16 juin 2015

Représentation aux Mathurins, grande lassitude. Soirée étrange. Leur attention disparaît au milieu de la pièce. Sentiment que le Rimbaud et le Baudelaire sont très bien passés. Je dirais même que je les ai saisis. J’ose amplifier « Le Bateau ivre ». Il me semble que les évocations et les images surgissent plus facilement pour le public, comme si l’amplitude vocale détachait les images. Avec tout le risque de charger la phrase, et la menace de la boursouflure, que je n’ai pas sentie. Je m’approche lentement d’une exécution plus précise, plus osée. C’est assez miraculeux de voir clair dans un morceau où je ne comprenais rien. Tout s’est bien passé avec les poèmes de l’enfance.

C’est avec Proust que j’ai eu cette sensation d’une marée qui se retire. Ma fatigue. La chaleur. Peut-être mon sentiment du public est-il exacerbé ? Toute la dernière partie, exécution sans magie.

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