Mesihi a décidé de se taire.

Il s'est enfui dans la nuit, blessé lui aussi, le poignet endolori ; il a fumé de l'opium, bu jusqu'à s'en faire vomir ; rien n'y a fait. Il revoit l'image de ce corps debout dans la pénombre, l'arme à la main ; il se souvient de s'être précipité vers lui, d'avoir lutté ; elle criait, elle se débattait ; puis elle a cessé de se débattre, alors que c'était lui qui avait le couteau ; il a beau essayer de se souvenir à s'en frapper la tête contre les murs il est incapable de comprendre ce qui s'est produit, comment il a senti le contact d'un sein contre sa poitrine, la jeune femme soupirer et fléchir, puis tomber, frappée à mort.

Il lui semble qu'elle s'est jetée sur la lame. Il n'en saura jamais rien.

Mesihi est ivre sans l'être.

Il tremble ; il pleure dans la solitude ; il s'enveloppe dans un manteau de laine sombre, fragile rempart contre le monde, lorsque le jour arrive.

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