Gallien fut abattu le 28 juin 1979, un peu avant dix heures du matin, par deux hommes armés de pistolets automatiques de calibre neuf millimètres. Ils étaient deux sur la moto qu’on découvrit ultérieurement au fond du canal. Gallien sortait de son bureau en compagnie d’un client, lequel n’eut que le temps de se jeter à terre avant que la fusillade crépitât.
Lorsqu’on le releva, Gallien avait sept balles dans la poitrine, groupées dans un cercle sensiblement égal au fond d’une corbeille à papier — et une balle dans l’œil droit.
Selon les déclarations du témoin, Gallien avait été pris à l’improviste et n’avait même pas eu le temps de parlementer. Comme les deux hommes portaient des casques intégraux (c’était devenu à la mode, semblait-il), il n’était pas question de dire à qui ils ressemblaient.
Le S.R.P.J. de Z… fut chargé de l’enquête.
Personne ne déploya un zèle qu’on pût qualifier d’excessif.
Jethro et “Nina Hagen” prirent dix ans chacun — sec. Momo Chevallier ne prit rien du tout, pour l’unique et bonne raison que le Gitan l’avait rectifié avant que Jethro lui tombe dessus et il fallut le concours providentiel d’un fox-terrier de passage pour qu’on retrouvât le corps recouvert de sucre puis à demi calciné sous des feuilles mortes — pas moins de deux ans après les faits.
Quant à Speedy, qui n’avait pas avoué la mort de la fille Rouyer, il commença par bloquer vingt ans mais n’en tira que trois : un beau matin, les matons le retrouvèrent exsangue sur le carreau de la cellule et rien ne laissait penser qu’il ne se fût pas réellement suicidé dans un coup de déprime en se tailladant les poignets avec une lame de Schick Injector qu’il avait auparavant dissimulée derrière l’oreille sous les cheveux, en la faisant tenir avec un bout de sparadrap chouré à l’infirmerie.