Le noir presque complet.


Seule une bougie à l'extérieur projette un peu de lumière par la porte entrouverte.


Michel-Ange devine, plus qu'il ne les voit, les contours de ce corps élancé, fin et musclé, qui laisse glisser son vêtement à terre.

Il entend tintinnabuler ses bracelets lorsque cette forme sombre s'approche de lui, précédée d'un parfum de musc et de rose, de sueur tiède.


Le sculpteur se retourne, se recroqueville au bord du lit.


Elle a chanté pour lui, cette ombre, la voilà à ses côtés, et il ne sait qu'en faire ; il a honte et grand-peur ; elle s'allonge contre lui, à le toucher ; il sent son souffle et en frissonne, comme si le vent de la nuit, venu de la mer, le gelait soudain.

Une main se pose sur son biceps, il cesse de trembler, cette caresse est brûlante.

Il ne sait lequel de leurs deux pouls il sent battre si fort à travers ces doigts.

La vague tiède d'une chevelure lui parcourt la nuque.

Les yeux fermés, il imagine le jeune homme ou la jeune femme derrière lui, le coude plié, le visage au-dessus du sien.


Il reste immobile, raidi comme un chien d'arrêt.

Загрузка...