XXXIX


Le professeur Mangemanche tapotait le dos de Colin.

« Ne vous en faites pas, mon vieux, lui dit-il. Ça peut s’arranger. »

Colin regardait à terre, l’air écrasé. Chloé lui tenait le bras. Elle faisait de gros efforts pour paraître gaie.

« Mais oui, dit-elle, il n’y en a pas pour longtemps…

– Certainement, murmura Colin.

– Enfin, ajouta le professeur, si elle suit mon traitement, elle ira probablement mieux.

– Probablement », dit Colin.

Ils étaient dans le vestibule rond et blanc et la voix de Colin résonnait contre le plafond comme si elle venait de très loin.

« En tout état de cause, conclut le professeur, je vous enverrai ma note.

– Bien entendu, dit Colin. Je vous remercie de vos soins, docteur…

– Et si ça ne tourne pas mieux, dit le professeur, vous viendrez me voir. Il y a la solution de l’opération que nous n’avons pas même envisagée…

– Mais oui », dit Chloé en serrant le bras de Colin et, cette fois, elle se mit à sangloter.

Le professeur tirait sa barbiche à pleines mains.

« C’est très embêtant », dit-il.

Il y eut un silence. Une infirmière parut à travers la porte transparente et tapa deux petits coups. Un voyant vert « Entrez » s’alluma devant elle, dans l’épaisseur de la porte.

« C’est un monsieur, qui m’a dit de prévenir Monsieur et Madame que Nicolas était là.

– Merci, Carogne, répondit le professeur. Disposez », ajouta-t-il, et l’infirmière s’en fut.

« Eh bien, murmura Colin, nous allons vous dire au revoir, docteur…

– Certainement… dit le professeur. Au revoir… soignez-vous… tâchez de partir… »

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