Souvent on souhaite la répétition des choses ; on désire revivre un moment échappé, revenir sur un geste manqué ou une parole non prononcée ; on s'efforce de retrouver les sons restés dans la gorge, la caresse que l'on n'a pas osé donner, le serrement de poitrine disparu à jamais.

Allongé sur le côté dans le noir, Michel-Ange est troublé de sa propre froideur, comme si la beauté l'éludait toujours. Il n'y a rien de palpable, rien d'atteignable dans le corps, il disparaît entre les mains comme la neige ou le sable ; jamais on ne retrouve l'unité, jamais on n'atteint la flamme ; séparés, les deux tas de glaise ne se rejoindront plus, ils erreront dans le noir, guidés par l'illusion d'une étoile.

Il aime pourtant cette peau contre son épaule, le frisson lisse des cheveux étrangers dans son cou, leur parfum d'épices ; la magie n'opère plus. Le plaisir le laisse de marbre.

Il voudrait qu'on l'ouvre, qu'on libère la passion en lui.

Il s'envolerait et brûlerait alors tel le phénix.

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