Michelangelo est trop surpris et affaibli, trop meurtri pour pleurer. Il s'est laissé panser le bras par Manuel ; le poignard lui a ouvert une belle plaie bien droite sur le biceps. Il a caressé une dernière fois, en cachette, les cheveux de la chanteuse au corps froid comme le marbre ; il a évité de regarder son visage, ses yeux clos.
Le cadavre a ensuite disparu.
Michel-Ange est resté assis longtemps sur son lit, le cœur battant, pour essayer de comprendre, et il a compris.
Il a compris la terrible vengeance de Mesihi, sa jalousie atroce ; il imagine le poète agir de sang-froid, dans la nuit, et il en tremble.
Il a préféré tuer la jeune femme plutôt qu'elle ne lui ravisse Michel-Ange.
Le sculpteur en frémit de colère et de douleur. Il mettra des mois à retrouver le sommeil.