Manolo avait un truc avec les femmes. Brutal, mais souvent efficace.
Il s’approchait d’elles, les regardait intensément, l’air grave, et finissait par murmurer d’un ton détaché :
« — Je peux vous dire quelque chose ? »
Impressionnées par ce regard de braise, ce visage tendu, cette voix grave, elles acquiesçaient toujours. Alors Manolo laissait tomber avec regret, comme on énonce une fatalité ou quelque chose d’approchant :
« — Je suis capable de vous brouter la chatte pendant deux heures avant de vous enfiler ma grosse queue ! »
Et il avait l’air alors d’être choisi par des autorités mystérieuses pour l’accomplissement d’une mission périlleuse et capitale.
Il continuait de regarder la femme, sans ciller, sans broncher ; en homme de grand devoir qui se tient à disposition.
Il enregistrait deux sortes de réactions. Soit la femme s’indignait, soit elle riait. L’une comme l’autre constituant une forme d’autodéfense devant cette étrange agression verbale. Leur premier réflexe était l’ahurissement. Le maintien et le ton polis de leur interlocuteur renforçaient la démesure de la déclaration.
La stupeur surmontée, leur tempérament reprenait le dessus. Elles lançaient un » Bougre de dégueulasse ! » ou un « Vous alors, comme vous y allez » ! Ni l’une ni l’autre de ces exclamations n’indiquait que la partie fût perdue ou gagnée. Dans le cas premier, les yeux de Manolo s’emplissaient de larmes et il balbutiait : « Je sais bien que ce que je vous dis là est inqualifiable. Si vous croyez que j’agis de gaieté de cœur… » Et il prenait un air à ce point malheureux, son interlocutrice lisait une telle détresse sur son visage qu’elle se sentait curieusement culpabilisée.
Dans la deuxième version, celle du rire, Manolo jouait également la mélancolie profonde : « Tant mieux si la chose vous amuse, cependant ce n’est pas ce que vous croyez. O Seigneur, non ! ». La personne perdait du coup sa bonne humeur pour s’intéresser au « cas » de Manolo.
Ce dernier baisait beaucoup.
Homme de parole, il exécutait effectivement des « minettes » sauvages à en perdre haleine. Elles ne duraient pas deux heures d’horloge comme il le promettait, mais il les prolongeait jusqu’à ce que sa partenaire implorât que l’on passât la vitesse supérieure, si bien qu’elle lui donnait somme toute quitus pour le temps de minette non respecté.
Lui et moi, ça s’est constitué de la manière suivante. J’avais filé rencard à Marie-Marie à la terrasse du Fouquet’s.
Elle est assise devant un Pimm’s. C’est moi qui l’ai initiée à ce breuvage. Ça lui a plu. Le goût, bien sûr, et surtout ce fourbi végétal que le barman fourre dedans avant de te l’apporter : tranches d’orange, de citron, feuilles de menthe, branche de céleri, cerise confite : un vrai repas ! Les Pimm’s du Fouquet’s sont les meilleurs de Paris.
Elle tète un petit coup son chalumeau. Ne m’a pas vu surgir car elle mate du côté opposé. Je m’avance vers elle, le cœur en liesse. Et puis voilà qu’une main me happe. Je regarde ces cinq doigts sur la manche de mon costume en jean. Les ongles sont carrés, la peau blanchâtre et tavelée. Je remonte de la main à la gueule de son propriétaire et reconnais Serge Monfourby, le directeur littéraire de l’Ahuri Saponifié, nouvel hebdomadaire à sensation, donc à procès, qui s’en prend à tout le monde, n’importe les enjeux politiques ou commerciaux. A ce degré, ce n’est plus du courage mais du suicide. Montfourby a toujours montré quelque bienveillance à mon endroit (voire à mon envers, car il est homo à en faire dégueuler un phoque grec) ; il prétend que nous sommes de la même race, les deux, à cause de mon anticonformisme. Mais moi, bêtement, je crois pressentir au contraire des nuances entre lui et moi.
— Antoine ! il murmure, tu devrais nous écrire un papier d’humeur chaque semaine. Quinze lignes sur un coin de table, pour dénoncer la connerie.
— Pour dénoncer la connerie, Sergio, c’est pas quinze lignes qu’il me faudrait, mais la valeur du Larousse Universel en 20 volumes (comme l’eau oxygénée).
Et à cet instant, j’avise un type du genre homme à femmes (faciles) qui se penche sur Marie-Marie.
Je m’avance derrière lui sans qu’il m’entende ni sans que Marie-Marie me voie puisque le mec me masque. Je l’entends murmurer :
— Je peux vous dire quelque chose ?
La Musaraigne ne répond pas, mais son regard doit exprimer un bout de consentement car le gars en question dit comme ça :
— Je suis capable de vous brouter la chatte pendant deux heures avant de vous enfiler ma grosse queue.
La môme, du tac au tac, répond :
— Eh bien, voilà qui est intéressant à savoir, monsieur !
Et à moi qu’elle vient enfin d’apercevoir, et très fort :
— Tu te rends compte, Antoine ? Monsieur peut me faire minette pendant deux heures avant de m’enfiler sa grosse queue !
Aux tables voisines, les conversations cessent. Le serveur en a sa verrerie qui tintinnabule sur son plateau. Le maître d’hôtel préposé aux réservations pour le restaurant quitte son pupitre pour se précipiter vers nous.
— Des problèmes, monsieur le commissaire ? demande-t-il.
— Pas du tout, fais-je en m’asseyant auprès de ma merveilleuse, quelle idée, Vincent ?
Tu materais la frite du gonzier hardi, tu le supplierais de n’y rien changer pendant que tu irais chercher ton Nikon. Il garde la bouche ouverte, le regard figé, la nuque courbée comme un qui appréhende une explosion après avoir allumé la mèche.
Ce mec, je le trouve plutôt intéressant. Bel homme, si l’on n’est pas trop regardant sur la classe : saboulé comme les champions cyclistes italiens qui veulent s’endimancher dans le genre sobre.
La trentaine à peine dépassée, très brun, le teint mat, une gueule expressive, des cils longs, une bouche charnue.
Je hausse les épaules et lui déclare gentiment :
— Les impondérables, ça, mon vieux. Mais je suis convaincu que votre truc est assez payant, non ?
Il sourit et opine.
— C’est jouable !
Puis, à Marie-Marie :
— Bien entendu, je vous prie de m’excuser, je ne pouvais prévoir que vous attendiez quelqu’un.
Moi, je murmure :
— Toutes les femmes seules à une terrasse de café attendent quelqu’un.
Le serveur vient donner un petit coup de pattemouille sur la table, bien qu’elle soit nette.
Il demande, en fustigeant le beau dégueulasse du regard :
— Un Pimm’s également, commissaire ?
— Non : deux. Royaux !
Le loufiat déclare, pour mémoriser :
— Deux Pimm’s royaux, deux !
Il s’en va.
— Asseyez-vous ! lancé-je au champion de minette.
Le gars, vaguement incrédule, se dépose sur un siège en face de nous.
— Je suis bien tombé, soupire-t-il ; vous êtes commissaire, par-dessus le marché.
— Il y a des jours foireux, fais-je.
— Je dois m’attendre à des représailles ?
— Quelles représailles ? C’est pas un délit que de promettre des délices à une dame. Vous n’avez pas commis non plus d’attentat à la pudeur.
— Je voulais dire, au plan… humain. Jalousie, quoi.
— J’aurais été jaloux si ma petite camarade avait donné suite à votre aimable proposition. Et encore, je me le demande. Déçu, plutôt.
Le garçon apporte les consos.
— J’ai commandé sans vous consulter, m’excusé-je, en ignorant si vous aimez le Pimm’s.
Je lui présente l’un des deux verres :
— A vos exploits !
Il se saisit du breuvage et nous porte un toast muet avant de boire. Il ne sait trop encore comment considérer la tournure que prend l’événement. Se dit que ma conduite diffère peut-être une sale réaction et que je peux très bien lui balancer un bourre-pif au moment où il ne s’y attend plus.
Je bois à mon tour. Marie-Marie sourit, amusée.
— Quel pourcentage de réussite obtenez-vous ? questionne-t-elle.
— Un bon cinquante pour cent.
— Vous ne vous vantez pas ?
— Je suis plutôt au-dessous de la vérité.
Son fugace sourire meurt et il murmure à mon adresse :
— Vrai, vous ne m’en voulez pas ?
— Absolument pas. Vous auriez risqué cette manœuvre dans mon dos, sachant que j’étais avec mademoiselle, je vous aurais massacré ; mais une femme seule est convoitable par tous les hommes, c’est à elle de se déterminer.
Il hoche la tête.
— Votre philosophie rejoint la mienne, assure-t-il.
— J’en suis convaincu.
— Vous êtes vraiment commissaire ?
— Voici ma carte !
Il mate la brème plastifiée que je lui colle devant le portrait et a un tressaillement flatteur pour moi.
— San-Antonio ! Alors là, je ne m’étonne plus !
Il se met à fixer son Pimm’s et sa luxuriance de fruits et légumes ; son rêve s’y perd comme dans un jardin fleuri. Qui donc a écrit qu’au printemps le matin dure toute la journée ? Je vais bien te faire marrer, mais je suis sûr que ce dragueur est un poète, dans son genre. Il faut l’être pour oser attaquer une gerce de cette façon. Pareille audace rejoint une forme de galanterie romanesque. Mais il n’y a que ma pomme pour oser soutenir ça !
Il articule, lointain :
— Et dire que ce matin, dans mon bain, je pensais à vous.
— T’es pas à voile et à vapeur, j’espère ?
— Pas de danger, les femmes me fascinent trop. Non, je pensais à vous parce que je suis inquiet au sujet de mon frère, et que chez moi, ça tourne à l’idée fixe.
— Tu développes ?
Je me suis mis à le tutoyer spontanément sans m’en rendre compte, et je ne pense pas qu’il s’en soit aperçu non plus. Quand je me sens en sympathie avec un gonzier, de mon âge ou plus jeune que moi, ça démarre automatiquement.
— Ce serait un peu long, dit-il.
Et il a un hochement de menton en direction de Marie-Marie. Mais ma souveraine est le contraire d’une fille bégueule.
— Vous pouvez y aller, je suis un peu du métier, moi aussi, assure-t-elle[1].
Le brouteur-longue-durée lui décoche un sourire dépourvu de concupiscence.
— Je ne sais trop par quoi commencer, avoue-t-il.
— Par le commencement, conseillé-je.
Il hésite puis murmure :
— Bon, puisque vous insistez.
Et le voilà parti. En parlant, il triture le chalumeau de son long drink, lui donnant une foultitude de formes.
— Je suis d’origine espagnole, fait-il. Mon père était républicain et il s’est réfugié en France, comme tant d’autres, à l’avènement du franquisme, en compagnie de sa femme et de leur fils Miguel qui venait de naître.
« Après la guerre, la femme de mon père est morte de leucémie. Papa en a eu un tel chagrin qu’il s’est mis à boire, ce qui explique que Miguel ait été élevé n’importe comment et qu’il soit devenu un petit voyou qu’on a dû placer en maison de correction. Au début des années cinquante, mon père a été très malade et a cessé de picoler. Il s’est repris en main et a alors rencontré celle qui devait devenir ma mère. Je suis né de cette union en 53. Peu de temps après ma naissance, mon vieux est décédé à son tour. Ma mère s’est échinée pour m’élever, et je peux vous dire que ma petite enfance n’était pas dorée !
« Un jour, quelqu’un a rappliqué chez nous. Un mec jeune et plein aux as : mon frère Miguel. Il avait appris le décès de notre paternel et voulait voir à quoi ressemblait son jeune frère. C’est un type qui a la fibre familiale. Il s’est occupé de nous pendant des années. Il arrivait sans crier gare, deux ou trois fois par an, les bras chargés de cadeaux pour ma mère et moi. Il nous emmenait au restaurant et, après nous avoir reconduits à l’appartement dans quelque superbe bagnole, il déposait une grosse enveloppe sur la table de la cuisine avant de repartir. Quand on lui demandait ce qu’il faisait comme travail, il nous répondait évasivement qu’il était “dans les affaires” ; on sentait qu’il n’avait pas envie de parler de ça. Il insistait pour que j’aie une bonne instruction et me payait une école privée réputée.
« Et puis, un jour, on l’a vu à la télé et dans le journal. Il venait de se faire arrêter pour le braquage d’une banque avec d’autres types. Ça nous a à moitié surpris. Il a été condamné à six ans de détention. On allait lui rendre visite à Poissy et, chaque fois, il me recommandait de ne pas l’imiter et de suivre le droit chemin. Il me conseillait d’étudier et de me faire une situation. »
— Et que fais-tu ? l’interrompé-je.
— Diamantaire.
— Mazette !
Cette exclamance, je l’ai prise au Vieux qui raffole de mots obsolètes.
Le bouffeur de chattes amorce un petit geste pour calmer le jeu.
— Oh ! attendez ! Le mot est ronflant, mais ma situation relativement modeste. Je suis dans le marché du caillou en qualité d’intermédiaire, ce qui ne m’empêche pas de traiter quelques petites affaires à titre personnel. Mais attention, commissaire, n’allez pas imaginer des choses : mon casier est blanc-bleu, comme les diams que je négocie. Vous pouvez prendre des renseignements sur mon compte, j’ai une réputation en béton.
— Je n’en doute pas, fais-je avec sincérité. Situation de famille ?
— Marié, deux enfants.
Il rougit.
— Oh ! je sais, c’est pas très reluisant pour un honnête père de famille de rambiner des dames aux terrasses des cafés, mais je vous avancerai, pour excuse, que ma femme est frigide comme tout le pôle Nord. Nos mômes, c’est tout juste si je ne les lui ai pas faits sous anesthésie, alors que moi, au contraire, chaud lapin au sang andalou, je serais plutôt du genre insatiable.
— Ne t’excuse pas, fils, c’est ton problème. Reparle-moi du frangin.
Notre nouvel « ami » écluse une partie de son glass avant de poursuivre :
— Il a eu une remise de peine et, au bout de quatre ans, il est sorti du gnouf. Ses visites et ses largesses ont repris comme par le passé. Lorsque je me suis marié, il a assisté à la cérémonie. Et quand nos enfants sont venus, il s’est mis à les gâter comme il m’avait gâté moi-même. J’étais inquiet pour lui. J’avais toujours peur qu’il retombe et se fasse serrer pour un délit de forte magnitude. J’abordais parfois la question, mais d’une pirouette il l’esquivait.
« Lors de sa dernière visite, il m’a informé qu’il allait quitter la France pour les Etats-Unis où il comptait mener une existence totalement différente, en compagnie d’un homme inouï dont il avait fait la connaissance. Il semblait surexcité. Il est parti. J’ai reçu une ou deux lettres des States. Ecrire n’était pas sa tasse de thé. Les mots, il les disait bien, mais sur le papier ils lui échappaient. Dans ses lettres, il m’annonçait qu’il allait nous payer des vacances à Miami à tous les quatre. Comme il n’indiquait pas d’adresse, je ne pouvais pas lui répondre.
« Un matin, il m’a téléphoné de là-bas afin de convenir d’une date. On avait décidé de le rejoindre pour les vacances de Pâques, fin avril. “Demande les visas, je t’adresse les billets dans les trois jours”, m’a-t-il dit avant de raccrocher. Nous sommes le 4 juillet et je suis sans nouvelles de lui ; je n’ai pas reçu les billets non plus. Quelque chose me dit qu’il lui est arrivé malheur, monsieur le commissaire. J’aurais bien demandé à la police d’essayer d’avoir des renseignements, mais avec la vie que mène ce bougre de Miguel, j’ai craint de lui causer des tracasseries, vous comprenez ? »
— Oui, dis-je, je comprends.
Le dégusteur de frifris hoche la tête.
— C’est étrange, fait-il. Je devrais tout redouter de vous après ce que je me suis permis avec mademoiselle, et voilà que j’ai totalement confiance…
— Tu suis ton instinct, expliqué-je, ça prouve que tu es un gars bien. Je vais te donner de quoi écrire et tu vas me filer tes coordonnées et celles du frangin. Tu consigneras tout ce que tu sais de lui et tu m’enverras par exprès les lettres qu’il t’a adressées des States. O.K. ?
— Je ne sais pas comment vous remercier, monsieur le commissaire.
— Alors, ne me remercie pas !
On s’est quittés là-dessus.
Marie-Marie a murmuré :
— Et dire que tu vas probablement t’occuper de cette affaire.
— Tu es contre ?
— Je trouve que ce serait du temps perdu. Ces gens ne sont pas très convaincants. Miguel, un gangster ; son frère, un type marié et père de famille qui drague odieusement les femmes. Je suis certaine qu’il y a mieux à faire dans l’existence.
Elle avait l’air mauvais. Ça ne lui avait pas tellement plu que j’offre un godet à ce… Manolo ! (Il se nomme Manolo, j’ai regardé son papier, Manolo de La Roca).
Pour changer d’ambiance, je lui ai dit :
— Alors, mon amour, quand nous marions-nous ?
J’ai pris sa main et l’ai portée à mes lèvres.
A la table proche, Serge Montfourby m’a adressé un signe du pouce pour m’indiquer qu’il trouvait ma « conquête » choucarde et me complimenter.
— Rien ne presse, a soupiré Marie-Marie.
Ça m’a scié ! Une frangine qui attendait la bagouze depuis sa prime jeunesse. Qui était folle de ma pomme et ne rêvait que d’un convolage avec moi ! Au moment, tant espéré, du plongeon surprême, la voilà qui cabrait ! Alors là, je l’ai eu saumâtre. Lui ai dévidé mon « Qu’est-ce que Dieu ? », comme disait ma mère-grand. Son « Qu’est-ce que Dieu ? », elle nous le sortait à tout propos, et ça signifiait « dire son fait ».
Mais elle restait impavide, la Musaraigne.
Quand je me suis eu vidé, comme on dit dans le commerce en gros, elle a pris la parole :
— Pour me rapprocher de toi, comprendre ta vie, ton comportement, je me suis engagée dans un job similaire au tien et qui me passionne, Antoine. Je sais à présent combien on est accaparé par une enquête, à quel point elle vous capte. On s’y donne. Tu avais raison, c’est pas un travail de personne mariée. Il faut être libre pour bien le faire. Mais cela ne change rien à l’amour que je te porte, mon grand. Continuons de le vivre de toutes nos forces, de toute notre âme. Un jour, plus tard, nous verrons bien.
Elle a failli me faire chialer ! Devant cet enfoiré de Montfourby, ça allait payer ! J’ai soupiré, comme n’importe qui :
— La vie est conne !
Parce qu’il faut que je te fasse une confidence, après on n’en reparlera jamais plus : la vie est très très conne !