La citation initiale, où il est question de rois et d'éléphants, appartient à Kipling, dans l'introduction d' Au hasard de la vie.
Quant à l'affaire qui nous intéresse ici, voici donc ce que l'on peut facilement retracer :
L'invitation du sultan est relatée par Ascanio Condivi (biographe et ami de Michel-Ange) et mentionnée aussi par Giorgio Vasari. Le dessin de Léonard de Vinci pour un pont sur la Corne d'Or existe bel et bien, et est conservé au musée de la Science de Milan.
Les lettres de Michel-Ange à son frère Buonarroto ou à Sangallo citées ici sont authentiques, je les ai traduites de son Carteggio. Les plans de Sainte-Sophie envoyés à Sangallo par Michel-Ange se trouvent à la bibliothèque apostolique Vaticane, dans le codex Barberini.
L'esquisse Projet d'un pont pour la Corne d'Or attribuée à Michel-Ange a été récemment découverte dans les archives ottomanes, tout comme l'inventaire des possessions abandonnées dans sa chambre.
L'anecdote de Dinocrate apparaît bien dans Vitruve, au début du livre II des Eléments d'architecture.
L'histoire du sultan et du vizir andalous correspond à un épisode de la biographie mouvementée d'Al Mu'tamid, dernier prince de la taifa de Séville.
La dague de damas noir rehaussé d'or est exposée dans une vitrine du trésor de Topkapi.
La biographie de Mesihi de Pristina le shahrengiz figure dans toutes les histoires de la littérature ottomane, mais principalement dans Gibb, au deuxième tome, ainsi que les extraits de sa poésie reproduits ici.
Les vies de Bayazid le second, de son vizir Ali Pacha et du page génois Menavino, mon Falachi, sont largement documentées dans les chroniques contemporaines ou postérieures.
Le tremblement de terre qui frappa Istanbul en 1509 est malheureusement réel, et ses dégâts aussi.
Pour le reste, on n'en sait rien.