact d’aucune sorte avec les deux gouapes. C’était pour elle démentir point par point ses précédentes déclarations. Pendant que Cohen la travaillait au corps, Starsky tapait l’audition sur sa petite portable. Comme à son habitude, Mort À Crédit se tenait silencieux. Je suis sorti.

— Vous êtes sorti. Naturellement, ce que vous avez vu et entendu, vous n’en feriez pas état devant un magistrat.

— Non. Vous n’avez pas de leçon à me donner. Soyons clairs : pour moi, Bingo est un criminel de la pire espèce, parce qu’il le fait sous le masque de la vérité et de la justice. (Il a lâché brusquement :) Je vais vous dire une chose que vous ignorez sans doute. Bingo n’a pas fait dérouiller la fille parce qu’il avait du mal avec son mac. Il l’a fait dérouiller parce qu’elle n’avait jamais accepté de baiser avec lui. Malgré toutes les pressions possibles et imaginables. Savez-vous que Bingo avait donné des instructions au chef de poste du secteur pour que les Tuniques bleues la prennent à tour de bras et l’embarquent systématiquement pour contrôle d’identité trois fois par nuit ? Bingo était sûr qu’elle finirait par craquer et qu’il aurait droit à ses petites gâteries, gratuites ou même tarifées.

— La dimension humaine… Peut-être lui aussi l’aimait-il, à sa façon.

Philippe a ricané. Il avait perdu le fil de ses propos et ce qu’il considérait dans le vague sans cesser de griffonner à la manière d’un sismographe déréglé, je n’en avais aucune idée. Je ne voulais pas en avoir idée. Au bout d’un long moment, il a relevé la tête :

— Votre amie Dinah a résisté à la pression jusqu’au bout. Elle a refusé de signer. Elle a demandé à être remise à la disposition du Bureau administratif. Il n’y a pas qu’une division dans Paris et sans doute avait-elle encore l’espoir à ce moment que l’herbe était plus verte quelque part. Starsky a refusé. Il n’avait pas envie qu’elle risque de baver ailleurs. Le reste… Elle est rentrée au commissariat. Elle a remis son arme au divisionnaire pour qu’il la garde au coffre… Elle a pris sa voiture et il semble qu’elle ait passé le reste de l’après-midi à faire du ménage. Le soir, un voisin l’a croisée dans l’ascenseur. Elle allait prendre sa voiture. L’homme l’a décrite comme une sorte de zombie en tailleur sombre. Il lui a semblé qu’elle ne tenait pas très bien sur ses cannes, mais il a pensé que c’était à cause des talons hauts. Il ne l’avait jamais vue en talons hauts. Ce sont des gardiens de ronde qui ont trouvé sa voiture contre un arbre, allée de Gravelle. Elle se trouvait encore au volant. Il y avait un jerricane plastique rempli d’essence devant le siège du passager. Il était débouché, mais elle n’avait pas eu la force d’y mettre le feu. On a retrouvé son briquet sur la moquette, à ses pieds. SAMU.

Je me suis levé lentement. Le Nagra frémissait toujours contre mon flanc. Il m’a suivi des yeux.

— C’était pour Fortune, que vous travailliez ?

— Je ne connais personne qui s’appelle Fortune.

— Étrange : lui vous connaît.

— Nous avons tous nos petits problèmes.

— Vous avez pris de la thune, sur ce coup ?

— Pas un nickel à ce jour. Qu’est-ce qui vous fait dire que Bingo était réellement à l’origine du crime ?

Philippe m’a fixé avec lassitude.

— Ça ne sortira pas d’ici. Dans ce bureau, avec personne d’autre que lui et moi, Bingo a reconnu. Il n’avait pas bu plus que de coutume et je n’ai exercé ni pression ni contrainte. Il a tout reconnu. Je ne crois pas un seul instant qu’il ait agi pour soulager sa conscience, mais seulement par bravade. Il m’a dit : « Oui, je l’ai fait, et alors ? Vous croyez que je vais descendre pour ça ? Si vous le croyez, vous vous foutez le doigt dans l’oignon jusqu’aux amygdales, tout commissaire que vous êtes… Si vous le croyez, prenez votre putain de téléphone et appelez Würtz à la Direction. Son numéro, c’est, etc. » Je connaissais le numéro de Würtz aussi bien que lui. Je n’ai pas appelé. Il a reconnu, mais il s’est refusé à toute déclaration écrite. Un quart d’heure après, c’était le cabinet du préfet qui m’appelait et cinq minutes plus tard, Bingo était dehors, reparti aussi libre qu’il était venu.

Philippe m’a tendu la main, sans doute pour manifester que l’entretien était terminé. Je ne l’ai pas saisie, je me suis dirigé à reculons vers la porte :

— Rien de personnel à votre égard, Philippe. Je conserverai de vous le souvenir d’un homme passablement honnête, et qui était peut-être même fréquentable, mais c’est que nous avons cessé de tirer dans le même camp.

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