15 Chapitre à considérer comme un entracte

Il y a des choses que j’ai du mal à comprendre, à assimiler… comment peut-on jouir dans la torture, comment peut-on prendre son pied en infligeant la douleur.

Je sais ce que tu vas me dire, ce n’est pas d’aujourd’hui, relis le marquis de Sade, il était tout aussi taré que ton trio pervers. C’est exact, mais il n’empêche que je ne pige pas.

Une claque sur les fesses pendant une levrette je veux bien, je sais même que certains considèrent la levrette sans fessée comme une raclette sans fromage. Là je veux bien, ce n’est pas méchant, une petite marque rouge sur le cul et on n’en cause plus.

Mais là, merde, découper l’aréole des seins au scalpel… des brûlures au fer à souder sur et dans son sexe. Je ne te ferai pas la liste de ce qu’ils lui ont enfoncé, tu serais capable de rendre ton dîner sur ce livre, un si beau papier, du quatre-vingts grammes.

Comment l’homme peut-il être aussi vil, aussi sadique, aussi déshumanisé ?

Parce ce que n’oublie pas que là ils se sont fait un trip genre snuff movie où la petite a rendu l’âme à l’écran, mais ces fumiers voulaient des gosses, des petites têtes blondes dans leurs saloperies.

On est dans la maladie de haut vol, celle que l’on soigne directement au gros calibre, avec une ordonnance délivrée au 6,35 en pleine tronche. Tu ne peux pas faire autrement…

Tu vois j’ai du mal à croire à ça, pourtant je l’ai vue clouée au mur tel un papillon, je l’ai vue allongée sur la table d’inox, la lumière blafarde de la lampe Scialytique irradiant ses plaies. J’ai vu les images dans le portable, dans les mails, j’ai vu tout cela. Et malgré cela je ne peux pas y croire, je ne veux pas. Ça doit être mon côté curé, ou humaniste va savoir, mais je ne peux pas imaginer que des hommes, des femmes soient capables de telles choses.

C’est un peu comme les nazis, ce qui s’est passé dans les camps de concentration, d’extermination, je n’y crois pas. Ne te méprends pas hein, je ne suis pas négationniste, en aucun cas je ne remets en doute ces infamies-là, non, ce que je veux juste te dire, c’est que je sais que cela a eu lieu, je sais, mais je ne peux croire que cela soit la main de l’homme qui en soit la cause.

Non, depuis que je suis gamin, que je suis en âge de comprendre ce genre de truc, que je sais ce qu’est la monstruosité, la barbarie, l’inhumanité, la torture et tutti quanti, je ne peux admettre au fond de moi que ce sont des hommes et des femmes qui les pratiquent, sur leurs frères et sœurs.

Tu vois, je pense que c’est le fait de ne pouvoir croire que l’homme est à ce point un enculé, qui explique que je sois devenu prêtre exorciste.

Eh oui, je le confesse à toi lecteur, mon ami, mon frère, je crois que ce qui m’a fait entrer dans les ordres, ce n’est pas seulement ma foi en Dieu, c’est aussi et surtout mon désir de combattre le diable.

Prends un type comme Andreï Tchikatilo, dit le boucher de Rostov, l’éventreur de Rostov ou encore l’ogre de Rostov. Cette enflure était instituteur, il avait deux mouflets. Il a assassiné plus de 50 femmes et enfants. Il était impuissant et ne pouvait jouir qu’en torturant et en assassinant des gosses. Il les mutilait puis les bouffait, s’acharnant sur les seins et les organes sexuels. Tu crois que ce type-là est humain ? Ah viens pas me jouer la carte du cinglé, non faut arrêter avec ça. S’ils sont malades ces gus, pas besoin de payer un laboratoire pharmaceutique pour trouver le remède, Smith & Wesson ont les médocs. Non sans rire, tu crois que ce genre d’individus mérite la moindre considération ?

Moi pas, ce sont des monstres, des suppôts de Lucifer, de Belzébuth, du démon, du succube, d’Azazel, de Satan… appelle-le comme tu veux l’autre con, mais ils ne peuvent être faits comme toi et moi. Non, on n’est pas comme ça nous. Nous ne sommes que paix et amour. Ok, de temps à autre je m’égare, je me laisse aller à la violence, je disperse, je ventile mais c’est pour faire régner la bonté et la joie du Père tout puissant.

Mais bon je cause, je cause, je te fais part de mes états d’âme, mais tu as acheté un bouquin policier, tu veux de l’intrigue, de l’aventure, du punch, du suspens, du sexe. Toi ce que tu veux c’est un putain de page turner

Tu n’en as strictement rien à secouer des coups de spleen de ton curé préféré, pour toi les héros n’ont pas l’droit d’avoir froid aux yeux, ils doivent toujours être vaillants. Le guerrier ne chope pas la gastro, il n’a jamais le nez qui coule, pas de défaillance sexuelle, il bande toujours tel un étalon. Il n’a peur de rien, il est indestructible ! Mais bordel, si tu savais…

Allez tourne la page, on replonge dans le feu de l’action !

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