Le bruit était indéfinissable. Un bruit intense, aigu, persistant. Une alerte ? Une sirène ? La porte d’entrée ? Le téléphone ?
C’était le téléphone. On appelait de nouveau.
— Oui. Parfaitement.
Les transmissions, technique de communication la plus moderne, le téléphone… Nouvelles fraîches, toujours de nouveaux rapports. Et des chiffres.
— Oui, nous avons tout reçu clairement, je répète : lieu d’intervention atteint dans les temps prévus, 27… 43… 342…
— 28… 147… 275… 93…
Le Gruppenführer entre dans la pièce. Le téléphone, une grande table en bois, des cartes avec les lieux d’intervention. Une petite table, une machine à écrire, le rapport.
Tout le monde se lève d’un bond, rectifie la position.
— Alors, Sturmführer, où en est-on ?
Le manteau atterrit sur le dossier d’une chaise.
— Tout se déroule comme prévu, Gruppenführer. Le territoire est bouclé. Terrain boisé, mauvais chemins d’accès, quelques marécages infranchissables à l’est, des étangs à l'ouest et au sud-ouest, autant d’obstacles naturels. Les groupes d’interventions sont déployés.
— Merci pour votre aide, Sturmführer… Bon travail.
Le Gruppenführer sort. La porte se referme. L'air froid de novembre s’est infiltré dans la pièce.
— 59… 219… 83…
Toujours des chiffres.
Les rapports.
Le Gruppenführer.
Le village… L’église…
Les cris.
Il se réveilla, baigné de sueur, ouvrit des yeux hagards. Il ne voyait que le plafond sombre. Des rayures vertes zébraient le compartiment par intermittence.