7 septembre 2015

Encore confronté à ce tournage de film. Sur cette Côte d’Opale. Avec toute la puissance du metteur en scène. C’est impressionnant, le statut du metteur en scène-auteur en France. La toute-puissance de ses décisions, de son montage, de sa musique. Les producteurs exécutent les trouvailles des artistes, réduits à écouter le créateur.

Le metteur en scène en France est un auteur, et donc un artiste. Il laisse aux Américains la vulgarité de la puissance du producteur. En Europe, et particulièrement en France, le metteur en scène est créateur.


Agréable sentiment de solitude. Sur ce film de Dumont, j’expérimente profondément ce qu’est un acteur de cinéma.

Il pousse le jeu. Il n’aime pas les nuances. Il n’aime pas le naturalisme. Ce qu’il appelle le naturalisme est ce que je suis tenté d’appeler la « justesse ».

Qu’est-ce qui m’a poussé à accepter un rôle que je ne comprends pas ? Son intégrité, sa dimension poétique, sa particularité qui me donnent la sensation que je vais échapper à la compétition des entrées.

S’il y a une activité en France qui représente le libéralisme sauvage, pas encadré, c’est bien l’industrie du cinéma. Où le faible est sorti au moindre signe de fragilité. Projetez-vous une seule fois sur une sortie de film au cinéma des Halles, le mercredi matin à 9 h 05.

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