Ambleteuse, 27 août 2015
Quatrième jour de tournage
Comme d’habitude, l’attente.
La loge.
Savoir apprendre à accepter cette attente. Elle est presque le rythme d’un tournage de cinéma.
La caravane. Très importante, au cinéma, l’idée de la caravane. La caravane où on attend. L’attente. Matériau substantiel d’un tournage de film. On attend la pluie, on attend la fin du dernier plan.
Attente.
Mais contrairement à l’attente amoureuse, l’attente sur un film n’a pas d’objet réconfortant.
On attend de finir la scène. On attend qu’il ne pleuve plus. On attend que le soleil soit moins violent. On attend de finir ce qui a commencé.
La veille, découverte de Valeria Bruni Tedeschi. Drôle. Dense. Une douleur qui invente plein d’heureux stratagèmes pour supporter la vie. Vaillante Valeria. Complètement décalée et dépositaire d’une structure solide.
Elle hérite de l’Italie et certainement de ce que l’aristocratie italienne fait de mieux. Elle flotte. Elle sourit. Mais comme tout le monde, son rendez-vous intime doit être délicat.
Arrivée de Juliette Binoche, élégante, directe, hyperprofessionnelle. Pas encore joué avec elle, je pressens une vraie camarade de jeu…